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Le blog de Frédéric Delorca

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26 Avril 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca

Ne vous étonnez pas si les billets de ce blog apparaissent au milieu de publicités pour le saucisson au canard ou pour le papier hygiénique : le choix des thèmes des pubs reflète l'estime qu'a la plateforme overblog pour les blogs qu'elle héberge.

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Sinjar, Mossoul, Damas

26 Avril 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Proche-Orient, #Aide aux femmes yezidies

Il s'appelait Sufian Jasim Nasir Alqirani. Le PDK (parti au pouvoir au Kurdistan irakien) avait laissé sa mère devenir une proie de Daech en 2014. Le PKK (les Kurdes de Turquie) l'avaient enrôlé dans leurs troupes. Il s'était réfugié comme beaucoup de civils yézidis sur le mont Sinjar. Hier l'aviation turque qui visait un bâtiment du PKK en bas de la montagne l'a tué.

Dans son reportage pour Public Radio International, le journaliste Richard Hall explique que les Yézidis dans le camp sur la montagne de Sinjar sont divisés sur la question de savoir si le PKK doit rester dans la province de Sinjar pour les protéger ou pas.Un conflit a éclaté en mars entre le PKK et les troupes yézidies du PDK, ce qui a poussé les civils à regagner les montagnes comme en 2014...

Le Mir (leader) yézide Dasin Bag a appelé le PKK à quitter Sinjar pour ne pas pousser les yézides à prendre les armes contre lui.

N'oublions pas non plus le calvaire des habitants de Mossoul...

Pendant ce temps, la Syrie panse ses plaies. Un correspondant qui a passé les fêtes de Pâques en Syrie m'écrit : "À Damas c'était très émouvant, les rues de la vieille ville étaient pleines de gens, de fidèles ou de curieux venus voir les cortèges et processions des diverses églises (cette année Catholiques et Orthodoxes fêtaient Pâques en même temps). Les rebelles ont menacé de bombarder les cortèges de Pâques et ont tiré un obus de mortier en guise d'avertissement mais heureusement il n'y a pas eu de drames. J'ai pu rencontrer de nombreux Syriens (dont le patriarche melkite grec-catholique Grégoire III Laham) qui m'ont tous fait part de leur expérience et de leur vie depuis 2011. C'est très loin de ce que la presse occidentale rapporte et leur calvaire est passé sous silence mais comme dans le Donbass ukrainien les gens sont très dignes, en plus d'être très accueillants. Il y aurait beaucoup de choses à dire et raconter. À la fin de la semaine dernière les corps d'habitants de Maaloula (le Lourdes syrien) capturés par les rebelles ont été retrouvés. Certains étaient les cousins d'amis. Autrement il y a eu l'affaire de l'attaque rebelle contre les civils chiites de Kefraya et Fua alors qu'ils étaient en train d'être évacués." Et tant d'autres drames...

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Les deux derniers mois dans le monde

23 Avril 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous, #Grundlegung zur Metaphysik

Un beau sujet pour commencer : la pourriture du système financier actuel. Avec un reportage cinglant de 2012 diffusé en mars sur LCP car il reste d'actualité. "Argent sale le poison de la finance", qui montre que les grandes banques ne se contentent pas de tolérer l'argent sale mais aussi proposent leurs services aux mafias. Le docu laisse même entendre que la classe politique est éclaboussé. Il est in extenso ici. Chacun doit songer chaque jour à l'abjection criminelle de notre système financier planétaire avant toute autre considération.

A part ça, comme vous avez pu le voir, je suis resté à l'écart de mon ordinateur pendant la dernière ligne droite de la campagne présidentielle. Il n'est pas nécessaire de revenir là dessus.

En politique intérieure je citerai juste la répression des manifestations chinoises à Paris dont nos médias n'ont pas parlé. « Après le meurtre commis par la police (dont les raisons légitimes ont soulevé des doutes parmi la population locale), 150 personnes sont descendues dans la rue. Un cinquième des manifestants ont été interpellés. Outre le ministère chinois des Affaires étrangères, aucune autre diplomatie ne s'est montrée préoccupée du respect des libertés et de la démocratie, aucune déclaration du Foreign Office ou du Département d'État n'a été rendue publique», a écrit la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères sur sa page Facebook. Ca me semblait mériter une mention sur ce blog.

Evoquons maintenant un peu l'actualité internationale des deux derniers mois.

J'ai continué à observer le durcissement dans le sens du bellicisme de la politique de Trump avec l'envoi de forces spéciales en Somalie et en Afrique de l'Ouest, les menaces à l'égard de la Corée du Nord. Les efforts de réduction de l'engagement américain à l'étranger se limitent pour l'heure à des cas ponctuels comme le retrait programmé des forces américaines d'Ouganda où elles combattaient l'Armée de résistance armée du Seigneur de Joseph Kony, qui a fait presque aussi fort au nom de Jésus que Boko Haram au nom de Mahomet dans l'endoctrinement d'enfants-soldats et la réduction des femmes à l'esclavage mais que Trump ne juge pas dangereux pour la sécurité des Etats-Unis.

Le sénateur Mc Cain n'a pas hésité à accuser le sénateur républicain du Kentucky Rand Paul d'être vendu à Moscou parce qu'il s'oppose à l'entrée du Montenegro dans l'OTAN. Et Trump est même devenu anti-russe en Syrie, avant même l'affaire début avril de la fuite d'armes chimiques à Idlib (Moscou estime que le régime d'Assad n'a pas balancé des gaz mais bombardé une cache d'armes chimiques rebelles). Dès le 3 avril, Washington avait repris les livraisons d'armes à une nouvelle alliance formée par la CIA contre Al-Nosra dont les troupes sont ensuite potentiellement utilisables pour faire pression sur le gouvernement d'Assad. Difficile de savoir ce qu'il s'est réellement passé. Les services secrets israéliens notamment mettent en doute la réalité de la destruction des stocks d'armes chimiques en 2013 et sont persuadés que le bombardement chimique d'un village à  Khan Cheikhoun d'où étaient parties des attaques qui rompaient le cessez le feu depuis 15 jours sont un avertissement barbare de l'armée d'Assad, de sorte que même en Israël des voix s'élèvent pour mener une action militaire contre Damas alors même que l'Etat islamique et Al Nosra ne sont pas encore éradiqués...

Une revanche sur l'amertume d'Israel d'avoir essuyé une représaille du régime syrien après avoir attaqué un convoi d'armes à destination du Hezbollah libanais le 17 mars près de Palmyre (Damas dit que c'était son armée qui était attaquée) et de voir le gouvernement légal reprendre des positions près du Golan ?

Difficile comme toujours de faire la part des choses dans cette guerre où l'intox est là règle de toutes parts et où il n'y a pas les bons d'un côté et les mauvais de l'autre (voir par exemple cet article où Lenta.ru se demande si le Parti socialiste nationaliste syrien allié du Baas dont l'hymne dans les années 30 fut calqué sur "Deutschland über alles" est un parti nazi).

Des experts soulignent quand même que la version russe est arrivée avec 48 h de retard, que si les rebelles avaient eu des gaz toxiques dans la région d'Idlib ils les auraient utilisés et que les gaz toxiques stockés bombardés se seraient répandus dans l'air assez vite sans provoquer autant de dégâts. Même s'il paraît absurde qu'Assad ait commis ce crime de guerre alors même que Trump venait d'explicitement écarter son renversement, il semble qu'il aurait ainsi voulu "tester" la volonté des Américains mais aussi celle des Russes dont la mainmise sur sa politique intérieure l'inquiète.

Des représentants comme Tulsi Gabbard (D – HI), Barbara Lee (D – CA) et Walter Jones (R – NC) se battent pour faire obstacle au retour des troupes US en Irak et Syrie et au soutien financier aux djihadistes. Ils ont du boulot. En janvier-février, le nombre de civils tués par les frappes occidentales dépasse à nouveau celui de ceux qui sont écrabouillés par les Russes. Et le 22 mars l'intervention des forces spéciales américaines à Tabqa dans la province de Raqqa a surpris tout le monde, tout comme la réplique à l'affaire des armes chimiques (l'envoi de 59 missiles américains sur Shayrat, une petite base aérienne syrienne) juste au moment où Bannon, le conseiller pro-russe de Trump, est évincé du Conseil national de sécurité. Réplique bizarre car 59 missiles pour une petite base, c'est un marteau pour écraser sur une mouche, de la pure propagande. Propagande maladroite d'ailleurs car juste après le tir Trump soulignait qu'il avait prévenu Poutine au téléphone, puis Tillerson se disait "déçu" par la réaction russe, comme s'ils avaient espéré des félicitations de Moscou ! Une attaque disproportionnée et inefficace car dès le lendemain des avions de guerre syrien redécollaient de la base bombardée. Moins de la moitié des missiles avaient atteint la base dont aucun sur le piste comme le montra un drone russe... Un site auquel j'ai collaboré jadis affirme tenir de source sûre que les missiles de Trump ont été délibérément désarmés avant l'attaque et les Russes ont été informés par l'administration américaine pour pouvoir faire évacuer la base à temps, ce qui explique aussi qu'ils n'aient pas intercepté les Tomahawk. Bref il ne se serait agi que d'une gesticulation théatrale pour impressionner l'opposition interne au parti de Trump, et la Corée du Nord.

L'attaque américaine est en tout cas sur le plan des principes une violation scandaleuse du droit international. Les USA n'ont aucune légitimité morale à intervenir dans les affaires syriennes après avoir anéanti une bonne parti de la population irakienne et soutenu les exactions massives du régime saoudien au Yémen et la famine qu'elles entrainent. Et les diplomates font remarquer que cette politique musclée n'incitera ni Moscou ni Pékin à agir pour le désarmement de la Corée du Nord. J'observe d'ailleurs que beaucoup de supporters de Trump comme Nigel Farage ont exprimé leur désapprobation devant son revirement dans l'affaire syrienne. Paul Joseph Watson dont j'appréciais les chroniques pendant la campagne de Trump dit que son ex-héros était finalement plus la marionnette du Deep State (Etat profond) américain que de Poutine et annonce qu'il quitte définitivement le "train de Trump".

En Extrême-Orient Aung San Suu Kyi fait l'autruche sur le massacre des Rohingyas en laissant l'affaire à l'armée, ce qui lui a permis de gagner quelques sièges encore au Parlement birman début avril. Pour elle, la crise à la frontière du Bangladesh, ce sont des musulmans contre des musulmans, et l'impunité de l'armée est un mythe. Il faut dire que l'Etat birman reste en guerre contre les Kachins au Nord depuis 2011, et que les Karens mettent en garde contre une rupture du cessez-le-feu obtenu en 2012. Le Myanmar-Birmanie va d'ailleurs acheter des armes à la Russie pour ne plus dépendre de la Chine dans la lutte contre les guérillas des minorités. Il est vrai que la Chine arme les Kokang, ressortissants d'une région artificiellement rattachée à la Birmanie par l'empire colonial britannique au 19e siècle. Une Crimée chinoise en quelque sorte. On n'en sort jamais des héritages coloniaux empoisonnés.

En Allemagne Merkel se porte toujours bien. Son parti triomphe en Sarre où la perspective d'alliance entre le SPD et Die Linke a effrayé tout le monde.

Dans les Balkans la situation se tend. Après la livraison de Migs russes à la Serbie, le "gouvernement" de Pristina transforme sa milice en armée nationale, et reçoit un désaveu de l'OTAN pour cela, puis retire son projet. L' "Etat" kosovar nationalise aussi les biens publics serbes de la province en méconnaissance des résolutions de l'ONU. Quatre djihadistes albanais au QI sans doute surdéveloppé en mars ont été arrêtés alors qu'ils avaient projeté de faire sauter le pont Rialto à Venise.Les suspects avaient téléchargé depuis internet « des manuels de combat corps à corps comprenant également les techniques d’utilisation des couteaux »...

Heureusement pour la Serbie, l'élection de Vucic dès le premier tour des présidentielles début avril est un facteur de consolidation de son gouvernement. Selon Freedom House, la Serbie fait partie des démocratie "semi-consolidées" comme la Croatie, le Montenegro, la Hongrie, la Roumanie et la Bulgarie (qui vient de revoter pour les pro-européens de droite aux législatives, après que leur président socialiste ait de toute façon abandonné ses promesse pro-russes), mais en déclin par rapport à 2015, tandis que, en dessous, la Bosnie, l'Albanie, le Kosovo et la Macédoine sont des régimes "en transition" ou "hybrides".

Beaucoup disent que la guerre reprendrait entre Serbes et Albanais et entre Serbes et Macédoniens si l'UE n'existait pas. Le vocabulaire guerrier est de mise à l'Ouest aussi puisque le ministre de la défense Michael 
Fallon s'est dit prêt à utiliser tous les moyens pour défendre la souveraineté de Gibraltar. Inquiet de ce vocabulaire qui évoque les Malouines, le gouvernement Madrid annonce qu'en représailles il ne fera pas obstacle à l'entrée de l'Ecosse dans l'UE... Retour au vocabulaire du 17e siècle... Mais là cette fois-ci c'est UE qui est responsable de la montée des tensions (comme dans les Balkans dans les années 1990) en laissant à l'Espagne un droit de blocage de Gibraltar dans le cadre des négociations du Brexit. Au Parlement européen l'Espagne a obtenu que Gibraltar soit exclu de la résolution votée, tandis que les indépendantistes catalans faisaient bloc avec les Britanniques.

Une petite parenthèse latino-américaine : Telesur fin mars a eu raison de rendre hommage au combat d'Evo Morales auprès de la cour internationale de justice pour récupérer la bande de 400 km de littoral dont disposait la Bolivie avant que le Chili l'envahisse en 1879. Toutes les communes de Bolivie sont mobilisées dans ce combat qui est un combat juste qui permettrait à la Bolivie d'avoir 2,5 % de croissance du PNB en plus chaque année. Et bien sûr toutes nos félicitations à Lenin Moreno, qui gagne de justesse mais gagne quand même les élections en Equateur, sauvant ainsi la tête de Julian Assange.

Au Venezuela on a suivi la guerre entre le parlement anti-chaviste et la cour suprême bolivarienne. J'ai été saisi début avril par les belles images que montrait Telesur (mais pas nos médias évidemment) de la marche des chavistes à Caracas : une immense avenue noire de monde, toute la jeunesse vénézuélienne prête à défendre sa révolution, tandis que la droite violente bloquait des autoroutes et lançait un raid contre le bureau du Défenseur du Peuple pour exiger sa démission (à l'appel de Capriles, privé de mandat pour 15 ans).

Pendant ce temps la répression violente des manifestants contre la réforme constitutionnelle au Paraguay n'inspire qu'indifférence à l'OEA obsédée par la seule idée d'exclure Caracas de ses rangs.L'Argentine a été plongée dans la même ambiance que le Paraguay avec la grève générale de la CGT péroniste et les manifs pendant le mois de mars. Sauf que Buenos Aires n'en est pas (encore) à l'heure de la répression, seulement à celle des contre-manifs.

Sur le Zimbabwe une grande agence de presse occidentale s'est répandue en intox sur le prétendu ralliement des anciens combattants de la guerre d'indépendance à l'opposition immédiatement démentie par le journal gouvernemental The Herald.

The Herald se fait aussi l'écho de la démission en Afrique du Sud de Magdalene Moonsamy l'ex-porte-parole des jeunesses de l'ANC et actuelle trésorière des "Bérets rouges" (le parti des combattants de la liberté économique EFF), une dissidence gauchiste de l'ANC, qu'elle accuse de s'être allié à l'Alliance démocratique qualifié de partisan de l'hégémonie économique blanche pour évincer l'ANC de la gestion de certaines grandes municipalités en 2016. Elle explique que comme marxiste léniniste elle ne peut pas cautionner cela. Le cas de l'EFF, nouvelle illustration de la manière dont le gauchisme conduit toujours à la victoire de la droite libérale ?
 

On gagne à lire la presse zimbabwéenne. J'apprends par exemple dans The Herald que la ministre zambienne de la "guidance nationale et des affaires religieuses" (sic) lance une guerre contre les fausses églises protestantes où les prédicateurs demandent de l'argent et des faveurs sexuelles en échange de miracles.

Dans le Donbass la tension persiste. Une division appelée la "Division sorcière" composée de miliciennes baltes et polonaises affiliées à Secteur droit ont été déployées sur la ligne de contact fin mars à Artemovsk. Une division accusée de crimes de guerres, mais on n'en sait guère plus à la lecture d'un communiqué versé en boucle sur le Net... Le 7 avril 10 000 personnes étaient rassemblées sur la place Lénine à Donetsk pour célébrer l'anniversaire de la proclamation de leur indépendance. Deux jours plus tard le gouvernement de Kiev faisait tirer des obus sur les quartiers résidentiels de la rue Lénine à Dokuchayevsk, une des 52 violations du cessez le feu enregistrées ce jour là. Ainsi va le quotidien de cette région courageuse.

En tout cas, depuis que Moscou reconnaît les passeports du Donbass, la Transnistrie demande le même privilège. Un article de la presse transnistrienne début avril rappelait que ce pays avait suivi avec attention les élections législatives récentes d'Abkhazie (un autre territoire de l'ex-URSS sur lequel j'ai fait un livre il y a 7 ans). Il signalait que les deux pays ont en commun (comme d'autres régions de l'ex-URSS) de prévoir dans leur système électoral la possibilité de révoquer tous les candidats qui se présentent, ce qui, en cas de victoire de cette option, obligerait à en organiser de nouvelles avec de nouvelles têtes. Voilà un système que nous devrions adopter en France...

Au passage adressons nos félicitations aux Ossètes du sud pour leurs élections à forte participation début avril. Le pays pourrait s'appeler bientôt Alania, même s'ils sont en rivalité avec les Ingouches à ce sujet.

A Minsk, Loukachenko qui s'était rapproché de Kiev, accuse l'Ukraine et la Lituanie d'être derrière une tentative de coup de force armé dans son pays avorté le 21 mars. Puis le 25 une marche anti-Loukachenko a été lourdement réprimée (voir vidéo). Pas de révolution colorée en Biélorussie en perspective.

Les Biélorusses pourront peut-être bientôt utiliser cette nouvelle machine anti-émeutes inventée par une société slovaque.

En tout cas, Poutine et Loukachenko se sont réconciliés au moment-même de l'attaque du métro de St Petersbourg... Et la Biélorussie est le principal fournisseur de figues et d'ananas de la Russie, embargo international oblige...

Plus anecdotique : Dean Burnett, chercheur en neurosciences à la fac de Cardiff, dans le Guardian explique que le porno est la cause de la victoire de Trump. La journaliste russe Anastasia Evtushenko sur Lenta.ru n'est pas d'accord. Peuple américain qui osez demander de récupérer vos emplois liquidés par les multinationales, le porno vous a rendus cons ! Les bobos ne reculent devant aucune insulte contre leurs adversaires. On en viendra peut-être un jour à expliquer le succès de Beppe Grillo en Italie par l'exploitation sexuelle (avec la complicité de leurs maris) des 3 000 ou 4 000 salariées agricoles saisonnières roumaines venues gagner 200 euros par mois du côté de Raguse (Sicile).

Les évangéliques partisans du nouveau président, eux, estiment que c'est un homme providentiel. Certes Trump est un païen, mais comme Nebuchadnezzar avait le prophète Daniel pour le conseiller Trump a des hommes de Dieu comme le gouverneur Pence, Jerry Falwell Jr, Mike Huckabee. Encore Nebuchadnezzar avait-il détruit le premier temple, alors que Trump, lui, n'a rien fait contre le judaïsme.

Pour beaucoup Trump c'est surtout Cyrus, roi des Perses, qui écrasa Babylone en accomplissant la volonté de Dieu et rendit sa terre au peuple juif. Le jour de Nawruz, le nouvel an perse, Trump a cité Cyrus ce qui a électrisé ses partisans (y compris des Juifs orthodoxes qui le comparent aussi à Cyrus. Le prédicateur Lance Wallnau (qui à titre personnel se sentait pourtant plus proche de Ted Cruz, Marco Rubio et Carly Fiorina) raconte dans le Guardian et dans un best seller intitulé "God’s Chaos Candidate" qu'en 2016 juste avant sa rencontre avec Trump Dieu lui a dit que Trump est la "boule de démolition" (wrecking ball) contre le politiquement correct". Juste en écrivant ces lignes je me rends compte que "Wrecking Ball" est le titre d'une chanson de Miley Cyrus... Ce qui renforce étrangement l'image de Trump-Cyrus.

Lance Wallnau témoigne aussi qu'avant sa seconde rencontre avec Trump Dieu lui a dit "Lis Esaïe 45" (Trump est le 45ème président des USA). Et Esaïe 45 commence ainsi : "Ainsi parle l'Eternel à son oint, à Cyrus, Qu'il tient par la main, Pour terrasser les nations devant lui". Selon ses révélations l'élection de Trump relèverait de la "grâce commune" ("common grace") au sens de Charles Colson qui, à la différence de la "grâce qui sauve" ("saving grace") dont parle les Ecritures, se borne à éloigner un peu le Mal et maintenir le monde viable.

Mauvais sort contre prières, des milliers sorciers, néo-païens et wiccans se sont réunis fin mars pour contrer les prières des évangéliques et jeter un sort à Trump qui le fasse quitter prématurément la Maison Blanche.

Leurs gri-gris seront-ils plus efficaces que ceux des villageois partisans de la milice des Kamuina Nsapu (du nom d'un médecin chef coutumier proche de l'opposition tué il y a peu) qui tentent de combattre avec des fétiches l'armée congolaise au Kasaï-Central et que l'armée régulière congolaise abat sans vergogne? Bilan plus de 400 morts pour l'heure (il est vrai inférieur à celui de la répression turque au Kurdistan) et 400 000 déplacés depuis 2016. La guérilla comprend 800 milicien, parmi lesquels des enfants mineurs, baptisés après des rites traditionnels, contraints de traverser le feu, d’avaler vives des fourmis rouges appelées Mankenene et d’ingurgiter quelques gorgés de Tshizaba, un mélange de boissons alcooliques indigènes et des fétiches que leurs encadreurs présentent comme ayant le pouvoir magique de les rendre invulnérables face à la mort. Outre les fusils de fabrication artisanale, les lance-pierres, les machettes, les flèches et les bâtons mystiques, certains disposent quand même d’armes de guerre arrachées aux forces de l’ordre pendant leurs nombreuses expéditions, dit-on...

Si les spéculations sur les raisons "neuronales" du vote pro-Trump restent anecdotiques, le rôle du fait religieux dans le politique ne l'est pas.Par exemple en Uttar Pradesh en Inde, le nouveau gouvernement nationaliste hindou (BJP) vient de renforcer l'interdiction des abattoirs clandestins de boeufs et de la consommation de cette viande, ce qui pénalise surtout la minorité musulmane (le journal Business Standard citait le cas d'une famille musulmans qui s'est vu refuser une dérogation pour un mariage). On peut voir sur la carte à gauche en bleu les derniers Etats où l'abattage de boeufs reste légal. Mais la conviction religieuse s'arrête où l'intérêt électoral commence et le BJP a fait savoir que dans les Etats à majorité chrétienne Mizoram, Meghalaya et Nagaland qui votent l'an prochain il n'y aurait jamais d'interdiction du boeuf si le parti y remportait les élections...

En janvier dernier une vidéo montrait dans un camp irakien une femme yézide de 129 ans (sur une vidéo elle montre une pièce d'identité qui atteste de sa naissance en 1887). Si c'est vraiment le cas, l'info sur le décès d'une doyenne de l'humanité italienne de 117 ans au début de mois d'avril serait fausse. On continue de se perdre en spéculations avec les écrits de Gurdjieff sur le fait que le yézidisme pourrait être la continuation d'un soufisme primitif qui remonterait à Sumer et sur la rapport des yézidis aux cercles magiques, mes je n'ose plus interroger mes contacts dans cette communauté à ce sujet.

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Retour sur la guérison magique du zona

23 Avril 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Grundlegung zur Metaphysik, #Béarn

Depuis 5 ans, mon article "Superstitions dans nos campagnes" sur la façon dont on "porte" les malades du zona en Béarn a été beaucoup lu. Dans la mesure où ma mère s'est fait porter peu de temps après ma naissance, et sa mère avant elle, j'ai voulu approfondir un peu le sujet. Je n'ai rien trouvé de très éclairant.

On peut lire dans Hygiène et traitement des maladies de la peau, par le Dr Ernest Monin  (1856- décédé en 1928 au 12 bd Raspail à Paris) - Éditions Société d'éditions scientifiques (Paris) 1901 p. 86

"Le zona était connu des anciens sous le nom de feu sacré ou de ceinturon sacré. Son nom de zona signifie, du reste, ceinture : car, dans sa forme classique, c'est une éruption de la région intercostale inférieure, apparaissant en demi-ceinture, c'est-à-dire unilatérale et le plus souvent du côté droit."

Dans  L'Écho du merveilleux du 1er août 1910 p. 282 sous la plume de Frédéric Boutet (1874, 1941) de L'Eclair expliquait :

"La guérison du zona est extrêmement singulière ; le guérisseur prend le malade sur son dos, fait neuf pas, s'arrète et dit : « Qu'est ce que je porte? » — « Le zona », répond le malade. « Je le pose ! » Il met le malade par terre,récite une incantation, reprend son fardeau, fait neuf autres pas et la cure est terminée."

Le récit est assez proche de celui que j'ai livré à propos du Béarn à ceci près qu'il n'y a pas neuf bâtonnet, en revanche neuf revient surtout pour les pas (alors qu'il semble que dans les manuels d'occultisme le 9 sont plus lié aux thèmes de l'amour et de la fécondité sans doute à cause des 9 mois de la gestation).

Dans le journal satyrique Cyrano du 18 mars 1928, en p. 21, Frédéric Boutet reprenait son récit à l'identique.

Dans Aguiaine : revue de recherches ethnographiques de mai-juin 1999 p. 36 on apprend qu'une guérisseuse dans la Vienne avait pour formule pour le zona "zona, je te conjure en l'honneur de tous les Bons Saints" puis faisait dire trois Pater et trois Ave et tourner un doigt de la main droite autour de la plaie. On retrouve là les trois "je vous salue" dont je parlais en 2012, mais la notion de "portage" est absente.

Pour le zona il faut boire, selon une croyance wallonne, le sang d'un coq noir mêlé au lait d'une femme qui allaite son premier enfant dit la Revue de recherches ethnographiques, Le Subiet de juillet 1971 p. 158, plus rien à voir cette fois avec os rituels béarnais...

Dans "La pratique dermatologique : traité de dermatologie appliquée. Tome 4 / publié sous la direction de MM. Ernest Besnier, L. Brocq, L. Jacquet" on peut lire p. 902 que le zona était connu sous ce nom même des Romains (zona signifie ceinture en grec) que Pline l'Ancien et Scribonius Largus le décrivent précisément. Mais au 18e siècle on ne le distingue plus de l'érysipèle car on le connait moins bien. On l'a aussi nommé "Feu de Saint Antoine".

Je lis dans "Notice biographique sur saint Antoine le Grand, patriarche des cénobites " de l'abbé M. Durand (curé d'Almenèches) édition de 1879 p. 37

"A la fin du onzième siècle, une maladie contagieuse, sorte d'érysipèle connu sous le nom de feu sacré, causait d'horribles ravages en France.

Un grand nombre de personnes se recommandèrent à saint Antoine et furent miraculeusement guéries. Il se fit alors dans le Dauphiné, à l'endroit où reposaient les saintes reliques, un concours prodigieux de processions et de pèlerinages, et bientôt le fléau fut entièrement conjuré. La France entière reconnut publiquement qu'elle devait à l'intercession de saint Antoine la disparition de cette maladie qu'on appela depuis le feu Saint-Antoine.

Parmi les innombrables malades qui obtinrent leur guérison, se trouvait le fils d'un riche gentilhomme, nommé Gaston. Par reconnaissance, le père et le fils consacrèrent leur fortune et se dévouèrent à soigner les pauvres malades et les pèlerins qui venaient implorer le secours de saint Antoine. Pour les recevoir, ils firent bâtir auprès du sanctuaire un vaste hôpital. Cet exemple de charité porta ses fruits : un bon nombre d'hommes riches et puissants vinrent s'adjoindre à eux et partager leurs œuvres de miséricorde. Telle fut l'origine de l'Ordre des Frères Hospitaliers connus sous le nom d'Antonins. Le pape Urbain II, au concile de Clermont (1096), approuva leurs constitutions, et, en 1298, Boniface VIII, après avoir réglé de graves difficultés survenues entre eux et les Bénédictins, décréta que les Antonins suivraient la règle de saint Augustin, qu'ils s'appelleraient chanoines réguliers de Saint-Antoine et que leur chef prendrait le titre d'abbé."

Littré appelle ce feu Saint Antoine (mal des ardents, ignis gehenallis) "ergotisme", ergotisme gangréneux, et certains médecins du XIXe siècle estiment qu'il était provoqué par la présence d'un cryptogame dans les céréales humides consommées au Moyen-Age.  La confusion avec le zona n'est donc peut-être pas de mise. Le mystère demeure donc toujours autour de ces rituels sur le zona.

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Renouveaux nationaux, Equateur, The Empire Files

27 Février 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Colonialisme-impérialisme, #La droite, #Grundlegung zur Metaphysik, #Peuples d'Europe et UE, #Débats chez les "résistants", #Espagne

Les identités nationales relèvent la tête. En Grande-Bretagne UKIP ne veut plus recevoir de leçons d'anticolonialisme (c'est pourquoi je pense que Macron avec sa tirade sur l'Algérie a 10 ans de retard par rapport à l'histoire des idées, même s'il est exact que les crimes de guerre là bas furent atroces au 19e siècle comme dans les années 50-60). En Espagne dans El Pais du 27 février, l'universitaire andalouse María Elvira Roca Barea explique : L'Inquisition a tué 1 300 personnes en 140 ans, Calvin en a brûlé 500 en 20 ans. Elle se propose de lutter contre l'hispanophobie qui a inspiré l'intelligentsia européenne depuis le 18e siècle (un sujet que j'ai un peu abordé en parlant de Custine il y a 5 ans - déjà !).

Mon petit côté romanesque me fait m'intéresser à cette Clémentine Autain de droite qu'est la journaliste Charlotte d'Ornellas, née en 1986,visage de Jeanne d'Arc en 2002, qui avait en 2014 nourri les polémiques avec un article dans Boulevard Voltaire sur un viol avec actes de barbarie sur un Française de 18 ans par des jeune morveux proche-orientaux à Evry. L'hiver dernier elle se réjouissait de la libération d'Alep Est, puis publiait un livre sur les chrétiens d'Orient et fondait une revue qui chante la louange de Marion-Maréchal Le Pen. Un fossé m'a toujours séparé des catholiques conservateurs que j'ai connus au cours des trois dernières décennies, et plus encore maintenant que je commence à comprendre certains ressorts métaphysiques de ce monde (un sujet qu'hélas je ne peux pas trop aborder dans ce blog car je ne veux pas choquer les lecteurs laïques). Mais il est toujours intéressant de découvrir ce qui fait la chair et le sang des diverses tendances politiques, puisqu'il faut bien que les idées s'incarnent.

La lecture d'Emmanuel Berl me fait prendre du recul à la fois à l'égard de ce qui à fait la grandeur et la misère de l'internationalisme et de ce qui a fait et fera la grandeur et la misère des nationalismes. Le mouvement de balancier a l'air assez inévitable, même s'il est vrai que la technologie en complique la problématique ou en atténue la portée.

On s'inquiète en ce moment de la possible défaite au second tour de la présidentielle le 2 avril prochain du dauphin de Correa en Equateur. Le président sortant a un plan B pour provoquer une "mort croisée" de l'exécutif et du parlement (acquis à sa cause) un an plus tard. La constitution le lui permet. Mais en attendant c'est Assange qui en ferait les frais. Tout cela en partie à cause de la candidature au premier tour de Cinthia Viteri (cf ci dessous). Mais pas seulement bien sûr... La défaite de la gauche au 1er tour dans les zones orientales indigènes où sévit l'extraction pétrolière doit faire réfléchir...

A part ça, il y a des discussions dans les milieux anti-impérialistes anglo-saxons sur la série "The Empire Files" qui passe sur TeleSur English. Il paraît que c'est génial...

Je ne l'ai pas encore regardée. Voici l'épisode sur la Syrie. Je vous laisse vous faire votre propre opinion.

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Syrie-Irak, Yémen, Ukraine

23 Février 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Colonialisme-impérialisme, #Proche-Orient, #Peuples d'Europe et UE, #Le monde autour de nous

On va parler aujourd'hui, comme cela arrive souvent sur ce blog, de trois guerres dans lesquelles nos alliés sont impliquées et dans lesquelles nos silences ne sont pas glorieux.

- Guerre de Syrie-Irak

Les troupes gouvernementales irakiennes ont pris l'aéroport de Mossoul aujourd'hui et les troupes syriennes avancent vers Raqqa.

Oui, mais voilà ... Ce n'est pas une guerre propre...

Comme vient de l'exposer l'ex contributeur de l'Atlas alternatif Vijay Prashad sur Alternet.org, lundi dernier, le 20 février, la coalition occidentale a bombardé la zone résidentielle al-Shefaa, à l'Est de Mossoul. Plusieurs dizaines de civils sont morts. Selon Airwars la coalition occidentale a tué entre 2 400 et 3 500 personnes en Irak et Syrie depuis 2014, deux fois plus que les jets russes (évidemment nos médias achetés par l'industrie de l'armement occidentale ne parle que des dommages provoqués par les Russes).

Vijay Prashad relance à juste titre le débat sur l'utilisation en Syrie des armes à uranium appauvri que l'on avait déjà largement évoquée pendant la guerre de Serbie et celle contre Saddam Hussein, et contre la résistance irakienne à Fallujah (ce Guernica sans Picasso comme avait dit un proche de l'équipe de l'Atlas alternatif) sous la férule de l'actuel secrétaire à la défense de Trump autrefois général James Mattis, car cet usage développe ensuite des cancers dans la population. Prashad souligne que l'utilisaton de bombes incendiaires par les bombardiers A-10 pourrait suffire.

Tout cela est abstrait pour vous qui préférez vous intéresser au soutien de Bayrou à Macron ? Pensez alors à l'artiste Nuha al-Radi morte de leucémie en 2004 qui avait dénoncé les effets cancérigènes des bombes occidentales à Bagdad.
 

La crise de Mossoul a provoqué la fuite de 160 000 personnes qui vivent dans des conditions très précaires, et les 750 000 restées sur place souffrent encore plus.

Erdogan à qui Trump rendra visite prochainement a négocié avec Daech son retrait d'Al-Bab en Syrie, mais son objectif réel y est d'abattre les Kurdes du YPG (qui ont rencontré un adjoint du secrétaire à la défense américain) et installer des zones de sécurité peuplées par des Turkmènes.

La politique d'accueil des réfugiés ne suit pas. Je ne parle pas seulement des réfugiés musulmans qui sont nombreux et pour lesquels certains évoquent le risque qu'il y ait des agents infiltrés de Daech parmi eux, mais aussi d'une petite minorité alliée (d'un point de vue géopolitique) à l'Occident (et aux chrétiens d'Orient) comme les Yézidis. Le Canada en accueille 1 200, l'Allemagne en refoule 2 800 au motif qu'ils sont en sécurité au Kurdistan irakien (sans doute ce jugement correspond-il à des impératifs diplomatiques avec Barzani). Sauf qu'au Kurdistan irakiens on refuse leur retour à Sinjar et ils sont entassés dans des camps du HCR où sévit la leishmaniose. 26 psychiatres seulement y soignent les rescapées de l'esclavage de Daech (le bade Wrutemberg en soigne mille dans de meilleurs conditions semble-t-il) tandis que 3 000 sont encore captives avec leurs enfants.

- Guerre du Yémen

Margaret Ferrier, députée du Parti national écossais, se bat depuis 201- pour instaurer un embargo sur les armes (question : quel député fait cela en France) et se bat contre l'usage par nos "amis" saoudiens des bombes à fragmentations dont on se souvient des méfaits qu'elles causèrent sur le marché de Nis en Serbie (entre autres) en 1999... Le ministre de la défense Michael Fallon lui a répondu cette semaine que son administration enquête sur 257 allégations de crimes de guerre de la coalition saoudienne dans ce pays. Au même moment ont apprend que la Royal Air Force aide les saoudiens à utiliser les missiles Paveway IV qu'elle leur vend, des missiles fabriqués en Ecosse, à Fife. Marché profitable pour la firme britannique qui a signé un contrat de 130 millions de livres avec les Saoudiens pour la livraison de ces miissiles. Une belle vitrine pour l'industrie de l'armement occidentale : les F-15, Tornados et Eurofighter Typhoons vendus à l'Arabie saoudite par les Britanniques et les Américains sont par exemple responsable d'une boucherie de civils survenue dans le quartier résidentiel de Mokha le 24 juillet 2016, selon une enquête d'Amnesty international. Mokha fut le principal port yéménite avant la conquête anglaise, un marché au café qui donna le nom au café mocha chanté par Gotainer...

La France n'est pas complètement en reste d'ailleurs car elle a vendu des chars Leclerc aux Saoudiens à l'initiative de MM. Fabius et Hollande. Un char est censé cibler plus directement les courageuses forces militaires de la résistance nationale yéménite. Cela fait moins laid à l'écran que les massacres de civils... Mais qui sait si nos Leclerc ne pilonnent pas aussi des maisons ?

19 millions de personnes sur les 27 que compte le pays ont besoin de secours humanitaire dans ce pays chaque jour. Le gouvernement pro-américain ayant transféré la banque centrale à Aden, la résistance nationale et les houtis qui tiennent la capitale Sanaa ne peuvent pas aider la population en recourant à des importations.

- Guerre du Donbass/Ukraine

Enfin, si vous voulez comprendre ce que le régime féodal putschiste de Kiev allié à l'Union européenne fait dans le Donbass et dans le reste de l'Ukraine, voyez les vidéos sur You Tube sous-titrées en français tournées par de simples citoyens ou des journalistes ukrainiens en exil ou réprimés comme Arthur Senko, Rouslan Kotsaba ou Anatoly Shary (dont nos "journalistes" n'ont jamais parlé).
Dans une, Shary explique comment l'Ukraine, contre une aide dérisoire de 300 millions d'euros, a dû renoncer à l'interdiction d'exporter le bois de ses forêts vers l'Union européenne : de l'exploitation néo-coloniale pure et simple. Ce n'est pas de la propagande russe : Shary montre la vidéo où Juncker reconnaît que ce renoncement faisait partie de la négociation. Ici Senko dénonce les arrestations abusives sur la base de la loi antiterroriste. Voyez aussi le témoignage de la juriste Tetiana Montian au parlement européen ci-dessous.

Bon maintenant vous savez... N'hésitez pas à interpeler vos élus, vos députés sur ces sujets...

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Intox mainstream et dissidente, Corée du Nord, Equateur, Donbass, Mossoul, Piketty

20 Février 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Revue de presse, #Peuples d'Europe et UE, #Proche-Orient, #Colonialisme-impérialisme

Difficile vraiment de faire la part des choses entre l'info et l'intox. Les médias mainstream mentent, les propagandistes de droite aussi. Mais aucun ne ment tout le temps sur tout, difficile de se frayer un chemin.

Trump parle de violences en Suède. Les médias le raillent "il se trompe". Ses partisans maintiennent qu'il y a des violences dans ce pays que les médias passent sous silence.

On nous explique que les prétendues violences sexuelles perpétrées par les réfugiés des pays musulmans à Cologne le 31 décembre 2015 qui furent montées en épingle par la droite seraient un montage pur et simple parce que certains témoins seraient bidons. Mais impossible d'avoir tous les éléments pour savoir si tout est faux à ce sujet ou seulement une partie. Il y a peu j'avais dénoncé dans ce blog un mensonge de Poutine sur le prétendu acquittement d'un immigré pédophile en Autriche.

Quand l'actualité politique ne s'appuie plus que sur des faits divers, on verse dans le grand n'importe quoi...

A ce jeu là, c'est la presse quotidienne régionale qui devient la plus performante. Les Derniers nouvelles d'Alsace (DNA) nous servent un magnifique article sur la jeune femme indonésienne de 25 ans soupçonnée d'avoir aspergé lundi d'un liquide mortel le demi-frère dissident du leader nord-coréen, lundi dans le hall de l'aéroport de Kuala-Lumpur (Malaisie), qui croyait participer à un canular télévisé, après avoir déjà été payée pour verser de l'eau sur la tête des passants. Les DNA détrônent le Monde en matière d'infos internationales.

Bonne nouvelle en Equateur : le dauphin de Rafael Correa gagne le premier tour de l'élection présidentielle avec 39 % des voix, mais peut-être pas assez pour éviter un second tour (il faut avoir plus de 40 % et 10 points de plus que le deuxième). Son challenger avait promis de virer Assange de son ambassade londonienne après la publication de la fuite de Wikileaks sur l'espionnage des élections françaises de 2012 par la CIA. Croisons les doigts pour que l'Equateur choisisse de rester dans le "bon camp" comme l'a fait le Nicaragua récemment.

Ici un article de Chris Black sur l'agression ukrainienne contre le Donbass, le projet de référendum d'adhésion à l'OTAN du régime putschiste de Kiev, et l'alignement progressif de Trump sur une ligne anti-russe. Le Donbass résiste bien. Porochenko vient de décerner à titre postume le titre de héros de l'Ukraine au chanteur d'opéra Vasyl Slipak qui, après avoir été soliste à l'opéra de Paris, était retourné dans son pays en 2014 pour mourir au front en 2016 dans les rangs des néo-nazis de Secteur droit. Ah ! l'opéra !

Je préfère la légende de cette combattante kurde qui aurait tué plus de cent djihadistes. Elle a enflammé les réseaux sociaux en 2014 et circule encore. Sauf qu'elle était fausse... Le chercheur Carl Drott l'a rencontrée : elle ne faisait pas partie des unités d'avant garde (sa brigade relevait de ce que les Anglais appelle "home guard" et aucun tireur d'élite n'a jamais tué cent djihadistes). Une pensée pour Mossoul qui, comme Syrte en Libye naguère, sortira sans doute détruite à 80 %, et pour les 3 500 femmes yézidies encore otages de Daech, ainsi que leurs enfants conditionnés pour jouer les kamikazes (mais il faudrait parler aussi de leurs alter ego nigérians, et de la famine au Sud Soudan, bref arrêtons là le tour du monde de la tristesse).

 A part ça, le projet de Piketty porte-parole d'Hamon sur un parlement de la zone euro ne me plaît pas du tout. Et évidemment Hamon n'a pas d'idées sur l'OTAN. Mais entre une victoire d'Hamon et celle de Macron, je préfèrerais quand même la première... Mélenchon retire toi !!!

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Histoire : Les Yézidis et l'URSS

13 Février 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Divers histoire, #Aide aux femmes yezidies

Puisque nous approchons du centenaire de la révolution bolchévique, un extrait du Bulletin périodique de la presse russe 8 septembre 1923 p.6 à propos des Yazidis du Caucase.

Conférence de Yézidis et de Kurdes à Tiflis.

La Pravda (30-8) annonce la clôture d'une conférence organisée par les Yézidis et les Kurdes de Transcaucasie. La Conférence, à laquelle le gouvernement soviétique a donné , tout son appui, s'est ouverte à Tiflis en présence d'une cinquantaine de délégués. Les Yézidis, qu'on désigne encore sous le nom d'Adorateurs du diable en raison des cérémonies bizarres qui accompagnent leur culte, forment avec les tribus kurdes des minorités nationales en Arménie soviétique. Les principaux groupements yézidis habitent le voisinage du mont Alagheuz et forment plusieurs villages le long de la frontière russo-turque.

Au début de la Conférence, les représentants du parti communiste de Russie rappelèrent aux délégués l'état de mépris et d'isolement dans lequel tous les régimes avaient tenu Kurdes et Yézidis. Il leur fut donné l'assurance que le gouvernement soviétique, défenseur des minorités nationales et des peuples opprimés, ferait tous ses efforts pour donner à chacun la possibilité de travailler et de vivre, tout en profitant des bienfaits de la culture soviétique.

En réponse, les délégués Yézidis déclarèrent qu'après des siècles d'oppression, d'alarmes et de persécutions, ils ont enfin trouvé de la tranquillité sous le régime soviétique.

Après la lecture de nombreux rapports, les délégués décidèrent de demander au gouvernement soviétique d'Arménie d'ouvrir des écoles nationales dans tous les villages yézidis d'Arménie. Avant de clôturer la Conférence, un rapporteur yézidi attira l'attention des délégués sur le fait que la publication du livre yézide (Chame)  (La Lumière) a été faite pour la première fois sous le régime des Soviets. (1)

(1) Le code de la doctrine des Yézidis contenu dans le « Livre » a été traduit de l'arabe en anglais par MM. Layard et Badger. Ce Livre, qui se réduit à quelques feuillets, paraît avoir été écrit à une époque relativement récente. M. J. Menant, de l'Institut, a donné sur les Yézidis une étude d'ensemble dans le vol. 5 des Annales du Musée Guimet.

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Scorsese et le martyre, Berl et le silence

9 Février 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Cinéma, #1910 à 1935 - Auteurs et personnalités, #Grundlegung zur Metaphysik

Vu le dernier film de Scorsese "Silence", film astucieux mais sans intérêt sur le plan moral. Le cinéaste s'y regarde trop le nombril au prisme de la religion. Depuis La dernière tentation du Christ, il aime mettre en scène les doutes des croyants, mais, contrairement à ce que veut faire croire son film, l'engagement religieux ne peut se borner à glisser au milieu du scepticisme de la fin de vie une amulette interdite dans un cercueil. Cela dit, il met un certain talent "technique" au service du sujet considérable que représente le martyre des chrétiens au Japon au XVIIe siècle.

Tous les martyres sont impressionnants, et ils sont le propre de beaucoup de religions. Ils m'impressionnent quand ils ne se font pas avec des ceintures d'explosifs car là, ce n'est plus du martyre, c'est de l'assassinat. J'ai découvert celui de religieux mandéens (sabéens) au XVIIIe siècle il y a peu : en 1782 les musulmans de Perse ne parvenant pas à obtenir par l'argent et la ruse les livres sacrés de cette secte jettent leur clergé en prison et les torturent. Plusieurs sont tués, empalés,mutilés, on leur coupa les membres en commençant par les doigts, corps égorgés, yeux brûlés au fer rouge, têtes coupées selon le témoignage de J. de Morgan. Le Gauzevra Adam auquel les Perses avaient coupé le poignet droit s'enfuit en Turquie avec le livre "Iniani" sous le bras qu'il recopia en cachette de la main gauche.

Je lis Emmanuel Berl en ce moment qui fut une sorte de Montaigne du XXe siècle. Il a raison de dire qu'au fond tous les athées, de Nietzsche à Picasso, furent de grand religieux. Sauf que ces gens là plaçaient leur Dieu trop loin et trop haut pour le croire susceptible d'imposer des lois à l'homme. C'est qu'il leur manquait la foi aux démons (ou plutôt la connaissance des démons), un peu moins d'orgueil, un peu d'humilité dans la façon d'observer des phénomènes comme la voyance et la médiumnité les auraient ramenés aux dures réalités du "deuxième ciel" et ils auraient alors compris pourquoi les lois morales existent. Voyez par exemple la séance où Malraux va voir une médium spirite pour lui faire dater un tapis antique et en ressort comme s'il sortait d'un labo d'analyse scientifique, telle que Pauwels la raconte. Un peu de modestie et de curiosité sans préjugés auraient ouvert à Malraux des boulevards d'élévation spirituelle. Idem pour Kant s'il avait eu l'honnêteté minimale de témoigner de sa fascination initiale (qu'il confesse dans ses lettres) devant l'intuition de Swedenborg sur l'incendie de Stockholm, plutôt que d'enterrer tout cela sous une tonne d'arrogance ironique dans "Rêves d'un visionnaire".

J'aime bien quand Berl dans "A contretemps" fait l'éloge du silence et transforme la phrase de Jésus "Que votre oui soit oui, que votre non soit non, tout le reste vient du Mauvais" (Mt 5:37), en "Dites oui oui dites non non et tout le reste vient des démons". Moi aussi j'aimerais avoir la sagesse de ne pouvoir parler que pour dire "oui" ou "non".

Un fervent musulman a commenté un billet récent de ce blog. Il y a des tas de religions comme l'Islam, le bouddhisme etc dont je me dis que plus je les connais et moins j'en sais sur elles. Mais j'ai une méthode bien à moi pour approcher ces sujets. Je ne creuse que ce qui m'est indispensable, quitte à devenir très pointu sur d'infimes détails (comme vous avez pu le remarquer sur ce blog avec mes remarques sur le pythagorisme), car le sens profond est dans le détail, sans jamais rechercher l'encyclopédisme ni l'académisme. Pour le reste il faut accepter de ne rien comprendre.

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Nigérians, Rohingya, Yémen et Eirik Vold

8 Février 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Colonialisme-impérialisme, #Proche-Orient

Continuons de rendre justice aux victimes de massacres qui indiffèrent l'opinion publique. On l'a dit, il y a les victimes (principalement chrétiennes) de Boko Haram et des milices islamistes fulani (l'ethnie de l'actuel président, client d'Hilary Clinton) qui, grâce à la complicité de l'Etat assassinent et violent en masse en ce moment (ici un article qui raconte les parachutages d'armes sur les milices juste avant qu'elles passent à l'attaque sans que l'armée nigériane ne fassent rien). Au Myanmar il y a les massacres et viols de musulmans Rohingya depuis l'assassinat le 9 octobre dernier de neuf garde-frontières birmans. La cruauté atteint son comble dans ce pays : le haut commissaire aux droits de l'homme de l'ONU Zeid Ra'ad Al Hussein  a déclaré "Quel genre de haine pourrait pousser un homme à poignarder un bébé qui pleure pour avoir le lait de sa mère. Et pour que la mère soit témoin de ce meurtre au moment même où elle est violée par les mêmes forces de sécurité qui devraient la protéger ?". Une cruauté qui en tache de sang l'auréole de la prix Nobel de la Paix amie de Soros, Aung San Suu Kyi, aujourd'hui au pouvoir. L'organisation de la conférence islamique en Malaisie le 19 janvier a condamné ce crime... pas nos journaux...

Camp KutuPalong

Camp Cox's Bazar

Trump s'égare avec son interdiction aveugle d'accueillir des réfugiés de pays en guerre qui frappe même des alliés potentiels : il a été annoncé que la député irakienne yézidi Vian Dakhil ne pourrait se rendre le 8 février à la remise de prix de la Fondation Lantos (autrefois patronnée par Shimon Peres et qui avait soutenu H. Clinton, le Dalaï Lama et les adeptes du Falun Gong), et que le jeune yézidi au visage brûlé Dilbreen soigné à Boston dont le petit frère d'appelle Trump ne pourrait pas y recevoir sa famille. Plus choquant encore le fiasco de cette opération terrestre américaine au Yémen contre un prétendu collaborateur d'Al Qaida qui s'est soldée par la destruction du village de Yakla et la mort de beaucoup de civils fin janvier. Antiwar.com soupçonne Trump de vouloir désigner le néo-cons Elliott Abrams au poste de secrétaire d'Etat adjoint ce qui pourrait remettre en selle les faucons et menacer la paix avec la Russie. Et des apprentis sorciers du parti républicain évoquent des redécoupages de frontières dans les Balkans au profit des Albanais. Prudence, prudence !

Nous parlions des experts alternatifs il y a peu, en voici un qui dénonce les complots américains contre l'Equateur, c'est un Norvégien, Eirik Vold.

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La Transnistrie et l'histoire de l'antisémitisme

6 Février 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Transnistrie, #Grundlegung zur Metaphysik

En 2013, j'ai déjà signalé le lien entre la Moldavie et l'extermination des Juifs par les nazis à propos du bordel de Soroca, que décrit Malaparte dans Kaputt. Le lien est très fort aussi pour la Transnistrie dont le nom même, appliqué par les Roumains au pays, est le terme administratif utilisé par les nazis pour la zone au delà du Dniestr pou la mise en oeuvre du programme d'extermination.  Mais le rapport de la Transnistrie, et de la Moldavie à l'histoire de l'Antisémitisme, est plus ancien encore, évidemment.

Si vous avez lu mon livre sur ce pays, vous savez sans doute que je me suis rendu à Dubossary qui est un village transnistrien à majorité moldave. Or, en lisant aujourd'hui le livre du théosophe anglais George Robert Stow Mead publié en 1903 "Did Jesus live in 100 BC ?", j'apprends que selon le Times du 2 mai 1903, la populace de Chisinau a assassiné "environ 60 juifs et juives" et en a blessé "environ 500 de plus" avec "plusieurs cas de viols trop horribles pour une description détaillée" en raison d'un supposé "meurtre rituel" perpétré par les Juifs de Dubossari, et ce malgré la publication de la preuve absolue du caractère mensonger de l'accusation (à cette époque on accusait les Juifs de sacrifier des enfants et manger leur chair).

Une lecture du journal "L'Aurore" du 17 août 1903 p. 2 sur Gallica me donne ces éléments : 

"Les horribles massacres qui ont eu lieu à Kichineff ont été présentés par M. Krouchevau, l'éditeur du journal antisémité Bassarabets comme les représailles d'un prétendu crime rituel.

Les faits ont été relatés : quelques semaines avant les fétes de Pâques on avait trouvé S, Doubossari,. non loin de Kichineff, le cadavre d'un adolescent de dix-sept ans, Michel Ribalenko, assassiné de façon mystérieuse et dont le cadavre présentait cette particularité que le col était criblé de coups de canif, comme si l'assassin s'était complu à faire couler goutte à goutte le sang de la victime. Il n'en fallut pas plus au Bessarabets pour annoncer que Ribalenko avait été tué par les Juifs qui l'avaient saigné pour préparer les mazzi (pain azyme). La légende fut acceptée par laf oule avec enthousiasme, et nous connaissons les atrocités qui suivirent.

Un agent de la police secrète d'Odessa ne fut point convaincu par les "révélations" du Bessarabets. Il avait passé sa jeunesse parmi les juifs ; il connaissait à fond leurs moeurs, parlait même leur jargon et l'accusation qui pesait sur eux le laissa sceptique. Il s'affubla du costume des juifs polonais et fréquenta les petites synagogues, les restaurants et les bazars où les juifs s'assemblèrent, et il fut bientôt convaincu que bien loin de pétrir le pain azyme avec du sang chrétien les israélites ne touchaient pas au sang des animaux. un jour il vit un juif corriger d'importance son fils parce que l'enfant lui avait servi un bifteck saignant. Ce juif était convaincu qu'en avalant une goutte de sang de boeuf il avait commis un grand péché devant l'Eternel... Il fallait chercher ailleurs l'auteur de l'assassinat.

Existait-il des gens qui eussent intérêt à supprimer Ribalenko, se demanda alors Matviev.

Pour résoudre cette question, il mit de côté l'habit juif polonais et s'accoutra du costume d'un paysan de la Bessarabie : blouse blanche, hautes bottes et bonnet d'astrakan. Il entra en relations avec le grand père de la victime, Kouzma Ribalenko, un riche paysan qui possédait beaucoup de terrains, de vignes et d'argent comptant. Un peu avare, il n'aimait guère sa famille et s'en plaignit à son nouvel ami en la lui présentant sous les traits les plus noirs.

Matviev sut s'insinuer dans les bonnes grâces du vieillard à force de petits cadeaux et d'attentions. Il apprit bientôt que Kouzma Ribalenko détestait par dessus tout son ex-gendre, un certain Timotchouk, veuf de la fille de Ribalenko, qui avait eu de son premier mariage un fils, Ivan, qui était avec le malheureux Michel l'héritier du grand-père.

- Ce Timotchouk, disait le vieux au détective, n'a jamais su travailler et maintenant que Michel est mort et que son fils Ivan devient l'unique héritier, il me tuera pour entrer plus vite en possession de son bien.

Ces confidences furent un trait de lumière pour Matviev.

Le détective eut recours à un troisième travestissement ; il s'habilla en journalier qui cherche de l'ouvrage chez les gros paysans. Il devint un habitué des cabarets et lia connaissance avec jardinier, Antone, gardien de la propriété contiguë à celle qui avait été le théâtre de l'assassinat de Michel Ribalenko".

Après avoir courtisé la fille de Tomotchuk, Matviev, dans le rôle du gendre potentiel, apprit de
Antone le jardinier qu'en effet Tomotchouk avait tué l'adolescent. Il leur reprocha à lui et son compagnon de n'avoir pas mis à profit le crime rituel pour piller les juifs de Doubossari.

"Nous avons été plus avisés à Kichineff, du le jardinier, nous leur avons appris ce qu'il leur en coûtera de cribler nos jeunes garçons russes de coups de couteau... Vous êtes des pleutres, des timorés, des imbéciles..."

"Piqué par ces sarcasmes, ajoute le journal, Antone se rebiffa :
- Ah ! tu nous prends pour des pleutres ? C'est toi qui un imbécile !... Tu crois que ce sot les juifs ui ont tué Michel Ribalenko ?

Ha ha ha ! Eh bien ! non, tu n'est pas malin ! ... Mais c'est Timotchouk et moi qui avons fait le coup, imbécile !" Et le jardinier de raconter comment le 16 février au soir Antone avait saigné l'adolescent pour faire croire qu'il s'agissait d'un rituel juif.

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Hidalgo et la salle de prière, le corporatisme de France Info contre Trump, les "médiamensonges", la victoire d'Hamon

1 Février 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Revue de presse, #Les Stazinis, #La gauche

Quelques news un peu en vrac :

Par un arrêt du 26 octobre 2015, la cour administrative d'appel de Paris a annulé pour méconnaissance de la loi sur la laïcité de 1905 la délibération du Conseil de Paris des 22 et 23 avril 2013 et la décision du maire de Paris de conclure le bail emphytéotique administratif consenti à la société des Habous et des Lieux Saints de l’Islam -  Grande Mosquée de Paris - (voir info ici) qui consistait en fait à céder à bas prix à cette association la salle de prière que la ville avait fait construire pour plus de 13 millions d'euros. Selon Causeur, seuls le Parti de gauche et le franc-maçon socialiste M. Gugliemi avaient en 2013 protesté contre ce bail. Paris devra sans doute rembourser le contrat de vente à la GMP s'il est annulé derrière. Le requérant selon Causeur Guy Hanon 75 ans est un athée, ex-French doctor du Biafra et du Kosovo (pro-kosovar) dont les videos sont reprises sur Riposte Laïque. Son action en justice a peut-être provoqué l’abandon, par Anne Hidalgo, début septembre 2015, de la « phase 2 » de l’ICI, qui devait prendre la forme d’un second centre culturel islamique (pour 15 millions d'euros), avec salle de prière également, rue Polonceau, à la place d’une ancienne mosquée, aujourd’hui détruite. La question du remboursement à la société des Habous fait la une de quelques blogs en ce début d'année 2017. Le lien entre le centre-gauche et l'Islam pose problème : non que je sois contre la liberté de culte des musulmans, bien au contraire, mais ce règne de l'entourloupe pour cacher aux citoyens les circuits de financement ne me plait pas. L'affaire des dons du Qatar et de l'Arabie saoudite (ou du président du Nigéria dont la justice couvre les décapiteurs de chrétiens dans son pays) à Hillary Clinton, avec les contre-dons qui venaient derrière via sa chef de cabinet liée aux Frères musulmans, posait aussi ce genre de question.

Une article ignoble sur France Info, qui dénonce le fait que Trump ne cautionne pas les mensonges de CNN sur son compte et brise le rituel de la grand messe des journaux institutionnels en donnant plus la parole aux journaux de droite et même aux bloggueurs. Le corporatisme journalistique se révèle dans toute sa violence avec les représailles qui vont avec - on n'enverra plus que des stagiaires, on mènera par derrière des enquêtes anti-Trump purement à charge etc (une violence transatlantique s'il vous plaît). C'est du Bourdieu mis en pratique.

Ici Trump redresse quelques mensonges médiatiques (si la video ne s'affiche pas, cherchez la sur sur Youtube c'est l'interview sur Fox News du 26 janvier) :

Comprenez moi bien. Je n'aime pas beaucoup Trump, avec ses mesures un peu folles comme le bras de fer avec la Chine ou la fermeture brutale des frontières aux réfugiés de pays en guerre (je le préfère quand il tweete comme hier "Senators should focus their energies on ISIS, illegal immigration and border security instead of always looking to start World War III"). Mais tous les jours les médias inventent une immondice sur son compte. Ils ont prétendu que le nouveau président a viré de son bureau la statue de Martin Luther King - c'est faux -, qu'il y aurait eu une sombre manip russe derrière son élection - ça ne tient pas debout -, qu'il n'y avait presque personne à son investiture - les images ont finalement montré le contraire. Toujours les mêmes sarcasmes contre lui, le même sourire aussi imbécile qu'arrogant contre tous ses propos. Aujourd'hui même une revue de midinettes (une revue "people") se permettait de le prendre de haut en disant "il est mal placé pour critiquer la vulgarité de Madonna à son encontre lui qui disait vouloir prendre les femmes par la chatte" - sauf que ce dernier propos il l'a tenu en privé et un micro indiscret l'a divulgué, quel rapport avec les éructations délibérées de la popstars devant des milliers de personnes. Et pendant ce temps évidemment personne ne dit que Trump se bat contre l'establishment républicain pour débloquer de l'argent pour les routes, pour les écoles, comme il le dit dans son interview... Evidemment, car si on le disait il faudrait admettre que la moitié du peuple américain qui a voté pour lui n'est pas seulement une populace crétine et facho...

Cette semaine le site de gauche Huffington Post, relayé en "une" de Yahoo, annonce la couleur en appelant à la destitution de Trump sous la plume de Robert Kuttner, fondateur de l'Economic Policy Institute financé par Soros.

De toute façon, les journalopes ont réponse à tout et retombent toujours sur leurs pattes. Hamon sort-il vainqueur de la primaire ? On fait une "une" le lendemain pour dire que ça va faire triompher Macron. Bah voui ! On va quand même pas admettre qu'il reste encore des gens de gauche en France, même au PS ! des gens qui refusent le brainwashing merdiatique... Alors oui, que des gens préfèrent Hamon à Valls ça ne peut avoir aucun sens, aucun intérêt pour les médiacrates. C'est juste un coup de pouce à leur chouchou centriste  libéral, ça ne peut avoir que cette signification-là. Les médias ont toujours détesté la gauche du PS. En 81, ils haïssaient le programme de Mitterrand qui avait devancé le centrisme de Rocard. C'était de la ringardise à leurs yeux, ils ont adoré son abandon en 1983. Les corporations journalistiques n'aiment pas le socialisme, ni non plus le gaullisme. Rien qui puisse protéger le citoyen. Ils auraient adoré Fillon s'il n'avait pas été si chrétien ni si pro-russe. Au moins son thatchérisme leur convenait-il à merveille. Heureusement pour eux les scandales financiers risquent de couler l'ex-premier ministre, et tout le monde en 2022 aura renoncé au principe des primaires.

Hamon peut-il s'imposer face à la haine médiatique autrement qu'en écrasant Mélenchon ? Pas évident. L'homme a aussi peu de charisme que l'ensemble des "frondeurs" qui pendant tout le quinquennat furent incapables d'en imposer à Valls. En tout cas saluons la défaite de ce dernier. L'homme qui a brutalisé la jeunesse de ce pays avec la réforme du code du travail et l'odieuse répresssion du mouvement étudiant, le matamore en chef, spécialiste de l'état d'urgence à perpétuité,méritait de disparaître aux oubliettes. Hélas l'amour des journalistes pour lui pourrait encore nous imposer sa binette dans cinq ans. Ah ! Si seulement Mélenchon ne s'était pas présenté ! Hamon aurait eu de meilleurs chances d'écraser Macron et le candidat de la droite... Mélenchon, la candidature de trop. Il avait déjà tout dit en 2012... et dilapidé bêtement son capital politique en offrant ses voix sans contrepartie au candidat Hollande au 2ème tour. Aucun principe moral n'oblige à se présenter à chaque élection. Il eût mieux fait d'attendre la suivante...

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Le malaise du Biafra et la guerre de religion au Nigéria

29 Janvier 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

L'apôtre John Suleiman appelle les chrétiens à l'auto-défense armée face à Boko Haram. Les services de sécurité fédéraux l'ont convoqué hier. Un leader spirituel musulman, le sultan de Sokoto avait demandé son arrestation. D'autres prédicateurs chrétiens avaient pourtant eux-aussi tenu le même genre de discours que John Suleiman. Il est vrai que ce Suleiman va peut-être un peu plus loin que les autres. En 2016, quand des villageois chrétiens de l'Etat de Kaduna ont été massacrés par les éleveurs peuls musulmans (fulani), John Suleiman avait prophétisé que le gouverneur Nasir El-Rufai mourrait sous quatre jours.

Le journal biafrais Biafra Telegraph s'indigne de l'impunité des fondamentalistes musulmans au Nigeria, et du refus du premier ministre britannique de s'engager pour les chrétiens persécutés dans ce pays, tandis que les militants du mouvement indépendantiste Peuple indigène du Boafra (IPOB) dont 20 membres furent tués le 20 janvier lors de leur manifestation pro-Trump sont inculpés de complot contre l'Etat devant une cour de Port Harcourt (le grand port pétrolier du Sud-Est); Leur procès a été ajourné jusqu'à demain. Ils sont 38.

Le leader de l'IPOB et directeur de Radio Biafra Mazi Nnamdi Kanu reste emprisonné et encourt la prison à perpétuité. Des médias britanniques ont affirmé que les journalistes étrangers ont été interdit d'accès à son procès qui a eu lieu début janvier devant la cour fédérale d'Abuja. Le Gatestone institute (un think mainstream) avait tenté d'attirer l'attention l'an dernier sur le Biafra, et vanté l'action d'Amnesty International qui serait, selon cet instut, la seule ONG à s'intéresser à la répression anti-biafraise (notamment à l'assassinat de manifestants d l'IPOB en mai 2016 et les arrestations et tortures éxtrajudiciaires).

Conscient de la montée des revendications biafraises, l'ex-président nigérian Obasanjo a reconnu que les Igbos (l'ethnie du Biafra) devraient pouvoir accéder à la présidence du pays en 2019, mais en même temps a soutenu pour cette date la candidature de leur principal ennemi, l'actuel président Muhammadu Buhari. Celui-ci, sympathisant de la charia, n'a cessé depuis deux ans de discriminer les Igbos dans les nominations à la tête de l'Etat comme dans les investissements publics. Une discrimination qui ne fait que favoriser l'indépendantisme.

L'instabilité générale du pays plaide aussi dans ce sens. Certaines régions du Nigéria sont au bord du chaos en ce moment sous l'empire de l'extrémisme des fondamentalistes musulmans. A Kano, au nord du pays, une femme kamikaze qui  portait un bébé sur son dos s'est fait exploser le 13 janvier. Dans cette ville les meurtriers de la commerçante chrétienne igbo (originaire donc du Biafra) Bridget Agbahime, 72 ans (à qui des jeunes musulmans avaient coupé la tête à cette femme de pasteur parce qu'elle avait demandé à un d'entre eux de faire ses ablutions loin de son commerce) ont été libérés...

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Justice ou injustice : des Kurdes au Botswana...

29 Janvier 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Grundlegung zur Metaphysik, #Le monde autour de nous, #La gauche, #Peuples d'Europe et UE

Justice divine, justice terrestre... Moi qui travaille beaucoup sur l'histoire des religions en ce moment, je ne peux manquer de m'interroger sur l'articulation entre les deux. Prenez les Kurdes : du point de vue terrestre leurs cause paraît juste, et d'autant plus depuis qu'ils remportent de belles victoires militaires contre Daech. Pourtant bien des éléments les condamne au regard des textes sacrés. Leurs sites sur Internet à la gloire de Marx ont des liens avec des sites pornos (si si, j'ai vu ça il y a huit jours !). L'activiste Nurcan Baysal (dont on a déjà parlé ici) écrivait la semaine dernière sur le site T24 un billet contre l'atteinte au patrimoine historique de la capitale du Kurdistan turc Dyarbekir / Amed que représenterait le projet d'Erdogan de réaménager la ville à la mode ottomane. L'article défend les statues assyriennes de lions à tête humaine, tout comme beaucoup de sites kurdes irakiens prônent le retour au zoroastrisme. Voilà qui place Erdogan dans le sillage abrahamique et les Kurdes dans le camp de l'idolâtrie... Tout comme la promesse de Mélenchon d'inscrire le droit à l'avortement dans la constitution ne doit pas le placer très haut dans l'échelle de la justice divine, c'est le moins qu'on puisse dire, même si sa défense des pauvres le situe haut dans la justice terrestre... Cela me rappelle les mots de Claudel qui reconnaissait dans son journal que les bolchéviques malgré leurs horreurs anti-chrétiennes avaient au moins rêglé son compte au démon de l'argent comme le catholicisme n'avait jamais pu le faire...

Notez que, du point de vue de la seule justice terrestre elle-même, on peine aussi à faire la part du bon et du mauvais. Prenez la cause sahraouie. Le Maroc qui a quitté l'Union africaine (ou son ancêtre) en 1984 à cause de cette question postule à une réintégration malgré l'hostilité de l'Algérie et de l'Afrique du Sud. Est-ce une cause juste ? Presque tous les Marocains pensent de bonne foi que les Sahraouis ne sont pas un peuple, comme les Israéliens considèrent que les Palestiniens n'en sont pas un. Qu'est-ce qu'un peuple ? Les Californiens allergiques à Trump prétendent de plus en plus en être un et l'on parle de sécession à San Francisco. Le patron de Facebook qui a exproprié des indigènes d'Hawaï avait l'air de ne pas considérés les pactes ancestraux qui régissaient leurs terres comme émanant d'un "peuple" sujet de droit...

Question complexe que celle du droit des peuples à disposer d'eux-mêmes. Bertrand Russell dans un livre d'histoire des idées, rappelait que Wilson n'avait pas été jusqu'à le reconnaître aux habitants d'un quartier qui prétendaient faire sécession de leur pays pour ne plus y payer d'impôts... Cette semaine le Petit Quotidien, journal pour les enfants, bourre le crâne de nos chères petites têtes blondes en faisant sa "une" sur une info de la plus haute importance "un cerf mange du maïs dans une forêt au Kosovo". Le seul but de l'info apparemment est d'apprendre aux enfants où se trouve le Kosovo et leur faire croire que c'est bien un Etat. Promis si vous m'élisez président un jour j'obligerai le Petit Quotidien à faire se "Une" sur les belettes de Transnistrie...

En parlant de Transnistrie, avez-vous vu que le nouveau président socialiste moldave dont on a déjà parlé dans ces pages, en visite à Moscou cette semaine, laisse entendre qu'il pourrait dénoncer le traité d'association avec l'Union européenne en 2018 après les élections législatives ? La Moldavie regarde vers l'Est, Trump dénonce le traité trans-pacifique et soutient le Brexit, le Kenya s'apprête à emboiter le pas de la Gambie, du Burundi et de l'Afrique du Sud dans le retrait de la cour pénale internationale (CPI). Les institutions transnationales pro-occidentales ont du plomb dans l'aile. Même si Soros arrivait à renverser Trump ou Poutine il n'est pas sûr que cela suffirait à inverser la tendance.

Bien sûr ce n'est pas parce que l'on dynamite ces bureaucraties ou ces clubs inféodés à l'oligarchie que le monde ira mieux. La manie des murs des populistes au pouvoir à Washington et à Budapest n'annonce pas forcément des lendemains meilleurs pour l'humanité, bien au contraire. Mais on ne sait plus à quelle info se fier pour l'évaluation des bienfaits des politiques publiques. Un institut privé cette semaine publie un palmarès de la corruption et prétend que les régimes populistes nationalistes sont plus atteints par ce fléau que les pays sous contrôle des organismes internationaux. Elle explique qu'en Afrique le pays le plus vertueux est le Botswana... Comme par hasard c'est "l'élève" le plus pro-occidental du continent avec le Sénégal (notamment sur la question de la coopération internationale). Pour savoir si le Botswana est vraiment très intègre et si les régimes "populistes" ne le sont pas, il faudrait peut-être savoir si Soros (ou un de ses semblables) a financé ce palmarès. Mais même si le palmarès est acheté (donc corrompu) est-il faux pour autant ? De même un régime réputé corrompu comme celui de la Biélorussie (dont les syndicats étaient en visite à Cuba cette semaine) est-il nécessairement injuste alors qu'il maintient, par exemple, des niveaux de loyer très bas pour les pauvres ?

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Emmanuel Berl et le Béarn

26 Janvier 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #1910 à 1935 - Auteurs et personnalités, #Béarn, #Grundlegung zur Metaphysik

C'est un phénomène très étrange : le Béarn est une province française insignifiante et éloignée de tout, et cependant il s'y est passé à divers moment des phénomènes littéraires, politiques et métaphysiques intéressants. Souvent ils furent le fait de personnalités de passage plus que de natifs.

J'ai abondamment parlé sur ce blog de ce phénomène étrange qu'y fut la réforme protestante d'où est né cet apport indéniable quoiqu'ambigu au système politique et social français que fut la royauté d'Henri IV. Mais il y a plus : ont respiré l'air du Béarn Saint John-Perse, ou encore une grande mystique catholique de la fin du XIXe siècle récemment canonisée originaire du Liban, et le cinéaste Robert Bresson, auteur d'un magnifique film sur Jeanne d'Arc qui y tourna "Au hasard Balthazar", ou le chanteur populaire Daniel Balavoine qui fait encore parler de lui à travers les médiums. Le philosophe marxiste Henri Lefebvre y organisait des retraites intellectuelles avec ses pairs où l'on planifiait le soutien au Nicaragua. Agatha Christie et Sommerset Maugham y ont écrit. Ce sont des choses que les Béarnais eux-mêmes ne savent pas, des canards boiteux comme la République des Pyrénées se gardant bien de le leur apprendre.

Lors de mon dernier séjour là-bas je m'émerveillais encore de ce fait météorologique étrange caractéristique de la région : les Pyrénées y apparaissent ou disparaissent d'un jour sur l'autre suivant que le temps va virer à la pluie ou pas. A ma grande surprise, en regardant l'interview d'Emmanuel Berl devant la caméra de Boutang en 1971 diffusé par une chaîne de télévision ce soir, j'entends Berl citer ce phénomène (*), et évoquer le temps où, juste après la première guerre mondiale, il fréquentait à Pau Francis Jammes et Drieu La Rochelle. J'aurai dû attendre mes 46 ans pour apprendre que Berl avait vécu dans ma région natale.

J'ai toujours éprouvé de la sympathie pour Berl malgré son parcours erratique qui fit de lui à un moment la plume de Pétain. Bien sûr ce n'est pas l'aspect du personnage que je préfère. J'aime mieux évidemment le collaborateur de la revue Europe (la revue de Romain Rolland) qu'il fut auparavant. Il était le cerveau du parti radical socialiste, et un vrai dilettante, une "nature passive" dit-il dans son interview en se référant aux catégories de Sartre dans son livre sur Flaubert, comme je le suis aussi à bien des égards. Je pense que j'éprouve une attirance instinctive pour sa génération d'écrivains qui fut broyée par la guerre et en conçut une mélancolie incurable, plus que pour la génération d'enfants gâtés des 30 glorieuses façon Philippe Sollers qui a transformé la France en parc zoologique d'électeurs d'Hollande et Macron.

En lisant "Europe" en 2014 j'avais relevé qu'il citait Epaminondas au moment où cette référence pythagoricienne croisait mon chemin d'une manière inattendue. "Il y aura beaucoup d'Epaminondas" aurait dit Apollonios de Tyane à propos de l'Aquitaine romaine où se préparait une insurrection contre Néron. J'ignore si l'anecdote est authentique, et, à part Joseph Bonaparte dont l'acolyte en Provence se surnommait Epaminondas, je pense que Berl fut le seul à se soucier de ce héros thébain... Mais Berl a souvent eu un regard juste sur les sujets vraiment importants. Et il l'a eu sur les Pyrénées béarnaises... Il mérite encore sans aucun doute d'être lu...

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Il l'avait fait dans "Sylvia" paru dans "La Nouvelle revue française" de Gallimard en 1953 :

" Le Béarn favorise les confusions du réel et de l'imaginaire ; les Pyrénées surgissent ou s'effacent selon les sautes du vent, tantôt si proches qu'elle font corps, indissolublement avec le paysage, tantôt si bien cachées qu'on n'ose plus parler d'elles aux touristes ; soi-même, on les oublie, jusqu'à ce qu'elles reviennent, véhémentes, vous reprocher votre manque de foi."

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