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Vendredi 12 janvier 2007

A l'occasion de son intronisation officielle pour son nouveau mandat de six ans, le président vénézuélien Hugo Chavez a annoncé un nouveau train de mesures incluant la nationalisation du téléphone et de l'électricité de son pays et des infrastructures pétrolières de la vallée de l'Orinoco (actuellement entre les mains de multinationales étrangères).

En Bolivie le Président Morales est en butte avec la bourgeoisie de la province de Cochabomba. Des affrontements meurtriers ont eu lieu entre ses partisans et ceux du gouverneur de droite Manfredo Reyes Villa dans la capitale privinciale faisant deux morts et soixante-dix blessés (Reuters).

Evo Morales était le 10 janvier à Managua (Nicaragua) pour assister à la prise de fonctions de l'ex-guerillero sandiniste Daniel Ortega à la présidence de la République. Celui-ci a annoncé l'adhésion de son pays à l'Alternative bolivarienne des Amériques (ALBA), alliance progressiste dont font partie Cuba, le Venezuela et la Bolivie et son intention de s'opposer à la privatisation de l'énergie dans son pays.  Cependant Ortega n'a qu'une faible marge de manoeuvre dans son pays : élu avec seulement 38 % des voix (à cause d'une candidature sandiniste "dissidente" http://www.clacso.org.ar/difusion/institucional/asuntos-institucionales-y-juridicos/opiniones/resena.2006-10-30.5928922836/view), et minoritaire face à un parlement monocaméral de droite qui a ratifié le CAFTA (Central American Free Trade Agreement), traité de libre-échange avec les Etats-Unis, il a dû nommer Jaime Morales Carazo ex banquier et membre de la milice d'extrême droite Contra à la vice-présidence pour "rassurer les investisseurs".  Daniel Ortega et ses partisans risquent d'être tiraillés entre les engagements respectivement liés à l'ALBA et au CAFTA (le Venezuela chef de file de l'ALBA avec Cuba avait quitté la Communauté andine des nations car il estimait ne pas pouvoir travailler avec des pays signataires du CAFTA - http://www.latinreporters.com/nicaraguapol08112006imprimer.html).

L'agence cubaine Granma rappelle utilement qu'en 1990 quand il a quitté le pouvoir le Front sandiniste de libération nationale, malgré les sacrifices imposés par la guerre contre les Contra pro-américaines, avait ramené l'analphabétisme à 12 %. Aujourd'hui il est à 35 %(http://www.granma.cu/espanol/2007/enero/juev11/socialismo.html).

Le discours d'Hugo Chavez pour l'investiture de Daniel Ortega se trouve sur http://www.youtube.com/watch?v=ysAwzxqbWD8

par Frédéric Delorca publié dans : delorca
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Vendredi 12 janvier 2007

En réponse à la victoire électorale des démocrates hostiles à sa politique au Proche-Orient, l'administration Bush décide d'envoyer 21.500 soldats supplémentaires en Irak et a menacé de poursuivre les insurgés irakiens en Syrie et en Iran, tandis que l'armée étatsunienne intervenait dans un poste diplomatique iranien  au nord de l'Irak.

Réaction modérée mais utile du président démocrate de la commission des relations étrangères du Sénat Joseph Biden: "Si le président aboutit à la conclusion qu'il doit envahir l'Iran (...) ou la Syrie pour traquer ces réseaux, je pense que l'autorisation donnée au président de recourir à la force en Irak ne le couvrirait pas, et qu'il aurait besoin de l'autorisation du Congrès pour le faire", a-t-il dit. "Je veux juste fixer cette limite", a-t-il ajouté (Reuters).

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Mardi 9 janvier 2007

"Pendant plus de quinze ans, des milliers de femmes ont été violées par des soudards. Avec les Tribunaux islamiques, c’était la première fois qu’elles connaissaient un semblant de paix. Et elles étaient prêtes à donner leurs vies pour le défendre." écrit la reporter de Paris-Match (4 janvier 2007 http://www.parismatch.com/actualites/lire_article.php?article_id=1538) Manon Quérouil  dans un bel article à travers lequel on comprend que la politique occidentale de soutien aux seigneurs de la guerre, en Somalie, a fini par pousser les femmes à devenir des soutiens actifs (et armés) aux islamistes.

Aujourd'hui on apprend que les Etats-Unis, qui soutenaient l'Ethiopie (laquelle tarde à retirer ses troupes), s'invitent en Somalie pour bombarder des positions islamistes (et tuent des civils au passage). Nul doute que ni la France ni aucun pays européen ne saisira le Conseil de Sécurité de ce viol de la souveraineté somalienne. Ainsi après avoir fait des Islamistes les champions de la cause des femmes, Washington fera sans doute d'eux aussi, comme des Talibans en Afghanistan, les champions de la souveraineté de leur nation humiliée. Là comme ailleurs, le réflexe du cowboy ne fait qu'accroître le chaos...

par Frédéric Delorca publié dans : delorca
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Jeudi 28 décembre 2006

La guerre frappe à nouveau la pauvre Corne de l'Afrique. Une fois de plus les gouvernements occidentaux qui ont joué aux apprentis sorciers brandissent la menace islamiste pour masquer leurs propres égarements : jamais au cours des quinze dernières années il n'y a eu de volonté de promouvoir une stabilité et un développement à long terme de cette zone.

 Nous avions déjà souligné dans l'Atlas alternatif (ed. Le Temps des Cerises) le risque qu'il y avait à faire de l'Ethiopie le rempart de l'Occident dans cette zone : la course aux armements que cela pouvait susciter parmi les pays et les populations qui ont des intérêts contraires à ceux d'Addis-Abeba.  Gérard Prunier dans Le Monde Diplomatique de septembre dernier (http://www.monde-diplomatique.fr/2006/09/PRUNIER/13917?var_recherche=somalie) dénonçait quant à lui l'effet d'aubaine pour les seigneurs de la guerre somaliens de la mise sur pied, avec des fonds secrets de la CIA, de l’Alliance pour le rétablissement de la paix et contre le terrorisme (ARPCT) afin de lutter contre l’Union des tribunaux islamiques (UTI). Comme en Afghanistan Washington a misé sur des seigneurs de la guerre détestés par les populations locales à ses risques et périls.

"La fuite des islamistes de Mogadiscio... ne doit pas masquer le fait que la solution pour la Somalie n'est certainement pas une occupation éthiopienne" note l'éditorial du Monde aujourd'hui, avec pour une fois, une petite dose de bon sens. En attendant, la presse occidentale s'abandonne bien à tort au plaisir éphémère de voir l'UTI quitter Mogadiscio sans trop réfléchir à l'engrenage que la carte de la guerre va déclencher dans cette zone.

par Frédéric Delorca publié dans : delorca
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Mercredi 20 décembre 2006

Sont-ils juste de doux rêveurs ou travaillent-ils pour quelque riche officine états-unienne ? Le Monde nous apprend dans son édition de ce jour qu'une ONG basée à Washington l'International Center on Nonviolent Conflict commercialise un jeu vidéo de stratégie dont l'objet est d'apprendre à renverser un gouvernement autoritaire, en organisant des grèves et des manifestations. Le jeu s'inspire, dit-on, de diverses expériences réelles "de l'Afrique du Sud à la Serbie, du Chili à la Géorgie". Une seule option est exclue dans ce jeu, le recours massif aux financements états-uniens, ou aux bombardements par les B52, car les auteurs du jeu sont persuadés que toutes les expériences précitées n'ont pas de causes externes : "ils s'insurgent contre l'idée que les "révolutions de couleur" dans les anciennes républiques soviétiques ont été manipulées par des officines occidentales à l'insu des populations concernées" (http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3232,36-847211,0.html). Les ONG de Belgrade, de Tbilissi et de Kiev qui ont vu affluer du jour au lendemain dans leurs bureaux des ordinateurs flambants neufs, des piles de tracts gratuits et des conseillers en communication occidentaux doivent être mortes de rire.

Pour une critique des interventions "humanitaires" des ONG dans les affaires intérieures des pays ex-communistes et/ou du tiers-monde, voir l'article de Pol de Vos dans l' Atlas alternatif (http://www.letempsdescerises.net/noyau/index.php?menu_id=20&type=livre&idLivre=603), et le livre de Jean Bricmont  Impérialisme humanitaire. Droits de l’homme, droit d’ingérence, droit du plus fort ?(http://www.millebabords.org/article.php3?id_article=3572).

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Lundi 18 décembre 2006
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Dimanche 10 décembre 2006

C'est un phénomène que l'on a bien connu pendant la guerre de Yougoslavie, dans le cadre du conflit israëlo-palestinien, et dans tous les conflits où les structures gouvernantes occidentales adoptent un point de vue partial : il suffit d'un choix habile de mots pour influencer l'opinion publique dans un certain sens.

Quand des personnes se rassemblent dans la rue pour réclamer la démission du gouvernement, si ledit gouvernement est notre ennemi (comme par exemple le gouvernement de Biélorussie), on dira que "le peuple est dans la rue" (même si ces gens ne représentent qu'une minorité). En revanche si ce gouvernement est notre allié, on dira que c'est une "foule", une "masse" (par exemple les "masses arabes" quand il y a des manifestations à Gaza ou au Caire), ou une faction pour laquelle on inventera une appellation stéréotypée suivant les régions ("nostalgiques de l'ex-URSS", "fraction radicale", "personnes manipulées l'Iran, les intégristes"). La guerre des dénominations et des épithètes est la plus importante pour orienter les points de vue, et les journalistes ne sont jamais à court d'imagination. Elle suppose aussi toute une construction préalable de l'image des conflits, qui présente les alliés des gouvernants occidentaux sous un jour favorable : ceux-ci seront toujours décrits comme les "démocrates", "modernes", "jeunes", "ouverts au monde", tandis que les autres, surtout s'ils se battent pour la souveraineté de leur pays et le droit du peuple à son indépendance seront les "nationalistes", les "fanatiques", ou mieux encore "ultra-fanatiques", "ultra-conservateurs". Le système de dénigrement de l'adversaire fonctionne partout, du Nicaragua à la Chine.

En ce qui concerne le Liban en ce moment, où des centaines de milliers de manifestants réclament pacifiquement depuis plusieurs jours la démission du gouvernement pro-occidental (protégé par une garde prétorienne états-unienne http://www.voltairenet.org/article144272.html), le qualificatif magique en ce moment est "pro-syrien" (http://www.voltairenet.org/article144274.html) une appellation qui permet de dénigrer l'immense coalition qui s'est formée du Hezbollah chiite aux chrétiens libanais favorables au Général Aoun - majoritaires dans leur communauté - (comme le notait un commentateur sur le site www.quibla.net "Il y a même des Maronites dans les deux camps ! C’est dire ! ! !" - car les maronites étaient jusque là les meilleurs appuis des Occidentaux au Liban). Ces groupes soi-disant "pro-syriens" qui en fait demandent l'arrêt de l'ingérence occidentale représentent la majorité de la population ( http://happening-here.blogspot.com/). Mais les Etats-Unis et leurs alliés européens, qui ont détruit l'Irak soi-disant pour y instaurer la "démocratie", sont cette fois prêts à précipiter le Liban dans la guerre civile pour l'empêcher de la retrouver.

Pendant ce temps la Grande Bretagne, qui commande les forces de l'OTAN en Afghanistan où elle a 4 000 hommes, accuse la CIA de lui faire perdre ses batailles face aux Talibans dans le sud du pays (http://news.independent.co.uk/world/middle_east/article2062489.ece) et la France est engagée dans une guerre "clandestine" - et pourtant en ordre rangé, avec avions de combat et blindés - au Tchad et au Centrafrique dans l'indifférence médiatique générale (Jean-Dominique MERCHET - Libération - mardi 5 décembre 2006 - http://www.liberation.fr/actualite/monde/221240.FR.php ).

La banalité du néo-colonialisme au jour le jour...

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Mercredi 6 décembre 2006

Hier Robert Gates, successeur de Donald Rumsfeld à la tête du Pentagone, estimait que son pays n'était pas en train de gagner la guerre en Irak . Aujourd'hui une commission bipartisane de dix parlementaires du Congrès co présidée par l'ancien secrétaire d'Etat républicain James Baker et le démocrate Lee Hamilton incite le président Bush à changer de cap et ouvrir des négociations avec la Syrie et l'Iran pour sortir de l'impasse en Irak (Reuters http://fr.news.yahoo.com/06122006/290/le-rapport-baker-prone-une-refonte-de-la-politique-americaine.html).

Pendant ce temps la candidate du Parti socialiste français en tournée au Proche-Orient retourne sa veste. Critiquée par les pro-israëliens pour avoir rencontré un député du Hezbollah et dénoncé le survol du Liban par les chasseurs israëliens, en Israël elle légitime les incursions des avions israëliens au Liban, salue la construction du mur de la honte (déclaré illégal par la Cour internationale de justice) et refuse de rencontrer les responsables palestiniens du Hamas (http://www.europalestine.com/article.php3?id_article=2435). Par ailleurs la candidate continue de transformer ce qui n'avait été qu'un lapsus pendant le débat de l'investiture socialiste en slogan de campagne : elle exige, en violation du traité de non prolifération, que l'Iran ne puisse avoir accès au nucléaire CIVIL (ce que même Israël ne demande pas)... Pitoyable...

Pendant ce temps le candidat prévisible de l'UMP, lui, affiche toujours une position clairement pro-israëlienne.

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Mardi 5 décembre 2006

Quatre nouvelles aujourd'hui montrent que l'Empire américain est sur des positions de repli :

- Au Venezuela : comme le note Mélenchon (http://www.jean-luc-melenchon.fr/article/blogview/159/1/1/) Washington s'est senti obligé de saluer le caractère démocratique des élections et la victoire de Chavez.

- En Ukraine : le ministre des affaires étrangères favorable à l'adhésion à l'OTAN est "démissionné" par le Parlement

- Au Kosovo : la Russie, par la voix de son ambassadeur à Belgrade, pour la première fois menace d'opposer son véto à un statut qui ne recevrait pas l'accord des Serbes et des Albanais (http://www.b92.net/eng/news/politics-article.php?yyyy=2006&mm=12&dd=05&nav_category=92&nav_id=38419)

- Au Liban : la mobilisation contre le gouvernement pro-occidental de Fouad Siniora ne faiblit pas. (Sans même parler, évidemment, de la situation en Irak)

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Lundi 4 décembre 2006
 "Plus les Iraniens et plus les Coréens du Nord se sentiront menacés et plus ils continueront à accélérer leurs programmes d'armement nucléaire (...) Nous devons les réaccepter dans la communauté internationale", a plaidé M. ElBaradei, prix Nobel de la paix en 2005, directeur de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) , à l'université de Kyoto hier, estimant que c'est à travers ce processus de réintégration que la communauté internationale peut espérer "changer peu à peu l'état d'esprit" de leurs dirigeants. "Nous devrions cesser de parler de changer le gouvernement" de ces pays ou d'"utiliser la force" contre eux, a-t-il ajouté. (Le Monde - http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3220,36-841599@51-677013,0.html).
par Frédéric Delorca publié dans : delorca
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