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Le blog de Frédéric Delorca

Syrie : pour sortir de la crise

7 Septembre 2015 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Proche-Orient

Syrie : pour sortir de la crise

Le ministre des affaires étrangères espagnol vient d'admettre qu'il va falloir négocier avec Assad. Pourquoi M. Hollande ne l'admet-il pas lui aussi ? Nous ne sommes plus en 2011. Il faut être réaliste. Il n'y a pas eu de transition démocratique en Syrie. Il ne peut plus y en avoir tant que la moitié de la population est déplacée. Il faut restaurer l'Etat dans ce pays, voilà l'urgence, et composer avec les autorités légales du pays, c'est à dire le régime en place. Il faut monter une coalition avec la Russie contre Daech et forcer les pétromonarchies et la Turquie à abandonner cette secte.

La crise européenne des réfugiés doit aussi être réglée en concertation avec les gouvernements en place, en Afrique et en Asie. Donc en l'occurrence pour les réfugiés syriens avec Damas. Quant aux pays supposés les accueillir, bien sûr ceux qui ont une économie dynamique et des problèmes de dénatalité doivent être au premier rang pour les quotas d'accueil provisoire, c'est-à-dire en Europe prioritairement l'Allemagne. Le Pape est dans son rôle pour inciter les gens à se montrer hospitaliers, mais pas nos médias qui par se biais cherchent une fois de plus à noyer l'opinion publique sous un flot de sentimentalisme. Les solutions aux afflux de réfugiés sont politiques, elles appartiennent donc aux gouvernants sous le contrôle des citoyens, et pas aux initiatives individuelles de tout un chacun.

Il faut restaurer en Libye, en Syrie, en Irak des pouvoirs forts, quitte à encourager au sein de ces pouvoirs des clés de répartition communautaires dans lesquelles nul ne se sentirait (trop) lésé. Les clés de répartition nous conduiraient-elles à créer des non-gouvernements comme en Bosnie, rongée par les équilibres de pouvoir communautaires ingérables depuis 2015 ? Il faut voir au cas par cas. Mais le critère de force du pouvoir et de sa capacité à créer du consensus l'emporte sur tout le reste. Le gouvernement égyptien a eu la main un peu lourde mais y est parvenu. Assad peut le faire, quitte à laisser quelques postes à des islamistes "civilisés" comme Mugabe au Zimbabwe dans les années 2000 sous le patronage de l'Afrique du Sud céda quelques portefeuilles à l'opposition.

Et la démocratie ? Imposons la d'abord à l'Arabie Saoudite et au Qatar. Quand ces pays seront démocratiques et libérés des folies intégristes, on pourra songer à démocratiser la Syrie, l'Irak, la Libye. Pas avant.

Rime Darious, discours à Belgrade lors d'une manif le 6.9 (le texte du discours est sur Youtube)

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