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Le blog de Frédéric Delorca

Dernier discours de Cristina Kirchner en Argentine et mobilisation au Vénézuela

10 Décembre 2015 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #La gauche, #Colonialisme-impérialisme

Ce soir discours de la présidente sortante Cristina Fernández de Kirchner devant les personnalités empreint d'une certaine mélancolie, patriotique, rempli du souvenir de la lutte contre l'accord de l'ALCA (marche unique américain soutenue par George W Bush). Un hommage à Nestor Kirchner (qui n'avait été élu qu'avec 22 % des voix au premier tour), au Paris de mai 68 (celui de "l'imagination au pouvoir") aujourd'hui blessé par le djihadisme takfiriste, à Evo Morales président de Bolivie, à feu Hugo Chavez, au pape (autour de la 40ème minute de la vidéo ci-dessous).

"Nous avons moins d'idéologie que nos adversaires, la preuve c'est que nous avons importé plus des USA au cours des douze dernières années qu'auparavant". Félicitations à ses ministres qui ont subi la calomnie : "Etre ministre d'un gouvernement populaire ce n'est pas la même chose que d'être ministre d'un gouvernement médiatique".

Puis discours devant le peuple sur la place de Mai noire de monde : "les douze dernières années avec tous les médias hégémoniques contre nous, et les principales corporations économiques et financières nationales et internationales contre nous, douze ans et demi de persécutions permanentes" "malgré tant d'obstacles nous avons fait tant pour le peuple argentin". Après 12 ans et demi nous pouvons regarder tous les Argentins dans les yeux". "Je demande à Dieu une seule chose : que ceux qui nous succèdent par la volonté populaire...dans quatre ans puissent devant une place comme celle-ci dire à tous les Argentins qu'ils peuvent aussi les regarder dans les yeux. Que chacun des 42 millions d'Argentins ait un dirigeant en lui même, et sache prendre son drapeau s'il se sent trahi par ses dirigeants".

Sous Menem (dans les années 1990), 54 % des Argentins étaient sous le seuil de pauvreté, 40 % en 2004, 4,7 % aujourd'hui. 900 000 logements ont été construits en 10 ans. Les réserves en devises sont passé de 10 milliards de dollars en 2002, à 52 milliards en 2010. Des politiques d'aides sociales et de soutien à l'éducation publique ont été menées. Le taux de chômage est passé de 17,3 % en 2003 à 6,9 % en 2014. Les amnisties des généraux tortionnaires ont été annulées. Les renationalisations ont permis de remettre à flot la compagnie pétrolière publique, renforcer la compagnie aérienne nationale sur les lignes intérieures, restaurer les infrastructures, lancer les deux premiers satellites argentins.

Très beau et très grand moment que ces deux discours qui tournent une page de l'histoire de l'Argentine et de la gauche anti-impérialiste patriote latino-américaine, mais en ouvre aussi une nouvelle d'opposition au nouveau pouvoir libéral.

Pas de résignation non plus au Venezuela où les partisans du président Maduro sont dans la rue.

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gilles 22/12/2015 22:36

Bonsoir Frédéric, il y a du vrai dans ton analyse, nous avons attendu, attendu Mélenchon, mais repousser Mélenchon maintenant, sans que je tienne particulièrement à lui mais il est à la tête d'un parti, pour moi, c'est comme si les résistants en 1944 avaient dit maintenant nous ne prenons plus personne de nouveau dans la Résistance, de toute façons on va gagner en 1945 !

Par ordre croissant de résilience, l'euro, l'UE, l'OTAN, l'impérialisme américain, le capitalisme sont des systèmes résilients et ne vont pas s'effondrer d'un coup d'épaule comme une porte rongée par les termites. Nous avons besoin d'une stratégie et d'une coordination des forces, de toutes les forces qui sont prêtes à aller à la bataille. Pour moi, il faut attaquer le maillon faible qui est l'euro qui a failli tomber en 2012 et qui aurait pu tomber en 2015 si Tsipras n'avait pas reculé.


Il me semble que c'est cet épisode grec qui a fait que Mélenchon a renoncé à son Autre Europe et à faire le malin avec les autorités européennes avec sa désobéissance européenne, il a vu ce qu'il en a couté à Tsipras et aux grecs. D'après mon interprétation, il sait maintenant qu'il est vain de finasser et qu'il faut leur "fendre la tête".



En fait, tant que l'on n'a pas compris que c'est facile pour nos adversaires de nous désorganiser et de nous diviser : Un seul exemple, nous pourrions en trouver de nombreux : Ah un homme de droite ( un brun ) parle avec un homme de gauche ( un rouge ), => deux rouges-bruns

Cela ne m'étonne plus finalement que Jean Moulin consacrait la majeure partie de son temps à soigner la susceptibilité des égos des chefs de la Résistance. On n'est pas sorti de l'auberge ! À moins qu'une union à la base oblige les chefs à bouger comme au début du Front Populaire. Qu'en penses-tu ?

Au fait Juppé est complètement dans la main des élites américaines, en particulier celle de la banque M&T Bank, je ne sais si tu as le temps de lire ces trois textes :

http://www.dedefensa.org/article/je-te-censure-desert-detre-desert

http://www.dedefensa.org/article/pour-justin-la-guerre-est-finie

http://osezbordeaux.fr/article/actu_afccv-en-visite-a-bordeaux

Bonnes fêtes de fin d'année à toi et bon "punch" pour l'année suivante !

Frédéric Delorca 23/12/2015 07:32

Mélenchon a compris des choses avec Tsipras, mais il n'a pas tout compris puisqu'il continue à soutenir Pablo Iglesias de Podemos, qui lui même rêve encore d'une "autre Europe" et n'a pas tiré toutes les conclusions de l'échec de Tsipras (moi aussi je soutiens Podemos comme facteur de changement en Espagne, mais je souligne les erreurs de leur européisme, ce que ne fait pas Méluche). De toute façon, ce qui va sauver la France, ça ne peut pas être une petite opération politicienne du type "Front de gauche" ou "Syriza", ni même "nouveau conseil national de la résistance". Ce sera une opération métaphysique, comme le surgissement de De Gaulle en 40, ou celui de Chavez au Venezuela. Pas forcément un homme providentiel, mais l'Emergence de quelque chose dont les racines sont EN DEHORS du bocal politique normal, dans un AILLEURS radical. Rien à voir ni avec Mélenchon, ni avec Asselineau, Pierre Laurent, Marine Le Pen, Dupont-Aignan, Chevènement ni aucune combinaison prosaïque et calculée entre ces différents personnages et mouvements. La racine doit venir d'un Ailleurs. // A part ça tout à fait d'accord avec ton jugement sur Juppé. Il fut un soutien majeur à la première opération de l'OTAN en dehors de toute légalité - le bombardement de la Republika Srpska en Bosnie en 1995 - cela suffisait à camper le personnage pour le reste de sa carrière. Mais c'est peut-être parce que c'est un type du Sud-Ouest comme moi. Les gens du Sud-Ouest sont souvent des traîtres à leur patrie dès qu'ils commencent à prendre un peu de grade. Tel fut le cas d'Henri IV et de Bernadotte.

gilles 21/12/2015 15:50

Bonjour Frédéric et merci pour ton blog. Est-tu au courant du colloque co-organisé par le Parti de Gauche et la Revue Défense Nationale : « Pour un nouvel indépendantisme » ? Mélenchon y a prononcé des paroles très fortes sur l'équivalence de la démocratie et de la souveraineté populaire, sur l'indépendance des décisions prise par le peuple français vis à vis des décisions prises à l'extérieur, notamment il a argumenté contre notre présence dans l'OTAN.

https://www.youtube.com/results?search_query=m%C3%A9lenchon%20d%C3%A9fense%20nationale

Je me retrouve plus en phase avec lui, si il ajoutait la sortie de l'Union Européenne, cela serait une bonne base pour faire avancer les idées que je partage avec pas mal de gens.

Frédéric Delorca 21/12/2015 19:03

bonjour Gilles. Mélenchon est complètement discrédité à mes yeux après 4 ans d'égarement sur la Libye, la Syrie, Merkel, l'Europe. Nous n'avons jamais aucune garantie qu'une parole forte de lui un jour ne sera pas compensée par une sottise ou une compromission le lendemain. J'ai tourné (avec regret, après avoir attendu 2 ans) la page Mélenchon, et je crois que le peuple français a fait de même. Bien à toi