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Le blog de Frédéric Delorca

Alep : le retour des intellectuels à gages

15 Décembre 2016 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Proche-Orient, #Revue de presse

Les intellectuels à gages sont toujours là. Une prof dans un journal du soir accuse les "complotistes" d'être à l'origine du silence occidental sur Alep et un blog lié à ce même journal reproche à Trump d'installer un gouvernement d'oligarques "à la russe" (en oubliant de préciser que Poutine a beaucoup fait reculer le pouvoir des oligarques dans son pays, oligarques installés aux commandes à l'époque d'Eltsine qui était à l'époque l'enfant chéri de ce même journal du soir).

Personnellement, comme je l'ai dit dans mon post précédent, je ne connais pas l'ampleur de la répression à Alep. Je sais seulement que le coup du "vous êtes complice du plus grand massacre du siècle" adressé à tous ceux qui veulent éviter de jeter de l'huile sur le feu à l'égard de la Russie, on nous le fait à peu près sans arrêt depuis 1991, tandis qu'eux mêmes ne disent rien de massacres bien plus importants (les Irakiens tués par l'embargo puis les bombardements américains, les millions de congolais morts par nos armes, les Libyens massacrés à cause de notre ingérence etc). Donc la ficelle est un peu usée. Par ailleurs Assad a relevé pertinemment hier : "si vous n'aviez pas refusé d'envoyer des observateurs de l'ONU sur place quand je vous le demandais, vous en auriez maintenant pour vérifier s'il y a des massacres ou non". On peut faire la même remarque sur la diplomatie française. Comme l'avait dit le journaliste R. Labévière il y a quelque temps : si ce sot de Laurent Fabius avait gardé une présence diplomatique à Damas nous saurions mieux aujourd'hui ce qu'il se passe vraiment dans le pays. Franchement je ne suis pas un enthousiaste du régime baasiste, et personne ne l'est (pas même à Moscou), je crois, et j'ai d'ailleurs donné en leur temps, quand une voie de démocratisation semblait encore possible, la parole à des défenseurs de l'armée syrienne libre comme Piccinin. Mais aujourd'hui il n'y a plus d'alternatives, et comme beaucoup de victimes d'EI, je crois que tout le monde a intérêt maintenant à ce que l'armée du régime et ses alliés libèrent au plus vite Palmyre et Raqqah. Par ailleurs on sait bien aussi que cette guerre civile, comme toutes les guerres civiles, va donner lieu à des représailles des vainqueurs comme notre épuration de 1945 ou celle d'Espagne en 39. Le camp d'Assad n'échappera pas à cette règle hélas. Les lendemains de guerre ne sont jamais joyeux. Il faut maintenir une pression sur le régime syrien pour limiter les dégâts, certes, mais ceux qui ont gobé tous les mensonges du Qatar, de la Turquie, de Ryad, depuis cinq ans, ne sont pas qualifiés pour le faire. Qu'ils aient la décence de se taire, eux qui ont tant de sang sur les mains !

Je suis très fatigué par cette ardeur polémique d'enseignants minables qui croient détenir une vérité et sont prêts à tirer à vue sur quiconque veut apaiser les relations internationales. Certains sont des multirécidivistes. Est-il normal qu'un type qui a été condamné pour incitation à la haine raciale antiserbe dans les colonnes d'un journal du soir par la 17e chambre correctionnelle du TGI de Paris en 2000 ait encore des tribunes dans les grands journaux et soit invité dans l'émission "Un monde d'idées" de France Info ? Je ne suis pas hostile au fait que des gens condamnés puissent continuer à s'exprimer, mais il conviendrait au moins que ceux qui les invitent rappellent leur passif peu connus des auditeurs. Les médias ont la mémoire courte à l'égard de leurs sbires, mais pas moi.

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