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Le blog de Frédéric Delorca

Petit retour sur la révolution sexuelle russe, les intox de V. Poutine et de Mme Le Pen

22 Décembre 2016 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Divers histoire

Du temps où j'étais moralement un peu paumé (en 2012), j'ai pondu quelques billets sur Alexandra Kollontaï et la révolution sexuelle russe, notamment ici et ici.

Le journal Lenta fait un retour intéressant sur cette question qui a été largement explorée par W. Reich. Il interviewe à ce sujet l'historien Alexander Rozhkov qui souligne que les sentiments résistaient dans les communes estudiantines où le dévouement sexuel le plus dépourvu de sentiments était imposé comme mot d'ordre, de sorte que les couples amoureux étaient expulsés, et que dans les années 20 le viol est devenu un phénomène de masse. Rien qui puisse rendre sympathiques ces expérimentations.

de mon côté, je trouve des mots justes sous la plume de la journaliste libertaire Marcelle Capy dans la revue La Femme de France du 26 août 1934 qui analyse la position de Kollontaï pour l'amour libre comme correspondant à la phase négative de la révolution, celle de la guerre civile où l'on ne pense qu'à détruire. A ce moment là l'idée que "faire l'amour pouvait être aussi facile que prendre un verre d'eau", avait du succès, mais Lénine lui-même avait remarqué que, dans des conditions normales, on ne boit pas dans "un verre dont le bord a été sali par de nombreuses bouches". La stabilisation était inévitable, note-t-elle, et la "militarisation du travail" sous Staline devait y contribuer.

Voilà qui devrait rassurer les conservateurs qui redoutent aujourd'hui que l'Occident bascule dans la pire licence sexuelle. J'observe qu'en ce moment le président russe Vladimir Poutine lui-même contribue à ce procès des mœurs occidentales.  Lors d'une réunion du Conseil pour les relations interethniques dans la ville russe d’Astrakhan, le 31 octobre dernier, il a condamné le fait qu'en avril, un faux réfugié (en fait migrant économique, son père est businessman en Suède) irakien de 20 ans, qui a été accusé d’avoir violé un garçon de 10 ans dans le vestiaire d'une piscine le 2 décembre 2015 à Vienne, aurait été partiellement relaxé à cause d’informations incomplètes sur l’incident. « Le tribunal l’a acquitté pour deux raisons: il ne parle pas la langue du pays et n’a pas compris que le garçon ne voulait pas (d’être violé) ». Or il s'agit largement d'une intox : le type avait prétendu ne pas avoir compris, mais il a bien été condamné à six ans de prison en première instance, et la condamnation en appel le 14 décembre dernier a porté la peine à 7 ans, de sorte que l'argumentation du criminel n'a pas du tout été retenue par les juges. L'intox de Poutine est digne de la propagande soviétique sur l'Occident il y a 50 ans. Ce qui n'empêche pas la presse conservatrice de reprendre sur YouTube les déclarations de Poutine sur cette affaire.

Intox comparable, Mme Le Pen il y a un an dans la vidéo ici qui, en minute 8'48 à 8'54 introduit avec une rhétorique d'avocate une confusion pour prouver que le chiffre de l'immigration économique légale n'est pas de 30 000 par ans. Est-il possible de faire de la politique sans intox ?

 

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