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Le blog de Frédéric Delorca

Les deux derniers mois dans le monde

23 Avril 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous, #Grundlegung zur Metaphysik

Un beau sujet pour commencer : la pourriture du système financier actuel. Avec un reportage cinglant de 2012 diffusé en mars sur LCP car il reste d'actualité. "Argent sale le poison de la finance", qui montre que les grandes banques ne se contentent pas de tolérer l'argent sale mais aussi proposent leurs services aux mafias. Le docu laisse même entendre que la classe politique est éclaboussé. Il est in extenso ici. Chacun doit songer chaque jour à l'abjection criminelle de notre système financier planétaire avant toute autre considération.

A part ça, comme vous avez pu le voir, je suis resté à l'écart de mon ordinateur pendant la dernière ligne droite de la campagne présidentielle. Il n'est pas nécessaire de revenir là dessus.

En politique intérieure je citerai juste la répression des manifestations chinoises à Paris dont nos médias n'ont pas parlé. « Après le meurtre commis par la police (dont les raisons légitimes ont soulevé des doutes parmi la population locale), 150 personnes sont descendues dans la rue. Un cinquième des manifestants ont été interpellés. Outre le ministère chinois des Affaires étrangères, aucune autre diplomatie ne s'est montrée préoccupée du respect des libertés et de la démocratie, aucune déclaration du Foreign Office ou du Département d'État n'a été rendue publique», a écrit la porte-parole du ministère russe des Affaires étrangères sur sa page Facebook. Ca me semblait mériter une mention sur ce blog.

Evoquons maintenant un peu l'actualité internationale des deux derniers mois.

J'ai continué à observer le durcissement dans le sens du bellicisme de la politique de Trump avec l'envoi de forces spéciales en Somalie et en Afrique de l'Ouest, les menaces à l'égard de la Corée du Nord. Les efforts de réduction de l'engagement américain à l'étranger se limitent pour l'heure à des cas ponctuels comme le retrait programmé des forces américaines d'Ouganda où elles combattaient l'Armée de résistance armée du Seigneur de Joseph Kony, qui a fait presque aussi fort au nom de Jésus que Boko Haram au nom de Mahomet dans l'endoctrinement d'enfants-soldats et la réduction des femmes à l'esclavage mais que Trump ne juge pas dangereux pour la sécurité des Etats-Unis.

Le sénateur Mc Cain n'a pas hésité à accuser le sénateur républicain du Kentucky Rand Paul d'être vendu à Moscou parce qu'il s'oppose à l'entrée du Montenegro dans l'OTAN. Et Trump est même devenu anti-russe en Syrie, avant même l'affaire début avril de la fuite d'armes chimiques à Idlib (Moscou estime que le régime d'Assad n'a pas balancé des gaz mais bombardé une cache d'armes chimiques rebelles). Dès le 3 avril, Washington avait repris les livraisons d'armes à une nouvelle alliance formée par la CIA contre Al-Nosra dont les troupes sont ensuite potentiellement utilisables pour faire pression sur le gouvernement d'Assad. Difficile de savoir ce qu'il s'est réellement passé. Les services secrets israéliens notamment mettent en doute la réalité de la destruction des stocks d'armes chimiques en 2013 et sont persuadés que le bombardement chimique d'un village à  Khan Cheikhoun d'où étaient parties des attaques qui rompaient le cessez le feu depuis 15 jours sont un avertissement barbare de l'armée d'Assad, de sorte que même en Israël des voix s'élèvent pour mener une action militaire contre Damas alors même que l'Etat islamique et Al Nosra ne sont pas encore éradiqués...

Une revanche sur l'amertume d'Israel d'avoir essuyé une représaille du régime syrien après avoir attaqué un convoi d'armes à destination du Hezbollah libanais le 17 mars près de Palmyre (Damas dit que c'était son armée qui était attaquée) et de voir le gouvernement légal reprendre des positions près du Golan ?

Difficile comme toujours de faire la part des choses dans cette guerre où l'intox est là règle de toutes parts et où il n'y a pas les bons d'un côté et les mauvais de l'autre (voir par exemple cet article où Lenta.ru se demande si le Parti socialiste nationaliste syrien allié du Baas dont l'hymne dans les années 30 fut calqué sur "Deutschland über alles" est un parti nazi).

Des experts soulignent quand même que la version russe est arrivée avec 48 h de retard, que si les rebelles avaient eu des gaz toxiques dans la région d'Idlib ils les auraient utilisés et que les gaz toxiques stockés bombardés se seraient répandus dans l'air assez vite sans provoquer autant de dégâts. Même s'il paraît absurde qu'Assad ait commis ce crime de guerre alors même que Trump venait d'explicitement écarter son renversement, il semble qu'il aurait ainsi voulu "tester" la volonté des Américains mais aussi celle des Russes dont la mainmise sur sa politique intérieure l'inquiète.

Des représentants comme Tulsi Gabbard (D – HI), Barbara Lee (D – CA) et Walter Jones (R – NC) se battent pour faire obstacle au retour des troupes US en Irak et Syrie et au soutien financier aux djihadistes. Ils ont du boulot. En janvier-février, le nombre de civils tués par les frappes occidentales dépasse à nouveau celui de ceux qui sont écrabouillés par les Russes. Et le 22 mars l'intervention des forces spéciales américaines à Tabqa dans la province de Raqqa a surpris tout le monde, tout comme la réplique à l'affaire des armes chimiques (l'envoi de 59 missiles américains sur Shayrat, une petite base aérienne syrienne) juste au moment où Bannon, le conseiller pro-russe de Trump, est évincé du Conseil national de sécurité. Réplique bizarre car 59 missiles pour une petite base, c'est un marteau pour écraser sur une mouche, de la pure propagande. Propagande maladroite d'ailleurs car juste après le tir Trump soulignait qu'il avait prévenu Poutine au téléphone, puis Tillerson se disait "déçu" par la réaction russe, comme s'ils avaient espéré des félicitations de Moscou ! Une attaque disproportionnée et inefficace car dès le lendemain des avions de guerre syrien redécollaient de la base bombardée. Moins de la moitié des missiles avaient atteint la base dont aucun sur le piste comme le montra un drone russe... Un site auquel j'ai collaboré jadis affirme tenir de source sûre que les missiles de Trump ont été délibérément désarmés avant l'attaque et les Russes ont été informés par l'administration américaine pour pouvoir faire évacuer la base à temps, ce qui explique aussi qu'ils n'aient pas intercepté les Tomahawk. Bref il ne se serait agi que d'une gesticulation théatrale pour impressionner l'opposition interne au parti de Trump, et la Corée du Nord.

L'attaque américaine est en tout cas sur le plan des principes une violation scandaleuse du droit international. Les USA n'ont aucune légitimité morale à intervenir dans les affaires syriennes après avoir anéanti une bonne parti de la population irakienne et soutenu les exactions massives du régime saoudien au Yémen et la famine qu'elles entrainent. Et les diplomates font remarquer que cette politique musclée n'incitera ni Moscou ni Pékin à agir pour le désarmement de la Corée du Nord. J'observe d'ailleurs que beaucoup de supporters de Trump comme Nigel Farage ont exprimé leur désapprobation devant son revirement dans l'affaire syrienne. Paul Joseph Watson dont j'appréciais les chroniques pendant la campagne de Trump dit que son ex-héros était finalement plus la marionnette du Deep State (Etat profond) américain que de Poutine et annonce qu'il quitte définitivement le "train de Trump".

En Extrême-Orient Aung San Suu Kyi fait l'autruche sur le massacre des Rohingyas en laissant l'affaire à l'armée, ce qui lui a permis de gagner quelques sièges encore au Parlement birman début avril. Pour elle, la crise à la frontière du Bangladesh, ce sont des musulmans contre des musulmans, et l'impunité de l'armée est un mythe. Il faut dire que l'Etat birman reste en guerre contre les Kachins au Nord depuis 2011, et que les Karens mettent en garde contre une rupture du cessez-le-feu obtenu en 2012. Le Myanmar-Birmanie va d'ailleurs acheter des armes à la Russie pour ne plus dépendre de la Chine dans la lutte contre les guérillas des minorités. Il est vrai que la Chine arme les Kokang, ressortissants d'une région artificiellement rattachée à la Birmanie par l'empire colonial britannique au 19e siècle. Une Crimée chinoise en quelque sorte. On n'en sort jamais des héritages coloniaux empoisonnés.

En Allemagne Merkel se porte toujours bien. Son parti triomphe en Sarre où la perspective d'alliance entre le SPD et Die Linke a effrayé tout le monde.

Dans les Balkans la situation se tend. Après la livraison de Migs russes à la Serbie, le "gouvernement" de Pristina transforme sa milice en armée nationale, et reçoit un désaveu de l'OTAN pour cela, puis retire son projet. L' "Etat" kosovar nationalise aussi les biens publics serbes de la province en méconnaissance des résolutions de l'ONU. Quatre djihadistes albanais au QI sans doute surdéveloppé en mars ont été arrêtés alors qu'ils avaient projeté de faire sauter le pont Rialto à Venise.Les suspects avaient téléchargé depuis internet « des manuels de combat corps à corps comprenant également les techniques d’utilisation des couteaux »...

Heureusement pour la Serbie, l'élection de Vucic dès le premier tour des présidentielles début avril est un facteur de consolidation de son gouvernement. Selon Freedom House, la Serbie fait partie des démocratie "semi-consolidées" comme la Croatie, le Montenegro, la Hongrie, la Roumanie et la Bulgarie (qui vient de revoter pour les pro-européens de droite aux législatives, après que leur président socialiste ait de toute façon abandonné ses promesse pro-russes), mais en déclin par rapport à 2015, tandis que, en dessous, la Bosnie, l'Albanie, le Kosovo et la Macédoine sont des régimes "en transition" ou "hybrides".

Beaucoup disent que la guerre reprendrait entre Serbes et Albanais et entre Serbes et Macédoniens si l'UE n'existait pas. Le vocabulaire guerrier est de mise à l'Ouest aussi puisque le ministre de la défense Michael 
Fallon s'est dit prêt à utiliser tous les moyens pour défendre la souveraineté de Gibraltar. Inquiet de ce vocabulaire qui évoque les Malouines, le gouvernement Madrid annonce qu'en représailles il ne fera pas obstacle à l'entrée de l'Ecosse dans l'UE... Retour au vocabulaire du 17e siècle... Mais là cette fois-ci c'est UE qui est responsable de la montée des tensions (comme dans les Balkans dans les années 1990) en laissant à l'Espagne un droit de blocage de Gibraltar dans le cadre des négociations du Brexit. Au Parlement européen l'Espagne a obtenu que Gibraltar soit exclu de la résolution votée, tandis que les indépendantistes catalans faisaient bloc avec les Britanniques.

Une petite parenthèse latino-américaine : Telesur fin mars a eu raison de rendre hommage au combat d'Evo Morales auprès de la cour internationale de justice pour récupérer la bande de 400 km de littoral dont disposait la Bolivie avant que le Chili l'envahisse en 1879. Toutes les communes de Bolivie sont mobilisées dans ce combat qui est un combat juste qui permettrait à la Bolivie d'avoir 2,5 % de croissance du PNB en plus chaque année. Et bien sûr toutes nos félicitations à Lenin Moreno, qui gagne de justesse mais gagne quand même les élections en Equateur, sauvant ainsi la tête de Julian Assange.

Au Venezuela on a suivi la guerre entre le parlement anti-chaviste et la cour suprême bolivarienne. J'ai été saisi début avril par les belles images que montrait Telesur (mais pas nos médias évidemment) de la marche des chavistes à Caracas : une immense avenue noire de monde, toute la jeunesse vénézuélienne prête à défendre sa révolution, tandis que la droite violente bloquait des autoroutes et lançait un raid contre le bureau du Défenseur du Peuple pour exiger sa démission (à l'appel de Capriles, privé de mandat pour 15 ans).

Pendant ce temps la répression violente des manifestants contre la réforme constitutionnelle au Paraguay n'inspire qu'indifférence à l'OEA obsédée par la seule idée d'exclure Caracas de ses rangs.L'Argentine a été plongée dans la même ambiance que le Paraguay avec la grève générale de la CGT péroniste et les manifs pendant le mois de mars. Sauf que Buenos Aires n'en est pas (encore) à l'heure de la répression, seulement à celle des contre-manifs.

Sur le Zimbabwe une grande agence de presse occidentale s'est répandue en intox sur le prétendu ralliement des anciens combattants de la guerre d'indépendance à l'opposition immédiatement démentie par le journal gouvernemental The Herald.

The Herald se fait aussi l'écho de la démission en Afrique du Sud de Magdalene Moonsamy l'ex-porte-parole des jeunesses de l'ANC et actuelle trésorière des "Bérets rouges" (le parti des combattants de la liberté économique EFF), une dissidence gauchiste de l'ANC, qu'elle accuse de s'être allié à l'Alliance démocratique qualifié de partisan de l'hégémonie économique blanche pour évincer l'ANC de la gestion de certaines grandes municipalités en 2016. Elle explique que comme marxiste léniniste elle ne peut pas cautionner cela. Le cas de l'EFF, nouvelle illustration de la manière dont le gauchisme conduit toujours à la victoire de la droite libérale ?
 

On gagne à lire la presse zimbabwéenne. J'apprends par exemple dans The Herald que la ministre zambienne de la "guidance nationale et des affaires religieuses" (sic) lance une guerre contre les fausses églises protestantes où les prédicateurs demandent de l'argent et des faveurs sexuelles en échange de miracles.

Dans le Donbass la tension persiste. Une division appelée la "Division sorcière" composée de miliciennes baltes et polonaises affiliées à Secteur droit ont été déployées sur la ligne de contact fin mars à Artemovsk. Une division accusée de crimes de guerres, mais on n'en sait guère plus à la lecture d'un communiqué versé en boucle sur le Net... Le 7 avril 10 000 personnes étaient rassemblées sur la place Lénine à Donetsk pour célébrer l'anniversaire de la proclamation de leur indépendance. Deux jours plus tard le gouvernement de Kiev faisait tirer des obus sur les quartiers résidentiels de la rue Lénine à Dokuchayevsk, une des 52 violations du cessez le feu enregistrées ce jour là. Ainsi va le quotidien de cette région courageuse.

En tout cas, depuis que Moscou reconnaît les passeports du Donbass, la Transnistrie demande le même privilège. Un article de la presse transnistrienne début avril rappelait que ce pays avait suivi avec attention les élections législatives récentes d'Abkhazie (un autre territoire de l'ex-URSS sur lequel j'ai fait un livre il y a 7 ans). Il signalait que les deux pays ont en commun (comme d'autres régions de l'ex-URSS) de prévoir dans leur système électoral la possibilité de révoquer tous les candidats qui se présentent, ce qui, en cas de victoire de cette option, obligerait à en organiser de nouvelles avec de nouvelles têtes. Voilà un système que nous devrions adopter en France...

Au passage adressons nos félicitations aux Ossètes du sud pour leurs élections à forte participation début avril. Le pays pourrait s'appeler bientôt Alania, même s'ils sont en rivalité avec les Ingouches à ce sujet.

A Minsk, Loukachenko qui s'était rapproché de Kiev, accuse l'Ukraine et la Lituanie d'être derrière une tentative de coup de force armé dans son pays avorté le 21 mars. Puis le 25 une marche anti-Loukachenko a été lourdement réprimée (voir vidéo). Pas de révolution colorée en Biélorussie en perspective.

Les Biélorusses pourront peut-être bientôt utiliser cette nouvelle machine anti-émeutes inventée par une société slovaque.

En tout cas, Poutine et Loukachenko se sont réconciliés au moment-même de l'attaque du métro de St Petersbourg... Et la Biélorussie est le principal fournisseur de figues et d'ananas de la Russie, embargo international oblige...

Plus anecdotique : Dean Burnett, chercheur en neurosciences à la fac de Cardiff, dans le Guardian explique que le porno est la cause de la victoire de Trump. La journaliste russe Anastasia Evtushenko sur Lenta.ru n'est pas d'accord. Peuple américain qui osez demander de récupérer vos emplois liquidés par les multinationales, le porno vous a rendus cons ! Les bobos ne reculent devant aucune insulte contre leurs adversaires. On en viendra peut-être un jour à expliquer le succès de Beppe Grillo en Italie par l'exploitation sexuelle (avec la complicité de leurs maris) des 3 000 ou 4 000 salariées agricoles saisonnières roumaines venues gagner 200 euros par mois du côté de Raguse (Sicile).

Les évangéliques partisans du nouveau président, eux, estiment que c'est un homme providentiel. Certes Trump est un païen, mais comme Nebuchadnezzar avait le prophète Daniel pour le conseiller Trump a des hommes de Dieu comme le gouverneur Pence, Jerry Falwell Jr, Mike Huckabee. Encore Nebuchadnezzar avait-il détruit le premier temple, alors que Trump, lui, n'a rien fait contre le judaïsme.

Pour beaucoup Trump c'est surtout Cyrus, roi des Perses, qui écrasa Babylone en accomplissant la volonté de Dieu et rendit sa terre au peuple juif. Le jour de Nawruz, le nouvel an perse, Trump a cité Cyrus ce qui a électrisé ses partisans (y compris des Juifs orthodoxes qui le comparent aussi à Cyrus. Le prédicateur Lance Wallnau (qui à titre personnel se sentait pourtant plus proche de Ted Cruz, Marco Rubio et Carly Fiorina) raconte dans le Guardian et dans un best seller intitulé "God’s Chaos Candidate" qu'en 2016 juste avant sa rencontre avec Trump Dieu lui a dit que Trump est la "boule de démolition" (wrecking ball) contre le politiquement correct". Juste en écrivant ces lignes je me rends compte que "Wrecking Ball" est le titre d'une chanson de Miley Cyrus... Ce qui renforce étrangement l'image de Trump-Cyrus.

Lance Wallnau témoigne aussi qu'avant sa seconde rencontre avec Trump Dieu lui a dit "Lis Esaïe 45" (Trump est le 45ème président des USA). Et Esaïe 45 commence ainsi : "Ainsi parle l'Eternel à son oint, à Cyrus, Qu'il tient par la main, Pour terrasser les nations devant lui". Selon ses révélations l'élection de Trump relèverait de la "grâce commune" ("common grace") au sens de Charles Colson qui, à la différence de la "grâce qui sauve" ("saving grace") dont parle les Ecritures, se borne à éloigner un peu le Mal et maintenir le monde viable.

Mauvais sort contre prières, des milliers sorciers, néo-païens et wiccans se sont réunis fin mars pour contrer les prières des évangéliques et jeter un sort à Trump qui le fasse quitter prématurément la Maison Blanche.

Leurs gri-gris seront-ils plus efficaces que ceux des villageois partisans de la milice des Kamuina Nsapu (du nom d'un médecin chef coutumier proche de l'opposition tué il y a peu) qui tentent de combattre avec des fétiches l'armée congolaise au Kasaï-Central et que l'armée régulière congolaise abat sans vergogne? Bilan plus de 400 morts pour l'heure (il est vrai inférieur à celui de la répression turque au Kurdistan) et 400 000 déplacés depuis 2016. La guérilla comprend 800 milicien, parmi lesquels des enfants mineurs, baptisés après des rites traditionnels, contraints de traverser le feu, d’avaler vives des fourmis rouges appelées Mankenene et d’ingurgiter quelques gorgés de Tshizaba, un mélange de boissons alcooliques indigènes et des fétiches que leurs encadreurs présentent comme ayant le pouvoir magique de les rendre invulnérables face à la mort. Outre les fusils de fabrication artisanale, les lance-pierres, les machettes, les flèches et les bâtons mystiques, certains disposent quand même d’armes de guerre arrachées aux forces de l’ordre pendant leurs nombreuses expéditions, dit-on...

Si les spéculations sur les raisons "neuronales" du vote pro-Trump restent anecdotiques, le rôle du fait religieux dans le politique ne l'est pas.Par exemple en Uttar Pradesh en Inde, le nouveau gouvernement nationaliste hindou (BJP) vient de renforcer l'interdiction des abattoirs clandestins de boeufs et de la consommation de cette viande, ce qui pénalise surtout la minorité musulmane (le journal Business Standard citait le cas d'une famille musulmans qui s'est vu refuser une dérogation pour un mariage). On peut voir sur la carte à gauche en bleu les derniers Etats où l'abattage de boeufs reste légal. Mais la conviction religieuse s'arrête où l'intérêt électoral commence et le BJP a fait savoir que dans les Etats à majorité chrétienne Mizoram, Meghalaya et Nagaland qui votent l'an prochain il n'y aurait jamais d'interdiction du boeuf si le parti y remportait les élections...

En janvier dernier une vidéo montrait dans un camp irakien une femme yézide de 129 ans (sur une vidéo elle montre une pièce d'identité qui atteste de sa naissance en 1887). Si c'est vraiment le cas, l'info sur le décès d'une doyenne de l'humanité italienne de 117 ans au début de mois d'avril serait fausse. On continue de se perdre en spéculations avec les écrits de Gurdjieff sur le fait que le yézidisme pourrait être la continuation d'un soufisme primitif qui remonterait à Sumer et sur la rapport des yézidis aux cercles magiques, mes je n'ose plus interroger mes contacts dans cette communauté à ce sujet.

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