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Le blog de Frédéric Delorca

Christianisme et nature

21 Juillet 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Philosophie et philosophes, #Christianisme, #Grundlegung zur Metaphysik

Nietzsche nous a enseigné que le christianisme était une horrible inversion des valeurs de la nature, une anti-nature. Il n'était pas le seul. Beaucoup le disaient en son temps. A la différence des petites nanas qui prennent leur webcam pour dire "moi j'aime trop la nature, j'adore me rouler dans l'herbe, je veux devenir wiccane - mais attention wiccane éclectique hein, sans contraintes - " comme la fille de la vidéo ci-dessous, il savait bien que la nature humaine n'est en rien stabilisée et qu'elle prête à tous les excès et toutes les violences, surtout sous les cieux hédonistes de la modernité. Mais, l'orgueil aidant, il croyait qu'en mobilisant beaucoup de culture et de finesse, à la manière des Grecs présocratiques, il pourrait ciseler une adhésion totale à la Wille zu Macht naturelle en symbolisant au plus haut niveau les instincts de cruauté et d'anéantissement. Cela conduisait nécessairement à l'ascèse et la solitude, et, au bout du compte, à l'auto-destruction, comme sa folie finale l'a démontré. Bref à une anti-naturalité bien pire encore que celle des moines anachorètes.

La véritable anti-naturalité, elle n'est pas dans le christianisme, mais dans les hérésies comme le manichéisme (celui des cathares par exemple) fondées sur une haine active du corps. Haine active du corps, comme amour immodéré de celui-ci conduisent aux mêmes impasses destructrices, parce que, comme on le disait plus haut, rien en l'homme n'est stabilisé. Le christianisme, lui, avec toutes ses imperfections terrestres (ses textes contradictoires, ses formes d'institutionnalisation criminelles etc) a au moins le mérite de ne reposer sur aucune haine ni aucun amour anthropologiques, et de faire procéder tout sentiment véritable de l'Au-delà. Il renvoie toute la naturalité à Dieu pour la soustraire au diable (à l'instabilité destructrice) et n'adhère aux élans naturels que pour autant que Dieu les guide, c'est à dire avec tout le système de contraintes que prescrit l'Evangile : ne rien s'attribuer à soi-même, ne rien planifier, ne pas s'interroger sur le lendemain, ne s'attacher à rien de périssable etc.

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