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Le blog de Frédéric Delorca

Inutile d'être un écrivain

4 Août 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Ecrire pour qui pour quoi, #Christianisme, #Philosophie et philosophes, #Grundlegung zur Metaphysik

Je ne connais pas Jésus, même si j'approuve son enseignement. Mauriac (dans sa vie de Sainte Marguerite de Cortone) me rappelle (mais c'était déjà dans la Bible : "il y a plusieurs maisons...") qu'il existe plusieurs voies d'accès à Dieu, par le père, le fils, le saint esprit. Tant pis donc si j'ai un côté arien ou déiste. Il me déculpabilise à l'égard de la mise en garde de Thérèse d'Avila (et des protestants) qu'il n'y a pas de chemin hors de Jésus pris en son humanité et sa divinité (sauf que quand même lui a dit qu'il faudrait passer par lui...).

Je pense que la voie d'accès à Dieu qui nous a été donnée à nous Européens est celle du christianisme et qu'il n'y en a pas d'autres (ce n'est pas identitariste que de dire cela, cela simplifie, c'est tout). Le bouddhisme est donné aux asiatiques, l'islam aux proche-orientaux etc. Je n'ai pas d'opinion sur ces voies.

Je suis chrétien ne pouvant être autre chose (je ne peux notamment pas être juif, faute d'accès à l'hébreu, même si ce peuple a peut-être un accès privilégié au divin car ils comprennent mieux le sens originel du livre sacré). Et je ne cèderai point à la facilité narcissique de n'être rien ou de me forger par moi-même ma propre croyance. Comme le dit Sheldrake, il est important de se rattacher à une tradition religieuse (ce qui ne veut pas dire devenir religieux ni bigot), car on sent bien que, même du point de vue énergétique, c'est à dire des égrégores collectifs qui se forment (et allez vous faire masser par des Chinois, vous verrez combien l'énergétique compte) il le faut.

Je me souvenais tantôt du bien que m'avait fait Montaigne, à presque 16 ans, alors que Pascal me laissa de marbre.

J'aimais le regard amusé que promenait cet auteur sur les biens de ce monde, lesquels ne cessaient de m'intriguer et me faisaient un peu peur. Montaigne les traitait avec la fausse humilité de l'homme qui doute et l'orgueil authentique du lettré pétri de philosophie et de poésie depuis sa tendre enfance. Voilà le regard que je voulais avoir, le point de vue que je voulais adopter pour affronter les énigmes de ce monde dans lequel j'étais appelé à "faire carrière".

Et voilà que les événements des trois dernières années m'ont révélé d'une manière très tangible l'existence de l'Invisible, et de la voie chrétienne pour en éviter les pièges, même si je suis un très mauvais disciple de Jésus.

Or, d'un point de vue chrétien, il n'est pas mauvais d'être un écrivain ou un philosophe, surtout si on l'est à la manière de Mauriac, mais il n'est pas pour autant indispensable de l'être. Il n'est donc pas grave que je ne l'aie point été en dépit de toutes mes tentatives d'écrire et publier des livres.

Malgré l'éloge du scribe que fait l'Ecclésiaste dans le Bible, comme il fait aussi l'éloge du maçon, on peut se passer d'en être un. On peut aussi, tout en s'acquittant des tâches diverses dont la vie quotidienne nous charge, n'être fondamentalement rien, ce qu'au fond on est toujours, en dernière analyse, devant Dieu. C'est toujours cela de gagné pour notre impossible humilité.

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