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Le blog de Frédéric Delorca

"Dénonce ton porc" a du bon...

26 Octobre 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Les rapports hommes-femmes, #Grundlegung zur Metaphysik, #Béarn

Personnellement, je n'aime pas follement le phénomène "dénonce ton porc", notamment du fait de son aspect planétaire. Mais je suis bien prêt à admettre qu'il aide des femmes à se défaire de certains souvenirs humiliants demeurés dans leur esprit trop longtemps. La forme n'est pas bonne, simpliste, puritaine, agressive, potentiellement injuste aussi pour ceux pourront être accusé à tort, mais, comme le disent beaucoup de jeunes, c'est aussi le revers du "handicap" qui pesait sur le témoignage féminin en termes de "charge de la preuve", et puis, ceux qui connaissent l'histoire savent qu'il n'y a pas de démocratie sans une certaine violence délatrice, ainsi que l'a montré le cas des sycophantes à Athènes, c'est peut-être un point de passage obligé inévitable.

Je ne suis pas nostalgique personnellement de cette "galanterie" français née à la Renaissance qui autorisait les mains au fesses dans les bistrot dans une ambiance bon enfant, et au sommet de l'Etat faisait qu'il fallait absolument "chercher la femme" ("cherchez la femme on ne cherchera jamais en vain" écrivait Nietzsche dans "Le Crépuscule des Idoles" je crois en référence à la France), c'est-à-dire rechercher le plaisir sexuel des deux sexes, tout en le censurant assez élégamment pour en rester seulement au stade des mots, et du travail sur le langage. Cela a produit beaucoup d'élégance culturelle, mais je ne suis pas sûr que cela ait vraiment élevé notre culture nationale. Le fait est qu'au final elle nous a fait atterrir dans un vol d'albatros sur Sollers et mille grivoiseries sans talent de la fin du XXe siècle qui n'empêchaient nullement notre pays de devenir par ailleurs politiquement une colonie américaine (car tous ces coureurs de jupons étaient par ailleurs de fermes avocats des pires politiques impérialistes, et des plus meurtrières). Si je suis d'accord avec Finkielkraut sur la Catalogne (voir sa vidéo ici, mais on aurait envie de lui dire : il ne fallait pas soutenir l'indépendance du Kosovo...), je n'approuve pas ses éructations chez Elizabeth Lévy contre la fin du "modèle français" de mixité sexuelle. Si c'est une page à tourner, tournons là !

Mais faisons le équitablement sans que tout le monde s'enferme dans ses frustrations : c'est à dire que si l'on culpabilise le désir masculin, la culture du viol, la pornographie, en priant les hommes de maîtriser un peu leur structure libidinale, il faudra aussi demander aux femmes de cesser de se maquiller ou de recourir à la chirurgie esthétique, de s'habiller à la chinoise de l'époque maoïste (ou, si l'on préfère, en noir comme à la Cour des rois d'Espagne du siècle d'Or plutôt qu'avec les robes bariolées de la cour de Versailles), et l'on pourra aussi interdire à Hollywood de promouvoir la sexualité. Bref revenir à Cromwell et à Savonarole.

Quant à mon compatriote Jean Lassalle, plutôt que de se plaindre des visions bizarres (dignes de Freud) que cette affaire lui occasionne (interview sur RTL le 24 octobre ci dessous), il ferait mieux de cesser de rendre visite aux guérisseurs du Béarn et de Soule, (il a déclaré dans la République des Pyrénées le 10 août dernier qu'il était allé soigner un lumbago chez un guérisseur basque à Juxue). Chacun sait que l'occultisme entraîne sur ce genre de chemin...

Ceux qui craignent pour l'avenir de la promiscuité se consoleront peut-être en se rendant, avec les amis de Strauss-Kahn et de Soros, à ce happening organisé par la compagnie colombienne Good Girls Company fin novembre à Cartagène (tarifs entre 500 et 1600 dollars)...

** Dans l'interview d'RTL J. Lassalle déclare à la minute 1'05 "Depuis quelques nuits j'ai retrouvé un phénomène que j'ai connu dans ma jeunesse, c'est que je me réveille la bouche pleine de bile, et y en a qui est rentré l'autre soir dans les poumons, et j'ai toussé en m'en arracher les poumons pendant deux heures et demi et vous savez ce que j'ai vu ? et c'était pas un cauchemar : je me voyais ma main sur ma mère, ma main sur ma soeur et ma main sur ma fille et même le premier regard pour ma femme c'était sur ses fesses et ça c'est pas moi, et ça ça me révolte et ça me fait remonter la bile".

 

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Sylvain 09/12/2017 21:32

La pornographie n'est pas spécifiquement liée au désir masculin : en réalité elle s'adresse également à un public féminin, et ce de plus en plus. Beacoup de femmes aiment les vidéos X, et cela n'a rien de choquant. Mais en même temps depuis quelques années on assiste aussi à un retour en force du puritanisme, et il ne peut rien en sortir de bon pour les deux sexes.