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Le blog de Frédéric Delorca

L'action du lobby de l'ingérence en Israël

4 Avril 2018 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Proche-Orient, #Colonialisme-impérialisme, #Les régimes populistes

Le grand journaliste Seymour Hersh l'avait déjà montré : le site bombardé en 2007 en Syrie n'était pas un réacteur nucléaire construit par les nord-coréens. Ni la CIA ni l'AIEA n'avaient signalé l'existence de réacteur, sa taille ne correspond pas au prototype nord-coréen,il n'était pas gardé quand il fut bombardé (ce qui veut dire qu'au mieux il s'agissait d'un embryon de site), il n'avait pas de bâtiments alentour, ne contenait ni baryte, ni uranium (à part celui qui enrobait les missiles israéliens), ni du graphite dont ont besoin les réacteurs à eau lourde refroidis au gaz dont on n'a pas retrouvé de traces dans l'environnement. La déclaration israélienne selon laquelle Tel-Aviv assume ce bombardement d'il y a dix ans est donc une fake news officielle que tous nos médias ont relayée docilement sans se poser les bonnes questions, une fois de plus.

Le "pourquoi" de cette déclaration israélienne reste assez mystérieux. Y a-t-il un enjeu de politique intérieure derrière tout cela, Netanyahu cherchant à se justifier de ne pas s'impliquer plus dans le conflit syrien actuel ? Je suis frappé de voir qu'il existe aussi un lobby de l'ingérence en Israël de plus en plus actif face à un lobby isolationniste. J'avais fait remarquer qu'une certaine gauche israélienne s'était intéressée au sort des Yézidis d'Irak comme d'ailleurs aux sécessionnistes catalans (voir le rôle de la députée Ksenia Svetlova sur les deux fronts). Ce sont les mêmes qui à la rédaction du Jerusalem Post en ce moment se préoccupent de la minorité chrétienne de la plaine de Ninive, ce qui indiffère totalement la droite.

Tout comme les interventionnistes centristes jouent contre la droite trumpienne aux Etats-Unis - on vient de voir récemment à nouveau que Trump veut quitter la Syrie et a le courage de l'affirmer publiquement à l'encontre de tout l'establishment de l'appareil militaire -, ils jouent contre Netanyahu en Israël. Et, comme par hasard, on retrouve Soros (à travers le New Israel Fund) derrière les accusations de corruption portées contre le premier ministre israélien comme derrière la tentative de dynamiter l'accord israélo-rwandais pour renvoyer des migrants africains vers Kigali. Aujourd'hui l' ex envoyé spécial du Monde en Transnistrie (qui y écrivait des articles pro-moldaves) et chantre de l'Euromaidan ukrainien, accuse Netanyahu de céder à la "panique".Quand le journal Le Monde s'étrangle contre un dirigeant politique, dites vous que les grands banquiers ont une dent contre lui...

Le lobby de l'ingérence, défenseur de l'ordo ab chaos, veut aussi bien la dissolution d'Israel que le renversement d'Assad.

Et le prince saoudien Ben Salmane (Bin Salman) qui reconnaît à Israel le droit d'exister dans une interview à The Atlantic et soumet la normalisation à une négociation préalable entre Israël et les Palestiniens, comment se positionne-t-il dans ce bras de fer là ? Des rumeurs sur 4 Chan indiquent qu'il aurait été la cible de la fusillade de Las Vegas en novembre dernier. Le prince saoudien Al Waleed est propriétaire des étages supérieurs de l'immeuble Mandalay Bay (d'où l'assassin a tiré). Stephen Paddock, le tueur (ou l'un des tueurs ?), faisait du trafic d'armes pour lui, et il aurait tenté d'assassiner Ben Salmane ce soir là car il se trouvait au Tropicana. Les tirs sur le concert de country music ne seraient qu'une manoeuvre de diversion. Le prince saoudien Al-Waleed a admis, lors d'un interrogatoire, qu'il avait envoyé une équipe de tireurs d'élite de l'armée de l'air saoudienne dans son hôtel du Mandalay Bay dans la nuit du massacre de masse. Beaucoup déduisent du fait qu'Al-Waleed avait reçu un million de dollars de Bill Gates et avait demandé à Trump de se retirer de la campagne qu'il était dans le camp des banquiers de Wallstreet. C'est sûrement vrai. Mais de là on ne peut déduire que son adversaire Ben Salmane ne serait pas dans le même camp sur le front de l'ingérence. Il est au contraire dans la surenchère d'ingérence en Syrie et au Yémen et il a récemment confié son projet de nouvelle mégalopole industrielle NEOM à 500 milliards de dollars à l'ex PDG de Siemens Klaus Kleinfeld lobbyiste du forum de Davos et financé par le groupe japonais SoftBank Group dirigé par Mark Schwartz ancien de Goldman Sachs. Nul doute que son projet de complexe touristique géant sur la Mer rouge entre Amlaj et Al-Jawh où le bikini sera autorisé sera dans la même veine. Il est probable donc que sa déclaration à The Atlantic soit indépendante des pressions de Soros contre Netanyahu et vise seulement à conforter son projet économique sur la Mer rouge (projet dont il a besoin pour diversifier ses ressources financières mais qui pourraient fragiliser son régime en éveillant des rancœurs religieuses parmi ses sujets).

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