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Le blog de Frédéric Delorca

Henri Genès

11 Janvier 2019 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Souvenirs d'enfance et de jeunesse, #Béarn

Quand j'étais gosse vers midi ma mère disait souvent "Il n'est pas passé le facteur de Santa Cruz ?". Ca venait d'une chanson que parfois mon père fredonnait parfois (voyez toutes les versions qu'on ne trouve sur YouTube). Quand je disais "Je suis fatigué", mon père me demandait "fatigué de naissance ?". Quand on allait voir sa tante, qu'elle appelait tantine, ma mère ajoutait souvent "la tantina de Burgos". Elle aussi chantait parfois quelques morceaux de la chanson dont venait l'expression, et encore le "tango de Sidi Bel Abès"...

Je ne le savais pas - je l'ai découvert hier - mais toutes ces références renvoient au répertoire du comique Henri Genès, qui était au sommet de sa gloire à la fin des années 1950. Mes parents ne se connaissaient pas encore, ils avaient entre 25 et 30 ans. A l'époque mon père vivait à Laruns en vallée d'Ossau et travaillait comme électricien sur les chantiers de montagne ; ma mère était couturière à domicile près de Pau. Je suppose qu'ils entendaient ce genre de chanson sur leurs postes de radio le soir. Ca faisait partie de ces chansons rigolotes qui détendaient le prolétariat à la sortie du turbin, un peu comme le "Zorro est arrivé" d'Henri Salvador, ou les "Trois bandits de Napoli" d'Annie Cordy. Ca apportait de la fantaisie à leur quotidien assez routinier et ils avaient comme des petites décharges de dopamine dans la tête quand ils ressortaient ces petites allusions là.

Possible aussi qu'Henri Genès, qui était né à Tarbes, avec ses parodies de chansons espagnoles, comme les opérettes de Luis Mariano et de Georges Guétary flattait un peu leur sensibilité latine.

Moi je suis arrivé après tout ça. J'entendais leurs chansons sans trop leur demander de qui elles étaient, et le visage d'Henri Genès, dans mon enfance, était surtout celui d'un second rôle des grandes comédies avec Louis de Funès qu'on regardait à la TV. Pour la génération des années 1990-2000, ces "tubes" des années sont aussi préhistoriques que, pour moi,  l'était le "Viens Poupoule" de Felix Mayol que certains Béarnais dans les années 1930 avaient transformé en "say poupoulo". C'est de l'archéologique musicale...

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