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Le blog de Frédéric Delorca

Trump peut-il échapper à la logique de guerre permanente ?

28 Mai 2019 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Colonialisme-impérialisme, #Les Stazinis, #Donald Trump

Le patron du Réseau Voltaire est toujours aussi contestable dans ses affirmations. "Jamais, même durant un guerre, écrit-il à propos de Maduro, on n’avait refusé de reconnaître la légitimité d’un président constitutionnellement élu et de son administration." Il oublie simplement que pendant l'hiver 1999-2000, Washington a entrepris de soustraire le droit au président yougoslave Milosevic "constitutionnellement élu" le droit de nommer son représentant à l'ONU en proposant que la République fédérale de Yougoslavie puisse à nouveau siéger à l'assemblée générale, mais que le siège soit occupé par un diplomate d'opposition, ce qui déniait au président élu toute légitimité à diriger son pays exactement comme aujourd'hui en ce qui concerne le président vénézuélien. De même en 1984 Washington n'avait pas reconnu le résultat des élections de 1984 qui avaient validé la légitimité d'Ortega comme président du Nicaragua et avaient répliqué par un embargo.

Dès lors on doit parcourir avec précaution sa lecture des rapports de pouvoir au sein de l'administration américaine. Dans un article du 21 mai, il explique que la nouvelle poussée néo-conservatrice aux USA résulte d'un deal.

Selon lui Trump menacé par les enquêtes du procureur Robert Mueller (un spécialiste de l'intox judiciaire - cf l'affaire de Lockerbie) sur la connexion russe a négocié sa survie politique avec l’État profond. Il a adopté le plan Rumsfeld/Cebrowski à condition de ne pas embarquer le pays dans une grande guerre. En échange de quoi, le procureur Robert Mueller a blanchi Trump de l'accusation de trahison . 

Ainsi  le 25 janvier 2019, le néo-conservateur Elliott Abrams s’est vu confier le dossier vénézuélien au secrétariat d’État. Celui-ci aurait préparé dans la précipitation le putsch raté anti-Maduro avec le Commandement militaire US pour l’Amérique du Sud (SouthCom). L'opération contre l'Iran serait une diversion de l'Etat profond pour sauver Abrams et se débarrasser de Bolton. Selon le patron du Réseau Voltaire, qui est resté attaché à l'ex-président Ahmadinejad, l'actuel président iranien Hassan Rohani, lorsqu’il était parlementaire, fut le premier contact des Occidentaux dans l’affaire Iran-Contras, il a servi d'intermédiaire entre l'Establishment américain et Rafsandjani autrefois. Il reste ami des mondialistes européens et refuse de dialoguer avec Trump, mais il faut espérer qu'une alliance Pompeo-Poutine pourrait éviter la guerre avec Téhéran. 

Personnellement l'idée que Pompeo puisse jouer contre les néo-cons ne me convainc pas. Et Antiwar.com vient de révéler un discours du vice-président Mike Pence à l'école militaire de West Point (Indiana) samedi dernier incitant son pays à se préparer à une guerre permanente. On ne voit pas bien à l'heure actuelle quelle coalition alternative Trump pourrait opposer au lobby néo-conservateur qui avait déjà montré sa force en 2017-2018 en imposant Jim Mattis comme secrétaire à la défense.

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