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Le blog de Frédéric Delorca

Rapport Bachelet sur les droits de l'homme au Venezuela

9 Juillet 2019 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #La gauche, #Débats chez les "résistants"

Je suis hostile à l'ingérence contre le Vénézuela, j'ai signé une pétition contre le putsch de Pompeo parue dans "Le Soir" de Bruxelles en mars, et je me suis réjoui des grands manifestations populaires pour défendre sa souveraineté, mais il ne faut pas pour autant se mentir sur ce qui se passe dans ce pays où le gouvernement Maduro ne respecte plus les droits individuels comme le faisait jadis Chavez. Le rapport de Michelle Bachelet sur le Vénézuela pour la commission des droits de l'homme de l'ONU était très attendu, du fait notamment que Mme Bachelet s'est rendue sur place à Caracas, ce que n'avaient pas fait ses prédécesseurs. Il a été publié la semaine dernière (le 4 juillet) et son verdict est sévère pour Caracas.

A partir de 558 entretiens avec des victimes et des témoins de violations des droits de l'homme et de la détérioration de la situation économique au Venezuela et dans huit autres pays, ainsi que d'autres sources, sur la période de janvier 2018 à mai 2019, le rapport déclare :

"Depuis plus de dix ans, le Venezuela a adopté et mis en œuvre une série de lois, de politiques et de pratiques qui ont restreint l’espace démocratique, affaibli les institutions publiques et porté atteinte à l’indépendance du pouvoir judiciaire. Bien que ces mesures aient été adoptées dans le but déclaré de préserver l'ordre public et la sécurité nationale contre de prétendues menaces internes et externes, la militarisation des institutions de l'État et l'emploi de la population civile dans des activités de renseignement et de défense se sont multipliés.
 

Tout cela a permis au gouvernement de commettre de nombreuses violations des droits de l'homme. Les autorités ont notamment attaqué certains individus et groupes, notamment des membres de l'opposition politique, considérés comme une menace pour le gouvernement en raison de leur capacité à exprimer des positions critiques et à mobiliser d'autres personnes. Cette répression sélective se traduit par une multitude de violations des droits de l'homme, qui peuvent constituer une persécution pour des raisons politiques. Ces violations nécessitent un complément d’enquête pour déterminer la responsabilité de l’État et la responsabilité pénale individuelle.
 
Des milliers de personnes, principalement des jeunes hommes, ont été tuées lors d'affrontements présumés avec les forces de l'État ces dernières années. Il existe des motifs raisonnables de croire que nombre de ces décès constituent des exécutions extrajudiciaires perpétrées par les forces de sécurité, en particulier les FAES (Forces d'action spéciale, des escadrons de la mort). Le Haut commissariat aux droits de l'homme HCDH craint que les autorités n'utilisent les FAES, et éventuellement d'autres forces de sécurité, dans le cadre d'une politique de contrôle social. Ces morts violentes nécessitent une enquête immédiate pour assurer la responsabilité des auteurs et des garanties de non-répétition.
 
Les peuples autochtones du Venezuela sont victimes de graves violations de leurs droits individuels et collectifs. Le HCDH est particulièrement préoccupé par les informations faisant état de menaces et d'actes de violence contre les autorités et les dirigeants autochtones et par la répression sélective des Pemons qui s'opposent au gouvernement. Il est nécessaire de poursuivre les recherches sur les droits des peuples autochtones, en portant une attention particulière à la répression des peuples autochtones et aux violations de leurs droits collectifs à la terre, aux territoires et aux ressources.
 
L'État a systématiquement nié les droits des victimes de violations des droits de l'homme à la vérité, à la justice et à réparation. L’impunité a permis la répétition de violations des droits de l’homme, a enhardi les coupables et a laissé les victimes de côté. Le Haut-Commissariat s'inquiète de ce que, si la situation ne s'améliore pas, l'exode sans précédent des migrants et des réfugiés vénézuéliens continue de s'accroître et que les conditions de la population restée dans le pays ne se détériorent."

Rafael Ramírez Carreño qui fut président du trust pétrolier public PDVSA sous Chavez sur Aporrea défend ce rapport en ces termes  :

"Au cours des deux occasions que j'ai eu de participer aux travaux Haut Commissariat à Genève, à la fois pour dénoncer les persécutions politiques et les agressions de toutes sortes dont je suis victime en raison de mes positions critiques, ainsi que pour dénoncer les persécutions et les enlèvements de travailleurs de PDVSA et les officiers de nos Forces armées nationales bolivariennes, j’ai fourni des documents, des preuves, des vidéos, des photos, des faits publics et notoires, irréfutables, ainsi que de longs entretiens de témoignages. Dans le cas des travailleurs de PDVSA, j’ai remis les lettres de leurs propres parents, avocats, avec leurs numéros de téléphone et leurs courriels respectifs à contacter, puis à interroger l’équipe du Haut-Commissaire. Ce n'est pas un travail, facile ou léger. Tout a dû être corroboré.

Par conséquent, personne ne peut accuser le rapport de manque de rigueur, de profondeur et de détail; tout simplement, parce que cela ne sert pas leurs intérêts ou leurs priorités politiques. Au contraire, il s’agit non seulement d’un document établi avec la rigueur méthodologique du système des Nations Unies, coordonné par l’ancienne Présidente Bachelet, personne honorable et sérieuse, qui ne se prête à aucune manipulation, mais qui dispose de témoignages et de documentation. écrasante au sujet d’une situation qui, au lieu de mettre des facteurs politiques sur la défensive, devrait ouvrir un grand débat national sur la violence politique dans le pays, l’intolérance et la violation des droits de l’homme dans son ensemble."

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