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Le blog de Frédéric Delorca

Migrants-islamisme : essayer de rester juste

18 Octobre 2020 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Débats chez les "résistants", #Peuples d'Europe et UE, #Christianisme

Je m'en excuse auprès des nombreux athées qui lisent ce blog ou des adeptes d'autres religions, mais, dans la mesure où beaucoup d'abonnés de ce blog sont des chrétiens, je voudrais m'adresser à eux dans ce billet.

Et je voudrais traiter un sujet que je n'aborde pas habituellement sur ce blog : celui de l'immigration et du racisme.

Je suis moi même fils d'un réfugié politique (espagnol) par mon père, issu d'une culture de gauche, j'ai été très engagé dans la solidarité internationale avec l'Atlas alternatif, et j'ai été responsable des rapports avec les associations communautaires dans une ville de la petite couronne parisienne au début des années 2010.

J'ajouterai que, si mon enlisement dans l'occultisme en 2014-2015 s'est soldé pour moi par une conversion au christianisme, il s'en est fallu de très peu pour qu'une médium musulmane ne prenne pas en charge mon sort à partir de février 2015.

Je dis cela pour bien poser que sociologiquement, même si je suis issu d'une France rurale assez traditionnelle, j'ai eu beaucoup d'interactions avec des gens issus de cultures du Sud, notamment musulmanes.

Posons maintenant un ou deux éléments spirituels. Le christianisme n'est pas raciste. Du fait de ses textes sacrés il ne peut pas l'être.

Il doit cependant prendre en compte que le mondialisme maçonnique actuel qui a organisé l'affaiblissement des Etats-nations et les migrations massives a une visée antéchristique particulière, qui est alternativement et complémentairement l'abolition de toutes les identités pour jeter les gens dans la pire confusion et le chaos et l'exacerbation des guerres identitaires (lesquelles par lassitude finissent par donner envie à tous de renoncer aux identité). Le christianisme se méfie des identités qui sont des attaches trop charnelles ("vous êtes Un en Christ") mais doit les préférer au chaos antéchristique, sans les exacerber. C'est déjà un jeu assez subtil qui ne doit être mené qu'avec subtilité sous l'inspiration de l'Esprit saint.

Donc tout chrétien, catholique, protestant ou orthodoxe doit vouloir la protection des Etats-nations comme garanties contre le mondialisme, et cette protection va avec un contrôle strict des migrations (surtout dans un contexte où le pouvoir d'intégration des structures étatiques est réduit par un sabordage généralisé de celles-ci). Par conséquent il faut rompre avec la culpabilisation permanente de l'Occident, et défendre les frontières.

Cette défense des frontières, à l'intérieur de celles-ci, doit-être ferme et volontariste : il faut un Etat fort (sur les volets régalien et social), et une défense sans complexe de notre culture et de notre histoire. Mais elle doit rester ouverte et juste à l'égard des immigrés ou descendants d'immigrés qui, de bon coeur, veulent adhérer au projet national collectif, quitte à pratiquer l'expulsion de ceux qui ne vivent en France que pour lui nuire et la critiquer.

Ces principes étant dit quant à l'attitude à avoir à l'égard des migrants récents, et des immigrés présents depuis longtemps et de leurs descendants, reste à poser la question de la "spécificité de l'Islam", question que nous posent tous ceux qui veulent un conflit de civilisation avec cette religion (notamment les néo-conservateurs).

L'Islam est une hérésie du christianisme, comme l'ont été l'arianisme, le catharisme, le mormonisme ou le Nouvel Age, dans la mesure où une grande partie de ses textes sacrés se retrouvent dans l'Islam, mais déformés. En tant qu'hérésie, il présente donc des points de compatibilité (sur lesquels il y a un dialogue possible) et des points incompatibles.

Est-il par essence voué à entrer en conflit avec la civilisation chrétienne ? Dans beaucoup de pays et de régions du monde, à différents moments un modus vivendi pacifique a pu s'établir entre les deux religions.

Ce modus vivendi est-il aujourd'hui rendu impossible par les manipulations, en France, de l'Islam par les wahhabites et les Frères musulmans, ainsi que par l'effondrement de nos structure étatiques (à commencer par l'Education nationale), orchestrée par les mondialistes ? Personnellement, je pense que faire le deuil de la cohabitation pacifique est une erreur qui fait le jeu de tous ceux qui, comme Daesh, George Soros ou Mme Obono (pour ne citer que trois figures hétérogènes et pourtant topiques), ont intérêt à exacerber les conflits identitaires (sur le plan des identités religieuses).

Cela suppose de garder une vigilance particulière à l'égard de la fraction de l'Islam qui reste incompatible avec cette cohabitation pacifique : vigilance à l'égard des doubles discours, et vigilance à l'égard des prétentions hégémoniques de certaines minorités musulmanes particulièrement revendicatrices (notamment dans les "territoires perdus" de la République).

Il semble qu'il ne faille pas aller spécialement au delà de cette ligne de conduite. Les discours enflammés contre l'Islam lorsqu'ils sont trop systématiques deviennent injustes, irréalistes (car ils semblent désirer une France sans présence musulmane, ce qui est maintenant impossible après 60 ans de vague migratoire) et inutilement belliqueux.

Qu'est-ce que cela veut dire sur deux affaires médiatisées récemment comme celle de l'assassinat de Victorine Dartois et celui du professeur de Conflans Sainte Honorine ?

Sur la première affaire : qu'il faut effectivement être très rigoureux à l'égard de tous les dangers que parfois la culture de certains immigrés (musulmans ou non) ou parfois de certains aspects de la religion islamique font peser sur la sécurité des jeunes femmes non issues de l'immigration (les faits divers impliquant des migrants "récents" dont des femmes d'ascendance européenne ont fait les frais sont très nombreux, et cela constitue un argument fort parmi d'autres  pour refuser le chantage à l'immigration que nous imposent les mondialistes et leurs laquais). Il faut faire très attention à ce que des zones de non-droit soumises en fait à des normes  inspirées de l'islamisme radical ne viennent pas à prévaloir sur notre territoire, et veiller à neutraliser (ou expulser du territoire) tous ceux qui pourraient oeuvrer à la mise en oeuvre de cette hégémonie islamique.

Mais il faut tout de suite apporter un bémol : il ne faut pas que, concernant la sécurité des femmes, la traque du migrant ou de l'islamiste devienne une obsession. J'ai été très surpris de voir que, dès la disparition de la jeune Victorine Dartois, l'épouvantail du migrant ou de l'islamiste ait été agité sur les réseaux sociaux. C'est une façon de s'aveugler dangereusement sur la corruption morale généralisée dans notre pays : beaucoup de violences infligées aux femmes le sont par des hommes blancs de souche. Un chrétien ne doit pas négliger tout ce que la culture matérielle moderniste capitaliste (notamment avec la pornographie et l'athéisme désespéré) attire comme démons et dysfonctionnements mentaux chez tous les hommes de toute culture et de toutes les races, mais aussi chez beaucoup de femmes (qui croient à tort que sortir avec un jean moulant ou sans soutien-gorge sous le t-shirt est devenu un symbole de liberté). Avoir le réflexe de blâmer le migrant ou le musulman radical peut-être inspiré par un démon qui a intérêt à faire croire aux "chrétien blanc" (pour employer un vocabulaire grossier) que son "camp" (le "camp des saints" comme dirait l'autre) est exempt de vices et de violences. En ce sens il ne faut pas s'étonner que les adeptes de cette vision identitaire soient aussi souvent inspirés par l'occultisme comme on l'a signalé dans un autre billet, car c'est une vision vraiment diabolique des choses. Répétons le, dans l'affaire Victorine Dartois (la fille qui s'affichait avec ses jeans déchirés), la piste "migrant ou musulman" me paraît avoir été exploitée un peu vite, y compris quand l'assassin s'est avéré être un Ludovic B* réunionais, pas du tout musulman ni migrant... C'est un signe de corruption morale, y compris chez ceux qui prétendent défendre nos frontières pour le bien commun.

Concernant le professeur assassiné à Conflans-Sainte-Honorine, j'ai noté les mêmes excès de la part de certains défenseurs des frontières. Tout d'abord il y a un manque de nuances. Beaucoup n'ont pas vu que le meurtrier était issu de l'immigration récente (tchétchène) ce qui explique peut-être la brutalité du geste dans laquelle un Algérien ou un Marocain plus habitué à l'interaction avec la culture française avaient peut-être statistiquement moins de chances de verser. Mais surtout, je trouve que, tout en condamnant évidemment la barbarie du meurtre aggravée par celle de la décapitation (qui - on l'a dit à juste titre - en survenant sur le territoire national crée un précédent dangereux qui menace de transformer beaucoup d'autres endroits de la France en "plaines de Ninive" - pour rappeler les exécutions massives de Yézidi), un chrétien doit aussi garder à l'esprit les premiers rouages de l'engrenage : à savoir cet esprit matérialiste athée promu par l'Education nationale qui pousse des enseignants maintenant à fonder leur cours sur une image pornographique humiliante d'un prophète. Que ledit prophète soit de la religion chrétienne ou d'une hérésie il n'y a pas de raison d'imposer à des jeunes croyants ce genre d'obscénité (tout comme il n'y a pas de raison de vanter le "droit au blasphème"). En posant une thématique religieuse en des termes orduriers, ce n'est pas seulement un engrenage psychologique dangereux qu'on déclenche : c'est une spirale spirituellement funeste qu'on initie, parce que celui qui vomit sur une religion se place spirituellement à  la solde d'entités infernales très dangereuses, qui le lui feront payer tôt ou tard. Le système ne devrait pas encourager les enseignants à prendre ce parti pris là, tout comme il n'aurait jamais dû faire la louange de Charlie Hebdo. Toute cette indexation de la liberté d'expression au registre de l'ordure n'est en réalité qu'un piège infernal pour l'avilissement généralisé de tous, dans lequel ensuite la violence vient faire en quelque sorte office de moissonneuse (le fameux "qui sème le vent récolte la tempête"). Etre indulgent avec l'abjection ne peut pas être chrétien, et l'indignation sélective qui, après coup, ne vise que le cinglé tchétchène est purement pharisienne. Le disciple de Christ ne doit pas entrer dans cette folie là. Là encore, la défense des frontières et de l'histoire oui, mais l'utilisation du migrant ou de l'islamiste bouc-émissaire pour effacer notre propre pourriture, certainement pas !

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