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Le blog de Frédéric Delorca

Toujours le problème des malentendus

23 Octobre 2020 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Ecrire pour qui pour quoi, #Christianisme, #Philosophie et philosophes

S'exprimer dans l'espace public est toujours très ingrat, parce que l'on s'expose soit à la déception de ne pas être écouté (ou lu), soit à celle d'être suivi par des gens qui adhèrent à ce que vous dites mais par de mauvaises raisons (je m'en rends compte souvent quand je dialogue avec des lecteurs). Combien de gens, par exemple parmi ceux qui se sont mis à suivre ce blog dans la phase de la mise en place de la dictature sanitaire, sont des personnes au coeur profondément endurci, qui cèdent facilement aux tendances paranoïaques, et portent au pinacle des publicistes "dissidents" aux égos démesurés qui en réalité les intoxiquent et les tirent humainement et spirituellement vers le bas ! Ces gens malades ont spontanément tendance à m'identifier à ces auteurs qu'ils fétichisent, puis s'agacent de ne pas me voir ressembler aux schémas pré-définis dans leurs têtes, et finalement ne tirent à peu près rien d'utile de mes écrits sauf des éléments biaisés qui consolident leurs erreurs.

On ne peut jamais éviter qu'un discours qui voudrait "coller" à la vérité, s'inscrive dans un arrière-plan qui empêche les gens de le comprendre. On n'est jamais le premier à parler, celui dont les mots se projetteraient sur une page vierge qui ne les chargerait d'aucune connotation. Pour ne citer que l'exemple le plus éminent, il est bien évident que les paroles du Christ en leur temps "tombaient" dans des univers mentaux au sein desquels, en Israël, il y avait de nombreuses polémiques et querelles d'interprétation - par exemple chez les Pharisiens entre les partisans de Chamaï et ceux de Hillel -, ce qui, même chez le Messie, finissait par susciter cette interrogation "qui dit-on que je suis ?" (Matth 16:13), "Comment sont reçues mes paroles, comment les situe-t-on ?".

Le philosophe Wittgenstein disait qu'on passe le plus clair de son temps à contrer des théories ou des propos (on pourrait aussi dire des "attitudes", et des "positionnements éthiques") qui seront oubliés dans deux cents ans, de sorte que beaucoup de gens ne verront même pas pourquoi on a fourni tant d'efforts pour apporter toutes ces précisions. Personnellement je ne suis pas enclin à entrer dans des polémiques stériles. Je ne l'étais pas quand je prenais position contre les guerres d'ingérence alors que mes interlocuteurs "naturels" se situaient parmi les spécialistes de la géopolitique ou du débat sur "l'humanitaire". Je ne le suis pas davantage aujourd'hui, alors que mon propos s'est élargi à l'analyse de la dictature de l'oligarchie mondialiste. Passer son temps à se définir par rapport à tel ou tel nourrit des "énergies négatives" (pour employer un vocabulaire commode que je n'aime guère). Je fais toujours le pari que mes lecteurs auront la sagesse de saisir les nuances et les différences par eux-mêmes, mais il ne faut pas oublier qu'il y a toujours à l'oeuvre chez beaucoup d'entre eux comme en tout homme un "yetzer hara", qui viendra les aveugler et les tromper.

Cela ouvre la porte à mille malentendus, et, parfois, donne envie de ne plus s'exprimer du tout dans l'espace public. Mais je continue quand même à penser qu'il faut que je persévère. Même si les informations que je délivre sur ce blog risquent d'être mal comprises pour nourrir des sentiments mauvais et des pensées erronées, renoncer à les diffuser serait donner raison à BFM TV et France Info ou laisser le monopole de la parole à des "dissidents" qui me paraissent potentiellement pires ou en tout cas pas moins dangereux, par leur tournure d'esprit, que les tyrans du Forum de Davos. Le mensonge et la bêtise ne peuvent pas l'emporter.

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