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Le blog de Frédéric Delorca

Culte du corps 1970-2020 : simple passage du + au -

13 Août 2021 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Philosophie et philosophes, #Les rapports hommes-femmes, #Lectures, #1950-75 : Auteurs et personnalités, #coronavirus-vaccination-big pharma, #Débats chez les "résistants"

Jean Baudrillard, dans La Société de consommation (1970) me paraît décrire un processus très actuel de nos jours quand il écrit (p. 217 de la version de poche) que la soi-disant émancipation "des femmes, des jeunes, du corps en tant que catégories immédiatement indexées sur une pratique fonctionnelle, se double d'une transcendance mythique, ou plutôt se dédouble en transcendance mythique, en une transcendance mythique" qui, dans le cas des femmes, conduit à "circonscrire dans l'idée de la femme et de son corps tout le péril social de la libération sexuelle, à circonscrire dans l'idée de libération sexuelle". Evidemment on a le même processus 50 ans plus tard à un autre stade avec le "female empowerment", le transgenre etc qui ne sont que des catégories mythiques de "marketisation" d'une révolte artificiellement suscitée (c'est là le travail d'ingénierie sociale justement).

De façon intéressante dans son argumentation, Baudrillard passe ensuite directement au thème du "culte médical, la 'forme' " (ce qui fait penser à l'obsession hygiéniste actuelle, la dictature sanitaire), en disant que "de la relation au corps, qui est moins celle au corps propre qu'au corps fonctionnel et 'personnalisé' se déduit la relation à la santé". Autrement dit il y a une continuité entre ce " 'supplément de corps et de sexualité' dont bénéficie l'individu moyen" cristallisé dans des formes consuméristes et la relation à la santé devenue un élément de prestige pour l'individu, qui ensuite fait entrer le corps dans l' "une demande virtuellement illimitée de services médicaux, chirurgicaux, pharmaceutiques".

On aurait envie d'ajouter : ça c'était sur le versant "positif" du procès de consommation, dans les années 60-70 quand le corps était investi d'un potentiel d'expansion censé remplacer l'expansion de l'âme à laquelle on aspirait jadis à l'époque de Sainte Thérèse d'Avila. Puis, lorsque, sous l'effet du catastrophisme de la nouvelle bien-pensance des années 1990-2000, la libération sexuelle n'est plus conçue comme promesse de bonheur mais vecteur d'oppression d'autrui et de maladie, et le corps n'est plus pris dans une compétition pour la séduction (encore qu'il reste quelques bribes de ça, mais dans une séduction autocentrée, purement narcissique, dans la salle de sport devant son miroir), le "supplément de corps" dans l'ordre social, sous les cieux apocalyptiques devient simplement obsession de la survie du corps, dernier fétiche d'une société qui implose, et qui s'illustre par ces cas pathétiques de gens qui nagent seuls au milieu de la mer avec un masque chirurgical, adhèrent à n'importe quel mensonge médiatique sensationnaliste et sont prêts à exiger l'emprisonnement physique (voire l'exécution) de ceux qui refusent la vaccination. On n'a fait que "tourner le bouton", inverser les polarités, basculer du signe plus au moins, dans un processus de catégorisation et de création de mythe (d'enfermement des gens dans des mythes idolâtres), qui, au fond, reste toujours le même à 50 ans de distance.

C'est pourquoi, par exemple, la chanteuse Ingrid Courrèges qui, semble-t-il, fait un tabac dans les manifestations et sur YouTube en reprenant des airs des années 1980 au service du combat contre la dictature sanitaire, ne fait qu'entretenir les masses résistantes dans une nostalgie du versant soi-disant positif de l'ancien culte de la liberté corporelle, sans voir qu'il s'agit là simplement du revers de la même pièce que le fascisme sanitaire actuel. Cela pourrait bien vouer le mouvement à l'échec (un peu comme, de toute façon, le mouvement des Gilets jaunes ne pouvait aller nulle part tant qu'il restait lié à la "France de Johnny Hallyday" qui est, dans ses symboles, ses pratiques, et les forces spirituelles qui la travaillent, la même que celle de Macron et la même que le monde de George Soros et Bill Gates). Du reste, il n'y aura pas, cette fois-ci, besoin de LBD pour vider les rues. Un simple reconfinement automnal à coup de fake news comme celles qu'on nous livre en ce moment sur la Martinique-Guadeloupe (on leur a envoyé des CRS à la place des bouteilles d'oxygène) devrait suffire...

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