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Vendredi 22 février 2008

Souvenirs de l'Appel de Bruxelles, cette grande et belle pétition de l'an 2000 dont aucun journal européen n'a jamais parlé - sauf Liberazione en Italie le 20 juin 2000 - malgré les signatures prestigieuses (allez pour le plaisir je vous en redonne le texte et les signataires ci-dessous ! attention - la liste est actualisée au 1er août 2000, mais nous avions glané bien d'autres signatures pendant l'été, notamment de Tony Benn, d'Harold Pinter, de Trivo Injic).
incendie-albassade.jpg
Aujourd'hui une ambassade américaine brûle et des gens qui n'ont rien à voir avec les Serbes me demandent "quand est-ce qu'on fait une pétition de solidarité avec la Serbie ?"

Alors ?

F.


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Année 2000

KOSOVO, CONTRE L'OUBLI :
 
L’APPEL DE BRUXELLES

 
Au cours du printemps 1999, la ville de Bruxelles, en sa qualité de siège de l’OTAN, était le centre de décision et d’exécution des bombardements de la Yougoslavie par les 19 pays membres de cette organisation, au nom du droit humanitaire. Nous, membres actifs ou à la retraite de l'enseignement du droit, nous croyons que le premier anniversaire d’un événement aussi grave ne peut passer inaperçu et doit, au contraire, susciter chez tout citoyen une sérieuse réflexion à la mesure de l’enjeu.
 
La guerre a été préparée, décidée et menée à l'encontre des principes les plus fondamentaux du droit international.
 
L’action de l’OTAN suivit l’échec des négociations de Rambouillet. Or, ces dernières avaient enregistré des avancées sérieuses sur les dossiers politiques du conflit, avant que des conditions de dernière minute, de toute évidence inacceptables pour la partie serbe, ne précipitent l’impasse. C'est à dire la guerre.
 
Son déclenchement violait à l'évidence la Charte des Nations Unies, qui n'autorise exceptionnellement le recours à la force qu'en cas de légitime défense ou d'autorisation du Conseil de sécurité. Prémisses inexistantes dans ce cas.
 
Enfin, la manière dont les bombardements ont été menés contredit les règles de droit international qui régissent la conduite des hostilités. De manière générale, la destruction systématique de l'infrastructure économique et des moyens de communication, délibérément destinée à décourager la population et à provoquer son soulèvement, sont incompatibles avec les principes humanitaires invoqués pour les justifier.
 
Ceci dit, nous voudrions manifester avec clarté que notre condamnation sans réserve de l’action de l’OTAN, n’implique nullement adhésion ni complaisance envers les autorités de Belgrade et particulièrement envers leur gestion de la question ethnique. De même, notre réprobation, toujours actuelle, de la poursuite sans fondement légal des bombardements de l’Irak et de l’embargo contre ce pays, ne peut être interprétée comme une quelconque allégeance envers le régime de Bagdad.
 
La stratégie de guerre, qui a dévasté la Yougoslavie et rendu non-viable le Kosovo, a produit plus de réfugiés et de victimes qu’en aurait causé toute autre combinaison de pression politique et de diplomatie. Elle mérite d’être contestée, tant du point de vue politique que du point de vue moral. Elle fut par ailleurs accompagnée d’une campagne médiatique visant à légitimer systématiquement l'agression en cours.
 
Les dispositions prises après la fin des bombardements tendant à conditionner l’aide internationale aux résultats électoraux internes en Yougoslavie et à privilégier l’aide en fonction des options politiques prises par ses destinataires, constituent un moyen peu honorable d’intervention politique dans les affaires internes d’un pays tiers. Quant au Kosovo, il est devenu, sous l’administration créée suite à l'agression de l’OTAN, une région quasiment mono-ethnique où les minorités non albanaises, qu’elles soient serbe, rom, slave, musulmane, juive, turque ou croate, ont dû fuir les attentats ou se réfugier dans des ghettos.
 
Nous voudrions aussi souligner le fait que la guerre menée en Yougoslavie revêt une signification qui dépasse de loin le cas de ce pays. En effet, l’intervention de l’OTAN au Kosovo, sous la direction des Etats-Unis d’Amérique, s’inscrit dans une série de choix opérés par l’unique superpuissance du monde. Le gigantisme de son budget militaire; le choix de maintenir l’OTAN malgré la dissolution du Traité de Varsovie et la fin de l’URSS, puis de l’élargir à l’Est de l’Europe; le refus de ratifier le Traité d’interdiction des essais nucléaires; le développement des systèmes antimissiles et la récente révélation de l’existence d’un système mondial d’écoute des communications privées et officielles, tels sont les aspects les plus saillants d’un nouveau modèle d’exercice du pouvoir dessiné à Washington et dont la seule légitimité résiderait dans la possession et l'emploi d'outils de coercition chaque fois plus performants.
 
Voilà pourquoi, nous invitons tous ceux qui partagent ces inquiétudes et qui refusent que les bombes soient l’alternative à la légalité internationale, à la négociation, au dialogue démocratique, à signer cet appel et à faire de lui, partout dans le monde, un instrument de résistance morale face au nouvel "ordre" planétaire qui s'annonce. 
 
Premièrs signataires :
 
Olivier CORTEN, professeur au Centre de Droit International, Université libre de Bruxelles (ULB); Eric DAVID, professeur à l'ULB; Barbara DELCOURT, membre de l'Institut d'études européennes, professeur à l'ULB; François HOUTART, professeur émérite à l'Université catholique de Louvain (UCL); Pierre KLEIN, professeur à l'ULB, Paulette PIERSON-MATHY, professeur à l'ULB, Yves ROGISTER, chargé de recherche auprès du CADOP, université de Liège, François RIGAUX, professeur émérite à l'UCL, ancien doyen de la Faculté de Droit, Jean SALMON, professeur émérite à l'ULB; Eric SUY, professeur émérite à la KUL, ancien secrétaire général adjoint des Nations Unies.
 
Les adhésions peuvent être envoyées aux adresses suivantes:
Rencontres pour la paix, Boulevard Jacques de Dixmude 124
B- 1050 Bruxelles
 
par e-mail:  
action-kosovo@freegates.be
par fax : 010-45083152
 
Soutien financier: Compte 001-1916606-59; mention: l'Appel de Bruxelles.
 
SIGNATAIRES DE L'APPEL DE BRUXELLES
 
 
CORTEN, Olivier; professeur au Centre de Droit International, Université libre de Bruxelles (ULB)
DAVID, Eric; professeur à l'ULB;
DELCOURT, Barbara; membre de l'Institut d'études européennes, professeur
   à l'ULB;
HOUTART, François; professeur émérite à l'Université catholique de Louvain
   (UCL);
KLEIN, Pierre; professeur à l'ULB,
PIERSON-MATHY, Paulette; professeur à l'ULB,
ROGISTER, Yves; chargé de recherche auprès du CADOP, université de
   Liège,
RIGAUX, Francois; professeur émérite à l'UCL, ancien doyen de la Faculté de
   Droit,
SALMON, Jean professeur émérite à l'ULB.
SUY, Eric; professeur émérite de la KUL; (Université Catholique flamande)
 ancien secrétaire général adjoint des Nations Unies
 
 
Liste d’adhésions par pays au 01.08.2000
 
 
> ALLEMAGNE
>
>
> Altvater, Elmar ; professeur à l'Université de Berlin, président de la
> Fondation Lelio Basso
> Pavlovic Dragan ; Director "Dialogue", Paris, Research Director, EMA
> University, Greifswald
> Roksandic Mirjana ; Max Planck Institute for Demographic Research,
> Rostock
> Wilke, Joachim ; philosophe
>
> AUTRICHE
>
> Blau, Paul ; professeur à l'Université de Vienne
> Meissner, Freda ; journaliste
>
>
> AUSTRALIE
>
> Juric Kim ; Camberra
> Juric Radovan ; Camberra
>
>
> BELGIQUE
>
> Algoet Peter ; philosophe, socratique, Gand
> Ameye Serge ; licentiaat in de Politieke Wetenschappen, voorzitter van de
> "Belgian Business Club for the Balkan Countries "
> André Edgar ; professeur honoraire, Université de Mons-Hainaut, Havré
> Arnauts Laurent ; avocat, rédacteur en chef du Journal du Mardi
> (Bruxelles)
> Bàrdos-Féltoronyi Nicolas ; professeur UCL
> Bekaert Xavier ; Université Libre de Bruxelles
> Benda Wim ; KU Leuven
> Berghezan Georges ; journaliste, Bruxelles
> Biot, Paul ; directeur du Centre de Théâtre Action
> Bouckaert André ; professeur, UCL
> Bovy Yannick ; journaliste
> Bricmont Jean ; professeur de physique, UCL
>
> Carton Bruno ; chargé de recherches GRESEA
> Collon Michel ; écrivain, journaliste
>
> De Belder Bert ; coordinateur Médecine pour le tiers-monde
> De Brabander Ludo ; Mouvement pour la Paix "Vrede vzw"
> De Cock Herman
> Decroly Vincent ; député Parti Ecolo
> Dermagne Jean-Marie ; avocat, chargé de recherches au SIRDE,
> Louvain-la-Neuve
> Detrez Raymond ; Prof. RUG
> De Vos Pol ; président Ligue anti-impérialiste
> De Wilde Yvon ; documentaliste, Bruxelles
> Dhaene Jan ; fractiesecretaris Agalev Senaat
> Dhont Riet ; Parti du travail de Belgique
> Doyen, Paul, enseignant, Bruxelles
> Dutry Guillemine ; Grez-Doiceau
>
> Franchoo Serge ; chercheur Université Catholique Leuven
> Franck Robert ; professeur Université Catholique de Louvain
>
> Galand Pierre ; ancien président d'OXFAM-Belgique ; président du CNPPD,
> président du Forum Nord-Sud
> Geboers Tim ; student archeologie KUL
> Georlette, Rob ; pharmacien, Putte
>
> Hannotte, Michel ; historien Institut d'Histoire-Seraing
>
> Kapper, Alain ; chercheur
> Kerckhofs J.P. ; porte-parole de l'Appel pour une école démocratique"
> Kervyn Jeanne ; Bruxelles
>
> Kontodimas Christos ; journaliste
>
> Martens Ludo ; président du Parti du travail de Belgique
> Merckx Kris ; nationaal woordvoerder Partij van de Arbeid van België
> Moins, Jacques ; ancien député de Bruxelles ; avocat ; journaliste
>
> Nerinckx Wim ; Université de Gand
> Noiroux, Jeanne-Marie ; historienne ; Institut d'Histoire ; Seraing
>
> Pavic Milan
> Peerlinck Frans ; Dr. theologie
> Peeters Anne ; directrice GRESEA
> Pestiau Jean ; professeur de physique, UCL
> Pillon Agnesa ; chercheuse F.N.R.S. et chargée de cours à l'UCL
> Piérart Pierre ; professeur honoraire Université Mons-Hainaut
> Pierseaux, Yves ; physicien, chercheur à l'ULB et à l'université
> d'Oxford
> Pôlet Claudine ; Comité de surveillance OTAN, Bruxelles
> Poznanski Marcel ; Comité de surveillance OTAN, Bruxelles
>
> Roland, Nicole ; Secretaire
> Romain Roger ; ex-conseiller communal PCB
> Rossa Rosso Nadine ; secrétaire générale du Parti du travail de Belgique
>
> Russe, Lily ; Historienne ; Institut d'Histoire ; Seraing
> Schepers Stefan ; ere-directeur-generaal EIPA
> Soetewey Jan ; Christenen voor het Socialisme
> Spriet Georges ; Vrede vzw
> Stryckers I.. lic. geschiedenis
>
> Van den Hove Didier ; Louvain-la-Neuve
> Valverde t.a., Hernán ; avocat au barreau de Bruxelles ; licencié en
> droit international
> Vandepitte Marc ; Deurne
> Vandermeulen Dirk
> Van Eeckhoutte Dries ; Wetenschappelijk medewerker, Institute for
> International Law, Leuven
> Van Erps Jan ; gewezen Senator en Volksvertegenwoordiger, gewezen
> CVP-woordvoerder Defensie
> Van Geyt, Louis ; ancien député de Bruxelles, PCB/KPB
> Vanhoutte Peter ; député Agalev
> Vanoost Lode ; AGALEV, vice-président de la Chambre de Représentants
> Verbelen François
> Vermeyen Karel ; traducteur
> Verschooten F. ; gew hoogl RUG
> Versluys Jan ; Destelbergen
>
> Watté Jeroen ; KU Leuven
> Wauters Joos ; Agalev volksvertegenwoordiger
> Willems Frank ; Oud-voorzitter Vereniging België-China vzw
>
> Zanatta, Micheline ; historienne ; Institut d'Histoire ; Seraing
>
> BOSNIE HERZEGOVINE
>
> Past Martin S. ; Peace Office Outpost Sarajevo
>
> BULGARIE
>
> Doncheva Blagovesta
>
>
> CANADA
>
> Baillargeon Normand ; professeur, Université du Québec, Montréal
> Black Christopher C. ; barrister, Toronto, Ontario
> Dzeletovich Natalia ; conference manager
> Mandel Michael ; Professor, Osgoode Hall Law School, York University,
> Toronto
> Milojkovic Minja ; professeur, Montreal
> Soda Christopher ; Windsor, Ontario
> Soucy Pascal ; Gaspé
> Wells Christopher ; Hunter River, P.E.I.
>
>
> COSTA RICA
>
> Wagner Ureta Eric
>
>
> DANEMARK
>
> Diwan Zohair ; lecturer, economist
> Tarp Sven ; associated professor Aarhus School of Business
>
>
> ESPAGNE
>
> Pena Lorenzo ; maître de recherches au CSIC, Madrid
> Rademacher, Gerda
> de Trazegnies Granda, Leopoldo ; professeur F.P.O. Seville
> Etxezarreta, Miren ; professeur d'économie appliquée, Université de
> Barcelone
>
>
> ETATS-UNIS D'AMERIQUE
>
> Albert Michael ; Z Magazine, ZNet
> Chomsky Noam ; linguiste, écrivain, professeur au Massachusets Institute
> of Technology
> d'Aymery Gilles ; Swans.com
> Clark Ramsey, International Action Center
> Dajkovic Alex N. ; Kansas City
> Dion Roland ; San Diego CA
> Feldman Alex ; Boston, MA
> Gibbs David N. ; Associate Professor of Political Science, University of
> Arizona
> Haynie Roena ; Professor of Social Work, KansasCity, Mo
> Herman Edward S. ; Wharton School, University of Pennsylvania,Phila, Pa
> Hey Nancy Alison ; Washington D.C.
> Makara Petar ; IBM TJ Watson Research Center, Yorktown, NY
> Mccormack Michael, Kansas City, M.O.
> Mitrovic-Minic Snezana ; Senior Software Engineer, Simon Fraser
> University, Burnaby, BC
> Progovac Ljiljana ; associate professor, Wayne State University, Detroit,
> MI
> Robertson Barton W. ; Torrance, CA
> Thomas Raju G. C. ; Professor of International Affairs, Wisconsin
> Ward, Morehouse ; leading member of the Council on International and
> Public Affairs, New York
> Welsh Joe ; étudiant, Ohio University
>
>
> FINLANDE
>
> Koskinen, Pekka ; professeur de droit pénal, Université d´Helsinki,
> Président du Comité pour la Paix
>
>
> FRANCE
>
> Albala, Nuri ; avocat à la Cour, Paris ; membre de l'AIJD
> Andréani Caroline ; comité "Halte à l'OTAN"
> Badiou, Alain ; philosophe, dramaturge, professeur à l'École Normale
> Supérieure d'Ulm et à l'Université de Paris VII
> Ballin Bernard ; médecin, Chazey-sur-Ain
> Belougne Dominique ; Université de Bordeaux II
> Bidard, Sophie ; site Internet Résistance
> Bourdieu Pierre ; écrivain, sociologue, professeur au Collège de France
> Brahy-Loupan Cécile ; conseillère pédagogique, Garches
> Buisson Jean-Christophe ; journaliste au Figaro Magazine
> Bullard Linda ; présidente Fédération Internationale des mouvements de
> l'agriculture biologique
> Carlebach Emmanuel ; Montreuil s/s bois
> Combes Francis ; poète et éditeur (Le Temps des Cerises)
> Coppo Marc-Antoine ; mathématicien (CNRS), Nice
> Daric Olga ; interprête
> Debray, Régis ; philosophe, écrivain
> Delorca, Frederic ; journaliste ; créateur du site "Résistance"
> Djuric Dragan ; Paris
> Drouet Michel ; maitre de conférences, Université de Haute-Bretagne
> Filabozzi Alessandra ; chercheuse Universita' di Roma "Tor Vergata",
> actuellement au LURE, Centre Universitaire Paris Sud
> Fonseca Jean-Marc
> J R ; enseignant, Paris
> Johnstone, Diana ; journaliste, Paris
> Jovanovic Dragica ; Chenneviers
> Jovanovic Ljuba ; architecte, Chenneviers
> Karcayanni-Karabelia Vassia ; historienne d'art, enseignante à
> l'université Paris IV-Sorbonne, critique d'art
> Krivine Jean-Paul ; psychiatre
> Labica Georges ; professeur émérite des Universités
> Lacroix-Riz Annie ; historienne, Université de Paris VI
> Latour Patricia ; écrivain, conseillère municipale, Aubervilliers Levy
> Pierre ; journaliste
> Manojlovic Bogdan ; universitaire, chercheur, Paris
> Marotel Pierre Olivier ; Paris
> Maubouché Eric ; informaticien
> Maubouché Sabine ; journaliste, Paris
> Menexiadis Dimitri ; maître de conférences, Université Bretagne Sud,
> Lorient
> Miracle Sole, Salvador ; chercheur CNRS, Marseille
> Mojasevic Gordana ; Paris
> Pecker, Jean-Claude ; professeur honoraire d'Astrophysique théorique au
> College de France
> Pergnier Maurice ; professeur émérite Univérsité Paris-Val de Marne
> Richier Jean-Paul ; medecin, Paris
> Savic Aleksandra ; Paris
> Veljovic Maria ; Meudon
> Veljovic Sava ; Meudon
> Veljovic Vladimir ; Meudon
> Verges Jacques,,junior ; jounaliste, Villeparisis
> Vesovic Béatrice ; Bougival
> Weil, Roland ; Avocat ; président de l'Association Internationale des
> Juristes Démocrates
> Zecevic Gradimir ; ingénieur, Paris
> Zecevic Katherine
> Zlatkovic Marie-Françoise ; Aulnay s/s Bois
> Zlatkovic Dimitri ; Aulnay s/s Bois
> Zlatkovic Zoran ; Aulnay s/s Bois
> Znirdasic Nada ; Paris
>
>
> GRECE
>
> Axelos, Loukas ; écrivain
> Charamambidis Michalis ; sociologue
> Damianakou, Maria ; écrivain
> Gatsios Konstantine ; Athens University of Economics and Business
> Meletzis, Spyros ; photographe ; ancien résistant
>
>
> INDE
>
> Kamath P. M. ; Professor of Politics (Retired), University of Bombay &
> Professor Emeritus
> Sharma, Jitendra ; Senior Advocate at the Indias's Supreme Court ;
> Secretary General, International Association of Democratic Lawyers
>
> ISRAEL
>
> Budeiri Musa ; Bir Zeit University, Jérusalem
> Cohen Raya
> Eylon Debbie ; Jérusalem
> Matar Anat ; Tel Aviv University
> Pelleg Sryck Tamar ; Human rights lawyer
> Weiss Ronit
> Wollin Amos ; journalist, Tel Aviv
>
> ITALIE
>
> Alberti Fabio ; president of "Un ponte per..." NGO
> Amit Daniel ; Istituto "La Sapienza", Rome
> Areni Alessandra ; docente dell'Università "La Sapienza", Roma
> Gallo Domenico ; juge, Rome
> Hambye Thomas ; chercheur au Laboratori Nazionali di Frascati, Rome
> La Valle, Ranieri ; sénateur de la République
> Marenco Franco ; ENEA, Roma
> Parisi Giorgio ; Università di Roma "La Sapienza"
> Raffaelli Tiziano ; Dipartimento di filosofia, Università di Pisa
> Tognoni, Gino ; secrétaire général de la Fondation Internationale Lelio
> Basso
> Urgnani Elena ; insegnante, scrittrice e saggista, Milano
>
>
> MEXIQUE
>
> Dvoeglazov Valeri ; profesor, Mexico
> Lopez Castro Gabriel, profesor, Cinvestav-IPN, Mexico
> Lopez Laval Hilda
> Manko Vladimir S., profesor, Cinvestav-IPN, Mexico
>
>
> PALESTINE (territoires occupés)
>
> Budeiri Musa ; Bir Zeit University, Jérusalem
>
>
> PAYS - BAS
>
> Dekker Nico ; Free University of Amsterdam de Tollenaere Herman ;
> historian and author, Leiden
> van Asseldonk Chris, Ton ; Den Haag
>
> PHILIPPINES
>
> Mariano Rafael ; chairperson, BAYAN Philippines (New Patriotic Alliance)
> Pagaduan-Araullo Carolina ; executive director, Philippine Peace Center
>
> ROYAUME - UNI
>
> Browne Chedmond ; African history lecturer, Montserrat
> Cox Lillian ; London
> Hall Duncan ; research student
> Jay John ; London
> Jayan, Nayar ; professor at the School of Law ; University of Warwick
> Keeble Richard ; senior lecturer in journalism, City University, London
> Liebling, Helen ; psychologist, University of Warwick
> McGettigan Andrew ; social housing worker
> Paliwala, Abdul ; professor at the School of Law, University of Warwick
> Rangwalla, Glenn ; Political Sciences professor, Cambridge University
> White Jonathan ; research student
>
>
> RUSSIE
>
> Kashinov Valentin V. ; Ph.D, Prof., Corr.-member of International
> Slavic Academy, Saint-Petersburg
> Lukin Alexander ; Directeur de l'Institut d'études politiques et légales
> Moscou
>
> SRI LANKA
>
> Bala, Tampoe ; General Secretary Ceylan Mercantile Industry, Sri Lanka
>
>
> SUISSE
>
> Sanz Markus ; professeur au collège de Genève ; fondateur du Comité pour
> la Paix en Yougoslavie.
> Weber, Franz ; écologiste, président de la Fondation "Weber"
>
>
> VENEZUELA
>
> Pardo Adolfo ; dirigeant syndical, Caracas
>
>
> YOUGOSLAVIE
>
> Grubacic Andrej ; étudiant, université de Belgrade, site Résistance
> Juric Jovo ; Belgrade
> Juric-Baros Masa ; Belgrade
> Trivunac Ratibor T. ; étudiant, Belgrade
> Vidanovic Djordje ; professeur, Université de Nis
>
>
> PAYS INDETERMINÉS
>
> Chetrit Sami Shalom ; editor in chief MideastLine, écrivain
> Deeks Dustin
> Drozdowski Józef J.
> Lopez Laval Hilda
> Van den Bempt Greta ; cinéaste
>
>
>

par Frédéric Delorca publié dans : delorca
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Jeudi 21 février 2008
Hier je recevais cette remarque d'un vieux militant trotskiste "En Yougoslavie la solidarité slave orthodoxe (a) succéd(é) depuis longtemps à la solidarité socialiste"

Et aujourd'hui cette remarque d'un ami : "J'ai plusieurs étudiantes polonaises qui sont venues me voir pour me demander comment j'expliquais que la Pologne veuille reconnaître ce Kosovo, alors que "ce sont les Serbes qui sont des Slaves". Drôle d'entendre cette argumentation dans la bouche de filles de 19 ans, nées donc après 1989 quasiment, et bien après le panslavisme."  rally-copie-3.jpg

Nationalismes, communautarismes religieux ou ethniques...

Heureusement certains peuvent encore comprendre que l'indépendance du Kosovo est une mauvaise chose, "en soi", pour l'équilibre européen et mondial, indépendamment de toute référence ethnique. Nous qui nous demandions ces derniers jours à quoi pouvaient encore servir les principes de gauche : précisément à rappeler cela.

undefinedOn notera d'ailleurs qu'Hugo Chavez président du Venezuela, une des fortes sources d'inspiration de la gauche latino-américaine vient de déclarer que son pays ne reconnaîtra pas le Kosovo (http://www.aporrea.org/internacionales/n109479.html) et a accusé Washington de fomenter le même type de sécession à Santa Cruz (Bolivie).
par Frédéric Delorca publié dans : delorca
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Mercredi 20 février 2008

Comme les commentaires ne sont pas toujours très visibles sur ce blog (mais je ne sais pas trop modifier les configurations) je poste ici un commentaire que mon camarade Laurent a bien voulu glisser à la suite d'un article "Izquierda" qui se trouve un peu plus loin dans la liste des articles. A la suite de sa réponse, j'introduirai quelques remarques brèves qui pourront être développées à l'occasion.

Son commentaire :
jauresmeetingpresaintgeuk6.jpg
Ton analyse est très pertinente et éclaire un peu mieux ton propos.

Effectivement, de même que les systèmes de régulations hérités de la social-démocratie sont incapables de maîtriser le capitalisme financier mondialisé (quand la socdem ne devance pas elle-même les désirs du Capital), de même les moyens traditionnels de lutte se révèlent totalement inopérants. Les conflits sociaux, même durs (comme celui que j'ai connu en 2003) n'arrivent plus à venir à bout de choix gouvernementaux dictés par de puissants intérêts financiers. Je dis cela en étant tout à fait conscient de n'avoir aucune solution alternative (lors du dernier mouvement de grève dans l'éducation, certains rigolos ont osé proposer de se porter gréviste tout en allant travailler, avec un brassard sur le bras, afin de sensibiliser les parents à notre cause...).

Il y a quelques années, l'émergence du mouvement altermondialiste a suscité un espoir, une dynamique réelle et une prise de conscience, même à ses marges, de la part de gens qui, sans adhérer à l'ensemble des thèses de l'altermondialisme partageaient quand même certaines analyses et pouvaient se mobiliser en vue de luttes communes. Cette dynamique a connu son apogée lors du référendum du 29 mai 2005 (le jour de mon anniversaire) puis est retombée d'un coup... Il appartiendra aux historiens futurs d'analyser comment quelque chose d'aussi prometteur a pu foirer ainsi...

Je discutais de cela lors du rassemblement du 4 février avec un mec d'Anaram qui théorisait le recours à la violence révolutionnaire. Outre le fait que ceux qui tiennent ce genre de propos sont rarement ceux qui les mettent en oeuvre, une explosion de violence irréfléchie est souvent contre-productive. La couverture médiatique de la bande à Bonnot par la presse de l'époque a contribué à dicréditer le mouvement anarchiste, de même pour Action Directe qui a finalement plombé l'extrème-gauche dans les années 80. Actuellement, des menaces terroristes réelles ou supposées sont en train de justifier une surveillance accrue des mouvements anticapitalistes.

Je ne crois pas que le modèle latino-américain soit importable chez nous. De même, je trouve difficile de reproduire en France l'expérience de Die Linke. Tout d'abord je doute de la volonté réelle de Mélenchon de rompre avec le PS. J'ai beaucoup apprécié la lecture de son dernier livre d'entretiens, mais aura-t-il réellement envie de quitter le PS, et donc de renoncer, à terme, à son mandat de sénateur? J'en doute... De toutes façons les conditions politiques sont chez nous, différentes de ce qu'elles étaient en Allemagne en 2005, du moins au sein de la gauche. Il ne me semble pas qu'à l'époque il existait grand chose à gauche du SPD (à part peut-être le Parti Communiste). Chez nous il y a un paysage assez hétéroclite à gauche du PS, et vouloir y créer un mouvement unificateur (sur quelles bases d'ailleurs??) risque au contraire d'ajouter de la division à la division, comme on l'a vu pour les collectifs antilibéraux. Dont la fin me rappelle cette blague qui circule dans les milieux protestants: « Dans une ville, il y avait deux églises: l'église baptiste et l'église méthodiste. Un jour les responsables ecclésiaux des deux bords décidèrent que cette division était un scandale et qu'il était temps d'unifier ces deux communautés. Donc, combien y -a-t-il eu d'églises à la fin? Réponse: trois. L'église unifiée, l'église baptiste, l'église méthodiste. ».

---- « Les peuples vont plutôt chercher une résistance dans des mouvements de "droite" traditionnalistes » 

je le comprends et je perçois (vaguement) les déterminismes qui les poussent à agir ainsi. Je doute cependant de l'intérêt pour les mouvements de gauche de se mettre à la remorque de mouvement réactionnaires, dont l'égalitarisme me paraît douteux. En 1979, les révolutionnaires laïques iraniens avaient fait ce calcul vis à vis de Khomeiny (qui apparaissait comme une personnalité charismatique, plus capable de mobiliser le peuple que les intellectuels de gauche,etc...). Le résultat ne fut pas exactement celui qu'ils escomptaient (surtout pour ceux qui sont morts dans les geôles du régime islamique)...

J'ai appris, par l'intermédiaire de ton blog, l'existence du Comité Valmy. Ce mouvement me paraît, bien sur, plus sympathique qu'Egalité et Réconciliation de Soral, du fait qu'il préfère se référer au gaullisme qu'au FN (j'ai, globalement, plutôt de la sympathie pour la vie et l'oeuvre de De Gaulle). Cela dit, je pense que le gaullisme a été un OVNI dans le paysage politique français et qu'il n'a pas survécu à son fondateur. Quelle peut être l'avenir et la portée d'une telle initiative? Je l'ignore. Je ne sais pas si elle peut aller bien au-delà d'un cercle d'initiés (j'avoue que l'aspect groupusculaire de certains mouvements anti-système me désole un peu)...

1) sur l'union de la gauche en France

Il est clair que la gauche de la gauche a paradoxalement pâti de sa force : s'il n'y avait pas eu des traditions communistes et trots puissantes (aussi bien sur un versant que sur l'autre), il eût été plus facile de les unifier. Notamment le renforcement intellectuel du trotskisme par le bourdieusisme, et sa pénétration susbéquente dans une bourgeoisie d'Etat encore relativement nombreuse en France (profs, petits fonctionnaires) dans les années 1990, qui a rééquilibré le rapport LCR/PCF a compromis leur unité. Je suis personnellement sévère à l'égard des trotskistes (et notamment de la direction de la LCR) qui se sont complus dans une très grande irresponsabilité politique en politique intérieure (notamment en faisant cavalier seul dès le début de la campagne électorale des présidentielles), et en politique extérieure (voir notamment la bouillie intellectuelle qu'ils ont produite sur les Balkans, mais pas seulement). 

Ce faisant ils deviennent comme dit l'autre les idiots utiles du système, une machine à rendre les mobilisations stériles.

Par ailleurs, le système électoral qui rive le PC au PS n'a pas arrangé les choses il faut le reconnaîre.

2) sur la faillite de l'altermondialisme

Il suffit d'avoir assisté à un forum social pour comprendre à quel point cela ne pouvait mener à rien. Forums pour intellectuels, activistes professionnels, étudiants désoeuvrés épris de palabres, travaillé par un certain anarchisme. Ils ne pouvaient déboucher sur aucune proposition politique concrète et réaliste.

Et en effet c'est cette faillite de l'altermondialisme qui nous conduits maintenant à repenser les projets politiques dans un cadre hexagonal. Parce que comme j'ai tenté de le faire sentir dans le Programme pour une gauche française décomplexée, on ne peut pas faire l'économie d'une réflexion sur l'Etat. Et une politique d'Etat, ça suppose de faire des choix concrets (jusqu'à quel point coopérer avec la Russie de Poutine, avec la Chine, avec tout ce qui fait contrepoids à l'hégémonisme états-unien). Le propre du trotskisme, et par effet de contagion de toute la gauche de la gauche de plus en plus, c'est de raisonner sur un plan "moral", hors du temps et de l'espace, sans jamais poser la question des stratégies concrètes de l'Etat français.

Je regardais hier un DVD du journal bourdieuso-halimien (si j'ose dire) "Plan B" sur Bové : critique des médias, isolement gauchisme dans une pureté hors du réel. Voilà leur crédo. Mais c'est de l'infantilisme. Quid du programme politique pour la France, le peuple français en tant que nation ?

3) sur Mélenchon

Le personnage a des côtés sympathiques. Mais ils est moins profond que des gens comme Chevènement (lequel lui aussi a montré bien des faiblesses qui ont fini par le discréditer).

Mélenchon sur son blog ne dit pas un mot sur le Kosovo, sujet central pour l'avenir de l'Europe ainsi que le soulignent les medias en ce moment. Le même silence que celui de la gauche du PS en 1999 pendant le bombardement de la Serbie (il parait que quand même quelques supporters d'Emmanuelli et Mélenchon assistaient à des réunions anti-guerre dans le Quartier Latin, mais au niveau des dirigeants silence radio).

Quand on se tait sur des sujets aussi importants qui mettent en cause la vassalisation de l'Europe à l'égard des Etats-Unis, c'est un peu comme si on s'était tu sur les Accords de Munich en 1939 (les Tchèques en ce moment soulignent le point commun entre les deux dépeçages). Est-ce par aveuglement ou par lâcheté ? Je ne peux pas pour ma part faire confiance à un dirigeant qui se tait sur un sujet aussi grave.

4) Sur la droite traditionnaliste

Il y a les discours et les réalités. Le Hamas, le Hezbollah doivent leur influence au fait qu'ils ont organisé des solidarités concrètes. Au Liban, seul le Hezbollah a aidé les pauvres à se loger après la destructions des maisons par Israël e 2006, tandis que le gouvernement libanais ne faisait rien. Ca c'est du socialisme concret. Des islamistes qui organisent des oeuvres de charité, et font obstacle aux intérêts américains, ou des nationalistes ailleurs qui empêchent les privatisations, ne font-ils pas davantage de socialisme qu'un Parti communiste français qui siège dans un gouvernement de gauche plurielle qui privatise plus d'entreprises que son prédécesseur de droite, et fait une guerre pour installer une base américaine dans les Balkans ?

Voilà une question qu'on ne pourra pas éternellement éluder sous de la bienpensance...

5) Sur le gaullisme comme OVNI

A voir... Il y avait eu le bonapartisme juste avant qui réunissait des tendances libérales, capitalistes, mais aussi une tendance "césarienne" (Napoléon, tutoyé par ses soldats à Austerlitz, qui porte des gueux au sommet de l'Etat, Napoléon III auteur du "De l'instinction du paupérisme"). Il faut peut-être réfléchir à ce qu'est la droite chrétienne sociale en France. Est-elle "l'idiot utile" du capitalisme mondialisé, ou un meilleur rempart qu'un parti socialiste dont un leader préside aujourd'hui le FMI ?

De toute façon, l'arithmétique est assez simple. Puisque l'Union européenne est sur une voie néolibérale et atlantiste, et puisqu'aucune force ne peut s'y opposer, on n'a plus d'autre choix, si l'on veut rester au service des plus humbles, et être utile à l'équilibre du monde, que de revenir au cadre hexagonal pour faire exploser cette Union, reconstruire sur une base hexagonale une alternative avec toutes les bonnes volontés (quitte à ce qu'ensuite on refasse une Europe mieux inspirée, plus populaire, dans une génération). 

FD

P.S. du 21 février : A la date du 20 février, c'est-à-dire probablement au moment-même où j'écrivais le commentaire ci-dessus, je trouve (enfin !) sur le blog de Mélenchon une condamnation de la sécession du Kosovo - cf http://www.jean-luc-melenchon.fr/?p=562. M. Mélenchon aura attendu 3 jours avant de s'exprimer sur ce sujet... ET PRESQUE 8 ANS AVANT DE CONDAMNER SANS AMBIGUITES L'ATTAQUE DE L'OTAN contre la République fédérale de Yougoslavie. Dans l'intervalle, il aura laissé de nombreuses voix prêcher en vain dans le désert, et de nombreuses occasions politiques de changer la donne s'évanouir sans prospérer...
par Frédéric Delorca publié dans : delorca
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Mardi 19 février 2008

Ainsi donc le président cubain cède sa place. Je crois me souvenir que Cohen-Solal précisait dans sa biographie de Sartre qu'une grande déception de ce philosophe face à la révolution cubaine c'est que le Comandante avait promis de ne pas accaparer le pouvoir dans la durée et n'avait pas tenu parole. Cela étant, connaissant la propension de l'homo sapiens, surtout sous les latitudes latines, à s'identifier à un leader, sans doute l'obstination de Castro à ne pas quitter son poste fut-elle pour beaucoup dans la survie de l'expérience socialiste assiégée. Les malades soignés gratuitement depuis 20 ans, les étudiants qui ont accédé à l'université le doivent à la persévérance de Castro. Sans cela Cuba serait un nouveau Nicaragua (avant le retour d'Ortega), et les mafieux floridiens à la Bacardi domineraient à nouveau le paysage. Dans sa  lettre de démission, publiée dans de nombreux journaux de gauche, Castro insiste sur la difficulté de faire survivre une révolution dans le monde actuel, et veut éviter aussi bien l'optimisme béat que le défaitisme. A juste titre. On remarquera aussi à titre plus anecdotique la phrase de Marti qui figure dans son texte comme dans presque toutes ses interventions publiques depuis un an (ça en devient lassant...) : "Toute la gloire du monde tient dans un grain de maïs". Sans doute l'aide-t-elle à prendre du recul. Il ne doit pas être facile, de se défaire de la gloire. En tout cas le processus de changement de génération à Cuba semble tenir la distance. fidel-castro.jpg

par Frédéric Delorca publié dans : delorca
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Mardi 19 février 2008
C'est une phénomène assez général qui n'est étudié que par bribes : ce que je nommais dans le précédent article "l'amortissement par les technostructures". Le mécanisme est complexe est subtil, mais il maintient la paix civile en Europe depuis au moins vingt ans malgré le cynisme et l'aveuglement des élites. engrenage.jpg

Le principe est celui-ci : on spolie les individus, les groupes, les nations, d'éléments essentiels de leur mémoire, et de possibilités d'agir sur leur avenir - on développe une règlementation anti-démocratique, on noie la politique dans des effets d'image, on détruit tous les cadres habituels de pensée (et pour ce faire on va même jusqu'à détruire des pays comme la Yougoslavie). Puis, on s'arrange pour désarmer toute possibilité de riposte, en rendant l'individu dépendant du système : on l'incite à s'endetter, on le rend accro à la pub, aux slogans, on lui fait miroiter des biens qui lui font oublier sa dignité (le "supplément de pouvoir d'achat" qui permit à Sarko d'être élu, "l'adhésion à l'Union européenne" qui poussa les Serbes il y a un mois à élire un candidat  à la convenance de Bruxelles et de Washington). Le phénomène dans le détail est très complexe. Le sociologue Niklas Luhmann l'a par exemple étudié sur le terrain juridique : en multipliant les procédures un peu partout, a-t-il noté, on prend les gens au piège des structures institutionnelles. Au lieu d'infliger des mesures unilatérales, on fait semblant de consulter. Ainsi l'individu qui a eu l'impression d'avoir mené une bataille pour se faire entendre, intériorise sa défaite comme un échec personnel qui le diminue à ses propres yeux. Les procédures consultatives deviennent un instrument par excellence d'écrasement des oppositions (de sorte que, lorsque le pouvoir redevient ubuesquement unilatéral, comme par exemple lorsque Mme Dati impose sa réforme judiciaire sans consulter personne, on retrouve une forme d'espoir : des oppositions plus solides naîtront).

Quand on essaie d'anticiper l'évolution des situations politiques, on sousestime toujours l'incroyable pouvoir d'amortissement de leurs propres erreurs et de leurs crimes que les élites mettent en oeuvre via les technostructures. Aussi n'est-il pas du tout impossible que les technostructures finissent par "endormir" les crises frontalières que le crime de la reconnaissance du Kosovo ne manquera pas de provoquer. Peut-être l'Union européenne parviendrat-elle a assoupir les Albanais de Macédoine, les Serbes de Bosnie, les Transnistriens, les Russes, les Turcs, les Basques, les Bretons, les Flamands, que-sais-je encore, en les traînant de commissions en commissions, de cour des droits de l'homme en grand forum européen des minorités, d'OSCE en UEO, et de G8 en sous-commissions de l'ONU. L'aptitude du système à provoquer des palabres, des signatures de protocoles, tout en débloquant ici où là des fonds qui entretiennent l'espoir est immense, et surprend toujours les pronostiqueurs les plus pessimistes. C'est ce pouvoir là qui enivre les dirigeants européens et les entretient toujours dans l'idée confiante que "une fois de plus ça passera". Avec Lisbonne, avec le Kosovo, avec tout le reste. Or qui peut dire à coup sûr qu'ils ont tort ?

Cependant on voit bien que sur le long terme cette machine à diluer le ressentiment dépossède les êtres sans rien leur donner en échange. On pressent alors que ce sera de deux choses l'une : soit les technostructures transformeront totalement les Européens en parfaits consommateurs décérébrés, déstructurés (voyez Vivre et penser comme des porcs de Chatelet), sans espoir politique ni sens de la dignité, soit la machine à amortir se grippera et le système s'effondrera. Vous pouvez le jouer à pile ou face.

par Frédéric Delorca publié dans : delorca
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Mardi 19 février 2008

Après le grand dynamitage du droit international dans les Balkans, faut-il s'attendre à ce que les technostructures "amortissent" une fois de plus (comme elles l'ont fait avec les dernières élections serbes) toutes nos erreurs et tous nos crimes en Europe de l'Est (c'est à dire qu'on tienne les peuples avec des promesses d'aide financières et d' "intégration civilisatrice" dans l'UE) ou faut-il se préparer à des guerres ouvertes qui nous reviendront en boomerang et signeront l'échec de la génération soixante-huitarde aux commandes de l'Union européenne ?

Faut-il s'attendre à une faillite générale du sarkozysme en France, avec une démission précipitée du présdient face à l'émoi populaire à mi-mandat (avec d'ailleurs une alternative "modem-PS" des plus douteuses) ou bien à une "chiraquisation" de son pouvoir qui en ferait une potiche pour les trois dernières années du quinquennat ?

Sur tous les sujets clés depuis déjà plus de dix ans on voit la politique laisser place à de si stupides improvisations, guidées par les préjugés les plus médiocres, qu'on ne peut que trembler à l'idée de ce que l'avenir proche nous réserve.

Si les éléments prennent une tournure catastrophique (l'hypothèse la pire n'est heureusement pas celle qui se réalise à coup sûr mais allez donc savoir), il faudra très probablement prévoir une fédération des bonnes volontés (de gauche, ou dans une union sacrée gauche-droite) pour préparer une relève. Une fédération de ceux qui n'auront pas été aux commandes jusqu'ici, ni via le PS, ni via-l'UDF-UMP, des femmes et des hommes nouveaux. Cette fédération, semble-t-il, se définira nécessairement dans le cadre national français. Pour aussi internationaliste qu'on se sente de coeur, on doit constater que l'utopie transnationale aujourd'hui entre les mains des néo-libéraux (et elle ne peut exister qu'entre ces mains-là à l'époque actuelle) conduit aux pires aberrations dans le genre de la promotion du pseudo-Etat mafieux kosovar et du sponsoring de tous les sécessionnismes en Europe de l'Est (et peut-être même à l'Ouest). Elle fera donc passer la souveraineté hexagonale avant toute autre considération defile14juillet.jpg

C'est un amer constat pour moi qui fus jadis européiste et régionaliste, de voir combien ces idées sont devenues le joujou d'élites arrogantes, aveugles et cyniques, combien elles les ont conduites à abdiquer tout respect pour la souveraineté des peuples, et même tout respect du réel, comme on l'a vu avec la ratification "en douce" du traité de Lisbonne. Amer constat aussi que l'incapacité de la gauche anti-nationale, ou anti-patriotique (on ne sait trop comment la nommer), celle qui fit campagne pour le "non" en 2005 de Mélenchon à Besancenot, à dessiner une "autre Europe" avec ses homologues d'autres pays.

Je n'aurais pas pensé, il y a vingt ans de cela, qu'il faudrait ressortir les drapeaux tricolores et les fanfares, pour retrouver le sens de la construction politique et de la prise en compte du réel. Pourtant je crains que ce soit le cas. Que ceux d'en face, les Kouchner, Attali, tous les européistes fédéralistes patentés, du centre-gauche et du centre-droit, ont signé pour longtemps l'échec du transnationalisme. Que tout ce qu'ils nous promettent, à part la loi du marché (c'est à dire la guerre économique permanente de tous contre tous), c'est la rivalité permanente des communautés : albanokosovars contre Serbes et Macédoniens, Abkhazes contre Géorgiens, Corses contre Français, Juifs communautarisés contre leurs alter ego Musulmans, le tout au garde-à-vous devant la puissance états-unienne grande orchestratrice du "choc des civilisations" (elle l'a été à Pristina, comme elle l'est à Bagdad).

Choix de raison plus que de coeur, mais existe-t-il une autre option ?

par Frédéric Delorca publié dans : delorca
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Mardi 19 février 2008
par Frédéric Delorca publié dans : delorca
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Lundi 18 février 2008

O l'heureux temps de la mondialisation ! Où il est désormais possible de se consoler des mauvaises ventes dans l'Hexagone en espérant une traduction à l'étranger... Oui, mais il paraît que c'est plus délicat pour les ouvrages collectifs. C'est du moins ce qui se dit chez Morebooks - des spécialistes de l'intermédiation pour les publications à l'étranger. Cuisine éditoriale bien complexe.

A combien d'exemplaires l'Atlas alternatif s'est-il vendu en France ? 1 000 exemplaires ? 1 500 ? Seul l'éditeur le sait, et il ne le dira pas - on tient le niveau de ventes secrets, c'est une affaire habituelle chez les petits éditeurs. Tout ce que je vois c'est que sur ce blog quinze personnes toutes les semaines regardent la page des librairies qui ont vendu l'Atlas.

Et l'étranger ? Si je vous racontais la risible aventure de mes efforts pour diffuser l'Atlas en Italie, en Grande-Bretagne, en Russie.

En 2006 Marie-Ange Patrizio allant apporter un exemplaire du livre à Emmanuele Giordana, journaliste d'Il Manifesto, et éditeur (dans le cadre de Lettera 22), qui me pria de le transmettre à je ne sais plus quel éditeur spécialisé sur l'Asie (ce que je fis naturellement, mais en vain). En 2007 notre amie Marina, qui sur le front russe nous promet une publication chez Regnum à Moscou (un éditeur dont je ne sais rien du reste) et puis... on ne sait plus trop.

Sur le front anglo-saxon j'ai remué ciel et terre, rencontré l'éditeur indien Jasmer Singh qui avait de grands projets dans son pays, et Sebastien Budgen de Verso, et par e-mail Ann Beech et David Castle de Pluto. De jolis faux espoirs. J'ai payé un traducteur de ma poche ici en France. Ce n'était pas donné. Il s'est lourdement démené l'été dernier. What for ? Les éditeurs déclinent leur compétence, comme on dit en justice. J'ai tenté ma chance, via David Graeber, auprès des éditeurs alternatifs états-uniens. AKPress surtout. Peine perdue. Il paraît qu'ils sont "harcelés" par le gouvernement états-unien en ce moment. Toute cette histoire va se terminer chez un éditeur en ligne, à condition encore que quelque volontaire veuille bien relire la version traduite.

Je suis à l'heure espagnole en ce moment. Une dame de Soria qui a traduit un de mes articles pour le réseau Tlaxcala m'envoie très gentiment une liste d'éditeurs potentiels outre-Pyrénées. Je doute que cela aboutisse à quoi que ce soit. Au moins, en attendant, je m'offre deux minutes de rêve autour de l'aride meceta castillane. Il n'y a pas de petits profits oniriques. don_quichote300.jpg

Par parenthèse l'Espagne est le seul pays aujourd'hui à sauver l'honneur de l'Europe occidentale en refusant de reconnaître le Kosovo. Elle le fait pour des motifs égoïstes, mais elle le fait, c'est déjà ça... 

Le gouvernement fantoche d'Afghanistan - voir http://www.b92.net/eng/news/politics-article.php?yyyy=2008&mm=02&dd=18&nav_id=47809 - pour sa part est le premier à avoir reconnu le régime de Pristina... Entre clients de l'administration Bush, il faut bien s'entraider. Cela rappelle tous ces roitelets orientaux qui, à l'époque de César, dépendaient de Rome pour tout. Les Mithridate de Pergame, les Ariobarzane de Cappadoce. Tous débiteurs des largesses des consuls, des sénateurs, des vieilles familles de l'Aventin. Des poussières de pouvoir politique comme les aiment les Empires.

par Frédéric Delorca publié dans : delorca
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Samedi 16 février 2008
Je suis invité à faire de la figuration dans un film de Vesna Bejic dans quelques jours; Je dois dire que je jubile à cette idée, pour plusieurs raisons.

D'abord parce que je trouve le rôle du figurant très noble. Je m'y suis déjà adonné dans un court-métrage, il y a 11 ans. J'avais à l'époque notamment prêté mon oreille et mes lèvres (au sens où la caméra avait zoomé sur ces deux aspects de mon anatomie, dans un laboratoire de langue !). Le figurant, parce qu'il ne sera jamais connu, et ne retirera jamais aucun avantage de sa participation, est un peu comme le conseiller municipal auquel Debray fait référence dans son dernier article dans Le Monde. C'est l'éternel cocu, celui qui donne et ne reçoit pas. Sauf évidemment ceux qui viennent là avec un CV en poche, intéressés par de "vrais rôles" futurs.

Ensuite parce que Vesna est quelqu'un que j'apprécie infiniment. Elle fait partie des douze ou quinze personnages les plus émouvants que j'ai rencontrés dans le cadre de mon itinéraire yougoslave.

Vesna c'est la Yougoslavie d'en-bas, la "pas tout à fait Yougoslavie" au sens des critères titistes, et pourtant à certains égards plus yougoslave que la Yougoslavie officielle. Elle a grandi à Raon-l'Etape (ou je ne sais plus comment on dit, peut-être Roan-l'Etape) dans les Vosges, la commune la plus yougo de France dans les années 1970. Vesna est valaque, aroumaine de Serbie. Le prolétariat ou lumpenproletariat balkanique. Mais le prolétariat volontaire, qui cherche à s'élever. Ce côté "Wille zu Macht" de l'expérience humaine, qui n'est jamais sans défaut mais qui séduit toujours quand même, qui surprend. Vesna - que je cite dans un de mes livres déjà publiés, quoiqu'en pointillé comme toujours - m'a fait visiter en 2000 des ateliers de couture yougos à Paris. Elle n'avait pas son pareil pour parler de la condition ouvrière, du déracinement des immigrés. Elle a déjà tourné des documentaires. Elle fait maintenant un film. Elle est absolument prodigieuse. J'admire sa créativité.
par Frédéric Delorca publié dans : delorca
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Samedi 16 février 2008
Deleuze, encore et toujours. Continuons encore là-dessus quelques minutes. Je regardais encore le DVD de l'abécédaire de Deleuze ce matin. J'aurais pu regarder le Décaméron de Pasolini, ou un film de Godard. Pour moi c'est la même chose. C'est l'univers de mes 20 ans, le prolongement des années 60. Plus exactement 1968 revu en 1990. Peu de temps avant que je ne choisisse de faire ma maîtrise sur Nietzsche. deleuze.jpgJe lisais à l'époque Qu'est-ce que la Philosophie ?, Nietzsche et la Philosophie et les interviews de Deleuze dans Le Magazine littéraire.

Quand j'ai repris mon mémoire de maîtrise en 2004 pour en faire un livre, l'ambiance n'était plus la même. Bricmont et Sokal étaient passés par là pour remettre de l'ordre dans ce nietzschéisme "de gauche", sur le volet de l'épistémologie, mais au fond ça allait bien au delà. Bricmont et Sokal étaient arrivés, bien involontairement dans un sens, comme les scientifiques qui sifflent la fin de la récré. Bricmont était un ami à ce moment là. Nous avions résisté ensemble sur la Yougoslavie. Sa volonté de "remettre de l'ordre" dans la pensée, avait libéré d'autres possibilités intellectuelles. De cet ordre naissait une autre liberté. Je ne sais pas bien comment vous expliquer ça. Mais voyez : Deleuze, Godard, ça ne nous permettait pas de penser la guerre de Yougoslavie, ça ne nous permettait pas de résister. Ca avait tout noyé dans l'esthétisme. C'est pourquoi Godard disait tant de bien des Musulmans bosniaques et n'a rien fait pour les Serbes. La gauche philosophique et artistique en roue libre sur de vieilles images de la guerre d'Algérie. Même Bourdieu, chaperonné par Samary, était un peu sur cette ligne, malgré tous ses efforts pour se confronter à la nouvelle donne du totalitarisme contemporain (la nouvelle donne de l'Empire, le totalitarisme soft Kouchner-TF1-Le Monde).

Ma pensée a toujours voulu tenir ensemble Deleuze et Bricmont, Bourdieu et Chomsky, la "pensée 68" (terme qui dans le détail ne veut rien dire mais admettons) et toutes les remises en ordre postérieures.
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La semaine dernière je parlais avec X. du souverainisme républicain français et de l'occitanisme. La guerre de Yougoslavie m'a réconcilié avec le républicanisme français, la souveraineté des Etats, la remise en ordre. Mais je ne sacrifie pas mon attachement au Béarn, à la culture gasconne (que vous pouvez appeler occitane si vous y tenez même si l'occitanisme me semble être une réalité trop abstraite et bourgeoise). Je veux bien mettre dans ma poche la Gascogne si la France consent à s'engager dans un grand projet politique (par exemple le refus de la globalisation impériale), mais je n'y renoncerai pas dans le but exclusif de conforter le pouvoir de vieilles élites parisiennes arrogantes comme on l'attendait des méridionaux à l'époque gaulliste - et encore de mon temps quand je suis entré à Sciences Po.

J'entends bien qu'on n'appartient pas à une communauté nationale en tant que "minorité". Mais la communauté nationale n'a pas à vous enseigner la négation de votre histoire véritable, objective. "Nos ancêtres les Gaulois". Désolé : mon père est espagnol, ma mère aquitaine, ni l'un ni l'autre n'avait des ancêtres gaulois (et ça, concernant les Aquitains, on se refuse toujours à le reconnaître dans les manuels d'histoire), pourquoi devrais-je me faire passer pour un Orléanais ? D'ailleurs je le dis aussi à mes amis Serbes yougoslavistes, moi qui fus yougoslaviste comme eux autrefois : pourquoi Youg-slav-ie. Voulait-on dire que les Albanais du Kosovo, les Hongrois, les Roms étaient moins "yougo-slaves" que les autres puisque pas Slaves ? (en vérité c'est bien ce que Tito signifiait avec sa hiérarchie des peuples au sein de la fédération).

Tenir souverainisme et défense des minorités ensemble, tenir l'horizontalité libertaire et la verticalité autoritaire ensemble.

Je regardais Deleuze donc, ce matin. Sur la neurologie. Il disait le contraire de Bricmont : que les disciplines admettent plusieurs lectures, qu'on peut faire une lecture esthétique de tout, à commencer par la philosophie. Je ne dirai sans doute pas le contraire. Car cette affirmation péremptoire de Deleuze allait avec une autre idée "on n'est pas obligé de tout comprendre, il faut se tenir à la limite de son ignorance". Cette pensée des limites est valable. Je dirai même qu'elle est notre soupape de sécurité. Et je suis sur ce point en désaccord avec Bricmont pour qui il ne faut labourer que l'espace du connaissable, de ce qui peut être maîtrisé. L'opposition entre Jules César le conquérant, et César-Auguste l'homme qui fixe les limites, et travaille à l'intérieur du limes. Il faut tenir les deux dimensions ensemble, dans l'ordre de la politique, de l'art, de la philosophie.
par Frédéric Delorca publié dans : delorca
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