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Le blog de Frédéric Delorca

Ethiopie-Somalie

28 Décembre 2006 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Billets divers de Delorca

La guerre frappe à nouveau la pauvre Corne de l'Afrique. Une fois de plus les gouvernements occidentaux qui ont joué aux apprentis sorciers brandissent la menace islamiste pour masquer leurs propres égarements : jamais au cours des quinze dernières années il n'y a eu de volonté de promouvoir une stabilité et un développement à long terme de cette zone.

 Nous avions déjà souligné dans l'Atlas alternatif (ed. Le Temps des Cerises) le risque qu'il y avait à faire de l'Ethiopie le rempart de l'Occident dans cette zone : la course aux armements que cela pouvait susciter parmi les pays et les populations qui ont des intérêts contraires à ceux d'Addis-Abeba.  Gérard Prunier dans Le Monde Diplomatique de septembre dernier (http://www.monde-diplomatique.fr/2006/09/PRUNIER/13917?var_recherche=somalie) dénonçait quant à lui l'effet d'aubaine pour les seigneurs de la guerre somaliens de la mise sur pied, avec des fonds secrets de la CIA, de l’Alliance pour le rétablissement de la paix et contre le terrorisme (ARPCT) afin de lutter contre l’Union des tribunaux islamiques (UTI). Comme en Afghanistan Washington a misé sur des seigneurs de la guerre détestés par les populations locales à ses risques et périls.

"La fuite des islamistes de Mogadiscio... ne doit pas masquer le fait que la solution pour la Somalie n'est certainement pas une occupation éthiopienne" note l'éditorial du Monde aujourd'hui, avec pour une fois, une petite dose de bon sens. En attendant, la presse occidentale s'abandonne bien à tort au plaisir éphémère de voir l'UTI quitter Mogadiscio sans trop réfléchir à l'engrenage que la carte de la guerre va déclencher dans cette zone.

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Le jeu des "transitions démocratiques"

20 Décembre 2006 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Billets divers de Delorca

Sont-ils juste de doux rêveurs ou travaillent-ils pour quelque riche officine états-unienne ? Le Monde nous apprend dans son édition de ce jour qu'une ONG basée à Washington l'International Center on Nonviolent Conflict commercialise un jeu vidéo de stratégie dont l'objet est d'apprendre à renverser un gouvernement autoritaire, en organisant des grèves et des manifestations. Le jeu s'inspire, dit-on, de diverses expériences réelles "de l'Afrique du Sud à la Serbie, du Chili à la Géorgie". Une seule option est exclue dans ce jeu, le recours massif aux financements états-uniens, ou aux bombardements par les B52, car les auteurs du jeu sont persuadés que toutes les expériences précitées n'ont pas de causes externes : "ils s'insurgent contre l'idée que les "révolutions de couleur" dans les anciennes républiques soviétiques ont été manipulées par des officines occidentales à l'insu des populations concernées" (http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3232,36-847211,0.html). Les ONG de Belgrade, de Tbilissi et de Kiev qui ont vu affluer du jour au lendemain dans leurs bureaux des ordinateurs flambants neufs, des piles de tracts gratuits et des conseillers en communication occidentaux doivent être mortes de rire.

Pour une critique des interventions "humanitaires" des ONG dans les affaires intérieures des pays ex-communistes et/ou du tiers-monde, voir l'article de Pol de Vos dans l' Atlas alternatif (http://www.letempsdescerises.net/noyau/index.php?menu_id=20&type=livre&idLivre=603), et le livre de Jean Bricmont  Impérialisme humanitaire. Droits de l’homme, droit d’ingérence, droit du plus fort ?(http://www.millebabords.org/article.php3?id_article=3572).

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La guerre des mots

10 Décembre 2006 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Billets divers de Delorca

C'est un phénomène que l'on a bien connu pendant la guerre de Yougoslavie, dans le cadre du conflit israëlo-palestinien, et dans tous les conflits où les structures gouvernantes occidentales adoptent un point de vue partial : il suffit d'un choix habile de mots pour influencer l'opinion publique dans un certain sens.

Quand des personnes se rassemblent dans la rue pour réclamer la démission du gouvernement, si ledit gouvernement est notre ennemi (comme par exemple le gouvernement de Biélorussie), on dira que "le peuple est dans la rue" (même si ces gens ne représentent qu'une minorité). En revanche si ce gouvernement est notre allié, on dira que c'est une "foule", une "masse" (par exemple les "masses arabes" quand il y a des manifestations à Gaza ou au Caire), ou une faction pour laquelle on inventera une appellation stéréotypée suivant les régions ("nostalgiques de l'ex-URSS", "fraction radicale", "personnes manipulées l'Iran, les intégristes"). La guerre des dénominations et des épithètes est la plus importante pour orienter les points de vue, et les journalistes ne sont jamais à court d'imagination. Elle suppose aussi toute une construction préalable de l'image des conflits, qui présente les alliés des gouvernants occidentaux sous un jour favorable : ceux-ci seront toujours décrits comme les "démocrates", "modernes", "jeunes", "ouverts au monde", tandis que les autres, surtout s'ils se battent pour la souveraineté de leur pays et le droit du peuple à son indépendance seront les "nationalistes", les "fanatiques", ou mieux encore "ultra-fanatiques", "ultra-conservateurs". Le système de dénigrement de l'adversaire fonctionne partout, du Nicaragua à la Chine.

En ce qui concerne le Liban en ce moment, où des centaines de milliers de manifestants réclament pacifiquement depuis plusieurs jours la démission du gouvernement pro-occidental (protégé par une garde prétorienne états-unienne http://www.voltairenet.org/article144272.html), le qualificatif magique en ce moment est "pro-syrien" (http://www.voltairenet.org/article144274.html) une appellation qui permet de dénigrer l'immense coalition qui s'est formée du Hezbollah chiite aux chrétiens libanais favorables au Général Aoun - majoritaires dans leur communauté - (comme le notait un commentateur sur le site www.quibla.net "Il y a même des Maronites dans les deux camps ! C’est dire ! ! !" - car les maronites étaient jusque là les meilleurs appuis des Occidentaux au Liban). Ces groupes soi-disant "pro-syriens" qui en fait demandent l'arrêt de l'ingérence occidentale représentent la majorité de la population ( http://happening-here.blogspot.com/). Mais les Etats-Unis et leurs alliés européens, qui ont détruit l'Irak soi-disant pour y instaurer la "démocratie", sont cette fois prêts à précipiter le Liban dans la guerre civile pour l'empêcher de la retrouver.

Pendant ce temps la Grande Bretagne, qui commande les forces de l'OTAN en Afghanistan où elle a 4 000 hommes, accuse la CIA de lui faire perdre ses batailles face aux Talibans dans le sud du pays (http://news.independent.co.uk/world/middle_east/article2062489.ece) et la France est engagée dans une guerre "clandestine" - et pourtant en ordre rangé, avec avions de combat et blindés - au Tchad et au Centrafrique dans l'indifférence médiatique générale (Jean-Dominique MERCHET - Libération - mardi 5 décembre 2006 - http://www.liberation.fr/actualite/monde/221240.FR.php ).

La banalité du néo-colonialisme au jour le jour...

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Irak et Proche Orient

6 Décembre 2006 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Colonialisme-impérialisme

Hier Robert Gates, successeur de Donald Rumsfeld à la tête du Pentagone, estimait que son pays n'était pas en train de gagner la guerre en Irak . Aujourd'hui une commission bipartisane de dix parlementaires du Congrès co présidée par l'ancien secrétaire d'Etat républicain James Baker et le démocrate Lee Hamilton incite le président Bush à changer de cap et ouvrir des négociations avec la Syrie et l'Iran pour sortir de l'impasse en Irak (Reuters http://fr.news.yahoo.com/06122006/290/le-rapport-baker-prone-une-refonte-de-la-politique-americaine.html).

Pendant ce temps la candidate du Parti socialiste français en tournée au Proche-Orient retourne sa veste. Critiquée par les pro-israëliens pour avoir rencontré un député du Hezbollah et dénoncé le survol du Liban par les chasseurs israëliens, en Israël elle légitime les incursions des avions israëliens au Liban, salue la construction du mur de la honte (déclaré illégal par la Cour internationale de justice) et refuse de rencontrer les responsables palestiniens du Hamas (http://www.europalestine.com/article.php3?id_article=2435). Par ailleurs la candidate continue de transformer ce qui n'avait été qu'un lapsus pendant le débat de l'investiture socialiste en slogan de campagne : elle exige, en violation du traité de non prolifération, que l'Iran ne puisse avoir accès au nucléaire CIVIL (ce que même Israël ne demande pas)... Pitoyable...

Pendant ce temps le candidat prévisible de l'UMP, lui, affiche toujours une position clairement pro-israëlienne.

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L'Empire sur la défensive

5 Décembre 2006 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Colonialisme-impérialisme

Quatre nouvelles aujourd'hui montrent que l'Empire américain est sur des positions de repli :

- Au Venezuela : comme le note Mélenchon (http://www.jean-luc-melenchon.fr/article/blogview/159/1/1/) Washington s'est senti obligé de saluer le caractère démocratique des élections et la victoire de Chavez.

- En Ukraine : le ministre des affaires étrangères favorable à l'adhésion à l'OTAN est "démissionné" par le Parlement

- Au Kosovo : la Russie, par la voix de son ambassadeur à Belgrade, pour la première fois menace d'opposer son véto à un statut qui ne recevrait pas l'accord des Serbes et des Albanais (http://www.b92.net/eng/news/politics-article.php?yyyy=2006&mm=12&dd=05&nav_category=92&nav_id=38419)

- Au Liban : la mobilisation contre le gouvernement pro-occidental de Fouad Siniora ne faiblit pas. (Sans même parler, évidemment, de la situation en Irak)

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Même un responsable de l'AIEA le dit...

4 Décembre 2006 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Billets divers de Delorca

 "Plus les Iraniens et plus les Coréens du Nord se sentiront menacés et plus ils continueront à accélérer leurs programmes d'armement nucléaire (...) Nous devons les réaccepter dans la communauté internationale", a plaidé M. ElBaradei, prix Nobel de la paix en 2005, directeur de l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) , à l'université de Kyoto hier, estimant que c'est à travers ce processus de réintégration que la communauté internationale peut espérer "changer peu à peu l'état d'esprit" de leurs dirigeants. "Nous devrions cesser de parler de changer le gouvernement" de ces pays ou d'"utiliser la force" contre eux, a-t-il ajouté. (Le Monde - http://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3220,36-841599@51-677013,0.html).
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D'un mot d'un ex-ministre brésilien

4 Décembre 2006 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Billets divers de Delorca

Propos tenus au cours d’un débat dans une université américaine en mai 2000.  Cristovam Buarque (qui sera nommé ministre de l'Education nationale en janvier 2003, et remplacé un an plus tard) fut interrogé à propos de l'idée d' internationalisation de l’Amazonie
Un jeune Américain lança le débat en disant qu’il espèrait la réponse d’un humaniste et non pas celle d’un Brésilien Publiée par O Globo le 23 octobre 2000,  sa réponse a été reprise depuis par de nombreux journaux brésiliens et étrangers.

  "En effet, en tant que Brésilien, je m'élèverais tout simplement contre l'internationalisation de l'Amazonie. Quelle que soit l'insuffisance de l'attention de nos gouvernements pour ce patrimoine, il est nôtre.

En tant qu'humaniste, conscient du risque de dégradation du milieu ambiant dont souffre l'Amazonie, je peux imaginer que l'Amazonie soit internationalisée, comme du reste tout ce qui a de l'importance pour toute l'humanité. 
Si, au nom d'une éthique humaniste, nous devions internationaliser l'Amazonie, alors nous devrions internationaliser les réserves de pétrole du monde entier.
Le pétrole est aussi important pour le bien-être de l'humanité que l'Amazonie l'est pour notre avenir. Et malgré cela, les maîtres des réserves de pétrole se sentent le droit d'augmenter ou de diminuer l'extraction de pétrole, comme d'augmenter ou non son prix. 

De la même manière, on devrait internationaliser le capital financier des pays riches. Si l'Amazonie est une réserve pour tous les hommes, elle ne peut être brûlée par la volonté de son propriétaire, ou d'un pays. 
Brûler l'Amazonie, c'est aussi grave que le chômage provoqué par les décisions arbitraires des spéculateurs de l'économie globale. Nous ne pouvons pas laisser les réserves financières brûler des pays entiers pour le bon plaisir de la spéculation.

Avant l'Amazonie, j'aimerais assister à l'internationalisation de tous les grands musées du monde. Le Louvre ne doit pas appartenir à la seule France .
Chaque musée du monde est le gardien des plus belles oeuvres produites par le génie humain. On ne peut pas laisser ce patrimoine culturel, au même titre que le patrimoine naturel de l'Amazonie, être manipulé et détruit selon la fantaisie d'un seul propriétaire ou d'un seul pays.
Il y a quelque temps, un millionnaire japonais a décidé d'enterrer avec lui le tableau d'un grand maître. Avant que cela n'arrive, il faudrait internationaliser ce tableau.

Pendant que cette rencontre se déroule, les Nations Unies organisent le Forum du Millénaire, mais certains Présidents de pays ont eu des difficultés pour y assister, à cause de difficultés aux frontières des États-unis. 
Je crois donc qu'il faudrait que New York, lieu du siège des Nations Unies, soit internationalisé. Au moins Manhattan devrait appartenir à toute l'humanité. Comme du reste Paris, Venise, Rome, Londres, Rio de Janeiro, Brasília, Recife, chaque ville avec sa beauté particulière, et son histoire du monde devraient appartenir au monde entier.

Si les États-unis veulent internationaliser l'Amazonie, à cause du risque que fait courir le fait de la laisser entre les mains des Brésiliens, alors internationalisons aussi tout l'arsenal nucléaire des États-unis. Ne serait-ce que parcequ'ils sont capables d'utiliser de telles armes, ce qui provoquerait une destruction mille fois plus vaste que les déplorables incendies des forêts brésiliennes.

Au cours de leurs débats, les actuels candidats à la Présidence des États-unis ont soutenu l'idée d'une internationalisation des réserves florestales du monde en échange d'un effacement de la dette. 
Commençons donc par utiliser cette dette pour s'assurer que tous les enfants du monde aient la possibilité de manger et d'aller à l'école. 
Internationalisons les enfants, en les traitant, où qu'ils naissent, comme un patrimoine qui mérite l'attention du monde entier. 
Davantage encore que l'Amazonie. 
Quand les dirigeants du monde traiteront les enfants pauvres du monde comme un Patrimoine de l'Humanité, ils ne les laisseront pas travailler alors qu'ils devraient aller à l'école; ils ne les laisseront pas mourir alors qu'ils devraient vivre.

En tant qu'humaniste, j'accepte de défendre l'idée d'une internationalisation du monde. 
Mais tant que le monde me traitera comme un Brésilien, je lutterai pour que l'Amazonie soit à nous. Et seulement à nous !"

http://ecolesdifferentes.free.fr/AMAZONIE.htm

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Une soirée de soutien à la démocratie vénézuélienne

1 Décembre 2006 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #La gauche

Diverses personnalités de la gauche française se sont succédées hier soir (vendredi) à la tribune d'une salle du Musée social à Paris (7 ème arrondissement) pour exprimer leur soutien au gouvernement de la République bolivarienne du Venezuela, à la veille du scrutin présidentiel de dimanche prochain. Mme Borvo-Cohen-Seat pour le Parti communiste, M. Sarre pour le Mouvement républicain et citoyen (MRC), ainsi que des représentants du Nouveau parti socialiste et de la campagne Manos fuera de Venezuela, un porte-parole de Jean-Luc Mélenchon (qui est à Caracas comme observateur des élections, voir son bel article sur http://www.jean-luc-melenchon.fr/article/blogview/156/1/1/), Mme Aminata Traore, ex-ministre de la culture du Mali, et M. Maurice Lemoine, rédacteur en chef du Monde Diplomatique, ont pris la parole au cours de cette soirée, en présence des ambassadeurs du Venezuela, de Bolivie et de Cuba en France.

Tous ont insisté sur la nécessité de soutenir le mouvement lancé par les partisans d'Hugo Chavez et de veiller à ce que, au lendemain de la victoire probable de ce dernier à l'élection de dimanche, un nouveau coup d'Etat ne soit pas organisé par l'opposition revancharde comme en 2002. Le risque existe car déjà des stocks de T-shirts noirs avec la mention "fraude" ont été saisis, ce qui laisse présager de l'organisation de manifestations anti-Chavez dès lundi, dans le style "révolution orange" ukrainienne (c'est-à-dire un mouvement sponsorisé et encadré par des organismes états-uniens). Les pressions sur le Venezuela sont énormes, car les Etats-Unis et leurs alliés de l'oligarchie locale ont conscience que la révolution conduite à Caracas, qui conduit à l'alphabétisation et à la prise en charge médicale massives des plus pauvres, ainsi qu'au retour à la souveraineté politique et économique du pays, redonne de l'espoir aux autres pays du Tiers-Monde. L'administration Bush aujourd'hui est prête à employer contre la révolution bolivarienne les moyens qu'elle mettait en oeuvre jadis contre la révolution cubaine. La presse bourgeoise aux Etats-Unis et en Europe (Le Monde, Libération, France Inter, El Pais, etc) ne manquent pas une occasion de diffamer Hugo Chavez et sa politique.

Il est donc indispensable, pour soutenir le combat pour la dignité du peuple vénézuelien et de toute l'Amérique latine en pleine ébullition politique actuellement, que les gens dans nos pays riches se mobilisent pour que le résultat des élections de dimanche prochain soit respecté et que, si le peuple vénézuélien réélit Hugo Chavez, cette victoire ne lui soit pas dérobée.

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