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Le blog de Frédéric Delorca

Un bon article dans "Libé" sur la Serbie

30 Janvier 2008 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Billets divers de Delorca

Un bon article dans les pages "Rebonds" de Libé du 29 mars qui ne mâche pas ses mots. Les derniers sondages ne donnent qu'une très légère avance au candidat pro-européen Tadic (que l'Europe n'a aucunement aidé par ses choix désastreux). On a le sentiment que la machine à exclure la Serbie du concert européen et à la transformer en mouton noir fonctionne à plein rendement malgré les énormes efforts fournis par les Serbes depuis 8 ans pour satisfaire les attentes occidentales. Cette machine, qui repose entièrement sur la stupidité de nos gouvernants, risque, en prime, de déstabiliser tous les Balkans, l'ex-URSS, et renforcer les logiques de guerre.

Citoyens français quand cesserez vous de voter bêtement Sarkozy, Royal, et Carla Bruni ? quand commencerez-vous à agir pour changer la politique étrangère de votre pays ?

F. Delorca

ps : un lecteur du blog de l'Atlas, hier, me faisait remarquer que ce n'est pas si grave. Si la Serbie échappe aux griffes de l'UE pour se rapprocher de la Russie ce n'est pas si mal, me  disait-il. Comme je le raconte dans un bouquin que j'espère arriver à publier cette année, les militants anti-OTAN raisonnait de la même manière en mars 2000, en plein ambargo, quand il n'y avait plus un litre de lait dans les magasins de Belgrade. Ces militants oublient que la population civile, si les pro-Russes l'emportent, paiera un prix très lourd, comme elle le faisait pendant l'embargo. Même si politiquement cela affaiblit l'Empire, je dois aussi penser aux prix que paieront les populations. Un prix qui devrait aussi intéresser les "activistes" chaudement installés dans une situation professionnelle stable en Occident.

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Rebonds
 
Fatale erreur dans les Balkans
Par Bernard Guetta
mardi 29 janvier 2008
      
 

Par bêtise, par lâcheté, l’Europe a programmé une crise imminente.  Avec sa bénédiction, les Albanais du Kosovo s’apprêtent à proclamer leur indépendance.  Leur décision est annoncée. Ils n’attendent plus que les jours, les semaines au plus, qui suivront l’élection présidentielle serbe de dimanche car ils savent - c’est dit - que l’Europe et les Etats-Unis reconnaîtront leur Etat.

Cela semblera normal aux opinions occidentales.  Elles se féliciteront que les Kosovars puissent exaucer leur vœu de se séparer de la Serbie, mais un précédent va se créer, formidablement inquiétant et dangereux.   Il le sera d’abord pour les Balkans, car, lorsque les puissances occidentales auront avalisé cette modification des frontières d’un Etat membre de l’ONU, c’est toutes celles de la région qui seront menacées.

Si les Kosovars peuvent faire approuver la sécession de leur province parce qu’ils la souhaitent et qu’ils sont à 90 % albanais et non pas serbes, pourquoi les Serbes et les Croates de Bosnie-Herzégovine ne pourraient-ils pas se prévaloir, demain, du même droit et souhaiter se rattacher, les uns à la Serbie, les autres à la Croatie ?

Pourquoi les Albanais de Macédoine ne se sentiraient-ils pas encouragés à reprendre les armes pour sortir de ce pays où ils sont trop minoritaires à leur goût ?   Et pourquoi la minorité serbe du Kosovo n’invoquerait-elle pas, à son tour, son «droit à l’autodétermination» ?  Les Occidentaux jouent avec le feu.

L’Europe risque de susciter là de nouveaux conflits qu’elle aurait à résoudre puisque les Balkans ont vocation à l’intégrer.  Non seulement l’Union se tire dans le pied, mais elle se contredit elle-même, dans la plus totale incohérence.

Elle s’était attachée, durant toutes les guerres de Yougoslavie, à faire respecter les anciennes frontières intérieures de la Fédération, devenues frontières internationales. Elle s’était battue pour que soit maintenu le pluralisme ethnique des Etats nés de l’éclatement yougoslave.  Elle en avait fait un absolu, une exigence morale si essentielle que c’est au nom de cet idéal qu’elle avait prolongé le conflit bosniaque par son refus d’une Grande Serbie et aujourd’hui… les Etats-nations ?

La cohésion ethnique ?  C’est alors par là qu’il aurait fallu commencer.  Ce n’eût pas été si scandaleux, absolument pas, mais il y a, en revanche, une stupéfiante légèreté dans ce tête-à-queue si porteur d’une renaissance des tensions, dans ce manquement, aussi, à la parole donnée puisque les Occidentaux s’étaient engagés à Dayton à ne pas rouvrir la question kosovare.

Et ce n’est pas tout, car au nom de quoi, deuxièmement, l’Europe condamnerait-elle maintenant un sécessionnisme flamand, lombard ou catalan ?  Sur quelles bases les Occidentaux refuseraient-ils, demain, d’approuver l’indépendance de Taiwan ou de toutes ces régions qui ont d’excellentes raisons d’aspirer, sur tous les continents, à voguer seules ?

En favorisant la multiplication de micro-Etats, c’est sa stabilité et celle du monde que l’Europe ébranle, et du même coup, de surcroît, elle offre à la Russie le plus grand pays des Balkans : la Serbie.

Elle est si consciente de ce danger supplémentaire qu’elle a convaincu les Kosovars de ne pas proclamer leur indépendance avant que les Serbes n’aient voté.  Elle a tenté de préserver les chances du président sortant et proeuropéen, Boris Tadic, de ne pas rendre inévitable le triomphe de son adversaire nationaliste et prorusse, Tomislav Nikolic, mais la Serbie est tellement humiliée par l’Union que c’est aux investissements russes qu’elle s’est d’ores et déjà ouverte.

Quel que soit le résultat de dimanche, la Russie s’est acquis une tête de pont à Belgrade, dans une région où l’Europe a tant accru les défis qui l’attendent, et pourquoi l’Union lui a-t-elle tant prêté la main ?

Parce que l’Amérique considérait que l’indépendance du Kosovo était inéluctable, qu’elle l’encourageait, et que les Européens - au lieu de clairement dire qu’ils auraient toutes les raisons de ne pas la reconnaître - ont cru habile d’agiter ce spectre pour amener la Serbie à proposer aux Kosovars une autonomie si large qu’ils ne puissent pas la refuser.  Inquiets, les Européens croyaient favoriser une négociation, mais ils n’ont réussi qu’à la rendre impossible car, dès lors que le Kosovo avait la certitude qu’il n’avait qu’à rejeter tout compromis avec Belgrade pour réaliser son rêve, sa route était tracée.  Les Kosovars ont repoussé tout maintien d’un lien avec la Serbie. Ils ont tenu bon, gagné, et l’Europe a perdu - par bêtise et lâcheté.

 

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Les Occidentalistes

26 Janvier 2008 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Colonialisme-impérialisme

Si vous souhaitez entendre le "sage" Edouard Balladur dans le rôle de l'extrémiste occidentaliste proclamer, aux côtés d'Alain Finkielkraut, que l'Occident aujourd'hui ne commet plus de crimes dans le monde, et redouter que les barbares nous imposent leur loi, écoutez en podcast : http://www.radiofrance.fr/chaines/france-culture2/emissions/repliques/index.php?emission_id=14.

Test : Si vous supportez d'écouter cela pendant plus de deux minutes, c'est que vous n'avez peut-être pas tout compris au monde dans lequel nous vivons.
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Il y a un siècle, au Congo...

25 Janvier 2008 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Divers histoire

"La Traite des Noirs ayant été abolie, et les esclaves émancipés, le moyen le plus facile d'exploiter le travail des nègres était d'occuper les régions où ils vivaient ; or il se trouva qu'en outre, ces pays contenaient diverses matières premières précieuses. La cupidité ne fut qu'un des mobiles, le plus important d'ailleurs, de l'impérialisme africain ; mais il y eut un cas, celui de l'Etat "libre du Congo, où il semble avoir été le seul.(...) Les autorités ordonnaient à chaque village de récolter et apporter une certaine quantité de caoutchouc, autant que les indigènes pouvaient récolter et apporter, en négligeant tout travail pour leur propre subsistance. S'ils n'apportaient pas la quantité requise, on emmenait leurs femmes comme otages dans les habitations ou harems des employés du gouvernement. Si cette méthode échouait, on envoyait des troupes d'indigènes, dont beaucoup étaient cannibales, dans le village, pour répandre la terreur, en tuant quelques hommes s'il le fallait ; mais afin d'empêcher le gaspillage des cartouches, ils devaient ramener une main droite pour toute cartouche employée. S'ils visaient mal, ou employaient la cartouche pour du gros gibier, ils coupaient la main de personnes vivantes, pour arriver au chiffre nécessaire. La conséquence fut que, d'après l'estimation de Sir H. H. Johnston, confirmé par les autres sources impartiales, en quinze ans la population indigène fut réduite d'environ 20 millions à 9 millions à peine. Il est vrai que la maladie du sommeil contribua un peu à cette diminution ; mais la propagation de cette maladie fut fort accélérée par la façon dont le roi Léopold transportait les otages d'un bout à l'autre de la colonie.

On se donna énormément de peine pour garder secret le meurtre systématique, dont usait le royal capitaliste pour obtenir des bénéfices."


Bertand Russell, Histoire des idées au XIX ème siècle, Gallimard, Paris, 6 ème édition 1951 p. 347-350

N'oublions pas que le pillage des ressources du Congo au profit du système de consommation occidental continue de nos jours. La guerre encouragée par les Etats-Unis dans l'Est de ce pays depuis 1998 a fait plus de 4 millions de morts. Chiffre qui - comme les 1 millions de morts en Irak depuis 2003 - laisse de marbre les bonnes âmes prêtes à toutes les croisades contre les ennemis de l'Occident (au Darfour ou ailleurs).


genocide_congo
envoyé par caidland
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Nanobrevets et tiers-monde

25 Janvier 2008 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Billets divers de Delorca

Il y a peu (http://delorca.over-blog.com/article-13501368.html) nous mettions en doute l'optimisme de ceux qui anticipent une revanche prochaine du Tiers-Monde sur l'Occident, compte tenu notamment des aléas des batailles technologiques. Voici un document qui ne peut que renforcer notre scepticisme : http://www.amisdelaterre.org/IMG/pdf/Com8788SpecialPNanoMar-Jun05FR.pdf.
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Encore un exemple

25 Janvier 2008 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Billets divers de Delorca

valmy_.jpg Encore un exemple de "pari conservateur" de gens de gauche, le Comité Valmy qui, dans un texte récent - sur http://www.comite-valmy.org/spip.php?article19 - retraçait l'historique instructif des initiatives d' "union sacrées" sur des bases patriotiques et nationales, émanant du Parti communiste français, des années 1940 à nos jours. 

On a le sentiment que, alors qu'Alain Soral mise sur le Front national, le Comité Valmy parie sur les gaullistes.

Point commun entre les deux : un égal ressentiment à l'encontre de l' "altermondialisme" plus ou moins identifié au trotskisme.

Là encore, je suspends mon jugement.
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Ron Paul gagne en Transdniestrie

25 Janvier 2008 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Transnistrie

Transnistria_State_Flagsvg-copie-2.png Un exemple de la propension des gens de gauche à davantage compter sur la droite conservatrice pour défendre leurs intérêts que sur les partis de gauche ou de centre-gauche, cet article paru dans le Tiraspol Times du 4 janvier 2008 : Ron Paul wins in Transdniestria (http://www.tiraspoltimes.com/news/ron_paul_wins_in_freedom_loving_transdniestria.html). La Transnistrie comptait plus sur la victoire à l'élection présidentielle américaine du candidat républicain anti-néo-cons Ron Paul pour pouvoir défendre son particularisme (y compris ses acquis sociaux hérités de l'URSS) que sur celle du Parti démocrate. Jean Bricmont dans le dernier film de Béatrice Pignède dit aussi beaucoup de bien de Ron Paul.
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Izquierda

24 Janvier 2008 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #La gauche

Beaucoup de gens de la gauche radicale que je côtoie semblent se résigner à l'idée selon laquelle les idées de gauche en tant que telles n'ont plus de place dans ce monde. A les entendre, un scénario comme les élections serbes - où il n'existe pas de troisième option entre la droite néo-libérale et la droite nationaliste - préfigureraient l'avenir du monde. Le socialisme n'a plus de modus operandi, la socialdémocratie,  transformée en social-libéralisme, s'est ralliée au néo-libéralisme (comme dans le gouvernement d' "ouverture" de Sarkozy), disent-ils. Les tentatives de conservation d'un certain égalitarisme qu'on trouve au Venezuela ou à Cuba par exemple pourraient aussi se développer dans le cadre de modèles sociaux "de droite anti-mondialisation", qu'ils soient laïques, chrétiens intégristes, hindouïstes, islamistes etc. Et même ces modèles de droite, plus réalistes et pragmatiques qu'une gauche intellectuelle sentimentale et fumeuse, constitueraient finalement un rempart plus efficace face aux folies du néolibéralisme.  undefined

Voilà ce que disent ces gens. Dans le triptyque socialisme-libéralisme-conservatisme que dessine Wallerstein, ils gomment le socialisme, qui ne serait plus qu'une vue abstraite. Une certaine atonie des mouvements de gauche, en Europe, mais aussi dans le Tiers-Monde (en Afrique, au Proche-Orient) leurs donnent raison. Pourtant d'autres régions (l'Amérique latine, le sous-continent indien) invalident leurs thèses.

J'entends ces discours, et, pour le moment, me garde d'émettre le moindre jugement sur leur compte.
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A propos de l'optimisme historique

24 Janvier 2008 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Billets divers de Delorca

undefined"Les communistes affirment que les conflits entre le Communisme et le Capitalisme, bien que le capitalisme puisse remporter quelques victoires partielles, conduiront finalement à l'établissement du communisme. Ils n'envisagent aucune autre conséquence ; il y en a une pourtant tout aussi probable : le retour à la barbarie!; nous savons tous que la guerre moderne est une affaire d'une certaine importance et que dans la prochaine guerre mondiale, il est probable que d'immenses populations seront en fait exterminées par les gaz toxiques et les bactéries. Peut-on imaginer sérieusemnt qu'après une guerre par laquelle les grands centres de population seront détruits, ce qui restera de population sera d'humeur à établir le communisme scientifique ? Il est à peu près certain que les survivants se livreront à tous les excès, luttant tous pour le dernier navet ou la dernière betterave. Marx avait coutume de travailler au British Museum ; mais après la Grande Guerre, le Gouvernement britannique plaça un tank juste à l'extérieur du musée, sans doute pour apprendre aux intellectuels quelle est leur place (...). Je crains que l'optimisme dogmatique de la doctrine communiste ne puisse être considéré que comme une survivance de l'époque victorienne".

Bertand Russell, Histoire des idées au XIX ème siècle, Gallimard, Paris, 6 ème édition 1951, p. 175
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Savoir raccrocher

23 Janvier 2008 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Billets divers de Delorca

Dans un entretien que publiera la revue de langue allemande Cicero le mois prochain, Peter Handke explique avoir dit tout ce qu’il avait à dire, ce qui rendrait inutile la poursuite de ses écritures, après quarante ans d’activités littéraires : ”Il est temps d’arrêter désormais” (http://passouline.blog.lemonde.fr/). 

A méditer...
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Bertrand Russell à propos des nationalités

19 Janvier 2008 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Philosophie et philosophes

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Il est difficile d'exposer exactement le principe des nationalités. En gros, il proclame que n'importe quel groupement géographique qui désire constituer une unité gouvernementale a le droit d'être un Etat unique indépendant. Mais dans la pratique, il comporte des restrictions. Quand en 1917 une seule maison de Pétrograd, s'appuyant sur ce principe, se déclara nation luttant pour son droit à la liberté, on trouve qu'elle allait trop loin, et même le Président Wilson ne l'encouragea pas. L'Irlande avait le droit d'invoquer le principe contre l'Angleterre, mais les comtés de Fermanagh et de Tyrone ne pouvaient l'invoquer contre le reste de l'Ulster du nord-est. Ainsi, une des restrictions de ce principe consistait en ce qu'il ne devait pas intéresser un territoire trop petit. Une autre restriction était que le territoire ne devait pas se trouver en Asie ou en Afrique ; cela parut évident à tous les gens bien-pensants, jusqu'à ce que les Russes eussent été battus par les Japonais. Et enfin, il fallait que le territoire en question n'ait pas d'importance internationale exceptionnelle, comme Suez ou Panama.

Pour les libéraux, jusqu'en 1871, ces restrictions ne furent pas évidentes, car à leur sens, une nation était une entité mystique, possédant une âme presque aussi définie que celle d'un être humain. C'est ce sentiment qui assura un contenu valable au principe de nationalité.


Bertand Russell, Histoire des idées au XIX ème siècle, un livre publié dans l'entre-deux-guerre. Gallimard, Paris, 6 ème édition 1951, p. 303
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Victimologie

19 Janvier 2008 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Billets divers de Delorca

Finkielkraut ce matin sur France culture, furieux contre le culte des victimes. Il n'a pas tort. Mais n'a-t-il pas lui-même appelé à la guerre contre la Serbie au nom de la victimolâtrie des gentils Kosovars en 1998-1999 ?

Finkielkraut agacé parce qu'on négocie avec les FARCs, qui s'énerve parce que celles-ci continuent d'enlever des gens... et qui préfèrerait sans doute que nous soyons plus aimables avec l'autre camp, celui des paramilitaires - le nombre de victimes des exactions de ce camp-là par contre ne l'intéresse pas, ni la question de la réforme agraire en Colombie, bien sûr...
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Militaires

16 Janvier 2008 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Billets divers de Delorca

Une remarque de Bricmont hier à la conférence de l'Institut culturel syrien : Pendant la guerre du Vietnam, l'armée américaine qui avait gagné la seconde guerre mondiale voulait raser le Vietnam comme elle avait rasé le Japon. Le gouvernement civil des Etats-Unis était plus modéré. Maintenant c'est l'inverse. L'armée américaine qui a été vaincue au Vietnam ne veut pas faire la guerre contre l'Iran. Le Pentagone et la CIA sont les meilleurs alliés des pacifistes (à preuve le dernier rapport des services secrets publié dans la presse). Au contraire les politiciens civils, au nom de la croisade humanitaire ou de la guerre contre le terrorisme, aussi bien les néoconservateurs qu'Hilary Clinton, sont pour la guerre.  

Voir ci-dessous vidéo de Bricmont chez Taddei (la suite reste est sur Dailymotion). 

 

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Des marchandises quand même...

15 Janvier 2008 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Billets divers de Delorca

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Un mot sur la philosophie

13 Janvier 2008 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Philosophie et philosophes

Il est assez évident à mes yeux que la philosophie a pris fin au XIX ème siècle, en même temps, dans un sens, que la religion, lorsque l'une et l'autre se sont révélées pour ce qu'elles étaient, c'est à dire des exercices littéraires de constitution d'une ontologie (l'une et l'autre étant d'ailleurs à maints égards complémentaires). plato-copie-1.jpg

Aujourd'hui, il n'est plus utile de chercher à être philosophe dans le sens où Deleuze ou Badiou ont cherché à l'être, c'est-à-dire dans une tentative de produire, en quelque manière que ce soit, une ontologie sérieuse - sans quoi on se voue à ne produire que du charabia. La référence à ces philosophes m'intéresse par conséquent non pour le contenu ontologique de leur discours, mais pour le geste qu'ils incarnent, un geste soustractif, le retranchement du réel et de tout ce qui peut relever de l'apparence commune. Cet exercice-limite  qui porte soi-même aux limites de sa propre rationalité m'intéresse de par le mouvement de translation qu'il implique, et me paraît plus achevé chez Deleuze que chez Badiou, parce qu'il se doublait chez le premier d'une véritable esthétique monacale, esthétique indissociable de l'exigence éthique qu'il s'imposait à lui-même.

Voilà donc ce qui m'intéresse chez les philosophes de la fin du XX ème siècle. Mais, je le répète, à mon sens il ne faut plus chercher à philosopher, mais seulement à penser, et à prolonger la philosophie ancienne sur des terrains autres, par exemple le terrain de l'action politique, mais aussi peut-être la littérature (assumée comme telle). Je n'en dirai pas plus pour l'heure, tout cela sera peut-être explicité dans le courant de cette année.
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Deleuze

13 Janvier 2008 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Philosophie et philosophes

Je regardais ce matin à nouveau des passages de l'abécédaire de Gilles Deleuze (qu'Arte diffusait autrefois, quand j'étais jeune). J'ai regardé la lettre "C"  "Culture". Je ne saurais dire combien je dois aux écrits et à la personnalité de Gilles Deleuze qui était un auteur central de mes 20 ans (autour de 1990). C'est lui qui, à mes yeux, a toujours le mieux défini la visée du travail d'écriture. Même si j'ai effectué mille détours depuis lors par des auteurs et des activités qui peuvent paraître à l'opposé même de ce que défendait Deleuze, mon orientation profonde est toujours restée celle-là.

Cette année je m'apprête à publier deux ouvrages, deux ouvrages dont j'ai fait des sortes d'instruments de "clôture", clôture de phases de ma vie, clôture de manières de pensée. J'ai toujours aimé l'idée nietzschéenne selon laquelle il faut écrire pour se débarrasser de ses idées. En les faisant basculer dans le "domaine public", dans l'objectivation et l'exposition aux regards, on s'allège d'un fardeau. Un jour Cioran disait dans une interview que l'homme qui écrit est quelqu'un qui se vide en permanence et qui, pour cette raison, n'a jamais grand chose à dire.

Il m'a donc fallu me vider de certaines choses par ces deux livres dont j'espère qu'ils trouveront un éditeur prochainement.

Lorsque cela sera fait, il faudra ressaisir le projet proprement spirituel (d'une spiritualité sans spiritualisme, une spiritualité matérialiste) qui selon moi doit puiser aux sources de Deleuze, à l'humour, et à la légèreté de Deleuze, à son sens du mouvement. Je ne vous ai pas parlé du livre de Badiou sur Deleuze. C'est un tort. Je devrai le faire un jour. 


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