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Le blog de Frédéric Delorca

Massacre à Gaza

2 Mars 2008 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Colonialisme-impérialisme

Voici des témoignages sur la situation à Gaza trouvés sur http://www.france-palestine.org/. "Plus les tirs de roquettes Qassam s'intensifieront, plus les roquettes augmenteront de portée, plus la shoah à laquelle ils s'exposeront sera importante, parce que nous emploierons toute notre puissance pour nous défendre", a déclaré, vendredi 29 février, Matan Vilnaï, le vice-ministre de la défense israélien à propos des Palestiniens.  Chacun appréciera le choix du terme...

Restons solidaires avec la Palestine résistante !

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Ici c est la boucherie
publié le dimanche 2 mars 2008

Zacharia

 
je vous écris vite fait, j ai pas le net à portée de main, c ’est chaud de sortir, le café net est juste à côté du bureau de Hanyie, on préfère éviter
Ils ont tué plus d’une centaine , 80 civils beacoup d ’enfants, une petite fille de deux jours, un autre de six mois, c’ est l’ horreur totale, on ne dort plus on se fait bombarder sans discontinuer.

Je n’ ai jamais vu de gens aussi haineux,ce qui se passe ici est terrible, indescriptible et ils comptent bien continuer.

Hier c’était la journe la plus sanglante depuis le début de l intifada, c’ est à dire depuis 2000.

Tuer est systématique, sans limites, et ils savent très bien qui ils tuent, tout cela est calculé.

Ici tout le monde est à bout, les gens sont extenués, et personne ne sait quoi faire.

On se protège comme on peu, il n y a plus de place dans les hopitaux, il n y a pas de ciment pour construire les tombes, même les morts subissent l embargo.

Tout à l’ heure à Jabalia l’ armée a torturé trois hommes dans la rue et a laissé les corps inanimés, les ambulances ne sont pas arrrivé à les récupérer.

Ils tuent des familles entières, bombardent sans retenue, je suis incapable de vous décrire toutes les boucheries qui se passent ici, toutes les deux minutes il y a de nouveaux massacres, toutes les deux minutes les f16 qui tournent au dessus de nos têtes nous lachent un missile,

Je dois partir, j’ enverrai un texte plus détaillé aux missions civiles.

salamat

Zac

Massacre à huis clos
publié le dimanche 2 mars 2008

T. Hocine

 
Israël a poursuivi hier 1er mars sa politique de terreur. Voilà quatre jours que la bande de Ghaza fait face à un déluge de feu. Tous les bilans sontprovisoires tant les victimes sont nombreuses, et certains sites inaccessibles car les secouristes n’échappent pas eux aussi à la folie destructrice d’Israël, tandis que le silence de la communauté internationale devient pesant.
Pas un mot en effet pour condamner la répression israélienne, encore moins arrêter son bras assassin. Pis, certains ont même osé établir une symétrie – le terme étant à la mode – entre Palestiniens et Israéliens, autrement dit, mettre sur un même pied occupant et occupé. Parler de cette crise, comme s’il s’agissait d’une guerre classique, tout juste pour prendre fait et cause pour l’agresseur et culpabiliser les Palestiniens. Ou encore entreprendre un travail de falsification de la question palestinienne et ensuite accréditer la thèse israélienne de légitime défense.

Ahurissant quand on sait que les Palestiniens résistent à l’une des plus puissantes machines de guerre du monde et que c’est leur seule manière de rappeler leur existence à un monde qui voulait nier un tel fait. Et pourtant, l’histoire du Proche-Orient ne s’est pas arrêtée à la résolution 242 du Conseil de sécurité qui ne parle des Palestiniens qu’en termes de réfugiés qui ont besoin d’un foyer.

Dépossédés de leurs terres et de leurs droits, ils demandent justice, rien d’autre. Pas celle que certains veulent leur imposer, du genre homeland ou ce qu’on désigne sous l’étiquette de « droits politiques » qu’Israël accepterait de leur concéder quand il n’y a plus rien à prendre. C’est justement ce qui est en train de se dérouler avec une complaisance sinon une complicité souvent affichée, mais à peine avouée pour ne pas heurter les consciences. Ou du moins pour se donner bonne conscience. Ou plus simplement pour ces Etats, ne pas mettre en danger leurs intérêts.

Les Palestiniens n’occupent aucun territoire étranger et ne demandent qu’à recouvrer leur liberté. Ce qu’Israël leur refuse, avec une certaine complicité d’une partie de l’opinion internationale qui ferme les yeux justement sur cette question, s’agissant précisément de justice. Bien au contraire, cette dernière a donné de fausses illusions aux Palestiniens, accentuant leur amertume et leur désespoir.

C’était cela Olso en 1993 jusqu’à ce qu’Israël entreprenne de réécrire cet accord et de décréter sa mort, alors qu’on disait de lui que c’était un accord international et qu’aucune partie n’avait le droit de s’en retirer. C’est également cela la Feuille de route, un plan international que ses promoteurs n’ont pu appliquer en raison de l’obstination d’Israël à le vider de son contenu, principalement l’échéance de la création d’un Etat palestinien en 2005.

Et dire que de nombreux pays prompts à s’ériger en défenseurs de morale et de droit international tentent de trouver des circonstances atténuantes à Israël et à justifier ses crimes. Leur silence actuel est éloquent.


Publié par el-Watan http://www.elwatan.com/spip.php ?page=article&id_article=88554

 

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L'égalité, Coûteaux, la Turquie

1 Mars 2008 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #La droite

Les conservateurs de Sciences Po blâment ce qu’ils appellent la « passion égalitaire » des Français (peut-être l’expression est-elle de Tocqueville, je ne sais pas). A mon avis il ne faut pas avoir de « passion » égalitaire, car ce serait une passion déçue. Comme me le disait un ami, une jolie femme intelligente voudra toujours être au dessus du laideron idiot, un homme bien portant au dessus d’un handicapé, un riche au dessus d’un pauvre. C’est un besoin presque existentiel : celui de sauver sa peau, son confort de vie, au détriment de ceux d’autrui en essayant de se placer toujours "dans le haut du panier". C’est aussi inscrit dans l’instinct hiérarchique de tous les grands singes (lisez De Waal à ce sujet).

Il ne faut pas avoir la « passion » de l’égalité, mais il faut avoir une volonté égalitaire. C’est-à-dire vouloir rationnellement qu’il y ait le moins possible d’inégalités.  kmgd.JPG

Et au nom de cela il faut refuser notamment les inégalités entre les peuples.

Un ami me lisait hier le message de solidarité du souverainiste villiériste Paul-Marie Coûteaux adressé aux manifestants anti-sécession du Kosovo pour demain.

Le message n’est pas mal, sauf une petite fausse note :

« Chers amis, le peuple serbe est libre de son destin: mais il doit aussi être libre de choisir l'Europe qui lui convient; soit il choisit l'Europe libre, l'Europe des peuples souverains, celle qui n'a pas peur des peuples, qui s'appuie sur eux , et qui fait d'eux la première de ses forces. Soit il choisit l'Europe de Bruxelles, une fausse Europe, supranationale, quelquefois dictatoriale, soumise sur de très nombreux sujets à l'influence de Washington, qui parle anglais, ou plutôt américain, une fausse Europe de plus en plus hostile à la Russie tout en étant bienveillante vis à vis de la Turquie ! »

Certaines personnes me demandent quelles différences peuvent exister entre la gauche et la droite. Il y a dans ce « bienveillante vis-à-vis de la Turquie » une rancœur évidente à l’égard de ce pays qui ne cadre pas avec une idée qu’un homme de gauche peut se faire à ce sujet.

Pour un homme de gauche, qu’il soit souverainiste ou non, l’égalité entre les peuples prévaut, il n’y a pas des peuples « plus égaux que d’autres », et il n’y a ni croisade, ni « choc des civilisations » à organiser. La Turquie, l’Albanie, les Musulmans de Bosnie, ont autant leur place géographique et historique en Europe que les Serbes et les Ukrainiens. La Turquie a gagné sa place en Europe à partir du moment où les Européens ont perdu tout espoir raisonnable d’éradiquer sa culture des Balkans – c'est-à-dire le XVII ème siècle environ. On peut pour des raisons tactiques juger utile de tenir la Turquie ou même (si l'on et conséquent) les Pays-Bas hors de Union européenne parce qu’ils sont trop proches des Etats-Unis, mais on ne peut poser comme principe l’exclusion d’un pays quelconque et encore moins son exclusion sur une base purement religieuse, ce qui est la tendance souvent déclarée du souverainisme de droite.

Par ailleurs, la position de M. Coûteau s’appuie sans doute sur des rumeurs entendues récemment  - je crois que Paul Craig Roberts, un homme de droite lui aussi, les reprend à son compte - selon lesquelles l’indépendance du Kosovo serait un gage de Washington à la Turquie. Il semble plutôt que cette indépendance est un cadeau que Washington se fait à lui-même. En fait de « bienveillance » à l’égard de la Turquie, il y a surtout eu une promesse rompue (la promesse d’adhésion à l'UE) à l’égard d’Ankara, ce qui n’est pas tellement bienveillant… Toutes ces allusions anti-turques sont particulièrement absurdes quand on sait tout ce qu’il y a de turc dans la culture balkanique, qu’elle soit orthodoxe ou musulmane. J'ai peur que le message subliminal qu'entendront les Serbes dans cette manif parisienne demain c'est "la perte du Kosovo, c'est à cause des Turcs". Les Balkans n'ont vraiment pas besoin de cela. A quand, dans ce genre de manif, des messages de solidarité d'hommes ou d'organisations de gauche (Mélenchon ? voire le MRAP ?) pour ne pas laisser les esprits glisser sur cette pente négative ?

Mais revenons à cette affaire d’égalité. En dehors de l’utopie infantile gauchiste, deux grands courants au XX ème siècle ont voulu l’égalité rationnellement. La socialdémocratie, qui s’est aujourd’hui pratiquement effacée devant la version moderne de la charité chrétienne qu’on nomme le social-libéralisme, et le communisme bureaucratique, qui survit encore sur des îlots (Cuba, la Corée du Nord). Ces deux options méritent une analyse froide, équilibrée, loin des caricatures que les adversaires de l’égalité ont construites sur leur compte. C’est un sujet sur lequel il nous faudra revenir prochainement.

 

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