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Le blog de Frédéric Delorca

Soirée Abkhazie à l'ICD

29 Janvier 2010 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Actualité de mes publications

P1020428.jpgSoirée Abkhazie aujourd'hui à l'Institut de la démocratie et de la coopération (ICD), sur le thème «L’état des négociations entre l’Abkhazie et la Géorgie : perspectives pour la stabilité et les droits de l’homme au Caucase ». A la table un diplomate abkhaze, le docteur Tchirikba, un ex diplomate français que je connais un peu, et puis le professeur Owen, tout ça sous la présidence de la belle ex députée préfacée par l'incontestable Sapir, Natalia Narotchnitskaïa. Dans le public de vieilles connaissances serbes qui ne me saluent même plus, des Russes, et puis deux jeunes Géorgiens (a guy, a girl) pugnaces qui ont le bon goût de contredire le docteur Tchirikba. Tous ces gens débattent, la discussion est courtoise (le patronnage very british de John Laughland y est pour quelque chose) et de haut niveau.

Moi je pense à mon livre sur l'Abkhazie, celui que je suis en train d'écrire. Les gens qui sont là sont mon public naturel (l'ex diplomate ne m'a t il pas demandé d'ailleurs où il peut acheter mon livre sur la Transnistrie ?). Mais je sais qu'il ne peut plaire ni aux Abkhazes, ni aux Russes, ni aux Géorgiens. Il ne peut en fait plaire à personne, pour une bonne et simple raison : ce n'est pas un livre d'expert. J'ai souhaité qu'il ne le fût point. Il faut réintroduire de la littérature là où il y avait de la pseudo-expertise. Si possible de la bonne, façon Voyage au Congo de Gide, à la rigueur de la médiocre. Mais halte à l'expertise ! Le réel ne peut être découpé en messages calibrés pour cénacles de gens raisonnables. Ca n'a absolument aucun sens. Je préfère n'avoir aucun lecteur plutôt que d'écrire un livre raisonnable.

En réalité je suis tiraillé entre deux contraintes : une volonté de réhabiliter le style littéraire (et sa liberté) dans l'approche de l'histoire contemporaine, un devoir de délivrer magré tout des informations rigoureuses sur les conflits décrits (question de responsabiité et de respect à l'égard des protgonistes). Je ne sais pas trop comment tenir un équilibre.
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Howard Zinn est mort hier

28 Janvier 2010 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Les Stazinis

Un lecteur du blog et ami d'adolescence m'apprend le décès d'Howard Zinn dont j'avais cité il y a peu l'article contre le prix nobel d'Obama dans Le Monde. C'est une grande perte pour la gauche mondiale. J'ai découvert les écrits de Zinn, comme ceux de Chomsky, il y a quelques années par l'intermédiaire de mon correspondant anarchiste serbe qui mettait un point d'honneur à enseigner en classe son histoire des Etats-Unis. Je n'ai pas le temps de lire ce soir ce qu'en disent Counterpunch ou ZMag qui sont de grand bastions de sa mouvance aux USA. Je dirai juste à titre personnel que Zinn était à mes yeux un homme d'une rare qualité, universitaire issu des classes populaires, et qui n'a reculé devant aucun engagement contre l'impérialisme de son pays. Il ne passait pas son temps à chercher des excuses au système politique étatsunien comme le font 90 % des intellectuels nord-américains, et il ne s'enfermait pas dans une vaine rhétorique et de vaines spéculations comme le font nombre des 10 autres pourcent (notamment les marxistes et les poststructuralistes). Il faut lire son Histoire populaire des Etats-Unis de 1492 à nos jours, et même pourquoi pas, la BD qui en a été tirée. Zinn fait vraiment partie des ces hommes du peuple qui, en entrant dans l'intelligentsia, ont sauvé en partie l'écriture et la science historique du déshonneur et de l'aveuglement dans lesquels ce qu'Austin et Bourdieu appelaient la scolastic view les enferme. Il incarnait à lui seul la nécessité de ne pas laisser les chaires aux héritiers, de ne pas laisser les privilégiés dire le monde. Y aura-t-il encore beaucoup de Zinn dans les décennies qui viennent outre-Atlantique ?

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Deux histoires de la banlieue et autres nouvelles politiques

27 Janvier 2010 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

La première histoire était dans Libé la semaine denière. "Une nouvelle agression commise, jeudi après-midi, en Seine Saint-Denis contre un chauffeur de bus provoque des remous au sein de la RATP. Un conducteur travaillant sur la ligne 148, qui relie Bobigny au Blanc-Mesnil, a été violemment frappé, jeudi, vers 17 heures, par un passager au niveau de la cité des Tilleuls, au Blanc-Mesnil. D’après un collègue de la victime, cet homme lui aurait reproché de ne pas l’avoir attendu lors d’un précédent trajet " En représailles, la RATP a cessé de desservir le quartier concerné pendant quelques jour.lh-copie-1.jpg

Dans ma ville de la banlieue nord, qui n'est pas très loin du Blanc Mesnil, il y a quelques jours je suis arrivé à l'arrêt de bus. Un type m'a dit que le bus n'était pas encore passé. Quand il est arrivé au bout de 5 mn il ne s'est pas arrêté, laissant plusieurs personnes attendre à l'arrêt. Il a est allé se garer 100 mètres plus loin pour une pause d'une demi heure (il y a un bus environ toutes les heures à cette heure là).

Ce n'est pas la première fois. Un chauffeur qui refuse de s'arrêter, c'est une type qui vous méprise, un micro-événement qui vous rappelle que de toute façon tout est "glauque", rien n'avance, que les gens ne se respectent pas, que c'est l'impasse de la banlieue nord, la petite vie tout le temps, loin des centres du pouvoir. Inutile d'appliquer une lecture sociologique en termes de luttes des classes. Le chauffeur est souvent du même milieu  que le type qui va lui casser la gueule. Des coups vaches entre petites gens.

Comme moi, je sais écrire, j'ai préféré signaler l'incident au syndicat des transports. Celui-ci m'a renvoyé vers un prestataire privé qui administre la ligne concernée. Là, j'ai ressenti comme une hésitation. Je sais que le prestataire en question n'est pas plus honnête que son chauffeur négligeant. Puisqu'il gère à des fins d'enrichissement privé un service public qui devrait être aux services de tous. Le vice ne peut enseigner la vertu au vice. C'est le serpent qui se mord la queue. La politique libérale immorale rend impossible tout rappel à l'ordre moral.

Autre histoire de banlieue, pas très loin du Blanc Mesnil à Drancy un "commando" de 80 personnes s'est introduit dans la mosquée de Drancy (Seine-Saint-Denis) et a proféré des menaces à l'égard de l'imam, lequel a accueilli le CRIF dans sa moquée il y a peu, et soutenu le projet de loi contre la burqa. Là encore devant un incident pénible, on ne peut que réfléchir au rôle des pouvoirs publics, et constater que leur action réduit toujours plus les chances d'apporter des solutions. Pourquoi avoir laissé deux rustiques députés (rustiques est un euphémisme) accaparer le champ médiatique avec un sujet (le voile intégral) qui concernait à peine quelques dizaines de femmes, et sur lequel on ne peut manifestement avancer que par le dialogue et la pédagogie ?foulard.jpg

Voilà synthétisés en deux anecdotes les problèmes de nos banlieues : un enlisement dans la médiocrité économique et la médiocrité éthique entretenus par la logique libérale, la concurrence des territoires, et le libéralisme (un démographe me disait il y a peu que les pôles de développement économique en Seine Saint Denis n'ont aucunement profité aux quartiers populaires) ; une islamophobie offensive devenue le vain cache-sexe d'une république en panne de message émancipateur, qui encourage l'opposition entre un clergé soumis aux relations cliéntélistes et de extrémistes qui accaparent le désarroi identitaire de la jeunesse. Voilà qui n'est pas bon du tout.

M. Chevènement sur son blog ces derniers jours tient des propos très censés sur l'atteinte au cadre territorial par le réforme Sarkozy, et sur la mauvaise foi de Jospin dans ses récentes déclarations autour de son livre. Même si l'on peut reprocher au vieux sénateur certaines de ses rigidités sur la conséquences du colonialisme, son attachement à ce que la République porte de progressiste reste constant, et sa position sur le voile intégral est plus raisonnable que celui de M. Mélenchon : M. Chevènement ayant au moins la sagesse de constater que l'arsenal juridique actuel suffit à combattre les inconvénients de ce vêtement, sans qu'il faille recourir à une stupide loi propagandiste.

Pour compléter ce chapitre politique, notons que l'assiduité des 8,8 millions télépectateurs à recueillir le verbe divin de notre inénarrable président dans leurs trompes d'Eustache, ainsi que leur taux de satisfaction (40 % incompressibles), confirme mon propos récent sur l'aliénation de nos compatriotes. Heureusement que M. Le Boucher nous rappelle que M. Sarkozy est un gaulliste...
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Enfin pour ceux qui aiment Haïti et s'interrogent sur sa brillante contibution au renversement de son gouvernement légal aux côtés de M. George W. Bush, je recommande la lecture du blog de Claude Ribbe, avec une serie de témoignages dont le dernier en date est ici.
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Il n'y a pas qu'Hypatie dans la vie !

25 Janvier 2010 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Philosophie et philosophes

Après avoir vu le film Agora, je puis vous le confier : il y a aussi Hipparchie (Hipparchia), que j'admire bien plus !

Voici ce que Diogène Laërce en dit  (je reprends la traduction de Robert Genaille de 1933 en la rendant un peu plus réaliste sur certains points clés) :P1000173.JPG

"Les discours de ces philosophes convertirent encore la soeur de Métroclès, Hipparchia. Comme lui, elle était de Maronée. Elle s’éprit si passionnément de la doctrine et du genre de vie de Cratès qu’aucun prétendant, fût-il riche, noble ou bien fait, ne put la détourner de lui. Elle alla jusqu’à menacer ses parents de se tuer si elle n’avait pas son Cratès. Cratès fut invité par eux à la détourner de son projet : il fit tout ce qu’il put pour cela, mais finalement, n’arrivant pas à la persuader, il se leva, se dépouilla devant elle de ses vêtements, et lui dit : « Voilà votre mari, voilà ce qu’il possède, décidez-vous, car vous ne serez pas ma femme si vous ne partagez mon genre de vie. »

La jeune fille le choisit, prit le même vêtement que lui, le suivit partout, fit l’amour avec lui en public, et alla avec lui aux dîners. Un jour où elle vint à un dîner chez Lysimaque, elle confondit Théodore, surnommé l’Athée, par le raisonnement suivant : « Ce que Théodore ferait sans y voir une injustice, Hipparchia peut aussi le faire sans injustice. Or Théodore peut se frapper sans dommage, donc Hipparchia, en frappant Théodore, ne lui fait aucun dommage. »

L’autre ne répondit rien, mais lui enleva son vêtement. Mais Hipparchia n’en fut ni frappée, ni effrayée, bien que femme. Et comme il lui disait : « Qui donc a laissé sa navette sur le métier ?» elle lui répondit : « C’est moi, Théodore, mais ce faisant, crois-tu donc que j’ai mal fait, si j’ai employé à l’étude tout le temps que, de par mon sexe, il me fallait perdre au rouet ? »

On raconte encore bien d’autres bons mots de cette femme philosophe.


Bon, il faudrait quelques soustitres, comme toujours quand on parle de l'Antiquité. Les "dîners" sont les sumposion (cena en latin), véritables institutions publiques réservées aux hommes. Faire l'amour en public et aller au sumposion est aussi sacrilège (comme se masturber et manger dans la rue, comme le faisait Diogène). Le "vêtement" d'Hipparchie qu'enlève Théodore est le manteau des cyniques qui était leur unique accoutrement. La philosophe assume la nudité publique comme le lui dicte la doctrine cynique. La question "qui donc a laissé sa navette" est une citation d'Euripide. Parce qu'on a beau être un abominable machiste comme Théodore l'Athée, on n'en est pas moins fin lettré. Il faut l'être de toute façon pour être admis à la table de Lysimaque, général d'Alexandre le Grand devenu gouverneur de Thrace. Car en effet tout cela se passe en Thrace... longtemps, longtemps avant la naissance d'Hypatie - à la louche six siècles plus tôt...

 

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Gloria Inés Ramírez Ríos et les réseaux alternatif

24 Janvier 2010 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Atlas alternatif

f_te_de_l__huma_2006_008.jpgJe reçois une invitation sur Facebook sur le profil "Réseau Atlas alternatif" de la part de "Juventud-Comunista Bucaramanga" m'indiquant que la sénatrice Gloria Inés Ramírez Ríos se rendra à Bucaramanga samedi prochain et me demandant si j'y serai. Le programme est détaillé : à 9 h 30, rencontre avec les travailleurs, les retraités et les "déplacés" (sic), à 11 h rencontre avec les professeurs et les étudiants, à 14 h 30 chocolat avec les médecins de la ville, 16 h rencontre avec les syndicalistes, 17 h rencontre avec les mères de famille et les élus municipaux.

Je ne sais pas où est Bucaramanga, ni de quel pays Mme Ramírez est sénatrice.  Je me renseigne. Je découvre sur Wikipedia que c'est une éducatrice membre du parti communiste colombien. C'est un peu court pour se faire une opinion.

La Colombie est typiquement le genre de pays sur lequel on voudrait être honnêtement informé : troisième destinataire de l'aide militaire américaine, Obama va y construire de nouvelles bases qu'on présente comme des avant-postes d'agression contre le Vénézuela et de conquête de l'Amazonie. En 2006 c'était le premier pays au monde pour les assassinats de syndicalistes. On aurait tendance à penser que là bas un bon leader anti impérialiste est un leader mort, ou alors un leader qui a rejoint la guérilla des FARC. Y a t il encore des sénateurs communistes"honnêtes" dans ce pays ?

En me posant ces questions, je me dis à nouveau qu'il est dommage que nous n'ayons jamais pu constituer un réseau d'info alternative dans la sillage de l'Atlas alternatif. Comme dans les milieux politiques anti Union européenne (UPR, DLR, Parti des travailleurs etc), comme dans les milieux anti-néo-libéraux (NPA, PCF, etc), comme au sein du PC lui même (voir la déclaration de Gérin dans Le Monde "je ne prends plus mes ordres au Colonel Fabien", ce qui est en effet le cas de tous les élus), les milieux d'info alternative sont très divisés, chacun cultive ses choux dans son coin et l'info reste fragmentaire. A un ami qui voulait faire une fondation d'information alternative Jacques Sapir aurait répondu : si vous n'avez pas un million d'euros pour le faire, ça ne servira à rien.

Donc aucune fondation crédible ne peut nous renseigner sur l'échiquier des forces de gauche en Colombie (pas même le Monde Diplo, qui n'a pas toujours une grille de lecture très rigoureuse sur les forces anti-système, voir ce que Badiou en disait à juste titre dans Le Siècle).

Dans le même ordre d'idée un ami m'écrivait ce matin : "Un correspondant m'envoie un article ukrainien assez bien documenté en apparence, selon lequel des agents (nommés et retracés dans l'article) de la sécurité d'un pays allié des Etats-Unis que l'article nomme ont été envoyés en Ukraine suite à un accord avec Timochenko (les sources de cet accord proviennent d'opposants du pays en question infiltrés dans  le pouvoir) pour que le second tour soit caractérisé par des provocations qui rendraient l'élection de Yanoukovitch impossible. Cet article sera publié en Pologne et en Allemagne et mon correspondant me demande si cela n'intéresserait pas un média français (de nos amis) ?" P1010692-copie-1.jpg

Nous n'avons même pas un bon réseau pour faire circuler cette info auprès de relais vraiment utiles.
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Bilan d'activité de la semaine

23 Janvier 2010 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le quotidien

Le profil "Atlas alternatif réseau" sur Facebook compte environ 2015 "amis" qui sont donc susceptibles de lire les articles du blog Atlas alternatif quand ils en reçoivent notification (mais je doute qu'il le fassent car eux mêmes ont beaucoup d' "amis" qui leur envoient beaucoup de textes, c'est le piège de Facebook).
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J'ai continué à travailler sur le livre sur l'Abkhazie cette semaine en interviewant un correpondant géorgien. Je suis résolu à produire un livre équitable sur ce dossier. C'est curieux, je viens de me souvenir d'un mail où Régis Debray m'avait qualifié d' "équanime" sur les Balkans. Mais je pense qu'il voulait dire "équitable". Ce n'est pas le seul mot sur lequel je l'ai vu trébucher. C'était il y a longtemps.

A part ça, je prépare tranquillement la tombe de mes bouquins tout comme la tombe de mes activités sur Internet. Après tout, je sacrifie déjà suffisamment au bien public de par mes activités professionnelles de conseiller auprès du maire de Brosseville (où nous mettons en oeuvre des projets intéressants au profit des jeunes des quartiers populaires). Pas besoin de perdre en plus du temps sur la toile où il ne se passe somme toute rien de bien stimulant.
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Histoire de France

23 Janvier 2010 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Divers histoire

vrcg-copie-1.jpgCe qui est désespérant en politique, c'est souvent (et cela arriva  à diverses époques) que face à une option dominante idiote les opposants ne savent proposer qu'une vision alternative tout aussi idiote. Il en va ainsi en ce moment de l'européisme dans lequel beaucoup de gens subtils voient une absurdité mais face auquel rien d'intelligent n'émerge, sauf la répétition de vieux dogmes éculés.

Je me faisais cette réflexion en regardant la vision de l'histoire que propose l'anti-européiste François Asselineau. C'est peu dire que son exposé sur le devenir de notre pays est daté. Il est même hanté par le refus obstiné de lire les découvertes des historiens contemporains, délibérément figé dans le 19ème siècle, toute cette vulgate stérile qu'on nous enseigna à l'école primaire sous Charles de Gaulle ou peu après sa mort. Pourquoi ce dogmatisme ? Pourquoi cette crainte du réel ?

Non M. Asselineau, la Gaule n'était pas cette France en gestation que vous vous figurez. Lisez Goudineau qui lui même ne fait que synthétiser un grand nombre de monographies des dernières décennies. Des Gaulois il y en avait de l'Armorique à l'Asie mineure. Il y avait peut-être un sentiment celte commun ("celte" étant la version grecque du mot latin "gaulois"), mais personne ne sait guère sur quel mode ni de quelque façon. En tout cas cette Gaule crypto-hexagonale de nos manuels scolaires est une plaisanterie. Exclure de notre vision de la Gaule l'Italie du Nord, la Hongrie, l'Anatolie centrale (le pays des Galates), au nom de quoi ? Et puis on ne dit pas des "tribus" pour des peuples qui occupaient de régions entières comme l'Auvergne (les Arvernes) ou la Bourgogne (les Eduens). Laissons ce vocabulaire aux auteurs du 19ème siècle. Les Romains et les Grecs avaient des termes très approximatifs pour désigner les groupes humains, inutile de traduire leurs mots par les vocables les plus péjoratifs de notre propre lexique. Et puis et puis, oui, je suis tout à fait la démonstration de Goudineau quand il dit que la Gaule telle que nous la voyons aujourd'hui est largement une invention romaine. Bien sûr dans l'Antiquité personne n'avait une vision claire du contour des pays des Gaulois (d'autant qu'aucun cartographe méditerranéen ne s'était aventuré au nord du Rhone et du Danube. Alors les Romains, en fonction de leurs propres calendriers de batailles, on fait leurs découpages. La Gaule Cisalpine, la Gaule Narbonaise, la Transalpine. Ils l'ont arrêtée sur le Rhin en fonction de l'intérêt qu'avait César de se présenter comme un rempart anti-Germain aux yeux des Gaulois, tout en sachant que des Celtes, il y en avait bien au delà. Jusqu'à Belgrade...

Et oui, la Gaule était traversée d'influences méditerranéennes. Certes comme le dit Asselineau, César a sans doute corrompu délibérément quelques élites gauloises. Mais cela faisait bien longtemps que beaucoup de nobles gaulois étaient "pro-romains". Sait-il, M. Asselineau que les troupes de Gabinus dans les années 60 av. JC (avant la conquête de la Gaule transalpine) qui maintiennent l'ordre à Alexandrie sont largement composées de cavaliers gaulois ? Les Gaulois de Provence sont de fervents admirateurs de la culture grecque massiliote, et tout le sillon rhodanien est marqué par les influences gréco-romaines (pas étonnant que les Eduens au nord de Lyon aient le titre d' "amis du peuple romain" et sollicitent l'aide du Sénat). Comme le dit Paul Veyne, à cette époque là, la civilisation hellénistique (dont Rome est un prolongement) incarne la modernité. Tout le monde autour de la Méditerranée, de Carthage à Damas en adopte le style, parce qu'on l'identifie à une forme de progrès de l'humanité. Et donc naturellement les Gaulois les plus au contact des Romains et des Grecs les admirent. Tout comme les Scythes admirent les Grecs de Panticapée en Crimée et les copient, ou comme beaucoup de peuples de Bactriane sont "philhellènes" comme on disait à ce moment là (amis et admirateurs des Grecs). Tout cela est dans l'ordre des choses. Il n'y a pas de Gaule "gaulliste" et anti-impériale. Il y a peut être à un moment donné un chef insurgé (Vercingétorix) comme il y en eut dans beaucoup de peuples, petits ou grands. Mais il est vraisemblable aussi  - Goudineau a raison - que César ait gonflé le rôle de ce chef arverne, à un moment où il devait grossir ses mérites de guerre devant un Sénat romain inquiet de la prorogation de son imperium, et qui avait hâte de désarmer ses légions.

Je ne suis pas d'accord avec Goudineau sur tout. Je trouve notamment, qu'il devrait, sur l'Aquitaine, intégrer davantage les travaux d'historiens basques qui rappellent que cette région était bien moins celte (et donc bien moins gauloise) que ne le voulut la tradition du 19ème siècle (de là à dire, comme certains nationalistes basques, que l'Aquitaine romaine n'était qu'une composante d'une vaste Vasconie qui s'étendait jusqu'à l'Ebre, il y a un fossé que je me garderai bien de franchir !).

Mais Goudineau, au diapason de beaucoup d'autres, a le mérite de nous sortir des mythes franco-français les plus absurdes. La Gaule n'est pas plus "exceptionnelle" qu'aucun autre espace géographique de l'Antiquité. S'il devait y avoir un espace plus exceptionnel à la rigueur; ce serait la Germanie. Car à l'époque d'Arminius elle fut la seule à pouvoir faire reculer le pouvoir romain qui l'avait conquise, et ce malgré un fort investissement en légions de la part d'Auguste. On peut dire aussi que la Crimée ou des peuples du Caucase se sont affranchis de Rome à divers moments mais Rome n'a pas fait de grands efforts pour les garder. La Gaule ne s'est pas affranchie de Rome, et dans un sens, c'est à son honneur, car cela signifiait son intégration dans les réseaux d'échange méditerranéens. Elle y a incontestablement gagné.

Si vous voulez vous amuser deux secondes, lisez cette attaque chauvine contre Goudineau. Elle ne brille en tout cas pas par son respect de la liberté d'enseigner ni par son respect pour le collège de France... Le plus injuste dans cet article est qu'il laisse entendre que Goudineau  minimise les crimes de guerres romains en Gaule. Or c'est tout le contraire, jamais je n'ai mieux compris à quel point la conquête militaire avait détruit ce pays qu'en découvrant dans César et la Gaule de Goudineau les évaluations des morts, des blessés, et surtout des ventes d'esclaves. Mais on peut déplorer la brutalité de l'opération militaire tout en reconnaissant que son résultat (l'inclusion de la Gaule transalpine dans l'empire romain) allait dans le sens d'une intégration de ce pays aux circuits d'échanges méditerranéens, intégration déjà amorcée depuis plus d'un siècle et qui ne lui a apporté que des progrès sur le long terme - introduction de nouvelles cultures comme la vigne, de l'alphabet, disparition des sacrifices humains etc.

Donc M. Asselineau a tort. Il a tort aussi sur Clovis évidemment. A trop nous ressortir le catéchisme de notre enfance, il oublie l'essentiel : que les Francs étaient un peuple lié à Rome par un traité d'amitié (feudus), chargé de défendre la frontière (limes) contre des peuples plus orientaux, et donc influencé par la culture romaine. Que le ralliement de Clovis au catholicisme était inespéré pour l'Eglise romaine car tout le reste des l'Occident était sous la coupe de Germains ariens (les Goths et les Vandales). L'image du Clovis-De Gaulle (comme le Vercingétorix-De Gaulle) adversaire des empires en prend un coup, parce que c'est Clovis qui aida à la restauration de l'empire universel ecclésiastique (et "papiste" diraient les protestants), que le règne des Goths aurait pu mettre à mal. Lisez là dessus l'Histoire de la chrétienté d'orient et d'occident de Jacques Brosse.

Bref je ne comprends pas ce refus de lire les historiens contemporains que manifeste Asselineau, la complaisance à rester dans l'enseignement d'autrefois complètement décalé par rapport à tout ce qu'on peut savoir du réel. Pourtant seul le réel est intéressant, seule sa connaissance permet de fonder des projets politiques féconds. Mais notre époque ne trouve aucune voie entre le vide intellectuel complet et le dogmatisme passéiste.
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Ré-enchantement du monde

20 Janvier 2010 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

juillet-2006-099.jpgLa camarade Méchaï (la future Catherine Samary du 21ème siècle) rappelait dans un article récent que "les relations internationales telles qu’elles sont dites par les médias sont le lieu privilégié du "réenchantement " du monde ".

Le propos se vérifie pleinement en ce qui concerne les Etats autoproclamés. Je commence à lire le court livre de Léon Colm "Improbable Abkhazie", que j'aurai l'occasion sans doute de commenter dans mon propre ouvrage. Je tombe sur cette phrase p. 6 "Vue comme un régime criminel, pire comme un no man's land, l'Abkhazie vit dans une fussure de notre géographie politique. On ne la connaît pas, on en présume le pire".

C'est ce "on en présume le pire" qui me froisse et qui me rappelle un peu le livre de Deleu sur la Transnistrie. Pourquoi ce besoin d'emblée de "présumer le pire" à propos d'un Etat non reconnu ? Il faut que ce soit pour les gens comme une côte des pirates, comme la Cilicie au temps de Pompée, ou des îles perdues dans les Caraïbes de l'époque des corsaires... Voilà typiquement une façon de "réenchanter le monde" à peu de frais.

Peut-être parce que j'ai été vacciné par la Transnistrie (et auparavant par la Serbie, diabolisée quoique non autoproclamée) l'idée que l'Abkhazie pût être un pays à propos duquel il faut "présumer le pire" ne m'a jamais effleuré l'esprit avant que je prenne l'avion pour m'y rendre, et encore moins bien sûr quand j'y étais. Comment peut-on supposer ce genre de chose ? Partout les gouvernements sont soumis aux mêmes contraintes : il faut nourrir une population, lui apporter des réseaux d'adduction d'eau, la débarrasser de ses ordures. Partout la condition humaine est éminemment prosaïque, et pèse sur les décisions politiques dans le sens de la plus plate rationnalité. Seuls les trop grands consommateurs de films américains peuvent croire qu'il existe des pays extraordinaires où tout marche sur la tête. Le fait que partout (et même en Corée du Nord je parie) l'on capte les mêmes satellites offrant le même genre de pub pour le même genre de savonnette à quelques détails près, concourt davantage encore à rendre chaque pays, même autoproclamé, hautement prévisible.

Mais, c'est vrai, Méchaï a raison : l'on réenchante, on ne cesse jamais de réenchanter. Je songe souvent à cette remarque de Paul Veyne selon laquelle, à l'époque de Sénèque, il était obligatoire pour tout esprit distingué d'avoir un avis sur le moyen d'atteindre la paix de l'âme, tout comme aujourd'hui il est obligatoire d'avoir un avis sur les relations internationales. Voilà qui est très vrai. Vous souvenez vous combien dans le Journal de Bridget Jones l'héroïne paraît stupide quand, assise à une table londonienne branchée, elle ne trouve rien de pertinent à dire sur la guerre de Bosnie ? Les relations internationales sont le nouvel espace de projection de nos valeurs métaphysiques (et d'affirmation de notre "leadership moral" comme vient de dire M. Obama après avoir envahi Haïti). Il est donc normal que tout y soit "enchanté" et magique...

L'enchantement est enraciné dans le point de vue des dominants. Mais il l'est aussi chez les opposants. Des milieux diplomatiques du tiers-monde diffusent en ce moment un texte de Chevige González Marcó, qui attribue la paternité du tremblement de terre d'Haïti aux Etats-Unis via le système de radar Haarp ! J'ai dénoncé ce délire quand on l'appliqua dans les mêmes termes au tremblement de terre chinois le 4 juin 2008 exactement. Mais les fables ont la vie dure. Une camarade américaine me faisait remarquer cette phrase dans l'article de González Marcó : "Los Haarp potencialmente tendrían también la capacidad, de desintegrar objetos, generar combustiones espontáneas e inducidas..." Ben voyons...




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Servitude volontaire : 40 % de sarkozystes en France

18 Janvier 2010 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Peuples d'Europe et UE

On a beau se répéter que les partis politiques ne font plus recette et que Sarkozy est discrédité, l'UMP représente encore une force dans ce pays (elle l'a prouvé aux dernières européennes, malgré le taux d'abstention dont on ne peut rien déduire), et 40 % des Français continuent d'approuver l'action du président de la République. 40 % d'opinions favorables, ça veut dire presqu'un Français sur deux qui cautionne un homme politique inconsistant, qui leur ment de façon grossière (certains sites se sont même spécialisés dans les plaisanteries autour de ses bobards dans le registre du "plus c'est gros plus ça passe"), qui aligne lâchement sa politique sur la loi du plus fort, qui renonce à tout ce qui a fait la noblesse de la République française. J'ai tendance à rapprocher ce triste constat de la lâche sympathie qu'éprouvent bon nombre de Français par exemple pour les Etats-Unis d'Amérique, un pays qui est en train de les humilier à Haïti en interdisant tantôt à ses ressortissants de quitter le pays, tantôt à ses avions d'atterrir, ou certauns de leurs alliés les plus agressifs comme le régime de Kigali ou celui de Tel Aviv tout aussi prompts à mépriser le drapeau et les diplomates français.
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On ne peut pas prétendre qu'il s'agisse là seulement d'un défaut d'information. Les gens savent. Ils ont tous les moyens de savoir. On ne peut pas non plus imputer la situation à l'absence d'alternative : en Ukraine non plus les alternatives ne sont pas reluisantes, et pourtant depuis des années le président sortant n'était crédité que de 5 % de bonnes opinions.

Le chiffre à peu près incompressible depuis plus d'un an de 40 % de sarkozystes en France est sans doute un des symptomes des changements accomplis autour de nous par le néo-libéralisme enrobé d'idéologie "sympa" médiatique, ce mélange d'esprit petit-bourgeois et de consumérisme effreiné. On aurait envie de rapprocher ce chiffre du recul général des valeurs humanistes que provoque ce système politico-économique : recul du sens de l'honneur, de la parole donnée, de l'amour entre hommes et femmes, du respect des ainés etc. La roublardise et le calcul personnel érigés en étalon de ce qu'il faut faire et de ce qui doit être. En un sens Mitterrand et Chirac nous avaient déjà bien préparés à cela. Comment on tire un peuple vers le bas. Une partie de l'intelligentsia italienne face aux 70 % de berlusconistes est confrontée au même constat.

 

On peut se demander parfois s'il y a encore dans le peuple français quelque sujet de fierté qu'on puisse mettre en avant, autre chose qu'un héritage des siècles passés. Peut-être est-il encore un peu plus "de gauche" que certains peuples. Dans son aptitude encore à défendre ses services publics comme il l'a montré lors du pseudo-référendum sur la Poste (mais il ne descend déjà plus dans les rues comme à l'époque de Villepin). Peut-être aussi dans son ouverture aux peuples étrangers. Une question très débattue. Je crois que c'est Bricmont qui disait récemment que le fait que l'expression "vous êtes raciste" puisse faire mouche de nos jours est le signe que le racisme est devenu minoritaire. Tout dépend où l'on place la barre. Sans doute une bonne moitié des gens sont relativement ouverts à l'autre (les mariages mixtes en attestent), l'autre moitié ronge le frein de sa xénophobie en silence... Mais si l'on entend par "absence de racisme" la disposition à abandonner tout préjugé, tout ethnocentrisme, tout paternalisme, alors cela ne doit concerner qu'un Français sur mille, et encore...

 

Bref tout cela pour dire donc que l'atmosphère n'est pas très saine dans notre "douce France". Mieux vaut ne pas trop savoir sans doute de quoi ces 40 % de sarkozystes "sont le nom", comme dirait l'autre. Mais force est de constater qu'on peine de plus en plus à trouver des vertus à ses compatriotes.

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Femmes noires, regards de Blancs

16 Janvier 2010 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Colonialisme-impérialisme

Je lis ceci sur le blog http://feobus.centerblog.net/3176802-homme-blanc-femme-noire


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Quelle représentation se fait l'homme blanc de la femme noire ?

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Après enquête le verdict tombe tranchant comme le coutelas. Une noire ne pèse sur la balance de la séduction que par les fantasmes qu'elle suscite, largement à cause des stéréotypes liés à sa couleur.

Yann Le Bihan chercheur au laboratoire de psychologie sociale de l'EHESS à fait la constatation suivante :

"J'avais remarqué que la femme noire exerçait une certaine attraction sur les hommes blancs de mon entourage. Je voulais comprendre pourquoi. Ensuite savoir quelle était la représentation associé a cette attraction, en me focalisant sur deux aspects : la fonction de la représentation et le rôle qu'y jouait le statut social."

Yann Le Bihan a employé pour ce faire plusieurs méthodes complémentaires

Entretiens directs (association de mots)
Petites annonces piégées (même annonces avec 3 libellés différents dans 2 journaux au lectorat différent)

Femme noire de 26 ans
Femme blonde de 26 ans
Métisse de 26 ans

Introduire des variables a permis d'obtenir une base de comparaison et une grille d'analyse par rapport à la noire.

Les résultats sont désespérants, car ils établissent d'une manière formelle que les idées reçues et les stéréotypes ont la vie dure. La femme noire apparaît comme une femme de second choix, vers qui l'homme blanc se tourne lorsque tout autre choix est épuisé.

La femme noire se réduit aux yeux du blanc a un pur fantasme sexuel. Elle est réduite à une série de clichés aussi négatif les uns que les autres. Elle en prend pour la couleur de sa peau. Une tendance qui s'est amorcée des la phase des entretiens directs. A son évocation, la quasi-totalité des hommes interrogés avaient associé instantanément des mots « sexualité » « volupté » « sensualité » etc. à la femme noire. Toutes les descriptions données par les hommes blancs furent exclusivement centrées sur le corps de la femme noire.

Quant aux petites annones elles ont correspondu aux caractères sexuels de l'intérêt porté aux femmes noires.

Sur les 3 annonces il y a eu 637 réponses


Blonde 241 soit 41%
Métisse 213 soit 33,4%
Noire 163 soit 25,6%

Le constat est le suivant :

Les hommes qui se sont intéressés à la femme noire sont loin de faire partis de la crème sociale ou de l'élite économique. Il s'agit ensuite d'hommes assez âgés par rapport à l'age correspondant à celui de l'annonce ; en moyenne + de 43 à + de 50 ans présentant des stigmates ou des handicaps physiques limitant leur charme et leur pouvoir de séduction, enfin tout ce qui compromet de pouvoir séduire une jeune femme de 20 ans leur cadette.

Ce qui inversement signifie qu'une femme noire ne suscite pas l'intérêt d'un jeune homme blanc de même classe d'age, du même niveau social et économiquement à l'aise.

Autre triste constat, la femme noire a eu plus de réponse d'homme économiquement inactif, au chômage avec une proportion de divorcés plus élevé. Egalement de provinciaux ayant un capital économique plus faible et un statut social plus bas que la moyenne…Certains ont même indiqué rechercher une femme solide pour les travaux des champs

Sur les critères de relations sérieuses et du mariage, si les blondes et métisses ont bien reçut des réponses a caractère nuptial, la noire en revanche a croulée sous les indécences d'ordre sexuelles…Ce qui recoupe les entretiens directs aux cours desquels elle était dépeinte comme :

- Voluptueuse
- Lubrique
- Sexuellement disponible...Etc


Comment les hommes blancs sont-ils arrivés à associer systématiquement femme noire et sexualité, voir perversité ?

D'après Yann Le Bihan l'explication se trouverait dans le stéréotype que véhicule les noirs d'une manière plus générale. Si l'homme blanc fantasme sur la femme noire, la femme blanche peut aussi avoir la projection fantasmagorique de l'étalon noir. Car homme et femme noir dans ce stéréotype sont tous deux dotés d'une sexualité débridée. On peut définir cette attitude comme liés aux aspects négatifs que représentent les stéréotypies. Mais aussi de préjugés négatifs pré-définis non fondés et dévalorisants. Ce qui nous mène à une attitude discriminatoire et raciste.

Pour moi malgré le dénie de la communauté scientifique qui voudrait plus de preuve et de la communauté banche en général ce raciste est bien encré dans la société blanche même si n'est pas à fleurs de conscience le constat scientifique lui, le prouve. Car la réalité au quotidien montre cette tendance, et prouve que notre société n'a pas mis fin aux idées préconçues.

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Publicistes de Bakchich, Haïti, etc.

15 Janvier 2010 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Revue de presse

Vous le savez, je me tiens à l'écart des querelles journalistiques parisiennes qui, le plus souvent ne sont pas réellement portées par de vrais projets politiques et visent uniquement à conforter l'égo de tel ou tel. Je préfère observer des réalités humaines comme l'Abkhazie ou ma banlieue nord, je veux dire observer les actions d'anonymes qui "font" la réalité sociale où ils sont, que d'observer les observateurs, leurs effets de manche, leurs effets de plume, leurs belles parades nuptiales et guerrières. C'est pour cela sans doute que je n'ai prêté qu'une oreille distraite à l'existence de Bakchich (né il y a 2 ou 3 ans). Je n'ai connu le nom de Sébastien Fontanelle (c'est bien ça son nom ? ou Fontenelle ?) lorsqu'il est venu s'asseoir à la table où je prenais un verre  avec Houria Bouteldja l'an dernier, non pas parce que je m'intéressais à Politis ou à Bakchich (je crois qu'il collabore aux deux) mais parce que "Les Indigènes de la République" m'intriguaient, je voulais voir de quoi ce mouvement pouvait être porteur (8 mois plus tard je suis un peu sceptique pour être franc, mais bon, j'espère qu'ils peuvent encore me surprendre agréablement).

 Journaux-3-2.jpg

Aujourd'hui je découvre un autre publiciste de cette mouvance : Jean-Marie Bourget, un ancien reporter de Paris-Match si je comprends bien. Je tombe par hasard (via un post sur le blog d'Edgar qui mentionnait un article de Bakchich  l'Afrique - cf ci dessous) sur sa polémique avec Esther Benbassa. Je n'ai pas lu le livre de Benbassa, mais je trouve que cette polémique a du bon. Benbassa jouit d'une bonne réputation chez les pro-Palestine. Bourget pointe des insuffisances de l'auteur, ses partis pris cachés, que son statut de "grande chercheuse" la dissuade d'interroger elle-même avec humilité. Le travail sur les mots (par exemple la prohibition de l'expression "conflit israélo-palestinien") a toujours du bon. Les amateurs de duels médiatiques trouveront aussi leur compte dans l'attaque de Bourget contre l'épuisante Caroline Fourest.

Toujours pour nous faire réfléchir, utilement, dans le sens du "Sud", notez cet article français, Haïti, pornographie compassionnelle néocoloniale, publié sur le site d'une TV vénézuélienne par un jeune type de Sciences Po Toulouse.

La ville où je bosse se mobilise pour les sinistrés d'Haïti. Il y a le drame de ce peuple que la France a si injustement traité au 19ème siècle en plombant sa croissance par une dette d'esclavage. Au fait vous souvenez-vous du rapport fait par un intellectuel français pour le compte de Dominique de Villepin expliquant que la France ne devait pas rembourser les indemnités comme le père Aristide le lui demandait ? Renseignez vous.

Dans mon entourage, on s'inquiète pour Luis ex compagnon du Che qui bossait à Haïti. Notez aussi le singulier destin d'une de mes correspondantes d'Abhazie, l'arménienne que nous appellerons dans notre livre "Sophia". En 1992 elle a connu les horreurs de la guerre dans le nord de l'Abkhazie. Elle travaillait depuis deux ans pour les Nations Unies en Haïti. A Noel dernier elle est rentrée en Abkhazie pour ses vacances. Hier je lui écris "Heureusement tu étais en Abkhazie au moment du tremblement de terre haïtien". Elle me répond "Je ne suis pas en Abkhazie mais en Haïti. C'est la seconde fois de sa vie que cette femme se trouve ainsi confrontée à la mort, aux destructions, à la désolation autour d'elle. Ce doit être épouvantable.

Un site d'information arménien a repris dans ses pages mon article "Le Caucase et nous" sur la mobilisation proposée par un dirigeant de l'aile gauche de Die Linke. J'ignore comment ils ont connu l'existence de cet article.

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néocolonialisme : un texte hélas très réaliste

15 Janvier 2010 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Colonialisme-impérialisme

P1020404-copie-1.jpgPetites astuces pour bouffer l’argent européen sans se fatiguer

Chers frères africains, pour devenir riches, captez les fonds européens autrement : créez des ONG.


Frères africains, au cours des cinquante dernières années, nous avons suffisamment enrichi l’Europe
. Par notre travail, par nos ressources naturelles pillées, par nos argents publics détournés et planqués dans des banques du Vieux Continent. Il est à présent temps que nous songions à nous enrichir nous-mêmes.


Beaucoup d’entre nous partagent cette ambition légitime
, mais bien peu nombreux sont ceux qui parviennent à sortir de la camisole de force de la pauvreté que les Européens nous ont enfilée. Pourquoi ? Entre autres, parce que nous pensons pouvoir utiliser le système de prédation ultra-capitaliste qu’ils ont mis en place pour nous en sortir à notre tour.


Par exemple, nombre de nos frères montent de prodigieux projets d’entreprise ou de PME et font par la suite la manche devant les guichets de banques pour obtenir un crédit. Ce qu’ils oublient, c’est que ces banques, essentiellement des succursales de banques européennes, ne sont pas là pour financer l’économie des pays africains, mais presque exclusivement, pour pomper les épargnes africaines et les orienter vers le financement des PME-PMI européennes installées en Afrique, tandis que les bénéfices mirobolants retirés de ces épargnes placées ailleurs sont rapatriés en métropoles.


De même, inutile de compter sur les gouvernements africains
. La plupart d’entre eux comptent aussi sur les soutiens financiers européens, y compris pour payer leurs fonctionnaires. Que faire ? S’installer dans l’informel ? Cela servirait juste à survivre, car les travailleurs du secteur informel sont depuis longtemps plus nombreux que ceux du secteur formel. La concurrence y est, de surcroît, plus vive.


Créer une PME et faire les yeux doux à l’administration pour obtenir des marchés publics de gré à gré ? Cela peut marcher pendant un certain temps. Mais tout l’édifice échafaudé peut fondre du jour au lendemain comme beurre au soleil, lorsque le ministre protecteur est « victime » d’un remaniement ministériel, comme cela arrive fréquemment, ou quand survient un changement brutal de pouvoir, ce qui n’est pas rare.


Un ami à qui je faisais part de mon pessimisme
quant à la possibilité de s’enrichir dans un tel contexte m’a donné des conseils utiles que je m’en vais vous répéter. Il faut, précisément, tirer profit du contexte, m’a-t-il dit.

De quoi s’agit-il ? Les Européens disent que nos États sont défaillants et qu’au lieu d’y injecter des fonds par la suite irrécupérables, il vaut mieux soutenir les acteurs non étatiques : associations, collectivités locales, etc. Chers frères africains, cessez de perdre votre temps devant des banques qui ne vous accorderont aucun argent susceptible de faire prospérer vos affaires. Cessez de contourner le fisc en faisant disparaître vos entreprises du secteur formel pour les faire renaître dans l’informel. Pour devenir riches, captez les fonds européens autrement : créez des ONG.


De nos jours, l’ONG nourrit bien
son homme – ou sa femme, égalité des sexes oblige. Par exemple, au lieu de se casser la tête dans des montages financiers pour des projets de développement agricole pour lutter contre la faim, créez plutôt une ONG pour la sauvegarde des grands chimpanzés d’Afrique centrale menacés d’extinction, à cause des barbares de cette région qui les prennent pour du bon gibier. Vous obtiendrez à coup sûr une sinon plusieurs subventions d’Europe et d’autres parties du monde civilisé.


Il faut être malins, mes frères. Guettez les signaux émis par les grands intellos européens. Vous saurez ainsi, par exemple, que quand ils parlent des droits de l’homme, ils ne pensent pas au droit à l’alimentation, à la santé, au travail. Ces droits, pour eux, sont secondaires. Leurs vrais droits de l’homme, ce sont les droits politiques.


Par conséquent, chers frères, les ONG des droits politiques rapportent plus que les ONG à vocation sociale ou économique. Elles rendent aussi ceux qui les dirigent plus importants que les autres. Alors, créez le maximum d’associations de défense de la démocratie, de la liberté de presse, de la liberté sexuelle. Ce sont alors les subventions européennes qui viendront vous chercher.


Pour gagner toujours plus de subventions
, attaquez régulièrement vos gouvernements. Que vous soyez inquiétés ou non, racontez partout que vous êtes privés de tout. Vous serez la coqueluche des médias européens. On vous déroulera le tapis rouge partout. Vous visiterez le monde entier. On vous décernera des prix, vos poitrines croupiront sous le poids de décorations.


Ne vous arrêtez pas tant que les programmes européens de financement ne sont pas achevés
. Pour gagner plus, quelqu’un l’a dit, il faut travailler plus. Alors, au sein de vos ONG, faites travailler vos méninges pour maintenir vos subventions.


Par exemple, secrétez plusieurs associations satellites à qui vous reverserez une partie des fonds reçus, juste de quoi les faire survivre et donner l’illusion d’un travail en réseau. Votre lecture quotidienne doit être le site Internet de l’Union européenne. Il fournit des renseignements précieux sur les partenaires potentiels à intégrer pour avoir plus de chances d’être subventionnés, ainsi que sur la façon de rédiger les formulaires de demandes d’aides.


Dans vos projets, prenez bien soin d’indiquer en premier partenaire une ONG européenne des droits de l’homme, etc. Même dans le secteur de la « société civile », c’est celle du Nord qui domine et fixe les règles du jeu.


Vous l’avez compris : vous perdriez temps, énergie et « amis » européens en créant une ONG de défense de la souveraineté de vos États. Aucun fonds européen n’est disponible à cet effet. Aucune ONG européenne ne travaille dans un sens non européen. Et aucun parti politique européen, y compris ceux ayant accolé l’épithète socialiste, ne vous aidera sérieusement.


En réalité, en captant les fonds européens, nous ne ferions que récupérer notre argent indûment détourné par les banques et les multinationales européennes. Voler un voleur, est-ce voler ?


Valentin Mbougueng est président de la Ligue internationale des journalistes pour l’Afrique.
http://www.bakchich.info/Petites-astuces-pour-bouffer-l,09795.html
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"Un pays communiste ? Pas du tout ! c'était une dictature !"

14 Janvier 2010 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #La gauche

autruche-copie-1.jpgVu cet après-midi une jeune chef de service des relations internationales d'une mairie communiste en banlieue parisienne.
Moi : "Vous êtes jumelés avec une ville de ce pays africain depuis quelle année ?
Elle - 1985.
Moi - Ah oui ! c'était le temps où il avait un gouvernement communiste.
Elle - Non pas du tout. C'était une dictature !
Moi - Oui mais marxiste-léniniste.
Elle, le regard vide, certaine que je me trompe.
Moi - Je vous assure. Il y avait des conseillers soviétiques et cubains dans ce pays !"

J'ai bien aimé le "Pas du tout. C'était une dictature". Pour les néo-communistes et leurs employés aujourd'hui les régimes communistes n'ont jamais pu être des dictatures, il y a une antinomie d'essence entre communisme et dictature, qui fait relèguer hors de l'histoire de ce mouvement tout ce qui ne fut pas pluraliste et démocratique (et donc notamment toute l'aventure cubano-soviétique sur le continent africain à l'époque de Brejnev, Andropov et Tchernenko). Dans l'esprit de cette jeune femme - manifestement peu cultivée - tout cela n'avait à l'évidence pas existé, jamais, ou en tout cas, si c'était avéré, c'était sans rapport avec la commune où elle travaillait. D'ailleurs j'ai découvert un peu plus tard qu'elle avait complètement procédé à une recréation mythique des origines du jumelage : "le maire avait été très sensibilisé par une famine qui avait eu lieu là bas" (comme si à l'époque le PCF fonctionnait - comme il le fait aujourd'hui - en fonction des émois collectifs dictés par les médias et non selon la logique de la solidarité avec les "pays frères" et "partis frères"). C'est en vertu de tout cela que le PC actuel a renié l'expérience soviétique, mais aussi, peu ou prou, toutes les tentatives communistes du 20ème siècle, pour à la rigueur retrouver les tentatives du 19ème, et plus souvent encore ne se reconnaître aucun passé. Un PC sans passé, suspendu dans les airs, et prêt à prendre pour fondements légitimes de son action les incitations compassionnelles des grands médias. Voilà ce que j'ai trouvé dans ce service administratif cet après-midi. Cela faisait drôle quand même.
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Pourquoi il faut arrêter d'écrire des livres

13 Janvier 2010 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Ecrire pour qui pour quoi

books.gifJ'ai souvent dit pourquoi le livre me paraît constituer le meilleur espace possible de mise en forme d'une idée, d'une thématique. Mais il n'est que trop évident qu'il faut se hâter d'écrire les derniers livres, parce que le livre n'a plus du tout sa place dans la société actuelle. Coincé entre les grands éditeurs qui publient les livres de stars médiatiques les plus inconsistants (et les plus rapidement voués au pilon au bout de trois ou quatre semaines) et les livres de petits éditeurs parmi lesquels on trouve beaucoup de feuilles de chou d'un grand amateurisme (d'autant que les petits éditeurs n'ont même pas les moyens de relire sérieusement vos coquilles), on en est réduit à chaque fois à jeter des bouteilles à la mer, en se demandant quelle bibliothèque universitaire ou municipale aura l'audace de vous sauver de l'oubli en vous recueillant dans ses rayons (la BPI de Beaubourg a acheté mon livre sur la Transnistrie, la BNF mon roman, pourquoi ces livres plutôt que d'autres ? mystère).

En outre, pour le lien avec le public, on dépend trop du bon vouloir du journaliste Lambda, qui vous cite ou ne vous cite pas selon son humeur. Récemment une certaine Laurène je-ne-sais-plus-trop-quoi annonce qu'elle citera mon livre sur la Transnistrie dans une revue liée au Courrier international, puis y renonce parce que j'ai eu le tort de lui demander à quelle date elle le ferait. Même mésaventure avec une journaliste de la presse féminine sur mon livre de sociologie du corps. Au dernier moment on cite quelqu'un d'autre, un autre livre. Peu importe que l'autre livre soit meilleur ou pire, de toute façon les livres sont assez mal lus, en diagonale, ça n'a aucune importance (et cela n'ira qu'en empirant avec le livre électronique dont on pourra alterner la lecture avec Internet sans changer de support). En choisissant de citer l'auteur le plus "sympa", celui qui accepte le mieux la souveraineté des médias sur les livres, on prive juste les lecteurs de la possibilité d'aller plus loin dans leur réflexion, de prendre plus d'indépendance. Mais who cares ?

De toute façon, citer les gens quand on choisit de le faire c'est juste leur permettre d'ajouter une note "sympa" dans le flot du "sympa" comme on le fait avec Badiou, et donc les hâper dans la spirale du néant. Ne pas les citer c'est les laisser se replier sur leur club de 50 amis qui pensent comme eux sur Facebook, et voilà tout. Le choix récent de Nabe de boycotter l'édition classique présenté comme un bon coup financier se lit d'abord et avant tout lui aussi comme un repli sur le cercle des fidèles. Il n'y a plus d'espace public où chacun peut trouver des valeurs communes et s'en nourrir. Il n'y a qu'un supermarché de valeurs tribales. Chacun est prié de trouver sa tribu, et va y consommer tranquillement, dans l'attente de passer, peut-être dans cinq ans, dans une autre tribu, mais sans qu'aucun horizon de bien public, d'universalisme humaniste ne puisse se dégager de tout cela.

Mélenchon aujourd'hui regrette que le trostkiste Daniel Bensaïd soit mort sans que personne ait eu vraiment l'occasion de savoir ce qu'il écrivait, sauf les intellos proches de la LCR et du "mouvement social". On pourrait en dire autant de tant d'autres. Ca n'a pas d'importance de toute façon, puisque plus personne n'a plus d'énergie ni de temps pour structurer quoi que ce soit sur la base de ce qu'il lit.

Tout le monde sait qu'il ne serait pas sorcier de fiche en l'air les partis politiques, de rétablir l'autorité de l'Etat, liquider le système de consommation, tout nationaliser, et, sur cette base, recommencer à réfléchir sérieusement au bien commun. Mais qui est prêt à consacrer plusieurs années de sa vie à ce projet ? Où est passé le jeune gars qui il y a 15 jours m'a dit s'intéresser au socialisme réel et vouloir rencontrer des organisations de jeunesse en Transnistrie ? Par l'entremise d'un de mes contacts j'étais même parvenu à le mettre en relation avec une des dirigeantes du mouvement guévariste Proriv dans ce pays. Mais il a probablement oublié de donner suite. La logique du zapping et de l'émiettement est plus forte que tout. Les moyens techniques mettent les plus grands révolutionnaires à deux clics de votre boîte email... mais entre le matin où vous avez demandé leurs coordonnées et le soir où on vous les donne, vous avez juste changé d'avis, vous êtes passé à autre chose. "De mon côté je suis malheureusement trop du genre gauchiste velléitaire dont tu parles dans "dix ans sur la planète résistante" ", m'écrivait un jeune militant du PCF la semaine dernière.

Alors non, pas de livre. Basta ! Il faut savoir en finir avec ça.


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Pauvres territoires

13 Janvier 2010 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Béarn

PAU.jpgVoici la vidéo du dernier conseil municipal de ma ville natale : http://www.pau.fr/webtv/?video=cm141209&debit=haut. Toute cette réunion est placée sous le signe de la "concurrence des territoires", la lutte de tous contre tous, le néolibéralisme. Toute la politique locale est déterminée par cette problématique, et la gauche comme la droite y adhèrent. Une ville doit se vendre comme une savonette, comme une prostituée, si elle veut survivre. Bien fol qui adhère encore aux valeurs de la société dans laquelle nous vivons !
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