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Le blog de Frédéric Delorca

L'armée du régime putschiste tire sur les manifestants en Thaïlande

29 Avril 2010 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

 

"Les manifestants antigouvernementaux thaïlandais demandent à l'Union européenne de dépêcher des observateurs à Bangkok pour prévenir un assaut des forces de sécurité, au lendemain de nouveaux heurts qui ont coûté la vie à un militaire et fait 18 blessés." explique la Propagande officielle française.

 

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Sur Facebook, l'administratrice du groupe "La vérité sur les Chemises rouges et sur la Thaïlande d'Abhisit" écrit aux membres du groupe, sous le titre "Le ciel de la Thaïlande est noir comme un ciel de corbeaux" :

 

"La nuit nous la redoutons chaque nuit, de peur que l'aube soit rouge, rouge du sang des Chemises rouges.


Les appels à la Saint-Barthelémy se font de plus en plus nombreux, les deux premières victimes de la guerre civile sont tombées.


Les Chemises rouges en appellent à l'Europe, au État-Unis afin que les chars de la dictature n'avancent pas... tout est prêt, les médias complices ont commencé à fermer les yeux et renvoient dos à dos le pot de terre des Rouges et le pot de fer des Jaunes...


Je ne sais s'il est encore temps de faire connaitre votre voix, mais je sais qu'elle n'est pas inutile... la mienne peut être interrompue d'une minute à l'autre... dans ce cas oubliez-moi, mais ne laissez pas tomber mon combat pour les Chemises rouges, prenez la relève.


Merci de continuer à diffuser mon appel et me faire savoir si vous êtes prêt à accepter l'administration de ce groupe.
Merci encore
Cordialement"

 

Un sympathisant des Chemises rouges, a été arrêté pour insulte à la monarchie sur Facebook, un crime passible de 15 ans de prison.

Il a été interpelé jeudi à son domicile pour un message posté le mois dernier sur le site de socialisation par internet. Il "a affiché un message inapproprié et porté atteinte à la sécurité nationale en insultant la monarchie sur Facebook le 19 mars" , a indiqué le département des enquêtes spéciales.

La méthode est utilisé par Abhisit pour faire peur et étouffer toute critique. S'exprimer est dangereux en Thaïlande

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De la clémence des gouvernants

27 Avril 2010 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Débats chez les "résistants"

Je voudrais ici reproduire un article que j'ai trouvé sur Maliweb. Il pose la question de la clémence, un thème qui fut très débattu dans l'histoire politique de l'Europe - voyez notamment les interrogations philosophiques sur la fameuse clémence de Jules César (qui finit par lui coûter la vie du reste).

 

On peut croire ces débats dépassés dans nos démocraties policées où les changements (ou les pseudo-changements) de dirigeants naissent des urnes, et où les masses gavées de TV, de consommation et d'Internet n'ont pas trop d'envie de revanche. Ils trouvent cependant un écho particulier en Espagne, où les actions pour mettre fin à l'impunité de l'héritage franquiste et obtenir réparation pour les victimes se multiplient. On y reviendra à l'occasion.

 

La clémence pour les dictateurs déchus ne porte-t-elle point en germe leur retour sur la scène publique et la réaction politique ? Ne vaut-il pas mieux les condamner à l'exil ? Vastes questions qui rappellent celles qui entourèrent l'exécution de Louis XVI.

 

FD

 

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L'ancien Président, le Général Moussa Traoré lors de son
procès devant la cour d'assises de Bamako en 1992 (ina.fr)
 

Le Mali a célébré vendredi dernier les 19 ans de la révolution du 26 mars 1991, qui a débouché sur la chute de la dictature de Moussa Traoré et l'instauration de la démocratie. Depuis, le Mali a changé. Les conditions de vie et de travail du corps social se sont améliorées. Depuis, il y a plus d'écoles, plus de centres de santé, plus de routes. Depuis, il existe toutes les libertés: individuelle, collective, d'expression, de réunion, de va et vient…

 

Depuis, le président déchu, Moussa Traoré, a clamé son innocence au cours du double procès (crimes économiques et crimes de sang), sanctionné par la condamnation à mort du tombeur du défunt Modibo Kéïta. La suite est connue. Moussa Traoré ne sera pas exécuté comme un certain Saddam Hussein à Bagdad. Il est, depuis juin 2002, gracié par l'ex- président Alpha Oumar Konaré. Il vit aujourd'hui une retraite pieuse et débonnaire. En effet, il consacre une bonne partie de son temps à Dieu et une autre à des activités sociales, notamment sa participation à des mariages, décès et baptêmes de ses proches. C'est au cours de ces événements que l'on se rend compte de la popularité de l'homme. Imposant et charismatique, Moussa Traoré dérange certaines autorités à chaque fois qu'il se trouve dans un même lieu qu'elles.

 

Aujourd'hui, et de plus en plus, beaucoup pensent que Moussa Traoré "n'a rien fait". Il y a, en fait, une certaine compassion envers lui. A commencer par le président ATT, qui lui accorde des avantages indus, car il a perdu juridiquement ses droit d'ancien chef d'Etat.

 

A la discrétion de Koulouba, plusieurs avantages lui ont été attribués: la villa d'Etat qu'il habite dans le quartier de Djikoroni Para, une garde personnelle, des véhicules et une rente avoisinant les 1200 euros par mois (près de 800 000 FCFA), selon Jeune Afrique N°2560 du 31 janvier au 6 février.

 

Les victimes de Moussa Traoré souffrent pendant que lui, condamné puis gracié, bénéficie de la clémence de l'Etat démocratique d'ATT.

 

Moussa Traoré a, certes, été gracié mais il n'est pas réhabilité. Il n'a pas reçu le pardon du peuple, qui passe par une loi d'amnistie que seuls les députés peuvent voter. Moussa Traoré n'a pas été réhabilité, mais il profite de l'argent public. Cela n'est pas normal et relève du politiquement incorrect.

 

La question que l'on se pose est de savoir s'il va continuer, après le départ d'ATT du pouvoir, à bénéficier de ces subsides? Si oui, mieux vaut engager un projet de loi devant l'Assemblée nationale, pour qu'enfin il soit véritablement réhabilité en recouvrant ses droits civils. A 73 ans, même éligible, Moussa Traoré n'osera pas se présenter à une quelconque élection. Doit-on réhabiliter Moussa Traoré? Un pas a déjà été fait dans ce sens.

 

Maintenant, faut-il aller au bout de la logique?

 

Voilà toute la problématique.

 

Chahana Takiou

 

 

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Ce qui m'exaspère cette semaine

26 Avril 2010 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Billets divers de Delorca

Je voulais écrire aujourd'hui sur cette Thaïlandaise remarquable, qui écrit dans un français délicieux, et qui, à Bangkok , a créé un groupe sur Facebook pour faire connaître ce que sont les Chemises rouges calomniées par nos grands médias et qui risquent chaque jour la liquidation physique dans un bain de sang. Elle se nomme Yaoline Buntang (sur Facebook en tout cas). Je suis heureux d'avoir pu conduire vers son groupe qui stagnait à 25 lecteurs depuis 15 jours les 2 900 "amis" du réseau Atlas alternatif dont déjà 200 ont adhéré audit groupe. C'est bien peu de chose, car je sais que ces réalités virtuelles ne comptent pas dans l'histoire réelle de notre monde, mais au moins cela donne à cette militante persuasive le sentiment que le pays européen dont elle aime la langue n'est pas complètement étranger au drame que connaît le sien.

 

Mais je ne puis écrire davantage sur ce sujet, car je suis exaspéré par beaucoup de choses. Je suis exaspéré en premier lieu par l'obsession anti-burqa de M. Sarkozy et cette chasse à l'Islam du nord de la Méditerranée à laquelle toute cette agitation sur un sujet vestimentaire si marginal pourrait conduire (heureusement pas plus de 33 % des Français gobent les sottises de l'UMP sur ce thème).

 

Et je suis aussi agacé, en ce moment, par une agitation radicale petite bourgeoise qui se répand chez certains intellos issus de l'immigration postcoloniale qui se plaisent à dénigrer la culture française comme culture d'un pays pourri.

 

Tout cela est absurde ! La culture française a eu des moments de grandeur. La France que chante Jean Ferrat, bien sûr, mais pas seulement. La France de Descartes, la France de Gide, et même la France de De Gaulle par certains côtés est grande aussi. Les crimes coloniaux ne peuvent à eux seuls discréditer cette France-là. Bien sûr la France doit être ouverte aux peuples du Sud, culturellement ouverte, à défaut de pouvoir physiquement ouvrir ses frontières, soutenir la Palestine, dénoncer davantage le nouvel ordre mondial qu'elle ne le fait (et même qu'elle ne l'a fait à l'époque de la guerre d'Irak). C'est par là aujourd'hui qu'elle se grandirait et retrouverait quelque accès à l'universalité. Mais le fait qu'elle ne le fasse pas ne suffit pas à faire d'elle une traînée. La surenchère dans la radicalité culturaliste est sur ce point stupide. Elle empeste le ressentiment. Que les moines de ce pseudo-combat-là reviennent sur terre ! Ce n'est pas par leurs prêches enflammés qu'ils touchent aux besoins réels du public immigré ou issu de l'immigration auquel ils s'adressent.


Je suis aussi agacé, il va sans dire, par toutes les comédies culturelles médiatiques. Je suis agacé par les vidéos d'Ardisson sur Dailymotion, et par le prof de philo qui, dans la vidéo ci-dessous, profère une énormité toutes les 5 minutes sur le structuralisme (et pourtant Dieu sait combien j'ai critiqué le strucuralisme, mais oser dire par exemple que Lacan avec "moi la vérité je parle" manifestait les excès de son égo est proprement inepte !), tout ce cours excécrable au service du conservatisme d'un Marcel Gauchet ou d'un Paul Ricoeur, avec un ton pompeux du prof "cool" qui sait que personne ne le contredira parce que des petits bons élèves au premier rang font la claque pour lui ! Les pires souvenirs de ma jeunesse à Sciences Po et dans diverses conférences s'éveille devant cette vidéo ! Bien sûr tout n'est pas faux ni idiot dans ce que dit M. Dosse, mais il y a suffisamment de phrases inconsidérées, d'inadmissibles facilités, qui, à elles seules eussent justifié que ce monsieur ne pût tenir en otage un public de jeunes gens ignorants du sujet qu'il traite (et donc sans défense contre ses erreurs) comme il le fait pendant une heure;

 

S'élève aussi en moi, enfin, l'indignation quand je vois monter la polémique contre Michel Onfray sur la psychanalyse. Onfray ne mérite aucune polémique tant sa philosophie est faible, et s'il avait dû en attirer, ç'aurait dû être sur d'autres sujets (notamment son cours d'histoire de la philosophie sur France culture). Mais pas sur Freud qui, quels que fussent ses talents créatifs que je lui reconnais bien volontiers (tant de belles théories, tant de beaux mythes inventés par ce médecin viennois !), n'est que trop soutenu par la culture dominante.

 

Mais cessons de perdre de l'énergie à conspuer le climat d'imbécilité qui préside à la plupart des débats "de société" ou culturels. Continuons de soigner notre étude de l'histoire humaine, dans ce qu'elle produisit de meilleur et de pire. Cet après-midi, pour la rédaction de mon dernier livre qui sortira en 2011, je relisais la vie de Zénon de Cittium par Diogène Laërce. Voilà qui mérite qu'on s'y investisse. Zénon le Phénicien, le Phénicien d'Athènes, fondateur de la secte des stoïciens, si féconde qu'elle inspira les élites méditerranéennes pendant quatre siècles après lui (et notamment en partie le christianisme). Un homme qu'Athènes vénéra, et non sans raison. Athènes après avoir tué Socrate sut reconnaître la grandeur, par la suite, de ceux qui démystifiaient ses dieux. Si seulement notre monde était capable d'une lucidité semblable...

 

 

 

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"Histoire philosophique et politique des deux Indes" (II)

24 Avril 2010 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Philosophie et philosophes

L'été dernier nous avions lancé une discussion sur les Lumières et le colonialisme à l'instigation d'un lecteur admirateur de Diderot - voir nos billets du 17 août 2009 et du 26 août 2009.

 

Je crois que Stéphanie Couderc-Morandeau a raison de dire dans son livre que l'idée même de progrès, la vue selon laquelle l'autre est un barbare attardé, favorise toujour le colonialisme, et, en ce sens, les Lumières ont été colonialistes.

 

Si vous prenez par exemple le chapitre "Occuper l'Afrique du Nord ?" dans Histoire philosophique et politique des deux Indes (ouvrage du 18ème siècle il faut le rappeler) : l'auteur y écrit : " si la réduction et le désarmement des Barbaresques ne doivent pas être une source de bonheur pour eux comme pour nous (...) restons dans nos ports !" Cela signifie qu'il ouvre encore la possibilité d'une conquête coloniale ("la réduction et le désarmement") qui puisse apporter du bonheur. On ne peut pas nier que beaucoup y ont cru, y compris parmi les colonisés, mais dans l'ensemble la psychologie anticoloniale contemporaine, nourrie aux sources de Fanon, Sartre et Hegel (la dialectique des regards), ne peut pas adhérer à l'idée qu'on puisse faire le bonheur d'autrui en le désarmant.

 

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Reconnaissons tout de même à cette Histoire philosophique, le mérite d'avoir établi "in abstracto" de bons principes moraux de ce qu'aurait pu être une politique commerciale intercontinentale raisonnable dans les deux siècles qui ont suivi la découverte des Amériques. Je renvoie notamment à l'étonnant chapitre de Diderot intitulé "Du droit de coloniser" qui est peut-être le texte le moins colonialiste de tout le livre et qui définit assez précisément les conditions d'une occupation de terres vierges qui n'aurait nui ni aux intérêts des "sauvages" ni à a bonne entente avec les Européens. C'est un texte qui pose très clairement qu'une spoliation des terres ou des idées religieuses transforme le spoliateur en bête sauvage que le peuple menacé est en droit de chasser de chez lui par les armes...

 

C'est une heureuse intervention de Diderot dans le livre, mais toutes ne le sont pas. Celle qu'il pose à la fin du chapitre sur la république communiste organisée par les Jésuites au Paraguay me semble notamment d'assez mauvais goût. Non qu'elle soit dépourvue de mérite sur le fond - elle nuance la naïveté du début du chapitre écrit par quelqu'un d'autre - mais on y retrouve toute sorte de facilités propres à Diderot : son lyrisme, ses points d'exclamations, ses badinages, et son obsession sexuelle. Curieux : j'aimais Diderot à 16 ans (son Jacques le Fataliste). Aujourd'hui, dans les pages de l'Histoire philoophique il m'agace bien souvent.

 

Le plus intéressant dans ce livre, je trouve, c'est ce regard des Lumières, qui baignait toute une partie de la bourgeoisie et de l'aristocratie de l'époque : cette façon de penser l'humanité dans son ensemble, et dans les défis qu'elle avait à relever face à une nature hostile, et une propension à perdre de vue les préceptes de la raison. Ces hommes étaient guidés par un schéma de pensée intéressant, une grille de lecture, qui leur faisait aborder tous les problèmes sous ce double angle d'approche (un peu comme les stoïciens, autre grande option rationaliste de l'histoire de l'humanité que j'étudie et défends en ce moment, abordaient eux aussi tous les problèmes dans une dialectique avec la nature et avec la perversion, mais tout en posant la problématique de la perversion sur une ligne différente de celle des Lumières).

 

A l'époque des Lumières, le combat pour la maîtrise de la nature (notamment la baisse de la mortalité humaine) était loin d'être gagné comme il le fut un siècle plus tard. Et donc l'optimisme dont on crédite souvent cette époque est tout de même mêlé de beaucoup d'inquiétudes qui rendent les argumentations nuancées et intéressantes. Je crois qu'il faut revenir à la lecture de ce livre qui fut sans doute la meilleure production de son temps sur la problématique coloniale. J'y reviendrai d'ailleurs peut-être à nouveau sur ce blog.

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L'applaudimètre d'Amazon

23 Avril 2010 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Transnistrie

Hier j'ai découvert qu'une journaliste de Ouest France a donné 3 étoiles à mon livre sur la Transnistrie sur Amazon, en regrettant que je n'aie pas pu glaner plus d'infos dans le cadre de mon voyage officiel. A côté de cela, un Suisse enthousiaste accorde 5 étoiles au livre de Deleu, "La poudrière de l'Europe".

 

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Un Français qui allait souvent en Transnistrie (et était en couple avec une Transnistrienne) avait pourtant écrit l'an dernier sur le mur du groupe de mon livre : "J'espère que votre ouvrage fera référence sur la transnistrie... c'est bien mieux que "la poudrière de l'europe" lol "

 

Les aléas de l'applaudimètre d'Amazon font passer un livre salué par un connaisseur de la Transnistrie, derrière un autre livre, que le même lecteur juge moins bon, mais qu'un Suisse solitaire, qui ne connaît rien des bords du Dniestr a trouvé captivant... Voilà qui devrait inciter les utilisateurs d'Amazon à la plus grande prudence....

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J'y pense et puis j'oublie

23 Avril 2010 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Débats chez les "résistants"

Le comité Valmy (communisto-gaulliste) lance un appel à l'insurrection. La liste des groupuscules et intellectuels parisiens destinataires de cet appel est impressionnante. On y retrouve toute sorte de gens dont je parle dans mon 10 ans sur la planète résistante, du Plan B à Al Manar, en passant par le cercle bolivarien de Paris, j'en passe et des meilleurs. Evidemment on peut douter que cet envoi magistral débouche sur la moindre rencontre réelle de tous ces groupes et encore moins sur une action quelconque. C'est juste une façon de se convaincre qu'on essaie de faire avancer les choses, au milieu d'une situation vraiment nauséabonde (en date des derniers rebondissements mal odorants : la très mauvais initiative législative de notre bien aimé M.Sarko sur le niqab, en dépit de l'avis prudemment négatif du Conseil d'Etat).

 

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S'il y a consensus parmi des groupes sociaux variés pour changer les choses, le passage à l'acte est difficile, même pour se rencontrer. On me propose des déjeuners. Je dis "oui, d'accord". Et puis, plus de réponse. Comme le Comité Valmy, tout le monde fonctionne par à-coup, sur le mode du "il faut faire quelque chose, j'y pense"... et puis j'oublie. C'est le problème de toutes ces initiatives qui reposent sur quelques personnes débordées par diverses activités. Le suivi, la régularité font défaut. Tout cela peine à s'organiser réellement.

 

 

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M. Sarkozy dans le 9-3

22 Avril 2010 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #La gauche

Mardi le président de la République était dans le 9-3 pour l'intronisation du nouveau préfet quelques jours après les violences de Tremblay. Un élu communiste a tenté de brandir une petite affiche pour rappeler que parmi les problèmes de ce département, il y avait des budgets sociaux que l'Etat laissait à un conseil général déjà pauvre sans compensation financière. Il semble que les amis du président de la République ont su le convaincre de remettre l'affiche dans sa poche...

 

Si vous avez la curiosité de savoir qui est cet élu issu du petit monde soviétique d'Aubervilliers (heureusement aujourd'hui normalisé et devenu ville socialiste,ouf !) voici une vidéo.

 

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Ein wenig Musik

22 Avril 2010 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Billets divers de Delorca

 

 

As soon as you're born they make you feel small
By giving you no time instead of it all
Till the pain is so big you feel nothing at all
A working class hero is something to be
A working class hero is something to be

They hurt you at home and they hit you at school
They hate you if you're clever and they despise a fool
Till you're so ------- crazy you can't follow their rules
A working class hero is something to be
A working class hero is something to be

When they've tortured and scared you for twenty odd years
Then they expect you to pick a career
When you can't really function you're so full of fear
A working class hero is something to be
A working class hero is something to be

Keep you doped with religion and sex and TV
And you think you're so clever and classless and free
But you're still ------- peasants as far as I can see
A working class hero is something to be
A working class hero is something to be

There's room at the top they are telling you still
But first you must learn how to smile as you kill
If you want to be like the folks on the hill
A working class hero is something to be
A working class hero is something to be

If you want to be a hero well just follow me
If you want to be a hero well just follow me
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Les cheminots ne respectent pas les droits de l'Homme

22 Avril 2010 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

Le secrétaire d'Etat M. Estrosi a dit tout haut, ce que le système bourgeois pense plus ou moins bas à propos des agents de la SNCF (qu'il comparait à des agents qui auraient fait la grève du déblaiement après le tremblement de terre d'Haïti, parce qu'ils ont refusé de reprendre le travail malgré l'irruption d'un volcan en Islande):

 

"Il y en a qui (...) alors qu'il y avait une situation exceptionnelle, un phénomène naturel, et qu'il y avait un devoir de solidarité, la nécessité de respecter les droits de l'homme tout simplement, ont continué à avoir un comportement de repli sur eux-mêmes".

 

Il y a dans cette phrase une vieille antienne bourgeoise du 19ème siècle : les mouvements de masse méprisent les valeurs individuelles de la déclaration des droits de l'homme, le droit de chacun à la propriété, à la sûreté, la liberté d'aller et venir.

 

Et puis, il y a une autre couche dans cette phrase, plus contemporaine, plus apocalyptique : la notion de crime contre notre espèce. Voyez, ces gens ne sont pas des philanthropes (à la différence des rois héllenistiques). Le monde est à feu et à sang, il y a des volcans partout, des tremblements de terre, presque des cadavres dans les rues, et ces messieurs de la SNCF ne sont pas "solidaires", ils laissent ces pauvres (petits bourgeois) vacanciers au milieu du chaos volcanique pour défendre leur petit droit corporatiste à... (leur droit à quoi au fait, on ne sait même plus pour quoi les agents de la SNCF faisaient grève).

 

Evidemment l'argument du secrétaire d'Etat est ridicule. Mais je me demande si 20 ans d'apocalyptisme compassionnel dans les représentations médiatiques ne finissent pas par le rendre crédible aux yeux de beaucoup de gens.

 

Tout cela prêterait à sourire sur la bêtise de notre époque, s'il ne se profilait pas derrière ces propos ridicules de M. Estrosi une affaire plus grave : le démantèlement progressif d'un service public français qui depuis 1945 avait accompli des merveilles. Car c'est bien de cela qu'il s'agit. Derrière la volonté de briser la caste des cheminots et leur "culture de la grève", il y a le souci de pouvoir enfin "faire ce qu'on veut" avec la SNCF : la soumettre toujours plus à des logiques commerciales, investir moins dans ses infrastructures, pour ne pas trop peiner ses futurs actionnaires, faire du business sur son dos et sur celui de ses passagers (pardon ! de ses "clients" !). Que nos services publics ne soient plus que des "utilities" comme disent les Anglo-saxons, sur lesquelles on se fera du pognon.

 

Voulez-vous que je vous raconte la triste histoire de la jolie gare Saint Lazare au bord de l'implosion ?

 

 

Dans la même logique une postière hier, apparemment très motivée, fraîchement formée par les écoles du Parti (le Parti du fric), me montrait, sourire aux lèvres son nouveau bureau de poste, sans guichets, au milieu duquel trônaient les "produits" (enveloppes pré-affranchies, cartons à colis) très chers que nous sommes instamment incités à regarder (et acheter) avant d'aller poster nos lettres. Tout pour les produits ! Tout pour le profit ! Ca c'est solidaire et respectueux des droits de l'homme !

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A propos de "Le boycott d'Israël est-il de gauche ?" d'Eric Marty

22 Avril 2010 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Colonialisme-impérialisme

Vous le savez, je m'abstiens d'attaquer trop souvent l'Etat d'Israël, parce que je ne trouve pas légitime la polarisation intellectuelle sur ce sujet (et même dans beaucoup de cas cette polarisation est malsaine). Il y a beaucoup d'autres problèmes en ce bas monde que ceux du Proche-Orient, et ceux qui se laissent obséder par ces derniers ne rendent pas service à l'intelligence.

 

En outre j'apprécie plus que tout les débats sereins sur les grands sujets de notre temps. Plus l'argument remplace l'invective plus nous pouvons avancer (même s'il est vrai que la brièveté des billets sur Internet ne rend pas toujours la chose possible).

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C'est pourquoi j'apprécie particulièrement l'article d'Eric Marty "Le boycott d'Israël est-il de gauche". On y trouve exposés en des termes pondérés et sereins (ce qui est loin d'être toujours le cas chez les partisans d'Israël) les raisons pour lesquelles selon l'auteur Israël ne doit pas être boycotté. J'invite donc les gens à lire cet article.

 

Evidemment je ne suis pas d'accord avec le point de vue qu'il expose. Par exemple quand il explique qu'il n'y a pas eu de viols systématiques de civils ni de meurtres de masse et "donc" pas de crimes de guerre à Gaza : cette vision trop restrictive des crimes de guerre n'est pas acceptable et n'a jamais correspondu à la définition classique du terme. Viser délibérément des usines, des centrales électriques, des bibliothèques, et même un zoo, c'est s'en prendre à des civils, donc c'est un crime de guerre tout aussi grave que de violer des femmes. De même je trouve très grave sur le principe d'écrire "jamais la Cisjordanie n'a connu une évolution politique et économique aussi prometteuse". L'auteur parle ici d'une région sous occupation militaire. Je ne vois pas quelle "évolution politique prometteuse" peut connaître une région qui ne dispose d'aucune souveraineté politique. Que peut-il y avoir de "prometteur" dans le fait que quelqu'un d'autre décide pour vous de votre avenir ? N'est-ce là pas légitimer la mise sous tutelle d'autrui, et son infantilisation ?

 

Bien sûr le passage le plus contestable est celui selon lequel "ce peuple et cet Etat ont su, par le passé, montrer, en restituant le Sinaï et Gaza, qu'aucun projet colonial ne pouvait leur être imputé comme fait de structure". Evidemment l'argument ne convainc pas. D'abord parce qu'il y a la Cisjordanie justement : avec sa toile d'araignée de colonies. Que pèse la restitution du Sinaï (ou même le démantèlement des colonies de Gaza) face à cette réalité ? Et si Israël n'a pas de projet colonial, alors pourquoi n'a-t-il pas saisi la chance des accords d'Oslo dans les années 1990 pour geler la colonisation cisjordanienne ? Et puis, plus profondément, il y a le principe même de la création d'un Etat juif en terre arabe, qui est le principe de la création d'Israël, qui est ici à interroger. N'est-il pas colonial dans son essence ? Bien sûr c'est l'argument constant de tous les colonialistes de dire "nous n'avons pris les terres de personne", "il n'y avait personne quand nous sommes arrivés", "les gens avaient quittés leurs fermes d'eux-mêmes et on s'est contentés de s'installer là". Mais ça ne tient jamais la route. J'attends toujours qu'on me démontre que les fondateurs d'Israël n'ont pris les terres de personne.

 

Je pense que le meilleur argument qui puisse aller dans le sens des sionistes est de dire qu'il ne sont pas "rendus compte" qu'ils colonisaient et qu'ils spoliaient en 1947. On sortait de ma guerre, des millions de gens étaient morts, dans la shoah, mais aussi dans les diverses opérations militaires. La vie et la propriété n'avaient plus guerre de prix. Des peuples entiers avaient été déplacés (par exemple par Staline). Et donc l'expropriation de quelques centaines de milliers d'Arabes du mandat britannique de Palestine n'étaient qu'une injustice parmi mille autres. C'est d'ailleurs pourquoi bien peu de gens la trouvèrent scandaleuse à l'époque.

 

La "malchance" de cette colonisation occidentale (car elle était essentiellement occidentale, puisque les Juifs venaient d'Europe et d'Amérique, et avec le soutien de l'Ouest, c'est qu'elle fut contracyclique : elle intervenait alors que partout ailleurs les autres colonisations occidentales allaient être battues en brèche. Ainsi, plus l'Occident reculait dans le Tiers-Monde, plus l'installation d'Israël choquait. La machance d'Herzl est que son projet fut trop tardif. Celui des nationalistes basques, ou corses le fut aussi au regard du grand éveil des nations de la première moitié du 19ème siècle mais les Basques et les Corses du 20ème siècle pouvaient au moins se prévaloir d'une rhétorique anticoloniale qui suivait l'air du temps. Le nationalisme sioniste a été trop tardif, et son colonialisme trop "voyant" et trop décalé par rapport au monde de Bandoung issu de la décolonisation.

 

Israël a sans doute fait beaucoup d'efforts pour rester démocratique et, sur divers points, ouvert. Mais il n'a pas su effacer le péché de colonialisme, qui est dans son essence, et qui reste aujourd'hui un ressort essentiel de son fonctionnement. Nous pourrions à la rigueur aujourd'hui qu'il ne s'agit que d'un reliquat colonial parmi d'autres comme le Sahara occidental, ou la Nouvelle Calédonie, ou Mayotte, et le traiter sur le même mode. Evidemment, comme l'écrit Vijay Prashad dans un texte récent, le problème va un peu au delà puisque maintenant nos élites mobilisent beaucoup d'argent et surtout beaucoup de censure intellectuelle pour sacraliser l'existence de ce colonialisme à contre-temps, et même en faire le fer de lance de la civilisation face au reste du Proche Orient qui serait voué à l'obscurantisme. D'une certaine façon c'est parce que notre société dépense tant d'énergie à justifier la colonisation en Palestine que nous devons en permanence rappeler que cette réalité-là (le colonialisme) ne peut plus être une valeur de l'Occident, et donc, en permanence, critiquer le discours dominant qui voudrait faire d'Israël l'avant-poste des valeurs occidentales au Proche-Orient.

 

 

 

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Particularismes et universalisme

21 Avril 2010 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Débats chez les "résistants"

Mon article sur Lady Gaga et Nabe a été repris sur une sorte de liste confidentielle consacrée à cet écrivain. Du coup je crois que cela m'a attiré quelques nouveaux lecteurs dont cette personne qui m'explique que Nabe a toujours refusé d'être un intellectuel.

 

Je pense que  dans son cas comme dans d'autres c'est l'articulation entre intellectuel et universel qui lui pose problème (par delà même les cas risibles de BHL, Finky and co). Une articulation qui a été voulue par la gauche (mue depuis 1789 par un universalisme que certains disent abstrait) mais on voit bien à la fois le risque d'imposture qui soustend l'appropriation de l'universel, et la difficulté permanente de la mise en empathie entre l'universel et les particularismes - par exemple entre un précepte apparemment utile à l'ensemble de notre espèce, et les différentes volitions ponctuelles qui en contredisent le respect.

 

Personnellement, comme je l'ai souvent dit sur ce blog, je me suis réconcilié avec la notion d' "intellectuel" du temps où j'ai connu des Serbes qui en pleine guerre attendaient de Chomsky et de Bourdieu qu'en qualité d'intellectuels justement ils viennent briser le mur du mensonge qui avait conduit au bombardement de leurs villes.

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J'y ai ressenti comme une façon de revivifier ce concept passablement usé en France par les "nouveaux philosophes" et je pensais comme eux, qu'un intellectuel, indexé l'universel, leur serait plus utile qu'un écrivain rivé à ses particularismes comme Besson par exemple.

 

Mais je sais que ce point de vue est contestable. L'intellectuel et la baudruche parfois ne font qu'un là où l'écrivain particulariste garde le mérite de n'avoir jamais témoigné que de phénomènes partiels, locaux, plus "vrais", que des grandes analyses universelles.

 

Prenez mon dernier livre sur l'Abkhazie, dont j'ai reçu les exemplaires ce matin, c'est un livre tout entier enraciné, par sa méthode narrative, dans les petites vérités locales. Il essaie de s'en extraire par le dialogue (les interiews en deuxième partie) et les lectures (l'analyse géopolitique à la fin) mais le mouvement interne du livre ne laisse jamais de rappeler le particularisme qui préside à sa rédaction (particularisme qui ressurgit dans la conclusion, et dans la formulation du sous-titre "à la découverte").

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A peine mon éditeur avait-il diffusé l'annonce de sa sortie qu'une collaboratrice d'un journal qu'ailleurs j'ai nommé "le Mensuel de gauche" en a demandé un exemplaire en service de presse. J'ai été presque mal à l'aise. Je me demande si elle va s'y retrouver dans le particularisme de la démarche (là où justement les journalistes s'attendent maintenant à des livres d' "intellectuel", même de piètres ou de sous-intellectuels). Je sais combien la commentatrice de l'IHEDN m'a reproché mon subjectivisme dans le livre sur la Transnistrie. Ce nouveau concept que j'essaie d'imposer du livre mi-témoignage mi-analyse (sans verser dans la "romanquête" ou le "docufiction") n'a toujours pas de statut possible dans l'univers médiatique des "experts" tel qu'il s'est construit depuis 50 ans, et n'en aura peut-être jamais. Il vise justement à concilier le meilleurs du particularisme et de l'universalisme, dans un dialogue critique entre les deux, et une tension permanente. C'est un pari difficile à tenir.

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La gauche, ça ne tient pas debout

19 Avril 2010 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #La gauche

Je suis désolé d'en arriver à ce constat une fois de plus sur ce blog, mais je ne vois rien qui tienne debout à gauche de la gauche.

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Une de mes connaissances, une blogueuse  proche du Front de Gauche, à qui je disais que son activité sur Internet (comme la mienne) ne servait à rien du tout et n'avait aucune conséquence dans l'espace réel, me répondait cet après-midi :

 

"Si plein de conséquences (sans parler que les gouttes d'eau font les fleuves) je suis lue par 150.000 personnes par mois, c'est pas mal, j'ai plein de lecteurs, 3 blogs au Top etc.

 
- un ex de conséquence : Un blogueur voulait ne pas voter aux Régionales, rien qu'avec mon commentaire il a retiré son artcile et voté
 
- en cas de problèmes (guerre etc) 3 de mes "fans" m'ont proposé de partager leur terre (eau, culture), 3 régions, centre, basses Alpes et vers la frontière des Pyrénées, j'ai choisi là (ancien journaliste retraité, veuf), il a même sauvegardé tous mes blogs article par article, m'a renvoyé les CD !"
 
Se perdre dans les marécages de l'internautisme est le premier vice de la gauche de la gauche, le plus évident, mais, à mon sens, le plus plus minoritaire, donc le plus véniel.
 
Le deuxième marécage, plus étendu, dans lequel se complait ce courant de pensée depuis 15 ans, c'est l'anti-politisme, le refus de la politique et de l'art que la politique implique : celui de construire des programmes réalistes, de nouer des alliances, d'élaborer des stratégies de prise de pouvoir.
Il n'y a rien de cela à gauche de la gauche, seulement un goût narcissique de la complainte, souvent sur le mode hystérique : "ce monde est trop injuste", "les pauvres sont trop pauvres", "les médias ne nous aiment pas".
La gauche de la gauche a fait la preuve de son inaptitude à élaborer des stratégies politiques au lendemain d'une de ses très rares victoires : la défaite du "oui" au référendum sur le traité constitutionnel européen. Le spectacle de sa division au lendemain même de cette belle victoire est la preuve du fait qu'elle ne portait aucun programme et, au fond, ne voulait pas avoir le pouvoir, c'est à dire avoir une prise sur les événements.
Alors, je dois le dire, oui, je suis fatigué par la rhétorique de ce mouvement de pensée petit-bourgeois. Je suis las de les entendre crier contre les médias comme le fait Mélenchon en ce moment (une chanson qui remonte aux vieux airs bourdieusiens de 1995), alors que leur vrai problème, par exemple, est du côté de la mésentente complète entre le PG et le PCF sur les prochaines stratégies électorales.
Je suis fatigué de leurs vaines proclamations sur la possibilité d'une "autre Europe" au sujet de laquelle ils n'ont pas la moindre idée de la manière dont on peut la construire ni avec qui. Je suis las de leurs mots d'ordres creux ("défense du service public", "défense des sans papiers"). Il arrive un moment, quand la situation est grave, où il faut avoir la décence soit de prendre les problèmes à bras le corps, avec une vraie démarche politique, soit de fermer sa gueule.
La gauche de la gauche n'a ni l'une ni l'autre. Et je dois dire que ce goût de la piaillerie vaine du schtroumph grincheux qui manifeste avec sa petite banderole ne vaut pas mieux que le flot de verbiage  médiatique des classes dominantes répressives. L'un comme l'autre portent la responsabilité conjointe des absurdités de notre époque.
 
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Le Front anti-impérialiste en question

17 Avril 2010 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Colonialisme-impérialisme

Je le confesse : je lis assez peu le site du Comité Valmy. Et c'est un tort. J'y trouve aujourd'hui une déclaration du Parti communiste brésilien (différent du Parti communiste du Brésil, avec lequel travaillent certains de mes petits camarades). Je lis ceci : "Pour le PC Brésilien, plutôt un Front Anti-Impérialiste Mondial et le renforcement de la coopération entre PC qu’une Vème Internationale". Le front anti-impérialiste... Une idée populaire dans le tiers-monde, et à droite de la droite en Europe.

 

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Ca marche dans certains pays en guerre (en Palestine par exemple entre le FPLP anti-impérialiste de gauche laïque et le Hamas fondamentaliste). Mais à l'échelle mondiale, je ne vois pas du tout comment on peut mettre dans le même front, tout ce qu'il y a d'anti-impérialiste : Chavez, les naxalistes indiens, le Parti communiste marxiste léniniste indien le Hezbollah, Al Qaida, le Parti radical de Serbie, la junte brimane, le gouvernement soudanais, les rebelles du delta du Niger, les Hutus du Forces Démocratiques de Libération du Rwanda, la Corée du Nord, le parti communiste de Russie, le Baas irakien et le Baas syrien, les gaulliste français, les nationalistes de gauche basques et corses, le NPA, les trostkystes, les anars, les chomskyens.

 

Beaucoup de ces mouvements sont en guerre les uns contre les autres. Des luttes à mort. Et puis qui est vraiment anti-impérialiste ? Des bons électeurs du parti socialiste français voire du Modem lisent l'Atlas alternatif et d'estiment anti-impérialistes sans cesser pour autant d'être des centristes.

 

Je veux bien qu'on doute de l'Internationale façon Chavez, mais le front anti-impérialiste est encore moins viable. L'anti-impérialisme n'est pas une valeur politiquement structurante. Ce n'est pas elle qui peut créer des clivages solides à partir desquels on peut fonder un programme d'action. C'est pourquoi il faut revenir au clivage gauche-droite. A la rigueur ce clivage peut être mis entre parenthèse pour une action comme la sortie de l'Union européenne ou de l'OTAN ainsi que le suggèrent certains gaullistes. Mais il reste structurant pour tout le reste de la vie politique, malgré la grande faiblesse idéologique de la gauche et sa très forte propension à trahir ses valeurs.

 

Ca ne signifie pas qu'il faille passer sous le tapis les guerres impériales ou l'ordre économique mondial quand on est un élu local qui doit voter un budget avec les socialistes, ou quand on est un simple électeur appelé à voter un second tour. Il faut au contraire harceler les partis sur ces questions et s'abstenir de voter quand ils ne les prennent pas en compte. Mais militer pour une grande union des forces antisystémiques au niveau mondial serait une grave erreur.

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A propos du blog de l'Atlas alternatif

17 Avril 2010 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Débats chez les "résistants"

Le réseau "Atlas alternatif" sur Facebook compte 2850 amis. Parmi eux, des eurodéputés d'Europe écologie et du Front de gauche, des journalistes, des responsables nationaux de partis, des socialistes, quelques rescapés du Modem, et quelques brebis égarées dieudonistes. Tous apparemment satisfaits de recevoir via Facebook des actualisations du "Blog de l'Atlas alternatif" qui donnent des nouvelles sur l'actualité internationale sous un angle anti-impérialiste.

 

Le blog par ailleurs a 250 abonnés.

 

Difficile malgré tout de connaître son impact réel.


Dans l'ensemble les gens sur Facebook reprennent ou commentent assez peu les articles. On retrouve la même indifférence à l'égard de l'Atlas alternatif sur Facebook que sur le reste d'internet où à encore personne ne reprend ce blog ou ne le cite - règne absolu de la passivité, pas de culture de la reprise et de la diffusion des infos.
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Peut être est-ce pace que des Dérens ou des Samary ont fait une pub négative à l'Atlas ?

 

Seuls Michel Collon, le Comité Valm et quelque sites pro-palestiniens ont parfois cité certains de mes articles (les plus repris ayant été sans doute celui sur l'Arctique et celui sur la Colombie).

Pourtant 450 personnes sur Facebook ont quand même cliqué pour que l'Atlas soit dans toutes les bibliothèques municipales mais il est vrai qu'un clic ne leur coute rien.

Le site ne fait que 50-60 lecteurs par jour au lendemain des publications d'articles (il en faisait 150 l'an dernier) et puis ça retombe à 25-35 en temps norma (stagnation, ronronnement). Certains qui sont inscrits depuis longtemps se réabonnent. Ils ont dû changer d'adresse email entretemps. Je suppose que sur les 250 abonnés beaucoup ont disparu du paysage du fait qu'ils ont changé d'adresse email. Problème de la fluidité d'internet et de l'absence de persévérance des gens

Raoul Marc Jennar ancien contributeur de l'Atlas vient de quitter le NPA où il avait été tete de liste. Il fait partie de ces gens qui ne mettent même pas dans leur bibliographie qu'ils ont contribué à l'atlas et qui ne le font pas connaître dans leur réseau. Bizarre

Est-ce à cause des coquilles du livre ? Un ami m'a encore dit récemment qu'il y en avait beaucoup.

Je dirais à vue de nez que les articles du blog touchent disons 50 à 100 personnes régulièrement (1 ou 2 fois par an), et qu'il y a 500 ou 600 personnes dans le monde francophone qui doivent vaguement savoir que l'atlas alternatif est un livre et un blog

Parmi les autres 25-35 personnes par jour qui le lisent, beaucoup de gens qui cliquent par hasard et qui n'y reviendront pas.

D'autres bizarreries : quand on fait un article sur le Rwanda on a 5 ou 6 personnes de Kigali qui se connectent automatiquement dans les 2 jours qui suivent. Idem sur la Syrie ou sur la Géorgie dans les pays concernés. Un type sur un blog rwandais disait que le gouvernement rwandais payait des gens pour suivre les discussion sur internet et réagir aux propos anti Kagame. Peut-être aussi sont-ce tout simplement des employés d'ambassades qui font leurs revues de presse.

 

Ainsi le blog de l'Atlas perdure comme un de ces outils qui cultivent une permanence depuis 3 ans sur Internet, sans qu'on sache bien quoi en faire... Comme tant de choses à gauche de la gauche.

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Chavez, manifs parisiennes, le Che

16 Avril 2010 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

Parmi les petites vidéos intéressantes sur Internet en ce moment : le président Chavez expliquant le socialisme aux chefs d'entreprises de son pays :

 

 

Les bricolages conceptuels de Chavez m'amusent toujours : "Le socialisme est scientifique, nous allos donc devenir des scientiiques pour le définir ensemble". N'empêche que quand il parle de la spéculation sur le logement, il dit quelque chose de vrai, et qui raisonne aux oreilles de tous ici en France aussi. Savez vous combien de demandes de logements ne sont pas satisfaites en ce moment dans ma ville de la banlieue nord de Paris ? 800. "L'ascenseur social s'est arrêté à l'étage du logement" comme disait l'autre. Qui va réquisitionner les véritables quartiers privés qui existent dans le 16ème arrondissement de Paris et à Neuilly ou les bureaux vides des grosses boites ? Qui a un programme pour cela ? Europe écologie ?

 

A part ça, ils exultaient les pro-palestine de Paris ces derniers jours :


"A l`instant même où l’inauguration (esplanade Ben Gourion) se déroulait, un drapeau palestinien a été déroulé tout en hauteur de l`Arc de Triomphe! Des journalistes racontent combien c`était beau et impressionnant. Dans le même temps, un autre groupe fonçait vers le lieu de l`inauguration, via un bateau mouche dans la Seine! Énorme moment de panique pour ces messieurs-dames, et pour la police. D`après des journalistes, les policiers avaient sécurisé la tour Eiffel et ‘avaient pas du tout pensé à l`Arc de Triomphe, encore moins à la Seine! La correspondante de Yediot Ahronot, ultra vexée, disait à ses collègues qu’il ne manquerait à ces protestataires que de descendre du ciel!"

 

 

Mais que les amoureux de l'ordre et du colonialisme se rassurent, notre bien aimé ministre M. Hortefeux a la situation en main. Selon des informations qui circulent sur les réseaux sociaux en ce moment même 15 manifestants sont retenus au commissariat (Service Accueil et Recherche Investigations Judiciaires - SARJJ) et 41 sont retenus au commissariat du XIème arrondissement...

 

Parmi les petites friandises que je trouve sur Facebook, il y a aussi cette interview en français du Che. Comme vous le noterez il n'y avait pas de triomphalisme excessif dans ses propos. Beaucoup de réalisme au contraire.

 

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