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Le blog de Frédéric Delorca

Un mot sur la Libye

25 Février 2011 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Colonialisme-impérialisme

Quand j'ai lu cette semaine que la Jornada (journal mexicain) publiait un billet de Castro sur l'intervention possible de l'OTAN en Libye, je me dis décidé à écrire un billet interrogatif (et pas péremptoire) du tout, sur la question des ingérences occidentales dans ce pays. J'avais lu aussi la déclaration du ministre des affaires étrangères britannique sur une possible fuite de Kadhafi au Vénézuela, et l'attitude occidentale me semblait plus franchement favorable à la révolution libyenne qu'elle ne l'avait été, par exemple, à celle d'Egypte.

 

atlasalternatif.jpg

J'ai donc pensé qu'il était de mon devoir de poser, sur le blog de l'Atlas alternatif, la question des ingérences pour faire réfléchir les gens et les déscotcher un peu de leur fascination pour l'image du Kadhafi dément et "boucher de son peuple" que nous vendent les médias (comme ils l'avaient fait auparavant sur Saddam Hussein). En même temps je voyais bien que poser la question pouvait dans un sens passer pour une attitude hostile à la révolution libyenne (ce qui n'est pas du tout ma position), et pour une tendance "complotiste" digne de l'extrême-droite...

 

J'ai donc écrit mon article dans un premier temps sans l'envoyer aux abonnés du blog. Sa publication n'a été signalée que par le flux RSS sur Facebook - accessible aux 4 400 "amis" du réseau. A ma surprise le lendemain j'ai vu que plus de lecteurs de Facebook s'étaient manifestés pour "aimer" mon article que pour les articles précédents, et j'en ai donc conclus que l'article répondait à un certain besoin. C'est à ce moment là que je me suis décidé à le transmettre aux abonnés, tout en devinant qu'un certain nombre d'entre eux allaient grincer des dants.

 

Le surlendemain, l'audience du blog dépassait de pratiquement 30 % l'audience moyenne des jours de publication d'articles, avec notamment des gens qui s'y étaient connectés après avoir cherché sur Google des mots clés comme "qui derrière a révolution libyenne" lesquels montraient que des gens extérieurs à la mouvance de l'Atlas s'interrogeaient aussi là dessus. Mon article n'a pas été beaucoup repris sur des blogs, mais le journal communiste italien l'Ernesto l'a tout de suite traduit et publié, ce qui peut laisser penser qu'il a une "autre vie" désormais dans la langue de Dante.

 

Un camarade blogueur m'a interpelé par mail aujourd'hui en me reprochant gentiment (comme je l'avais prévu) la connotation "complotiste"  de l'article. Il a enveloppé son propos en me disant que décidément la gauche et l'extrême-gauche française ne croyaient pas aux révolutions, mais sa remarque me visait puisqu'il me transférait mon propre texte.

 

En réalité mon article ne reflète guère le point devue de la gauche et de l'extrême-gauche française où la haine de Kadhafi est très présente, mais plutôt celui de la gauche latino-américaine, très cité dans l'article, et plus précisément celui de Castro, de Chavez et d'Ortega (car le reste de la gauche là-bas aussi est divisée sur les événements libyens - voyez par exemple aporrea.org). A vrai dire il ne les reflète pas, car ces trois leaders (qui n'ont pas toujours été très clairvoyants, mais auxquels on ne peut pas reprocher de ne pas "aimer" les révolutions) sont beaucoup plus affirmatifs que mon article sur le cas libyen, mais disons que cet article rejoint certaines de leurs interrogations. Et surtout ce billet correspond avant tout à la vocation de l'Atlas alternatif qui est d'alerter les gens sur les ingérences extérieures sans se prononcer trop sur le fond des combats politiques internes aux pays concernés. J'estime que cette vocation n'est pas complotiste et paranoïaque comme elle l'est à l'extrême-droite (où elle en vient même à désarmer la combattivité des militants). Elle vise plutôt à accompagner les mouvements populaires en les aidant à se méfier des détournements et confiscations possibles de leur révolution par les puissances étrangères (ou du moins telle serait cette vocation si le blog dépassait un nombre de lecteurs très restreint). Un supplément de lucidité peut accroître l'efficacité de certains soulèvements.

 

Or, en terme de détournements et de confiscations possibles, les révolutions arabes nous ont servi leur lot de craintes ces derniers temps. Particulièrement en Egypte où l'on en vu un coup d'Etat militaire "made in CIA" se substituer purement et simplement à la révolution (même si ce n'est peut-être que provisoire).

 

Le risque de confiscation pro-occidentale en Libye est encore plus grand. Car quoique Muammar Kadhafi soit devenu avec le temps un despote corrompu, ami de Berlusconi et adepte de la répression des migrants africains (ainsi que l'a rappelé une association de sans-voix du Mali), il restait aussi un allié fidèle de Chavez au sein de l'OPEP, le supporter de la Palestine, et une certaine image, malgré tout, du socialisme anticolonialiste arabe dont les plus de quarante ans n'ont pas complètement oublié la signification.

 

Des analystes de droite américains, et des Russes aussi je crois, ont souligné que la CIA avait pu d'autant plus trouver un intérêt à renverser Moubarak (dès lors que l'armée égyptienne était sûre de pouvoir contrôler laprès-putsch) que celui-ci avait parfois nui aux Etats-Unis, en s'opposant par exemple à une guerre contre l'Iran. En Libye évidemment Kadhafi aura nui encore davantage il va de soi, au camp occidental que Moubarak, donc il est très logique que la hâte de le renverser soit grande.

 

Tout comme il est compréhensible aussi que le père de la révolution libyenne (celle de 1969) se dise prêt à mourir avec le régime qu'il a créé, son enfant, plutôt que de s'enfuir avec le butin comme l'ont fait les dictateurs "classiques" de Tunisie et d'Egypte. Normal aussi qu'il trouve assez de partisans, malgré l'ampleur du mécontentement populaire, pour pouvoir engager le pays dans une guerre civile, au moins pour quelques jours.

 

Mais on voit bien qu'aujourd'hui Kadhafi n'est déjà plus le problème, pas plus que Ben Ali ou Moubarak. Le problème c'est le devenir de la volonté populaire - cette volonté baroque, imprévisible - qui a émergé dans le monde arabe cet hiver. Il est clair que Washington a trouvé le moyen de prendre le train en marche au bon moment. On retrouve là toute la finesse des démocrates au pouvoir et de l'école de Brzezinsky : ils savent épouser l'énergie politique des pays musulmans bien mieux que les néo-conservateurs. Ils sont su redécorer (comme le disent les supects de Tarnac dans un communiqué récent) les révoltes aux couleurs du jasmin et du lotus comme s'il s'agissait de mouvements bourgeois colorés à l'ukrainienne contrôlés par leurs soins (alors justement qu'au début rien n'était contrôlé du tout).

 

Les peuples arabes peuvent-ils maintenant faire quelque chose pour que cet hiver qui fut le leur ne devienne pas un printemps de la CIA ? Voilà la seule grande question qui est posée aujourd'hui, et, pour tout dire, la réponse que je serais tenté de donner n'est pas très optimiste, mais je suspends encore mon jugement là dessus.

 

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Vive l'artisanat !

23 Février 2011 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #"Eloge de la liberté sexuelle stoïcienne"

Croyez moi, mes amis, dans le "travail intellectuel" (so to speak), rien ne vaut l'artisanat. Polissez votre meuble, huilez votre montre suisse, fabriquez vos petits jouets tranquillement dans votre coin. Peut-être un jour une multinationale s'intéressera-t-elle à ce que vous faites, peut-être pas, et peu importe.

 

eloge toicien

Ce soir je regarde la page Facebook de mon éditeur (le Cygne). Je vois qu'il annonce la sortie de mon avant-dernier livre (le dernier étant pour mars au Temps des Cerises), "Eloge de la liberté sexuelle stoïcienne", un livre très personnel, mais il faut aussi, hélas, parfois écrire aussi des choses comme cela pour le repos de la conscience. Un type ajoute comme commentaire : "Ce récit m'a tout l'air fameux! Il m'en faudra quelques exemplaires pour mon prochain passage à Paris...à bientôt!". Je me renseigne sur ce monsieur en cliquant sur son nom (merveille de la technologie facebookienne). Je découvre qu'il se dit anticapitaliste, qu'il a bossé pour la petite maison d'édition de son père et qu'il "exerce l'activité de bouquiniste mobile entre Nantes et Rennes." Aussi il "défend la cause animale et le végétarisme".

 

Voilà donc que "la traçabilité" de mon petit récit très personnel est établie à mes yeux. Je sais qu'il va maintenant se ballader entre Nantes et Rennes dans la malette d'un bouquiniste ambulant "anticapitaliste". Le voilà embarqué donc sous des cieux un peu bohème. Peut-être aussi ira-t-il dans la bibliothèque de ce poète et blogueur marocain qui a mis un "j'aime" sous l'annonce de mon éditeur relative à ce livre.

 

J'aimerais bien connaître la suite de l'histoire. Qui du côté de Rennes et de Nantes va donc acheter un exemplaire de ces livres que le libraire ambulant aura pris dans sa malette ? Le poète marocain sera-t-il si déçu par ce bouquin qu'il s'en débarrassera immédiatement dans une "foire à tout" ?

 

Allez savoir. "Vos livres vont vivre leur vie" m'avait dit un libraire un jour. On ne sait jamais où ils vont se retrouver. L'idée est grisante je trouve...

 

Du coup j'ai déjà un regret. Celui de n'avoir pas assez soigné le style, pas bien maîtrisé la narration. La dame des Editions "La Différence" m'avait dit que je tenais là un sujet extraordinaire, qu'il fallait y prêter beaucoup d'attention. Mais moi, toujours idiot, toujours démissionnaire, j'ai ruminé bêtement ce texte pendant 10 ans sans trop savoir quel ton lui donner, et finalement je n'avais plus que le souci de m'en débarrasser au détour de la quarantaine pour tourner cette page. J'étais égoïste. Je n'ai pas pensé au lecteur. Je ne savais pas que le sujet intriguerait du côté de Rennes, ou chez les poètes rifains. D'une certaine façon c'est en partie mon éditeur lui-même qui m'a convaincu de ne pas le prendre au sérieux. En 2009 quand je le lui avais proposé, il m'avait dit "c'est très personnel, difficile à vendre, écrivez plutôt un essai ou un récit de voyage". Et j'avais opté pour l'Abkhazie. Il avait raison de son point de vue puisque les essais chez lui se vendent mieux. Mais peut-être sur le long terme ma petite histoire peut-elle finalement intéresser davantage que l'Abkhazie, et, dans ce cas là, c'est la gravité de la dame des Editions "La Différence" qui se serait avérée très pertinente. Mais non, allez, j'assume toute la responsabilité de tout ça. Car la gravité de la dame avait fini par me paralyser. Le scepticisme des Editions du Cygne, lui, m'a libéré. J'ai pris comme un défi de les convaincre de le publier en 2011, et c'est devenu pour moi un jeu, et je n'ai plus trop prêté attention à ce que j'avais vraiment mis, retiré et rajouté dans ce livre pendant 10 ans. La légèreté, l'esprit du jeu, ont permis que le livre sorte. Reste à voir maintenant si le récit est toujours aussi "fameux" à la lecture détaillée, ou simplement rasoir pour les lecteurs, s'il échoue dans les canivaux de Rennes ou de Nantes ou essaime dans d'autres bibliothèques. Ne nous en préoccupons pas trop. De toute façon je ne saurai jamais vraiment ce que ce livre deviendra dans le regard de mes lecteurs tant les retours sur ce qu'on fait son finalement très rares. Dans un sens ce n'est pas plus mal.

 

Ces derniers jours je fais aussi un peu d'artisanat autour des révolutions arabes sur le blog de l'Atlas alternatif. Au Bahrein, en Libye. J'essaie de faire entendre quelques petites questions qu'on ne se pose pas assez. Sur le fond je me réjouis que ces peuples aspirent à la liberté. Mais je ne puis m'empêcher de réfléchir à ce que les officines occidentales font ici pour utiliser et encourager le besoin de démocratie des gens, là au contraire pour le réprimer. M. Medvedev en Russie est très inquiet. Il redoute que, une fois passée l'euphorie populaire, des régimes "fanatiques" s'installent au Caire ou ailleurs. Les Russes sont sans doute comme toujours trop pessimistes. Mais ils ont au moins le mérite de tenter de réfléchir à l' "après". Ce que je ne trouve pas beaucoup dans notre bonne presse...

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L'arrière-plan mitterrandien

19 Février 2011 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Souvenirs d'enfance et de jeunesse

Les années 1990 furent catastrophiques pour le monde parce qu'elles marquèrent l'apogée de l'arrogance occidentale et le début d'une foi stupide dans toute sorte de leurres comme ce que nous appelions, par exemple "les autoroutes de l'information", mais elles n'étaient pas encore catastrophiques pour la France.

 

Nous avions encore Mitterrand, nous l'avons eu jusqu'en 1995. Soyons clairs : je suis radicalement hostile au mitterrandisme comme pratique politique, comme art de la trahison, à l'égard duquel des gens comme Mélenchon sont très loin d'avoirs pris la distance nécessaire. Mais je défends le mitterrandisme comme style, comme langamitterrand.jpgge, comme comportement.

 

On ne sait jamais jusqu'à quel point un chef d'Etat surdétermine le mode de vie et les perspectives d'avenir des ses concitoyens. Aurions-nous eu le Grand siècle français sans Louis XIV ? Jusqu'où le chef d'Etat qui est le fruit d'une époque n'est-il pas aussi son père à maints égards ? De Gaulle n'a t il pas réellement retardé le déclin français ? Dans un pays aussi étatisé que la France on peut raisonnablement le penser.

 

De même je pense que Mitterrand par son style a en quelque manière retardé la faillite générale de nos élites dont Sarkozy est aujourd'hui le nom. Il n'était pas particulièrement courageux (sauf contre sa maladie), pas particulièrement clairvoyant, pas particulièrement grand écrivain non plus, n'en déplaise à ses courtisans. Mais il avait pour lui simplement le fait de venir d'un autre monde, cette vieille bourgeoisie française un peu facho sur les bords qui avait au moins pour elle de chérir les belles lettres et de rejeter certaines facilités. Son appartenance à ce monde-là qui était déjà extrêmement daté dans les années 1980-1990 conférait à Mitterrand une grande capacité de résistance aux modes de son temps, et notamment à la dictature des médias, de sorte qu'il avait su les réduire à sa merci et non l'inverse.

 

Et son décalage à l'égard du nouveau monde qui allait naître - celui des année 2000 - d'une certaine façon "tirait encore" tout le monde vers le haut, au point d'ailleurs qu'ensuite son adversaire et successeur Chirac allait vainement tenter de le singer.

 

Avec le recul, je ne crois pas plaquer sur cette époque là une nostalgie erronée. Oui, j'étais alors élève de l'Ecole nationale d'administration, en plein milieu des années 1990, sur une pente personnelle beaucoup plus ascendante que celle d'aujourd'hui, mais ce n'est pas pour cela que je magnifie ces années. En ce temps là j'étais déjà critique du mitterrandisme, conscience de servir une République minée par des affaires troubles. Mais encore une fois, il y avait ce style du chef de l'Etat , qui par lui-même laissait entendre que l'Etat existait, "en soi et pour soi" comme eût dit Hegel, sans avoir besoin des caméras, ou de la bénédiction de Wall Street. C'est pour cela que même un asocial rêveur comme moi pouvait encore, en ce temps-là, trouver la force de faire le planton devant une caserne, ou prononcer des discours à la place d'un préfet dans des comices agricoles : parce que l'Etat n'était pas ridicule, l'Etat gardait sa propre assise.

 

Pour aussi excécrable que fussent le Prince et son cercle d'admirateur. Je pourrais épiloguer longtemps. Vous parler des ambassadeurs que j'ai connus en ce temps là, deux qui avaient été chefs du protocole de l'Elysée, je pourrais vous dire en quoi le style mitterrandien avait déteint sur eux dans les bons côtés et les plus négatifs. Mais je garde ces témoignages pour mes vieux jours, quand tout le monde sera mort et qu'ainsi je serai délivré de l'obligation de réserve.

 

Mais je crois vraiment que cet arrière plan mitterrandien donna un sens à mes vingt ans, à mes études à Sciences Po, à ma vision de l'avenir, même quand je m'y opposais, même quand je le dénigrais. Il en donnait à l'ensemble de la structure sociale dans laquelle je baignais. Et ce n'est sans doute pas un hasard si je suis allé écrire un mot, moi aussi, comme tant d'autres, sur le registre mortuaire du vieux président, au lendemain de sa mort.

 

En fait je ne suis pas loin de penser que nous qui avons eu 20 ans à Paris en 1990 sommes tous, peu ou prou, comme ce type dont on m'a parlé qui avait fait de longues études à Berlin Est pour devenir diplomate, et a décroché son premier poste de diplomate Est-allemand trois mois avant la disparition de la RDA pour finir au chômage. Seuls des gens particulièrement madrés, comme les ministres du gouvernement actuel, ceux qui dès le départ étaient nés pour dépasser l'Etat, peuvent échapper à ce sentiment.

 

Je crois que c'est une erreur que de chercher à compenser le sentiment du déclin de l'Etat français en bricolant sur Internet comme je le fais depuis douze ans maintenant. Internet ne fera pas revivre ce qui est mort dans l'aventure que l'Etat français nous offrait au début des années 1990 ni ne proposera aucune aventure de substitution. Les années de plomb sont loin d'être terminées.

 

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Vacances

16 Février 2011 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le quotidien

Mes chers amis lecteurs, un petit mot avant de me coucher. Je dois vous prévenir que ce blog sera dorénavant de moins en moins politique. Je réserverai le travail politique au blog de l'Atlas alternatif (si toutefois je trouve encore la force de l'entretenir), en parlant par exemple de cette obscure affaire de livraison clandestine d'armes américaines interceptée en Argentine que notre presse aborde si peu (il est tellement plus sexy de parler de la pauvre MAM et de l'autre Française au Mexique dont MAM a fait son cheval de bataille médiatique...)

 

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Je n'ai plus trop envie d'écrire sur ces sujets. Et même la phrase drôle de Fidel Castro que je découvre ce soir "Le monde devrait être une famille" ne m'inspire plus des commentaires amusés comme c'eût été le cas jadis. Je suis sur la pente du zen mes amis, du tantrisme, de toutes les philosophies asiatiques qui font désirer le vide. Mais oui ! Et je m'en porte fort bien. Nietzsche n'a t il pas dit qu'il y a beaucoup de riz dans le bouddhisme ou quelque chose dans ce goût là ? Ca me va très bien. Les sagesses orientales très mal comprises et déformées par l'Occident, et même plus précisément par ma psyché occidentale. Les caricaturer, les appauvrir, pour trouver le plus court chemin pour le vide. Ca me fera des vacances !

 

P1020724.JPGTiens, une grande revue parisienne va publier un mien article philosophique. Si fait ! Comme je vous le dis ! Et pas un article académique - vous me connaissez hein ? -. Un article divertissant. Vous pariez ? Allez, si vous êtes sages je vous en donnerai la référence quand il sortira.

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Je ne suis décidément pas marxiste

15 Février 2011 , Rédigé par Frédéric Delorca

Je rends service à des marxistes quand ils me semble faire avancer des causes justes mais je ne supporte pas leur foi dans les "processus historiques" leur optimisme etc. J'étais à une reunion marxiste assomante ce matin. "Nous devons avoir tendance à voir le verre à moitié plein" a dit M. Faustini du journal L'Ernesto à cette réunion. C'est hors de propos pour moi. Il n y a pas de sens de l'histoire donc pas de verre du tout. Juste des actes humains plus ou moins conformes à l'intérêt de l'espèce.

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A propos d'un ambassadeur

15 Février 2011 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Colonialisme-impérialisme

 

1majmumbai.jpgA l'issue de la réunion de Correspondances internationales le 14, j'ai dîné en petit comité avec un des ambassadeurs présents, que je devais normalement rencontrer la semaine précédente, un diplomate très atypique. Vous pouvez avoir une image assez précise du personnage en cumulant la lecture de cette page, de celle-ci et enfin de celle-ci. Je trouve pour ma part très révélateur que cet universitaire, fils d'un publiciste célèbre, soit passé par l'université de Binghamton, puis par la lutte armée, avant de devenir un jeune membre de gouvernement provincial. Etrange parcours individuel, mais en même temps un parcours qui rejoint une sociologie de l'époque. Binghamton est le Vincennes des Etats-Unis. Petras et Wallerstein y enseignent. Mon correspondant anarchiste serbe (celui que j'appelle Boris dans 10 ans sur la planète résistante), petit fils d'un président de la république yougoslave et fils de prof, s'y est retrouvé en 2003 ou 2004 je crois. Il faudrait faire un bouquin sur cette fac, et sur toutes ces jeunesses bourgeoises de pays pauvres en guerre, jouets des enjeux géopolitiques des grandes puissances, qui se sont nourries du marxisme des facs des pays riches, et sur ce qu'elles en firent. On aurait là une clé de compréhension de certains facteurs importants de l'histoire mondiale, parallèlement à une sociologie des classes dominantes de l'autre bord : celles qui émargent au club de Davos et dans la direction des grandes banques de ce monde.

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Très mauvais débat Le Pen Mélenchon

14 Février 2011 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Peuples d'Europe et UE

Ce que je peux voir du débat Mélenchon-Le Pen sur le "best of" de BFM TV me déprime.

 

JL Mélenchon ridicule dans son invocation d'un "SMIC européen" dont chacun sait très bien qu'il ne verra jamais le jour, Marine Le Pen qui accapare au service d'une idéologie islamophobe agressive l'idée d'un protectionnisme national pourtant nécessaire pour faire avancer un programme de gauche dans ce pays. JLM a ainsi montré, contre la caste médiatique, qu'il n'était pas sur la même longueur d'onde que le FN (et même qu'il était plus proche qu'il n'y paraissait des idées du parti socialiste ! ouf !), et Marine Le Pen montre aux ouvriers qu'elle est de leur côté... mais contre l' "infâme immigré" transformé en cheval de Troie des multinationales (il lui sera de toute façon plus facile de taper sur les musulmans que sur les entreprises du Cac40).

 

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Splendide ! le débat politique est ainsi gelé pour les 20 ans qui viennent, et Sarko-DSK se feront toujours élire brillamment avec 50 % d'abstention.

 

On attend toujours, à gauche, le politicien courageux et clairvoyant qui défendra à la fois le protectionnisme économique national et la solidarité avec les immigrés, seule solution pour sortir le pays du naufrage européiste programmé...

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Balkans

13 Février 2011 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Peuples d'Europe et UE

Félicitations à Edgar pour son obstination à faire connaître le scandale de la création d'un Etat peu recommandable sous le haut patronnage de l'Union européenne du côté de Pristina. Il prend ainsi le relai d'autres esprits courageux et indépendants que j'ai connus avant lui qui écrivaient aux rédactions des journaux, et faisaient circuler des textes. Ces esprits se sont heurtés au mur de l'indifférence et se sont lassés. Ceux qui ont essayé d'écrire sur le sujet ont été confinés chez des éditeurs très à droite. Et ceux qui ont échappé à ce destin n'ont pas été lus : mon livre 10 ans sur la planète résistante est resté chez Thélès (donc aucune bibliothèque ne l'achète), et le livre de Diana Johnstone La Croisade des fous au Temps des Cerises est épuisé. Je regrette que, du coup, les lecteurs d'Egar qui veulent plaider en son sens recommandent là dessus une vidéo de Michel Collon. Collon est percutant mais assez schématique sur ce sujet comme sur d'autres. Lui seul surnage parmi les auteurs que le système a coulés. Un peu dommage quand même.

 

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Aujourd'hui à propos des Balkans il y a du nouveau. Il y a eu des manifestations de masse en Serbie contre le gouvernement européiste il y a 8 jours. Pour la première fois depuis 10 ans les Serbes ont dépassé leur fatalisme pour battre le pavé. Hélas les gens qui ne lisent pas le serbe doivent se contenter des infos de la très européiste radio B92, autant dire que nous ne savons rien. De même que nous ne savons presque rien de l'Albanie où le gouvernement en place est si illégitime que pendant des mois le parlement n'a pu siéger (j'en ai parlé sur le blog de l'Atlas alternatif l'an dernier). On annonçait une possible révolution du Jasmin aussi dans ce pays, mais qui sait quoi que ce soit de ces pays à deux heures et demi de chez nous en avion et fermement tenus en main par des amis de la Commission européenne ?

 

Et que sait-on d'ailleurs de la récente révolution égyptienne à part quelques images passées en boucle ? Que s'est-il passé dans les provinces ? Qui sait quel rôle la classe ouvrière a joué dans ces événements ?

 

Il y a dix ans Michel Collon me proposait à moi et quelques autres de faire un portail de l'info alternative sur Internet qui aurait pu pallier la cécité de nos médias. On croyait en Internet. Huit ans plus tard quelqu'un a dit "une fondation de contre-information ça ne peut marcher qu'avec 1 million d'euros de mise de départ". C'était la voix de la sagesse, le juste bilan des années 2000, qui explique qu'au fond plus personne ne cherche à s'unir sur un projet alternatif et chacun préfère cultiver ses petits billets et ses petites traductions dans son coin, avec son mini-réseau de diffusion. Assez dérisoire tout ça quand même. Médias partout informations nulle part !

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Indigènes

11 Février 2011 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Colonialisme-impérialisme

J'ai déjà formulé sur ce blog les réserves que m'inspirait une tendance du parti les Indigènes de la République à s'enfermer dans un certain "différencialisme", et à faire passer la question ethnique avant la question sociale. Il y a un côté un peu trop "intello" dans cette approche, un académisme qui ne dit pas son nom. Mais on a souvent les qualité de ses défauts, et l'intellectualisme des Indigènes en fait aussi un mouvement dynamique qui trouve souvent les mots justes, garde le sens de la formule et de l'action sur les symboles en toute circonstance. Leur dernier titre après la chute de Moubarak "Nous sommes tous des Arabes" par exemple me semble tout à fait génial. Il reconduit le "Nous sommes tous des Américains" de Colombani il y a 10 ans à son ridicule absolu, il choque les racistes qui pour rien au monde ne voudraient être comparés aux Arabes, il rend compte de la fierté arabe après le succès des très belles insurrections de Tunisie et d'Egypte et montre à l'Europe où se trouve sa lumière politique en ce moment, en transcendant justement l'ethnicité, puisqu'en effet nous sommes tous potentiellement des Egyptiens, c'est à dire des membres d'un peuple qui redevient sujet de son histoire et redistribue les cartes. Personne dans la classe intellectuelle des pays européens n'aurait eu le courage de sortir un pareil titre.

 

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L'utilité des Indigènes s'évalue à l'aune de la bassesse des attaques qui les visent. Quand on ne les accuse pas d'alliance avec le terrorisme (comme à peu près tous les mouvements qui gènent le Pentagone), on déforme leurs concepts - comme ce fameux terme "souchien" si promptement remplacé par "sous-chien" par leur ennemis. Dans la même veine il y a cette polémique stupide de l'extrême droite qui est allé mener une enquête poussée sur l'employeur d'Houria Bouteldja. Au cours de mes conversations avec elle en 2009 elle n'a jamais fait mystère auprès de moi de l'identité de l'institution dont elle était salariée et il faut être tordu pour aller y trouver un argument de polémique politicienne. Sauf à démontrer qu'elle aurait été recrutée par cette institution précisément pour des raisons politiques, mais cette démonstration n'a jamais été faite par ses adversaires. Il est donc aussi idiot de chercher des noises à Bouteldja sur ce sujet, que de reprocher à Chomsky de travailler pour le MIT qui a des contrats avec le Pentagone (argument que certains marxistes étatsuniens ont employé en leur temps). Heureusement lorsqu'on travaille pour des organismes publics, dans les pays riches au moins, on garde une liberté de pensée, et l'on peut y gagner sa croûte sans être souçonné d'être le sousmarin d'un ministre ou d'un secrétaire d'Etat.

 

Bref je ne suis sans doute pas au bout de mes désaccords avec ce petit groupe (notamment avec les excès de certains de leurs membres sur les forums virtuels et réels), mais je crois qu'il fallait bien aussi ce soir que je salue leur apport au débat dans ce pays. Peu de gens dans les grands partis de gauche se risquent à les citer. C'est une erreur. Je crois qu'il faut au contraire leur reconnaître une place dans la définition d'un nouveau modèle républicain et d'un nouveau contrat social pour la France.

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Qui suis-je ?

11 Février 2011 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Actualité de mes publications

Pour fournir une réponse-type rapide à cette question qui m'est souvent posée, voici un résumé de mon itinéraire que j'ai évoqué notamment dans "10 ans sur la planète résistante" (Ed Thélès).


Né dans une famille ouvrière béarnaise en 1970, petit fils de républicain espagnol, j'ai fait Sciences Po (IEP de Paris), et une autre grande école que, par respect de l'obligation de réserve, j'évite de citer habituellement, puis décroché un doctorat de sociologie, j'ai aussi une maîtrise de philo. Après avoir exercé des fonctions juridiques dont pendant quatre ans dans une structure ministérielle française (que par respect de mon obligation de réserve encore une fois je me garderai de citer), je suis maintenant chargé de mission auprès d'un maire divers gauche en région parisienne et chercheur associé dans une université de province.

Politiquement je me suis engagé sur Internet contre l'ingérence de l'OTAN en RF de Yougoslavie en 1998-99, puis, j’ai organisé la publication de l’Atlas alternatif dans la mouvance « gauche de la gauche » autour du Temps des Cerises, et le blog qui actualise ce livre collectif. J'ai aussi publié divers ouvrages (éditions L'Harmattan, éditions du Cygne) sous mon nom d'état civil et sous pseudonyme, dont un roman (qui en fait va bien au delà de la politique et même de la philosophie).

J’ai toujours été engagé contre l'atlantisme et le néo-colonialisme (mais attention, rien à voir avec les courants d'extrême-droite qui ont un peu tendance à reprendre ce flambeau en ce moment !). Je n'appartiens à aucun groupe et défends avant tout la liberté de penser et le débat rationnel dans le respect de ses interlocuteurs... et du réel !


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Bibliographie :

 

 Atlas alternatif (dir.), Le Temps des Cerises, 2006.

Programme pour une gauche française décomplexée
 , Le Temps des Cerises, 2007.

10 ans sur la planète résistante
 , Thélès, 2008 (épuisé).

 La révolution des montagnes (roman), Editions du Cygne, 2009.

Transnistrie, voyage officiel au pays des derniers Soviets
, Editions du Cygne, 2009.

 

Incursion en classes lettrées, Editions du Cygne, 2009.

 

 Abkhazie : A la découverte d’une "République" de survivants, Editions du Cygne, 2010.

 

 Eloge de la liberté sexuelle stoïcienne, Editions du Cygne, 2011.

 

Denise Albert, une résistante à Sevran, Le Temps des Cerises, 2011.

 

(+ mes livres sous mon nom de sociologue non inclus dans cette liste)

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Deux aspects du Béarn que je n'aime pas

11 Février 2011 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Béarn

Cette entreprise qui emploie trois ouvrières cubaines pour fabriquer des cigares et conquérir des marchés à l'exportation : Global Mag en parlait ce matin sur Arte.

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L'homologation d'une entreprise de fabrication de bérets par l'OTAN. (merci à Laurent de m'avoir signalé l'article)

 

Chaque province française, par imitation de la capitale, a eu ses heures sombres des croisades à nos jours. Voilà des pages à ajouter au "livre noir".

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L'inconsistance des Etats : Pécresse, le Sud-Soudan

11 Février 2011 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Débats chez les "résistants"

Moi qui suis issu de milieux prolétaires qui souvent se sont "un peu" élevés dans la hiérarchie sociale par l'école et par l'armée, je ne savais pas que l'Etat pouvait être une réalité méprisable, un artefact superfétatoire qu'on pouvait prendre de haut.

 

Je l'ai découvert à Sciences Po-Paris quand j'ai croisé tous ces rejetons de la grande bourgeoisie des beaux quartiers qui, comme Valérie Pécresse selon ce billet de Bellaciao condescendaient encore à passer le concours de l'ENA parce qu'il y avait quelques avantages à y grapiller, mais estimaient qu'au fond l'Etat c'était "nul" (pour reprendre les mots de la ministre).

 

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Il y a aussi cette forme de mépris de l'Etat que cultivent les mafieux européistes dont parle Edgar dans son dernier article.

 

Et évidemment que dire du mépris de l'Etat qu'on applique aux structures étatiques du tiers-monde.

 

Là bas l'idée d'Etat est bien plus récente qu'en France, et bien plus fragile aussi. Je vois le Sud Soudan qui se cherche un nom. Ils ne savent pas encore s'ils vont bricoler un néologisme à partir des noms de trois régions comme naguère la Tanzanie (avec le Tanganyka et le Zanzibar) ou rechercher du côté des références universitaires anglaises peut-être l'anique royaume de Kouch (que presque aucun habitant ne connaît). Le pays n'est pas encore indépendant que déjà un de ses ministres est tué. Comment construire un Etat avec rien du tout : pas d'histoire nationale, pas de cohésion politique, juste la haine des Arabes du Nord, la promesse d'une manne pétrolière, et le soutien des Evangélistes étatsuniens ? Avec ces Etats de papier mâché, le FMI, l'OTAN, l'ONU font ceux qu'il veulent. Quand l'un est attaqué, on convoque le conseil de sécurité si ça nous dit, ou on ne le fait pas, suivant nos intérêts, on le traite comme ci, comme ça.

 

Beaucoup parmi nos dirigeants rêvaient que le 21ème siècle serait un siècle sans Etat. Avec juste des "organisations régionales", soumises au lobbying du club de Davos, et qui exécuteraient ses décisions.

 

Ce qui est étonnant c'est que ce projet n'a pas fait l'objet de beaucoup de résistances dans les pays riches. Dans les pays intermédiaires comme la Chine et la Russie on a bien sûr cherché à protéger les structures étatiques. Mais pas en Europe, pas au Canada, pas en Australie. Les défenseurs de l'Etat ont été ringardisés. On a eu juste droit à quelques gesticulations "altermondialistes" contre le club de Davos ou le FMI et rien de plus... Pourquoi ? Pourquoi la "vraie gauche" n'a-t-elle jamais fait plus de 15 % dans les pays riches depuis 15 ans ? Voilà ce que les défenseurs de la socialdémocratie et du keynésianisme devraient se demander sérieusement. On peut blâmer les médias, l'abrutissement des masses, mais tant qu'on blâme on ne se donne pas des voies d'action. Plus j'entends M. Mélenchon plus je me dis qu'il ne sera pas la solution. Il a apporté un courant d'air frais dans les médias, mais il en est aujourd'hui le jouet. Trop de rhétorique. Il s'est spécialisé dans les effets de manche. Il raconte ses journées sur son blog. Il dit qu'il a passé hier ou avant-hier la journée à potasser des fiches pour parler dans le poste de TV. Quand il ne bachotte pas, il va négocier avec ses camarades du front de gauche ou les courtiser. Dans tous les cas il est dans le verbe, il est devenu une machine à produire de la rhétorique dans la plus pure tradition du parlementarisme de la Troisième république. Cette théatralité avec ses effets convenus Marx en dénonçait jadis le "crétinisme" potentiel. Et c'est vrai qu'elle est aussi abrutissante à la longue que le style "cool et percutant" des grands médias illettrés. A force de bons mots, on se retrouve vite ainsi à voter les pleins pouvoirs à un maréchal, ou à ordonner un massacre en Mésopotamie. Ce n'est pas par cette voie là qu'on sauvera les Etats.

 

Alors peut-être faut-il regarder du côté des masses, les masses, celles qui restent sur les grandes places quand on leur tire dessus comme elles l'ont fait en Egypte. Celles qu'on ne parvient plus à tromper, comme l'ont montré les Tunisiens quand Ben Ali a tenté de les diviser par les basses oeuvres de ses milices ou les Cairotes quand l'armée leur a promis de "finir" leur révolution par procuration. Est-ce que ce sont elles qui peuvent, par la grâce d'un "praxis" des rue, inventer une autre façon de construire et de vivre l'Etat ?

 

Est-ce que ces masses, en France, inspirées par l'exemple arabe peuvent réduire au silence (ou contraidront à l'exil comme en 1789) les Pécresse, les Alliot-Marie, les Strauss-Kahn, l'Ouest parisien, et les habitués des vacances à Marrakech pour créer un autre ordre étatique, progressiste, conforme à l'intérêt général ?

 

La question est dans beaucoup de têtes en ce moment. La réponse nulle part pour l'instant.

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Que vont faire les Egyptiens ?

10 Février 2011 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Colonialisme-impérialisme

centcom-copie-1.jpgMoubarak va peut-être démissionner, dit-on. Et après ? Peut-être un scénario à la "turque" en Egypte avec une armée qui sera garante du respect des accords internationaux passés avec les USA et Israël, et un gouvernement civil islamiste "modéré" qui n'aura que des pouvoirs limités ? Je n'imagine pas Washington laissant au peuple égyptien sa complète souveraineté tant il est évident qu'un non-alignement complet de l'Egypte ferait basculer tout le monde arabe, et changerait tout à la répartition des richesse nord-sud via les cours du pétrole.

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Tutti frutti

9 Février 2011 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le quotidien

Un petit tour d'horizon des lectures de la journée. Je serai bref car il est tard, et je n'indiquerai pas les liens hypertextes par paresse, mais bon, les blogueurs ont tous les droits n'est-ce pas ?

 

Alors par quoi commencer ? Le petit article que j'ai posté sur le blog de l'Atlas alternatif à propos des tensions entre la Thaïlande et le Cambodge ? Oui, parce que notre bienveillance à l'égard de la démocrature thaïlandaise me choque (cliquez sur le lien des films des chemises rouges sur les fantômes qui poursuivent les militaires impunis), et notre indifférence devant les inquiétudes légitimes du pauvre peuple cambodgien. Tout cela m'exaspère.

 

Continuons dans l'international, j'apprends qu'un représentant de Gbagbo en France appelle à voter FN. Info ou intox ? Si c'est vrai c'est triste. Mais il y a tant de folie dans les relations nord-sud et dans les têtes des gens. Voyez encore ce bon article de Ariane Bonzon sur le créationniste musulman turc Harun Yahya, allez là pour la peine je vous indique le lien. Un ami m'indique qu'une autorité musulmane qu'il connaît, M. Ben Mansour, critique ce Yahya en public aussi souvent qu'il peut. L'apocalyptisme évangéliste dans le Coran. Mauvaise alchimie.

 

Dans l'international encore, le peuple égyptien qui tient tête. On tire sur lui dans les provinces, mais les médias ne le disent pas. On dit qu'une interview sur une chaine satellite d'un ex prisonnier politique aurait relancé l'ardeur du peuple. Cet affect méditerranéen qu'on avait vu à l'oeuvre aussi en Tunisie et qui est le vrai moteur du mouvement actuel. Mais Gilles Munier faisait le tour des opérations de neutralisation des mouvements sociaux au Yemén, en Jordanie, en Algérie, au Maroc qui aurait demandé l'aide de la France. Notez que les pays que l'Occident n'aime pas comme la Syrie ne sont pas touchés par les révoltes. "Looks like Washington got it wrong again" (pardon je parodie librement Radio Africa de Latin Quarter).

 

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Quoi d'autre chers lecteurs dans notre salade de fruit ? Mélenchon. Mélenchon et sa rhétorique, omniprésent dans les médias. Il m'amusait il y a deux ans. Il commence à me fatiguer. Il se caricature un peu lui même. Et il ne séduit que 13 % des ouvriers... On est toujours loin, très loin d'une voie d'émancipation pour ceux-ci. Il faudrait une révolution à la tunisienne en France, sans parti politique, sans les syndicats pour trahir comme ils trahirent sur les retraites. Oui mais... Toujours le même problème : comment le peuple peut-il par lui même trouver une stratégie de pouvoir ensuite. Qui va mettre tout ça en musique ? M. Tonneau et ses conférences sur l'euro ?

 

Dans ma seconde patrie (mais pourquoi diable en ai je pris la nationalité ?), M. Zapatero resserre les boulons. Il reçoit le représentant de Gauche Unie mais sans chaleur excessive. Normal. Son budget est le plus anti-social de la décennie. Qui en profite ? La droite, comme en Angleterre, nouveau parangon de la sensibilité "sociale" en Europe. Allez comprendre. Enfin, bon en France en tout cas, pas d'équivoque. La droite reste très antisociale, et néo-coloniale, et tout ce que vous voudrez. Mais rassurez vous : les ministres ne pourront plus partir en vacances où ils veulent. Une bonne garantie de notre absence de soutien aux dictatures du tiers-monde, non ?

 

Et puis, si les gens se plaignent on peut toujours les faire trembler devant l'insécurité et s'indigner contre le laxisme des juges. Regardez donc le blog de Me Eolas, ses mots forts sur Mme Alliot Marie qui proposait en décembre de reparler "dans six mois" de reparler des moyens de la justice alors qu'elle savait qu'elle changerait de ministère dans dix jours. O messieurs les politiques, comme je loue votre sens du long terme, votre capacité stoïcienne à assumer vos responsabilités devant le reste de l'humanité ! Cela dit soyons juste : il y a peut-être quand même un petit quelque chose de faiblesse des magistrats dans leur capacité à réprimer. L'esprit empathique catho social fait des ravages chez beaucoup de juges et de jugettes. Mais bon, la gauche a raison de le dire : cessons d'appauvrir les greffes et cessons de tarir les politiques sociales qui tout de même peuvent parfois limiter les dérives vers la délinquance (pas toujours,il est vrai, parfois les politiques ne font qu'engraisser une bureaucratie locale paternaliste et clientéliste, mais pas toujours).

 

Côté histoire le dernier aviateur de l'Espagne républicaine est mort aujourd'hui. Un type qui avait été un héros de son temps avant d'être obligé de se faire une nouvelle vie sous la dictature franquiste. L'aviation est ce qui a sauvé la République dans quelques batailles, et l'a perdue quand elle fut sabotée. L'Espagne républicaine a toujours manqué cruellement d'avions. La faute à qui donc, la faute à l'oncle Léon (Blum)

 

http://www.youtube.com/watch?v=hGiqSdWNUhw  (désolé l'insertion automatique de vidéos ne fonctionne pas - mais que fait overblog ?)

 

 

 

A propos d'évocations musicales, les fils des pilotes espagnols, eux, dans la France des années 50, ils écoutaient ça sur Radio Mexique ou Radio Andorre.

 

http://www.youtube.com/watch?v=EKNW602jIBk

 

 

C'est cubain ça au départ non ? J'ai vu que même Karl Zéro l'a repris récemment. Je sais qu'il en a existé une version en France qui commençait par "Nos ancêtres, les Gaulois, fabriquaient des huttes en bois, où ils chantaient le tchatchatcha gaulois, tchatchatcha que rico tchatchatcha". Internet n'a pas gardé de souvenir de ce fleuron de la création musicale. J'y ai repensé cet aprem quand une indienne des DOM-TOM (que j'ai déjà évoquée ici) m'a dit qu'elle étudiait l'archéologie gauloise sur son île. Jamais l'expansion culturelle celtique ne fut aussi étendue que quand la République française a planté son drapeau aux quatre coins du monde. Tout le monde est devenu gaulois. Aujourd'hui plus personne ne l'est, sauf quelques réacs adeptes des apéros cins rouge et cochon islamophobes. Ainsi va la vie.

 

Un de mes articles philosophiques va paraître dans une revue intellectuelle assez renommée. Je ne vous en dis pas plus pour laisser planer le suspense, mais cela compte dans mon itinéraire car je veux donner à mon anthropologie une plus grande épaisseur conceptuelle. Et, quoique je ne dispose pas de tout le temps qu'il me faudrait pour lire et écrire, je ne désespère pas de pouvoir encore faire quelques trouvailles qui me permettent d'atteindre cet objectif.

 

Pourquoi est-ce que je vous raconte tout ça au fait ? Peut-être pour m'excuser de ne pas produire des billets "utilitaires" que les gens pourraient lire avec l'impression d'y apprendre des choses sur le monde actuel, ou pour préparer mes lecteurs au fait que j'écrirai moins sur la politique et sur la planète de fous sur laquelle nous vivons. En fait, je voudrais presque, dans ce genre de billet, me promettre à moi-même de ne plus écrire sur notre époque. Or je sais que je ne tiendrai pas : lundi soir j'assiste, à l'assemblée nationale, à une réunion du collectif qui a sorti le bouquin "Groupons nous et demain" dont j'ai parlé ici. Il m'étonnerait que je n'aille pas y promener ma caméra pour vous en faire goûter l'ambiance... ce qui m'éloignera encore de la sereine philosophie...

 

Ah zut, j'allais encore oublier un détail : c'est une chercheuse étatsunienne qui le dit : les ravages des conquêtes mongoles en Asie pendant plus d'un siècle ont été bénéfiques à l'atmosphère terrestre. Weltgeschischte ist Weltgericht, disiez-vous maître Hegel ? Nein Nein. Cohn-Bendit is Weltgericht.

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Religions et politiques

5 Février 2011 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Divers histoire

L'humain est un animal effrayé par la diversité de ses dispositions et qui, par crainte des abominations que cette diversité produit,  a éprouvé périodiquement le besoin de se discipliner dans une purification de type relgieux - qu'on trouve dans les diverses réformes spirituelles qui ont émaillé l'histoire de notre espèce, sous les cieux du polythéisme comme sous ceux plus récents du monothéisme.

 

Ces velléités de purification et de remobiliation discipilinaire ont connu  des modalités plus laïques depuis trois siècles, mais la conséquence éthique du mouvement est toujours la même.

 

Pour ma part je me situe toujours, vous le savez, d'un point de vue laïque (qui est aussi celui qui inspire ma défense  du stoïcisme), mais je reste intéressé par toutes les réflexions politiques qui se déploient dans des univers religieux et les juge, du point de vue qui m'intéresse, c'est à dire de l'organisation des vies humaines, davantage à l'aune de leur efficace sociale que de leur contenu de croyance. Non pas parce que je tiens le savoir athée pour une conquête mineure, mais parce que je sais que cette conquête est vaine si elle sert l'injustice sociale. Et donc, sur une planète où l'injustice n'a jamais atteint un pareille ampleur, je soutiens d'abord les mouvements qui combattent l'injustice avant de regarder s'ils sont laïques comme moi ou pas.

 

Je conseille d'ailleurs à mes lecteurs la lecture intéressante de l'article ci joint sur Machiavel et Savonarole, qui est une interrogation passionnante sur le rapport de la politique au fait religieux, et qui, évidemment, me fait penser à Chavez.

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Je suis à l'égard des autres peuples premièrement sympathisant de tout ce qui se bat chez eux pour la justice sociale locale et planétaire, et deuxièmement partisan de la non ingérence, au sens où j'estime que les puissances hégémonistes sur le sol desquelles je suis né n'a pas à choisir le gouvernement adéquat, ni même l'opposition légitime, en lieu et place des peuples concernés.

 

A l'égard de mon propre peuple, pour qui, heureusement, le fait religieux appartient largement au domaine du passé, je suis pour qu'il progresse sur la voie de la rationalité et de l'immanence. Mais je souhaite qu'il le fasse sur une base compréhensive à l'égard de ceux qui n'ont pas encore épousé ce regard là, et notamment pour ceux qui, dans le passé, n'avaient pas les moyens d'embrasser cette conviction. C'est pourquoi en particulier je rejette a christianophobie d'un Dawkins, d'un Bricmont ou d'un Onfray. Le christianisme, comme l'Islam ou le judaïsme, fut parmi les tentatives intéressantes de "purification" et de mobiliation des dispositions humaines qui entraînère souvent des améliorations anthropologiques notables dans les comportement, quoi qu'il aboutît lui-même souvent également à des impasses regrettables.

 

Tunisie-132.jpgPour moi le christianisme, dans toutes ses dimensions, rigoriste dans sa version cathare (voire hérétique, puisqu'ils étaient à la limite du renversement du message biblique), protestante, janséniste etc, ou licencieuse (jusqu'au "christianisme" païen des Borgia) fait incontestablement partie de l'héritage culturel des peuples de notre continent, comme en ont fait partie les paganismes avant lui, et en feront partie à l'avenir les apports religieux des religions monothéistes ou non venues d'autres horizons (du Maghreb, d'Afrique noire, d'Asie etc). Reconnaître leur place dans notre héritage culturel, ne signifie pas que j'oublie leurs crimes (n'en déplaise aux adversaires des commémorations), ni que je mette sur le même plan éthique les bourreaux et les victimes (comme le font certains partisans de la tabula rasa sans même s'en rendre compte, semble-t-il). Je salue simplement ce qui dans chacune des nuances de ces expériences religieuses a pu viser une amélioration de la condition humaine, visée en vertu de laquelle chacune a pu rallier à elle l'action de gens honnêtes.

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