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Le blog de Frédéric Delorca

Postcolonial studies

13 Janvier 2012 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Débats chez les "résistants"

Je me permets de copier ici ce que j'écrivais à une étudiante hier qui a choisi de se lancer dans les postcolonial studies (et qui dans un mail me parlait d'Edward Said et de Spivak). Je ne prétends pas être un grand spécialiste de la question, je livre juste humblement mon sentiment sur le sujet au cas où cela puisse faire avancer quelque chose, toujours prêt évidemment à entendre des arguments complexes.

 

postcolonial.jpg"Pour les postcolonial studies c'est une bonne idée. Il y a un peu à boire et à manger dedans. J'aime bien Edward Saïd. Je n'ai pas été convaincu par Spivak.Le mélange postmoderne de Marx-Derrida-Foucault est très à la mode dans ce domaine, surtout aux Etats-Unis dans les universités où l'on aime la philosophie française. Tout cela nous est revenu en boomerang à Paris et a influencé des mouvements comme les Indigènes de la République. Bourdieu aussi est occasionnellement utilisé occasionnellement par ce courant, bien qu'il ait beaucoup critiqué le postmodernisme. Je pense qu'il y a beaucoup à retirer sur le plan intellectuel de cette discipline pour penser les rapports de domination (notamment les rapports de domination symbolique) qui sont encore à l'oeuvre dans notre monde. Et vous avez une pierre toute particulière à ajouter en tant que femme, et croiser cela avec les gender studies. Je connais des filles qui ont creusé ce sillon ici ou là, si vous voulez je pourrai vous mettre en contact avec elle par le Net. Mais il faut être aussi conscient du fait que les postcolonial studies tournent souvent au jeu intellectuel gratuit très éloigné des réalités concrètes et souvent très naïf, qui se gargarise de jargon à défaut d'être pertinent. En outre elles nourrissent une fascination malsaine pour la victimisation. Pour sortir de cette ambiance malsaine il faut parfois ouvrir des fenêtres vers la bonne littérature (fort rare), retrouver une certaine simplicité du style. Je ne sais pas trop si la bêtise de nos universités l'autorise ! "


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Istanbul vu par Pialat

13 Janvier 2012 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

En 1964... (merci à ma correspondante soukhoumienne de m'avoir suggéré cette vidéo)

 

 

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Trop content

13 Janvier 2012 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le quotidien

798px-Eiffel_Tower_20051010.jpgUn pote de lycée (de mon lycée du bout du monde en Béarn) me contacte via un de mes blogs 23 ans après le bac. Le type écrit sur les mêmes thématiques que ce que je fais en anthropologie, mais lui plutôt sur un plan historique. Truc de fou : j'ai lu l'an dernier un de ses livres en pensant vaguement à lui, mais en me disant "c'en est sûrement un autre, des mecs avec ce nom, il y en a mille en France". La folie ! J'espère le voir bientôt. Qui sait, on écrira peut-être un livre ensemble ! Bah, peut-être cette année ne s'annonce-t-elle finalement pas si nulle qu'il y paraissait d'emblée. Il y a peut-être encore un ou deux trucs rigolos à faire avant de crever.

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Les salons de massage chinois et le fascisme ordinaire

12 Janvier 2012 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Les rapports hommes-femmes

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Actualisation 2019 : Le massage dans le taoïsme chinois est identifié comme un moyen d'entrer en contact avec des démons par l'ouverture du troisième oeil. Il avait une fonction assimilable à la sorcellerie en Mésopotamie. De nos jours la plupart des masseuses européennes travaillent en partenariat avec des médiums spirites ou ont elles-mêmes des dons de médiumnité. Il en va de même des masseuses chinoises. Evitez donc ces pratiques qui vous mettent à votre insu en contact avec des forces obscures, et, en outre, encouragent en vous un démon de masturbation qui, sur le long terme, rend votre personnalité plus instable et crée une grave dépendance.

Qu'on me pardonne l'usage approximatif dans ce titre qui se veut être un clin d'oeil aux Sixties à l'heure où l'on ressort une interview de Pasolini, qui juge la société de consommation capitaliste pire que le fascisme italien.

 

Je voudrais dire un mot de l'article du journal 20minutes d'avant-hier et des réactions qu'il suscite. Je crois qu'il est utile de rappeler que les salons de massage des beaux quartier que l'on a déjà évoqués sur ce blog ne gènent absolument personne (ils sont plus discrets que le prostituées, et d'ailleurs la prostitution est légale en France), et remplissent une fonction d'initiation à des expériences sensuelles nouvelles (notamment un dépassement de la frontière sexualité génitale/reste du corps que contribue à instaurer le hardcore audiovisuel).

 

On aurait envie de commenter les réactions stupides que suscite cet article :

 

- Le petit con qui n'a jamais osé pousser une porte de salon de massage et qui déploie une argumentation raciste très semblable à l'argumentaire de Dupont-Aignan sur l'argent chinois par définition "sale".

 

"hcristian34

Il faut que les policiers fassent des investigations, quitte à donner de leur personne pour aller chercher des preuves, et fermer les salon qui font autre chose que des massages. Il en est de même pour les agents du fisc.
Ces salons de massages ont deux vertus pour ceux quilles tiennent, passer outre toute la législation sur la prostitution et travailler tranquillement sous couvert d'une activité légale, et blanchir de l'argent sale."

 

- Le même genre d'abruti, version juriste, qui s'imagine en plus qu'il se passe des trucs abominables derrière ces portes (alors qu'il semble que dans 80 % des cas ce ne sont que des "finitions manuelles"), mais apparemment la sexualité cachée nourrit toujours des terreurs.

 

"JDif

 

La loi française entretient l'ambiguïté et l'hypocrisie. Puisque la prostitution n'est pas interdite en France et que c'est seulement le racolage et l'argent gagné sur la prostitution des autres, c'est-à-dire le proxénétisme, qui sont sanctionnés, qu'est-ce qui interdit à une fille qui travaille dans un salon de massage de se prostituer pour son propre compte, ce qui ne constituerait pas un délit, et comment savoir si le tenancier des lieux n'en tire aucun profit, ce qui en serait un? Comment oser affirmer qu'un massage nu et avec les seins est dépourvu de toute connotation sexuelle?"

 

- La petite idiote frustrée d'être exclue de ce domaine de plaisir masculin (les "regards hostiles"), et qui préfèrerait qu'il y ait plus de magasins de fringues à Paris (comme s'il n'y en avait pas déjà assez), parce qu'il vaut mieux pour elle être esclave du système marchand (ce sont les soldes en ce moment !) plutôt que d'ouvrir ses horizons sensoriels (à moins qu'il ne s'agisse de réserver le sensoriel aux femmes : manucure, salons de beauté).

 

 

"MookieOne

 

Pfffff....
Jhabite justement du coté de cette rue, pareil pour les rues voisines....en 2 ans j'ai compté 5 ouvertures. Les devantures sont bizarres et le regard hostile quand on est une fille...
C'est d'autant plus chiant quand ce salon à remplacé un petit commerce..."

 

Ce genre d'expression de la bêtise totalitaire moderne, la bêtise lettrée qui s'étale dans les forums avec des arguments nobles et sans faute d'orthographe, me fait autant gerber en ce moment que les attaques du microcosme médiatique parisien contre la ministre plébéienne Nadine Morano. Dans tous les cas c'est toujours l'arrogance liberticide de cette petite bourgeoisie hypocrite, bardée de faux idéaux, de principes vermoulus, prête à lancer ses fatwa à tout vent, à voter Mussolini quand on la conditionne pour rêver à l'empire romain, à flinguer tout le monde et tous les plaisirs aujourd'hui au nom de la protction de la nature ou des droits de l'homme et des droits des victimes (victimes souvent imaginaires d'ailleurs, ici les "pauvres prostituées" alors que beaucoup de Chinoises travailent à leur compte), pour le droit à garder son magasin de fringues franchisé (et là , il n'y a pas d'exploitation ? et les Chinoises qui bossent 15 h par jour pour des salaires de misères à fabriquer vos robes sans voir leurs enfants, elles ne souffrent pas plus que les salariées de la finition manuelle ?) et surtout le droit sacré pour ces idiots de se glisser dans la peau du justicier. Leur vie est si vide, si plate. Il faut qu'ils s'en prennent à l'autre en nous mêmes, le truc mystérieux venu d'ailleurs, là, de l'autre côté de la rue, le truc qu'on ne voit pas et qui fait donc forcément des choses très sales avec de l'argent sale.

 

Quelle tristesse....

 

 

 

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Year of freedom

11 Janvier 2012 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Ecrire pour qui pour quoi

Mes amis,  ma décision est prise : j'ai décidé de rouvir ce blog. Je crois que j'ai atteint un assez grand degré d'indifférence à l'égard des réactions que je peux susciter et même à l'égard des non-réactions pour reprendre l'aventure bloguesque. Et j'ai remarqué qu'en écrivant sur des blogs secondaires plus anonymes, je n'étais pas référencé par les moteurs de recheche car je n'avais pas assez de lecteurs, de sorte que tout tombait dans le vide, donc autant écrire sur un blog référencé comme celui-ci.

 

Mais attention ! Je m'offre toutes les libertés désormais, y compris celle d'arrêter compètement ce blog à tout moment. Toutes les libertés sous réserves des lois en vigueur sur la diffamation, et autres censures multiples de notre époque pourrie qui feront par exemple qu'au lieu de dire "M. X est un con par exemple", je trouverai des périphrases pour rendre M. X méconnaissable sauf aux initiés du petit monde où je vis. Je serai libre et donc je m'autoriserai aussi à aller à l'encontre de l'opinion de mes amis, de ceux qui me prennent pour leur allié dans le combat pour les idées, et qui suivent ce blog (je le sais) toutes les fois où je trouverai leurs positions fausses.

 

Cela me sera sans doute d'autant plus facile que je suis moins impliqué dans des combats collectifs qu'autrefois. Cette césure de 3 mois sans blog m'a permis de réfléchir seul plus en profondeur qu'auparavant, j'ai écrit un nouveau livre, et pris beaucoup de distance avec notamment la notion d' "anti-impérialisme", dont j'ai mesuré toutes les limites. Beaucoup auront peut-être du mal à me suivre sur mes nouveaux chemins mais je m'en fiche. Je crois que j'ai le devoir de faire connaître aux gens ce que je vois et comment je le vois, plutôt que de ressacer pendant des lustres des idées fausses, ou des idées qui ont été justes à un moment donné (au moment où je les formulais) et qui sontDevenues inadéquates.

 

Nous vivons des temps troublés mes amis, des temps où des tas de groupes de pression, de micro- et de macropouvoirs tentent des "coups" un peu partout selon des modalités souvent nouvelles, inattendues. Par exemple qu'est-ce que la Fondation Adenauer dont on parle beaucoup dans le blog de l'Atlas alternatif ces derniers temps, fait réellement en Bolivie et en Egypte ? que fait la Fondation Bosch en Géorgie ? et la fondation des Hôtels Sandals en Jamaïque ? Attention, je ne prétends pas que ces fondations font toutes nécessairement (consciemment ou inconsciemment) des choses peu avouables ou nuisibles. Je ne suis pas complotiste et je ne pense même pas que si ces fondations avaient un agenda politique (ce qui n'est pas prouvé), cet agenda serait illégitime. Après tout, chacun a le droit de défendre ses idées ou ses valeurs, y compris dans les pays pauvres. Et nous mêmes avons le droit d'y défendre nos propres opinions, même si nous avons des moyens financiers bien moindres que ces fondations (mes opinions à moi concernant ces pays restent les mêmes : défense de leur souveraineté, c'est à dire défense du droit des peuples et de leurs représentants à conduire les expériences politiques qu'ils veulent, sans référence automatique aux préjugés occidentaux).

 

Non je ne condamne pas l'action de ces fondations. Je dis juste qu'elles se lancent sur des "marchés mondiaux" ou régionaux pour y mener des projets d'action, des "coups", qui ont leurs avantages et leurs inconvénients potentiels : par exemple l'avantage d'aider des pauvres, et l'inconvénient de renforcer souvent à leur insu l'image de modèles occidentaux pas forcément adaptés aux pays en cause.  Elles se lancent, comme se lancent sur les marchés mondiaux ou régionaux des tas d'acteurs : cela va des services secrets américains à mon cousin DJ qui essaie de vendre des morceaux de musique à l'étranger (pour prendre comme exemple des cas qui vont de la superpuissance politique à la micro-puissance individuelle). L'époque est faite de cela. Chacun, en lançant des actions, en menant des conquêtes, véhicule des idées, des façons d'être, il faut en être conscient, penser tout cela.

 

Moi je veux défendre une façon d'être tout autre, et le faire avec mes moyens. Je veux défendre des possibilités, des rythmes de vie, une esthétique qui me sont propres (bien qu'ils reflètent en partie des valeurs qui m'ont été données par d'autres tout au long de mon parcours, des valeurs collectives qui parlent en moi, comme la voix de la République espagnole baffouée, les chants des vallées pyrénéennes oubliées, les mots d'un musicien de Los Angeles croisé sur ma route en décembre dernier etc).

 

Voilà, je reviens avec tout ça, l'état de ma réflexion philosophique, l'état de mes envies, de mes projets autant que de mes déceptions et du passif que, comme tout un chacun, je traîne avec moi. On reparlera de tout ça peut-être en détail, ou peut-être pas, suivant ce qu'Internet m'inspire ou ne m'inspire pas (car il faut apprendre à avoir beaucoup de recul à l'égard de cette chose étrange qui envahit les esprits de notre décennie). J'espère que j'arriverai à toujours plus de liberté dans cet espace, même si je continue à le juger moins libre que beaucoup d'autres espaces d'écriture. Peut-être certains d'entre vous me suivront-ils. J'ai été heureux qu'une personne (une en trois mois c'est peu, mais c'est déjà bien car je sais que tout encourage à la passivité sur le Net) ait écrit un petit commentaire pour m'encourager à poursuivre. Heureux aussi de voir que le taux de fréquentation de ce blog n'a point diminué pendant ces douze à quinze semaines de silence. Je continuerai de lire les commentaire si vous en postez, sans doute aussi à y répondre quand ils le méritent, mais je m'attacherai moins à eux que par le passé. Encore une fois parce que je veux être assez indifférent à l'égard des réactions que je suscite ou que je ne suscite pas. Je dois juste avancer dans ma tête et continuer à rendre mes avancées publiques pour le cas où celles-ci puissent être utiles aux gens.

 

Pour finir ce billet deux bandes annonce de films que j'ai visionnés en DVD (rappelez vous Truffaut : visionner un DVD c'est comme feuilleter un livre qu'on a déjà Lu, à la différence de la découverte sur grand écran), ces derniers jours. Des films importants pour le rythme, le regard. Dans l'analyse politique comme dans le comportement éthique au quotidien, il y a une importance du rythme, une grande importance aussi du silence par lequel on parvient à accueillir ou non les êtres (je dis bien les êtres, et non pas l' "être" comme eût dit Heidegger). Je conseille à tout le monde, si vous voulez sortir de certaines folies de notre époque, de travailler sur le silence, et sur le rythme existentiel. Certains films nous y aident.

 

Très bonne année à tous.

 

***

1) Vidéo bande annonce de "Paris" de Depardon (dommage elle n'existe pas sur le Net qui n'a pas de mémoire des vidéos au delà de 2004, quelle connerie Internet). Je l'avais Vu au cinoche en 98, toute ma jeunesse est dans ce film.

----- Espace vide ----

 

2) Vidéo bande annonce de "Le Président" de Jeuland (film plus récent)

 


 

 

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