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Le blog de Frédéric Delorca

Plutarque - Vies d'Agis et de Cléomène

1 Septembre 2012 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Antiquité - Auteurs et personnalités

sparta.jpgSi vous n'avez rien à faire ce weekend, jetez donc un coup d'oeil aux Vies d'Agis et  de Cléomène de Plutarque. Ce n'est pas souvent qu'un auteur antique dit du bien d'un projet de réforme "de gauche". Et c'est peut-être parce qu'il s'agit de Sparte la "cité des Egaux" par excellence que Plutarque juge "beau" le programme visant à y rétablir l'égalité.

 

La ville, sous la domination de Philippe de Macédoine et d'Alexandre avait laissé les riches s'enrichir et les pauvres s'appauvrir ne pouvait plus présenter une armée de conscription convenable. Le jeune roi Agis entreprit une mini-révolution que Roussau n'eût point désavouée : partage des terres et abolition des dettes (bien que celle-ci profitât plus aux riches endettés qu'aux pauvres). Il rencontra le vieux roi rival porte-parole des conservateurs sur son chemin (car il y avait deux rois à Sparte, comme deux consuls à Rome) et, trop clément par nature, finit par périr à cause de sa générosité. Quelques années plus tard le roi Cléomène devait tenter la même expérience. Plus ferme de caractère, il allait, lui, se heurter miitairement aux Macédoniens, et vivre un exil funeste dans l'Egypte décadente de Ptolémée (c'est à cet endroit qu'on trouve l'expression devenue proverbiale "l'argent est le nerf de la guerre").

 

Le récit détaillé de Plutarque est très intéressant. Il nous plonge dans cet univers au fond assez peu connu de Sparte avec ses institutions aussi complexes que celles d'Athènes, notamment les "éphores", qui sont des magistratures "démocratiques" dans un système aristocratique, comme les tribuns dans la République romaine.

 

Il y a aussi chez Plutarque de très beaux portraits de femmes spartiates, championnes de la vertu devant la mort. J'ignorais jusque là ce trait, n'ayant conservé que le vague souvenir de l'accent marseillais dont certains traducteurs français affublaient l'héroïne spartiate du Lysistrata d'Aristophane pour rendre les tournures doriennes de son vocabulaire. Chez Plutarque, la femme spartiate a quand même plus d'allure...

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