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Le blog de Frédéric Delorca

Centenaire de la guerre des Balkans et du Congrès de Bâle

10 Novembre 2012 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Peuples d'Europe et UE

La guerre des Balkans, vous connaissez ? C'est cette guerre sur laquelle pour en première dans les années 80 on faisait un peu l'impasse, et sur laquelle en première de Sciences Po on faisait une fiche rapide (une demi-page) pour dire que la Serbie, la Grèce et la Bulgarie se sont agrandies et que la Turquie n'a gardé qu'Istanbul dans sa partie européenne.

 

Marrant comme dans un cadre scolaire tout devient abstrait... Un peu comme dans nos médias aujourd'hui.

 

CNN Turk commémore le centenaire du début de cette guerre en ce moment. En septembre la Radio Télévision Turque (TRT) organisait   un concert intitulé « la Fête Balkanique (la Fête de l’Amitié) » ayant "pour objectif de montrer les liens historiques à travers la musique" le 1er septembre dernier à 20h00 à Skopje en Macédoine , puis le 8 septembre à Sarajevo en Bosnie.

 

Le 27 novembre il y aura sans doute à Sofia la célébration de la victoire bulgare à Merhamli. Le Parti socialiste bulgare propose de donner le nom du général Delov au poste de douane de Mazaka, sur la frontière bulgaro-serbe. Il avait élaboré la même proposition à Kardzhali mais s'était heurté à la résistance du parti communautaire turc dans cette ville. En Serbie les autorités commémorent la guerre sur une ligne d'apaisement et de pacifisme. Non sans raisons. Pour avoir une idée des fantasmes que suscitent ces souvenirs chez certains esprits sommaires, on peut regarder les deux vidéos tout en bas. Mais bon, le concours de l'Eurovision nous en donne déjà le spectacle tous les ans.

 

Commentaire de Jaurès au moment du Congrès Socialiste International  de Bâle fin novembre "Hélas ! la rivalité haineuse des peuples balkaniques a depuis une génération fait un mal infini. Si les Grecs, les Serbes, les Bulgares, au lieu de se jalouser et de s’égorger pendant trente ans, s’étaient unis pour exiger des réformes comme ils se sont unis pour assaillir la Turquie, l’évolution de l’Orient aurait pu s’accomplir sans les violences et les souffrances de la guerre"... (sur ce congrès il faut relire le roman d'Aragon "Les Cloches de Bâle")

 

 

 

 

 

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A quoi on sert

9 Novembre 2012 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Ecrire pour qui pour quoi

Je pourrais me demander à quoi je sers... Je veux dire en dehors de ma vie familiale et de mon boulot. Cette semaine il y a deux personnes qui me l'ont rappelé. Une personne qui m'a interviewé sur l'Abkhazie. Une autre qui m'a envoyé son livre (une recueil de nouvelles) pour me remercier de l'avoir aidée à le faire publier chez un éditeur parisien. Aider la création, aider ceux qui veulent faire connaître le réel, leur réalité intérieure, celle du monde qui les entoure, de leur pays, voilà une juste cause, plus importante que de scander des slogans et d'appeler à manifester. C'est dans cette optique que j'ai toujours travaillé, depuis le temps où je témoignais pour les Serbes incompris. Aider à dire, à faire connaître, aider ce qui est vrai, au milieu des clichés mensongers passés en boucle. C'est plus important que la politique des partis, des associations, des groupes, tout ce système d'embrigadement.

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Tanja Nijmeijer, la guerillera hollandaise

6 Novembre 2012 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

Amis lecteurs qui essayez de penser l'avenir, continuez à suivre ces deux thèmes : les technologies (leur destin dans le transhumanisme par exemple) et le matriarcat (avec tous les débats féministes dans le périmètre du Front de gauche). Beaucoup d'autres thèmes comme l'avenir de l'Union européenne, les politiques libérales etc, sont moins déterminants pour notre futur que ces deux-là.

 

Alors côté female power et matriarcat, on avait parlé il y a peu de la jeune pachtoune Malala Yousafzai qui se remet de ses blessures dans un hôpital de Birmingham. Signalons aujourd'hui un autre phénomène médiatique féminin, la guérillera hollandaise Tanja Nijmeijer, surnommée "Alexandra" qui s'est engagée dans les FARC arrivée avant-hier à La Havane pour négocier les accords de paix avec le gouvernement colombien. Sa bio est sur Wikipedia en français.

 

Quoi qu'on pense des FARC et des révolutionnaires en général, je pense que son nom mérite autant sinon plus d'être connu que celui d'Ingrid Betencourt dont on nous a stupidement rebattu les oreilles il y a quelques années, au point de recouvrir l'Hôtel de Ville de Paris de son portrait.

 

Au fait : le Front sandiniste de libération nationale vient de remporter une victoire écrasante aux élections municipales du Nicaragua.

 

 

 

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Shows très chauds en Béarn...

4 Novembre 2012 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Béarn

Discussion digne de l'ambiance de mon roman "La révolution des montagnes" aujourd'hui. Un DJ me racontait une prise de bec entre deux gogo dancers dans une boite connue de Pau : "L'une d'elle avait pris le melon, disait-il, elle disait 'moi je touche 1 800 euros au black, je fais des soirées privées pour le PDG de telle grosse boîte. Ici c'est de la merde de danser pour un public ordinaire' - c'est clair qu'elle avait bu un peu trop et qu'elle avait pris de la coke, ça s'est terminé en crise de larmes entre les danseuses dans les loges". Bon bien sûr il m'a dit le nom de la boîte (très connue) mais je serai discret !

 

Et vous saviez vous que Chris Anderson était à El Palacio à Pau récemment ? et vous saviez vous qu'il avait produit Keen'v ? Oui bien sûr vous saviez, bon moi je ne savais pas... Plus difficile : vous saviez vous que Gizane y était aussi (un autre jour)  avec ses serpents (cf la vidéo ci dessous) ? Le DJ en question eut la lourde tâche de porter ses pythons... dur dur d'être un DJ...

 

 

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Considérations basques

3 Novembre 2012 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Peuples d'Europe et UE

Monsieur Valls livre à la justice espagnole Aurore Martin une ressortissante française qui a adhéré à un parti indépendantiste qui n'était pas interdit en France. La gauche s'insurge (le PCF, les Verts, le Syndicat de la magistrature), mais les souverainistes bon teint français ne  trouvent rien à redire à cette atteinte au droit national. Pas un blog de cette mouvance pour en parler.preuve que chez eux la défense de l'hexagone est à deux vitesse. Il y a les bons français (ceux qui pensent comme eux) et puis il y a les autres.

 

 

De passage en Béarn cet après-midi je tombe sur l'aimable émission de Julie Andrieu qui célèbre le cochon basque des Aldudes noir et rose. On me précise dans ma famille qu'il était autrefois le dénominateur commun de toutes les fermes du Sud-Ouest avant d'être détrôné par le cochon anglais, plus facile à engraisser mais d'un caractère bien plus agressif.

 

Tout me renvoie aujourd'hui à ce que le Sud-Ouest doit à la culture basque. M. Valls et ceux qui le soutiennent , ne serait-ce que par leur silence complice, devraient savoir que l'Injustice ne grandit pas la France et ne nous la fera pas aimer.

 

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Actualités françaises, et une réflexion sur le bellicisme américain

2 Novembre 2012 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Colonialisme-impérialisme

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Mélenchon propose sur son blog d'intégrer le POI au FdG en reconnaissant qu'ils ont rallié beaucoup de militants à la manif du 30 septembre contre le traité budgétaire européen. Elément intéressant, et qui prouve peut-être que le POI n'est pas associé dans l'imaginaire de la gauche à l'initiative du "Comité Pas en notre nom" qui se fait tirer dessus sur le Net.

 

L'actualité n'est pas passionnante en ce moment. Les déboires du gouvernemant Ayrault en ce moment sur tous les fronts seraient drôles si l'addition n'allait pas être à la charge des Français. Comment ont-ils pu ne pas anticiper le fait qu'ils seraient mis en minorité au Sénat sur la programmation budgétaire ? Cela dépasse l'entendement - voir ausi le bon article du Diplo sur Hollande et la Palestine.(Et pendant ce temps M. Sarkozy vend ses talents d'ex-président sur le marché des conférenciers à 100 000 euros la conférence, voir un repotage récent d'Envoyé spécial - n'en doutons pas, le cynisme des puissants n'a pas de limite... et cependant vous verrez qu'une majorité de Français votera bientôt à nouveau pour eux).

 

centcom-copie-1.jpgAujourd'hui Russia Today (dont un lecteur a rappelé récemment à juste titre sur ce blog qu'elle avait des penchants complotistes, mais je crois qu'on peut la regarder en triant soi-même le bon grain de l'ivraie) comme toujours faisait flêche de tout bois pour construire une contre-propagande. Mais cela tombait un peu à plat (comme souvent). Un argument contestable entre mille que j'entends chez eux (et chez beaucoup de militants alternatifs) : avec les millions de dollars dépensés dans les opérations d'Afghanistan et du Pakistan, qui tuèrent des civils et ravagèrent ces pays, les Etats-Unis auraient pu financer des services publics chez eux et à l'étranger. C'est un argument que nous avons nous-mêmes utilisés dans l'Atlas alternatif mais, avec le recul, je le trouve très naïf, car pas assez Clausewitzien. On ne peut pas dire que l'argent dépensé en opérations militaires qui ont échoué est perdu, et qu'il aurait été plus utile employé ailleurs. Parce qu'une opération militaire, même ratée, joue un effet dissuasif. Si vous vous abstenez d'engager vos soldats là où on s'attend à ce que vous le fassiez, quelqu'un d'autre (notamment vos riivaux actuels, ou vos adversaires potentiels), vont interpréter cela comme un signe de faiblesse, et engageront contre vos intérêts des actions qu'ils n'auraient pas osé mettre en oeuvre si vous aviez déployé vos forces. Et le fait d'encourager le rival à agir contre vous peut avoir un coût économique supérieur à celui d'engager la force en premier.

 

Autrement dit on ne peut pas raisonner sur de l'économie virtuelle. Je ne dis pas que les USA ont eu raison d'engager la force en Afghanistan. Il y a parfois de très bonnes raisons politiques de refuser d'engager la force, y compris du point de vue de la Realpolitik (par exemple, comme le fait la France en refusant de reconduire les accords militaires hérités du gaullisme qui prévoyaient un recours automatique à la force quand les intérêts français en Afrique ou ceux de dictateurs alliés, pour leur substituer une logique de coopération plus pacifique et égalitaire). Je dis juste que l'économie (fondée sur des évaluations virtuelles) n'est pas un argument solide pour disqualifier le bellicisme.

 

L'argument "encore plus à gauche" selon lequel, "à long terme" le développement des services publics rend les gens plus intelligents et moins belliqueux, de sorte que tout renoncement au recours à la force est positif pour l'humanité sur une génération, tient encore moins selon moi. Car d'une part il n'est pas sûr que les services publics forts rendent les peuples pacifiques (l'éducation et la santé gratuite dans le Caucase soviétique n'a pas empêché les peuples de se ruer les uns sur les autres à la fin de la guerre froide), et de toute façon ils ne rendent pas plus pacifique l'adversaire.

 

J'ai entendu Mitt Romney répéter récemment le catéchisme américain selon lequel le rôle de défenseur de la liberté qui revient aux Etats-Unis les oblige à ne pas diminuer le budget militaire. Je comprends cet argument et d'une certaine façon je compatis parce que c'est un argument de détresse. D'une certaine façon les USA sont pris dans un piège. Les circonstances historiques sur un siècle en ont fait une superpuissance mondiale bardée de discours messianiques (je fais l'impasse sur la petite parenthèse isolationniste post-wilsonienne des années 20), situation dont ils ont retiré beaucoup de privilèges économiques (et un droit de tirage monétaire sur le reste de la planète), mais qui aujourd'hui les piège complètement. Obligés par la dette à réduire leur potentiel militaire, ils ne le peuvent pas. De toute évidence il leur faudrait recalibrer leur puissance, devenir moins omniprésents partout, moins flamboyants, mais ils ne peuvent le faire sans encourager leurs rivaux à avancer contre eux (ceux que la Russie et la Chine par exemple font depuis dix ans de façon très visible). Les USA ne peuvent se réformer, ni se redimensionner, comme leurs comptes budgétaires l'impose. Ce qui laisse redouter un atterrissage très douloureux chez eux, et peut-être très irrationnels (sauf bien sûr révolution technologique au profit des Etats-Unis dans les domaines civils ou militaires ce sur quoi pariaient les neocons autour de Rumsfeld en 2002).

 

On peut aussi se demander du reste si le continent européen peut se réformer. Non pas se transformer en "Europe sociale" comme on dit au Front de gauche ce que je ne crois pas, mais, même si un retour aux nations se produit, trouver le moindre sens à cette recalibrage national des espaces publics. Je crains que le seul sens que nous puissions lui trouver demeure dans la perpétuation d'un état de vassalisation à l'égard de la puissance américaine. Et les discours des partis "nonistes" (les "nonistes" de 2005) ne me laisse rien entrevoir de sérieux à ce sujet.

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