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Le blog de Frédéric Delorca

Caracas : risque de coup d'Etat écarté mais la vigilance reste de mise

17 Avril 2013 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Colonialisme-impérialisme

f_te_de_l__huma_2006_008.jpgM. Lemoine dans le Diplo sur le Venezuela : « Quatre sièges régionaux du PSUV ont été incendiés le 15 avril, plusieurs centres médicaux et leurs médecins cubains ont été pris d’assaut, des radios communautaires ont été attaquées, quatre militants chavistes ont été tués (les affrontements post-électoraux ont fait sept morts au total). Dans un climat de tension rappelant les semaines qui ont précédé le coup d’Etat du 11 avril 2002, un concert de casseroles — le fameux cacerolazo — a résonné pendant une heure dans les quartiers bourgeois de Caracas tandis que la Garde nationale, à coups de gaz lacrymogènes, dispersait des milliers de manifestants.

M. Capriles continuant à appeler ses partisans à descendre dans la rue, se dirige-t-on vers une recrudescence d’actions destinées à créer un climat de déstabilisation et d’ingouvernabilité ? Le 26 mars dernier, trois députés de droite, MM. Ricardo Sánchez (suppléant de Mme María Corina Machado), Andres Avelino (suppléant de M. Edgar Zambrano) et Carlos Vargas (suppléant de M. Rodolfo Rodríguez), ont retiré leur appui à M. Capriles en dénonçant l’existence d’un plan élaboré par la MUD pour rejeter les résultats émis par le CNE lors de l’élection du 14 avril et orchestrer une période de violence dans le pays. »
 

 

L'ex-président brésilien Lula, chouchou des médias occidentaux face à Chavez, déclare à propos du refus des USA de reconnaître la victoire de Maduro : "Quand on occupe des fonctions présidentielles il y a des choses qu’on ne peut pas dire, par diplomatie, mais aujoud’hui je peux les dire : de temps en temps les États-Unis s’ingèrent dans les élection organisées dans un autre pays. Ils devraient s’occuper de leurs affaires et nous laisser choisir notre destin."

 

Un Français à Caracas lui pense que désormais le risque de coup d'Etat est écarté, certains partisans de Capriles, jusque là séduits par son look consensuel et presque "luliste", se seraient démarqués de ses nouvelles velléités putschistes. Ouf ! Mais la vigilance reste de mise.

 

Au passage je note que la position de la France sur l'élection de Maduro est particulièrement laconique est obscure, typiquement hollandienne :

 

"Le Conseil national électoral, autorité compétente en la matière, a proclamé le 16 avril la victoire de M. Nicolás Maduro à l’issue du scrutin présidentiel organisé le 14 avril au Venezuela. La France prend acte de cette proclamation.

De violents incidents ont éclaté à Caracas et dans plusieurs villes. Il est important que le dialogue et le respect de l’ordre institutionnel prévalent."

 

La France "prend acte de la proclamation", c'est le minimim minimorum de la reconnaîssance du nouveau président...

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Réchauffement climatique selon Vincent Courtillot

17 Avril 2013 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Débats chez les "résistants"

On reparle du réchauffement climatique ? Je ne connais pas ce M. Courtillot, je connais mal la climatologie. Donc je me garderai de conclure sur le fait de savoir s'il a complètement raison ou pas. Mais son propos est rempli de bon sens.

 

 

 

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Inquiet pour la petite Venise

16 Avril 2013 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Colonialisme-impérialisme

Je m'inquiète pour la révolution vénézuélienne. 50,7 % c'est trop juste pour défendre une révolution. Les manifestations de contestation des résultats, les rumeurs de contacts directs entre Capriles et la hiérarchie militaire. Le Grand Soir a tort de dessiner une analogie avec la France car le rôle de l'armée n'y est pas comparable.Maduro a évoqué ouvertement le risque d'un coup d'Etat, Correa aussi. Un blog du Monde aujourd'hui présentait Maduro comme l'homme de Cuba face à un establishment militaire plus patriote (et évoque même un flicage de l'armée par Cuba). Les USA hésitent à reconnaître Maduro, une marche au centre de Caracas est prévue par l'opposition factieuse demain. Le risque de guerre civile ou de coup de force est bien réel. La Venezuela (la "petite Venise" en Espagnol) me préoccupe beaucoup ce soir.

 

ps : Quelqu'un me demande sur FB si je pense qu'il y a eu de la fraude électorale. Je n'en ai pas la moindre idée - apparemment Capriles n'est pas très content que les militaires aient tenu les bureaux de vote, mais j'ai vu un blog mainstream dire que les militaires ont empeché certains électeurs de voter Maduro parce que Maduro était le chaviste "des cubains" et pas de l'armée... Difficile de savoir s'il y a eu de la fraude organisée. J'ai tendance à penser en tout cas que s'ils ont fraudé, ils auraient dû s'attribuer 52 ou 53 % comme Ahmadinejad. On ne peut pas défendre une révolution avec 50,7. Cela sent le début de la fin du chavisme. L'impérialisme et la droite ont peut-être déjà gagné la partie.

 

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Pristina mon amour

12 Avril 2013 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Peuples d'Europe et UE

Konstantin Katchaline, journaliste à la Voix de la Russie, écrit dans Ria Novosti : "Fin mai-début juin, la 525ème brigade de renseignement et de guerre électronique (BRGE) sera [américaine] projetée au Kosovo. " - J'ai pas mal écrit sur les Balkans dans mes  bouquins.

 

RaptorA propos du Kosovo Le Monde dit encore sur le volet environnemental : "Cours d'eau contaminés, voitures vétustes, bords de route jonchés de détritus faute d'un système de collecte : le pays est une poubelle au milieu de l'Europe. Le coût annuel de la pollution a été estimé par la Banque mondiale à environ 221 millions d'euros. Elle cause chaque année, en moyenne, 835 décès prématurés, 310 nouveaux cas de bronchite chronique, 600 hospitalisations. Dans ce bilan catastrophique, le poids des deux centrales thermoélectriques nationales pèse lourd."

 

"L'avenir de l'Europe se joue à Pristina" écrivait Cohn-Bendit en 1999, pour nous inciter à bombarder Belgrade. Aujourd'hui qu'est-ce que l'Europe a produit au Kosovo ? Et pourtant elle prétend forcer la main à Belgrade pour mettre fin à l'autonomie du nord serbe. Vu le penchant des ex leaders de l'UCK pour l'homogénéité ethnique, les Serbes ont raison de se méfier. En plus il y a des tendances sécessionnistes chez eux du gouvernement autonome de Voïvodine. Grosse manif à Novi Sad hier.

 

Il faudrait que la gauche (dans mon vocabulaire c'est la gauche de la gauche) ose dire quelque chose là dessus. Mélenchon a essayé en 2008. Pourquoi tant de silence ? C'est à 2 h de chez nous.

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Communisme hédoniste

10 Avril 2013 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #La gauche

Dans la Pravda en Anglais je tombe sur cette photo (ci dessous)... et me dis que la Pravda a bien changé depuis ma jeunesse... 

suleyn medeiros

 

 

 

pcfDans la même veine en France (ou presque) voir à gauche.

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Scepticisme, dogmatisme, émotions et missiles

9 Avril 2013 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Billets divers de Delorca

Quatre "likages" de mon billet hier. Vous savez pourquoi ? Parce que j'ai fait l'effort de le poster sur Facebook. Mais ne croyez pas que je vais toujours vous mâcher le boulot comme ça en allant faire de la pub pour mes écrits sur les réseaux sociaux ! J'ai ma dignité quand même.velazquez los borrachos

 

Et puis c'est Noël : la semaine dernière une nouvelle personne s'est abonnée à ce blog (dans la case à droite !).

 

Comme il y a quatre ou cinq ans, je me donne l'illusion que je parviendrai à contourner le mépris dont m'ont accablé les quadra et les quinqua dans les années 2000 en intéressant les jeunes de 25-28 ans, allez savoir. Je leur apprends un ou deux trucs sur ces fameuses années 1998-2000 où déjà se jouaient tous les psychodrames chez les "intellectuels engagés" dans lesquels on est enfermé 15 ans plus tard.

 

Mon "public" naturel est plutôt du côté des chomskyens sceptiques que du côté des bornés dogmatiques qui m'ont déclaré "traître au combat pour un monde meilleur" parce que je n'appelle pas à soutenir Bachar el Assad (ha ha ha) ou le président de l'Erythrée (ha ha ha ha).

 

kim-jong-ilA part ça je m'inquiète pour la Corée du Nord. Non seulement il est à peu près évident que je n'aurai pas le moindre visa pour y aller, mais je me demande même s'il y aura encore une Corée du Nord dans deux mois. Oh ce n'est pas tant que l'idée de voir diaparaître leur régime politique me chagrine. Mais c'est comme l'ex-RDA. Le peuple de ce pays ne voit pas les choses comme nous, et je ne vois pas au nom de quoi on devrait les transformer par la force en Sud-Coréens... Surtout que là l'opération "chirurgicale" pourrait bien consister en carpet bombing atomique. A chaque conflit on nous dit que les dirigeants sont suicidaires (Milosevic, Saddam Hussein, Kadhafi). On nous refain le coup avec Kim-Jong-Un. Cette fois il faut reconnaître que toutes les apparences plaident pour cette thèse. Mais, vous le savez, je suis platonicien, donc je ne peux me contenter des apparences. Si quelqu'un peut m'expliquer rationnellement ce que veulent les dirigeants nord-coréens dans cette montée en flamme bélliqueuse délirante, je suis preneur. Quelles sont les motivations ? Si ce ne sont que des émotions, et de l'auto-suggestion collective gratuite, les teneurs de la pensée soixante-huit tiendront là le plus grand démenti à leurs valeurs philosophiques : une nation qui s'anéantit stupidement par excès d'abandon aux émotions.(ps : juste après avoir posté ce texte je tombe su run article qui explique la position nord-coréenne, écrit par un Occidental qui en revient, ça vaut ce que ça vaut, surtout ça manque de précision).

 

Euh, petit post scriptum pour les mecs du PCF qui ont écrit le communiqué sur la mort de Thatcher, on peut se demander si le reproche qu'ils lui adressent en premier lieu "l'arrogance, la certitude d'avoir toujours raison" n'est pas celui qu'ils adressent à leur propre passé. Si tel est le cas, ils feraient mieux de sortir de leur monologue nombriliste. Le problème de notre époque, est moins "l'arrogance, la certitude d'avoir toujours raison" des libéraux, que le manque d' "arrogance", et de "certitude d'avoir toujours raison" de la gauche... Si ce courant pouvait apprendre à être arrogant à l'égard de ses adversaires (ses vrais adversaires, ceux de l'UMP, pas ceux qui leur sont plus proches), un sens de l'arrogance et du combat, sans pour autant verser dans le dogmatisme, on ferait un grand progrès. La gauche de la gauche fait en ce moment tout l'inverse : elle manque d'arrogance à l'égard des valeurs de la droite, et fait preuve d'un dogmatisme inopportun sur des sujets où l'on pourrait avoir des débats tranquilles et rationnels.

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Ca bouillonne

8 Avril 2013 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

Après l'affaire Cahuzac, la droite se fait putschiste comme elle le fut déjà sous Mitterrand : le responsable du secteur économique de TF1 se répand en scénarios sur la démission de Hollande sur Atlantico.fr, un mystérieux sondage sort pour interroger les Français sur l'intérêt d'une dissolution. Et M. Mélenchon se refait populiste sur le thème du "tous pourris", alors que le PCF, à la veille des municipales aurait préféré se battre sur l'ANI, comme l'aile gauche du PS (et comme M. Filoche qui était venu à la TV pour parler de ça et fut interviewé de manière impromptue sur Cahuzac). Notons qu'il a quand même raison, car le thème de la VIe République est plus porteur devant les caméras que la simple défense tribunicienne des travailleurs (très belle expression quand on y songe, que celle de la fonction "tribunicienne" du PCF inventée par je ne sais plus quel prof de Sciences Po il y a quelques décennies, quand on sait ce qu'étaient les tribuns : des hommes de l'establishment investis d'un petit droit de veto pour protéger le peuple - au fait vous avez vu la dernière pub du PCF dans le genre "Je suis communiste et ça me fait du bien", comme au centre de thélassothérapie ?).

 

On se demande d'où viennent les fuites qui ont informé Médiapart usr la situation bancaire de Cahuzac (les amateurs de romans d'espionage parlent de la CIA, of course), et ce que valent les rumeurs sur M. Fabius.

 

Mme Joly rejoint M. Mélenchon. Ca bouge, ça tremble. Et la victoire du "non" en Alsace donne des ailes aux jacobins. Sommes nous au bord de "L'Insurrection" annoncée par le roman humoristique du journaliste Pierre Lévy ?

 

Les Femen, elles, se prennent les pieds dans le tapis, en brûlant un drapeau salafiste, geste interprété en Tunisie comme une volonté de brûler le drapeau de l'Islam : pourtant si j'ai bien compris l'un est noir et l'autre est vert. D'où vient la confusion ? En tout cas Amina Tyler pour qui les Femen brûlaient l'étendard a désapprouvé leur geste. Il est des subtilités maghrébines que les Femen n'ont pas comprises. Pas sûr que le topless "à moitié assumé seulement" de Caroline Fourest suffise à inverser la vapeur.

 

Les antifas reprennent du service contre le PRCF à Lille pour une conférence sur la Syrie (je croyais pourtant que ce petit groupe avait fourni un gros effort pour se dissocier de la "Guilt by association" avec l'extrême droite en retirant leur signature d'une pétition collective à l'automne, mais visiblement cela n'a pas suffi). Et l'ACRIMED soutient Schneidermann contre Cohen (dans le débat avec Taddei) sur la liberté d'expression. Côté liberté d'expression je pense que le PRCF pourrait obtenir l'annulation de la décision du maire de Lille devant un tribunal, mais ils n'en ont sans doute guère l'intention. Les juges sont mal vus à gauche (sauf chez les mouvementistes positionnés sur des sujets sociétaux).

 

Bon à part ça, ne comptez pas sur moi pour verser une larme sur Margaret Thatcher today (ps : laissons cela au FN).

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EADS aux banquiers

3 Avril 2013 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Peuples d'Europe et UE

moneyC'est Mélenchon qui l'explique sur son blog "En septembre 2012 déjà, il était question d’une fusion entre le géant franco-allemand et le britannique BAE, héritier de British Aerospace. On avait craint les conséquences stratégiques désastreuses du tropisme libéral de Thomas Enders, le remplaçant allemand de Louis Gallois. Finalement, cette fusion ne s’est pas faite. C’est l’Allemagne qui a stoppé le processus. Pour un motif que les Français n’avaient même pas imaginé formuler : parce qu’elle redoutait une perte de souveraineté industrielle et stratégique. Mais le pire était à venir. Depuis décembre 2012, avec l’aval du gouvernement Ayrault, la finance n'a cessé de conforter son emprise sur EADS. Cette attaque se matérialise par « un accord de gouvernance ». Il fait suite à la sortie d’actionnaires privés du capital d’EADS. Cet accord entérine un recul des parts des Etats français, allemand et espagnol. Dès lors ceux-ci sont empêchés dorénavant de bloquer les décisions stratégiques qui pourraient leur nuire. De cette façon, EADS est un peu plus mis dans la main de la finance internationale. Cette mascarade à un prix. Elle oblige EADS à racheter une partie de ses propres actions aux actionnaires privés. Ceux-là même qui s’enfuient. Au premier rang desquels on trouve Arnaud Lagardère. Et il lui faut encore vendre le reste au plus offrant sur les marchés financiers. A l’annonce de cet accord absurde, l’action valait 25 euros. A peine 3 mois plus tard, elle vaut 40 euros ! EADS ayant annoncé longtemps à l’avance le rachat des actions, il était évident que le cours monterait et que l’opération de rachat qui était alors estimée à 3,3 milliards d’euros serait largement plus coûteuse. Résultat : le rachat d’actions pourrait coûter deux fois plus cher que prévu. Un gigantesque gaspillage financier au détriment de la stratégie industrielle pour l'aéronautique. Et à la table de ce gaspillage, l’assemblée générale des actionnaires tenue le 27 mars a décidé que Lagardère serait prioritaire sur les autres actionnaires pour accéder au programme de rachat d’actions."

 

Aujourd'hui EADS est entre les mains des banquiers Pébereau et Trichet et de M. Mittal...

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Heum heum...

3 Avril 2013 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #La gauche

 

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Fin de journée

2 Avril 2013 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le quotidien

Hier trente mecs (ou des filles) anonymes ont atterri sur mon blog en tapant directement l'adresse URL ou mon nom. Deux de ces anonymes ont "liké" sur Fesse-bouc mon billet sur Benda et le particularisme. J'ai passé la journée comme hier à me demander si on m'autoriserait à aller promener un regard "chomskyen" en Corée du Nord cet été, en fait j'en doute de plus en plus. Et je n'ai pas trouvé l'énergie (à cause de mon boulot) d'écrire des billets sur l'archéologie (et dire que je voudrais écrire une histoire alternative du rationalisme, avec mon panthéon à moi qui comprend Chrysippe de Solès, Lucien de Samosate, Marguerite de Navarre, Julien Benda... quand trouverai-je le temps ?). J'ai juste bricolé : parcouru dans "Book"s un article sauvagement anti-Zweig (mais en partie juste), des papiers pro-israéliens qui font l'apologie de Bachar el Assad (signe des temps je suppose), et deux ou trois bêtises comme on en trouve tant sur le Web.

 

Parce que j'ai publié un petit billet un peu malin sur le Tchad sur le blog de l'Atlas alternatif, un ex collaborateur m'a demandé si je reprenais du service, puis intimé (presque pistolet sur la tempe) de prendre parti sur la Syrie. Je crois vraiment ne plus écrire du tout pour des gens comme lui. Je m'imagine plutôt en ce moment que mon public se trouve du côté de ces chercheurs de vérité qui lisent Chomsky et jouent de la guitare le dimanche sans trop se prendre au sérieux. Public de gens honnêtes, indépendants et ouverts.

 

P1010600-copie-1.jpgDes tonnes d'interrogations me poursuivent. Aurais-je dû en faire plus ? Ecrire plus sur les guerres de notre époque, sur les pays isolés ou diffamés comme l'Abkhazie, ne pas faire des détours par la philosophie et la sociologie, la littérature même...  Bah, à quoi bon ? Pour se retrouver toujours confronté aux mêmes accusations connes ? - "vous êtes un stalinien", "un vieux militariste", "un facho", "un anar inconséquent", "crypto-sioniste", "antisémite inconscient de l'être", "nationaliste anti-européen", "vendu à Mélenchon, à l'Europe, au grand capital, aux traîtres etc" "si tu n'es pas avec nous tu es contre nous", "choisis ton camp camarade" etc le débat sur notre époque vole tellement bas, mieux vaut être un petit peu "à côté", un petit peu "ailleurs", sans l'être complètement (car il faut toujours rester cohérent et fidèle à ses combats de toujours).

 

Bon allez, trêve de ratiocinations nocturnes. Demain est un autre jour. Demain je saurai peut-être si j'ai mon ticket pour la Corée. Demain j'aurai peut-être le temps de lire le billet que publie le PIR sur le féminisme vu avec les lunettes du monde arabe. Demain j'arriverai peut-être à oublier le documentaire d'Arte qui ce soir expliquait comment Google a échoué à monopoliser sous sa coupe des droits sur des dizaines de millions de livres mais pourrait bien poursuivre dans cette voie, et même nous vendre des lunettes qui stockeront dans ses bases de données tout ce que nous voyons - mais non, je n'oublierai rien de tout cela, car un bon citoyen doit affronter "with eyes wide opened" le monde ultra-fliqué et virtualisé qu'on nous construit chaque jour. Non, demain ne sera sans doute pas très différent d'aujourd'hui. Mais nous serons fidèles au poste pour en goûter les charmes et combattre les absurdités.

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Julien Benda aux faux intellectuels médiatiques de notre époque

1 Avril 2013 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Ecrire pour qui pour quoi

"Quand Gerson monta en chaire de Notre-Dame pour flétrir les assassins de Louis d'Orléans, quand Spinoza vint, au péril de sa vie, écrire sur la porte des meurtriers des Witt : "Ultimi barbarorum", quand Voltaire batailla pour Calas, quand Zola et Duclaux vinrent témoigner dans un procès célèvre, ces clercs étaient pleinement, et de la plus haute façon, dans leur fonction de clercs ; ils étaient les officiants de la justice abstaite et ne se souillaient d'aucune passion pour un objet terrestre. Au reste il existe un critérium très sûr pour savoir si le clerc qui agit publiquement le fait conformément à son office : il est immédiatement honni par le laïc, dont il gêne l'intérêt (Socrate, Jésus). On peut dire à l'avance que le clerc loué par des séculiers est traître à sa fonction" ("La trahison des clercs", p. 172)  

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Julien Benda, particularismes, passions, et intellectualisme

1 Avril 2013 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Philosophie et philosophes

Vous avez sans doute lu mon roman "La révolution des montagnes", qui est un roman, malgré les apparences, plus existentiel que politique (ce qui lui permet de porter ses interrogations plus loin). Ce roman se confronte beaucoup à la question du particularisme dans laquelle j'ai été profondément enfermé tant du côté de ma famille paternelle républicaine espagnole (à travers la mémoire d'une geste héroïque) que du côté de ma famille maternelle (à travers le culte des lieux).

 

J'ai remarqué ces derniers que dans ma région natale la politique immobilière et la réduction des territoires à des entités économiques rend caduque la problématique habituelle du particularisme géographique (de sorte que mon roman si je l'écrivains aujourd'hui serait très différent), caduque, mais susceptible d'être reconstituée sur des bases complètement artificielles (ainsi que le fit le nationalisme romantique à l'échelle européenne au milieu du XIXe siècle).

 

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A travers Julien Benda je retrouve la question très complexe du positionnement de l'intellectuel face à ces particularismes. Benda est une des dernières incarnations du républicanisme universaliste français dans toute sa pureté (celui qui vénérait les philosophes grecs et en rendait l'étude obligatoire à tous les bacheliers). Aujourd'hui Chomsky en est à certains égards le prolongement mais sur un plan un peu différent.

 

Benda pose dans toute sa limpidité le problème du rapport aux passions dont le particularisme (dans sa version nationaliste) est une des modalités (dans le culte des sensations du terroir, des rapports de proximité sur la base d'une langue ou d'un accent, toutes ces fantaisies romantiques funestes qui coûtèrent des dizaines de millions de morts à l'Europe au XXe siècle). Il leur oppose le modèle du clerc idéal (dont personnellement je verrais l'origine chez es philosophes stoïciens sur lesquels j'ai beaucoup écrit, qui m'intriguent beaucoup, et qui sont les inventeurs du cosmopolitisme - soulignons-le à l'heure où Poutine veut faire d'Emmanuel Kant, autre grand cosmopolite rationaliste, l'emblème de Kaliningrad,à des fins presque de marketing).

 

chomskynotebook.png

On pourrait soutenir qu'aujourd'hui, le marché libéral dissout à la fois le particularisme (qu'il remplace par un culte des labels et des marques), et la figure de l'intellectuel (remplacé par le propagandiste utilitaire à la BHL ou Caroline Fourest). L'intérêt viscéral pour le lieu n'a cependant pas disparu, depuis la passion belliciste (même si elle est dictée par  a peur) qui s'empare de la Corée du Nord, à celle qui, au même moment, pousse les foules à envahir Lumumbashi. Et je ne crois pas que tout intérêt pour une figure de l'humanité à la fois transfrontalière, et cependant rationnaliste, studieuse et avide de lecture (non simplement consumériste et financièrement intéressée) ait tout à fait disparu (je la vois poindre notamment dans cette jeunesse chomskyenne de moins de trente ans). On peut prédire que si la globalisation capitaliste s'abîme dans des fièvres guerrières, ou simplement dans la misère des peuples, qui les empêche de voyager, de nouvelles passions pour les lieux et les généalogie renaîtrons face auxquelles l'intellectuel cosmopolite devra trouver une attitude adéquate, une attitude qui ne soit pas de simple auto-défense dédaigneuse d'une internationale des banquiers comme le fait Jacques Attali : la définition d'une universalité qui ait un positionnement très clair sur la question des passions. Mes propres interrogations sur le stoïcisme ne me permettent peut-être pas d'aller assez loin là-dessus. Et pourtant une défense pure et simple du l'intellectualisme classiciste n'est pas non plus une réponse tout à fait satisfaisante. Il faudra y réfléchir dans les années à venir.

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