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Le blog de Frédéric Delorca

A propos des insultes contre Christiane Taubira

15 Novembre 2013 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Colonialisme-impérialisme

p1000036.jpgQuelle que soit l'instrumentalisation à laquelle le gouvernement soi-disant socialiste (social-libéral) français veut procéder autour de l'actuelle campagne de haine à l'encontre de la ministre Christiane Taubira, et quoi que l'on pense du "mariage pour tous" (auquel je me suis opposé en tant qu'adversaire - et non comme défenseur - du mariage), il faut condamner les propos racistes tenus par les réactionnaires à l'encontre de cette ministre, et aussi condamner toutes les tendances factieuses irrationnelles qui se développent dans les mouvements contestataires en ce moment. Au dévoiement de l'intérêt public auquel procède le gouvernement ne doit pas répondre un extrémisme absurde et sans principe. En tout cas il faut absolument ne donner aucune prise à une résurgence du racisme (quelle qu'en soit la forme) dans notre pays.

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Chateaubriand pour les révolutionnaires

15 Novembre 2013 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #XIXe siècle - Auteurs et personnalités

chateaubriandJe l'ai souvent dit : il faut lire Chateaubriand (Les Mémoires d'outre-tombe). Son style extraordinaire vous emporte et donne un éclairage nouveau sur l'histoire de continent. En même temps c'est une réflexion profonde sur la condition humaine, bien plus profonde que Plutarque (qui, comme le disait Nietzsche, peint ses personnages autour d'un seul caractère à la fois, alors que Chateaubriand est très conscient des contradictions des êtres). Le regard de Chateaubriand sur Napoléon notamment est très impressionnant car il mêle admiration, fascination et dérision. En même temps Chateaubriand a l'oeil du spécialiste des relations internationales (il a été ministre des affaires étrangères ne l'oublions pas). Grâce à lui je comprends à chaque étape de l'avancée napoléonienne les projets, les enjeux, les traités de paix, pourquoi cela réussit et pourquoi cela échoue (par exemple sous sa plume je découvre un projet de partage du monde que la France avait passé avec la Russie). C'est d'une finesse et d'une richesse extraordinaires. L'auteur nourrit son regard d'une vision de long terme de l'histoire de France, c'est extrêmement jouissif.

 

Grâce à Chateaubriand je découvre que l'ancrage de l'Angleterre en Inde, et sa colonisation du Sri Lanka sont une réaction à la colonisation française des Pays-Bas (qui possédaient Ceylan à l'époque). Pourquoi personne n'a daigné me l'expliquer dans les écoles ? (au fait, je vais vous reparler du Sri Lanka bientôt : des dangers planent sur cette île). "Assis derrière la récente souveraine de Hollande, l'empereur, selon une de ses familiarités, lui pinçait les oreilles : s'il était de grande société, il n'était pas toujours de bonne compagnie" (t II p. 422) "Les Républiques que Bonaparte avait créées, il les dévorait pour les transformer en monarchies... [A Schoenbrünn en 1805] il déclare que la dynastie de Naples a cessé de régner ; mais c'était pour la remplacer par la sienne : à sa voix, les rois entraient ou sautaient par les fenêtres" (p. 420).

 

barbudoLes révolutionnaires doivent lire les classiques. Sous la plume de Chateaubriand, je découvre les "petits catéchismes" que les enfants des Espagnols insurgés apprennent contre la France (la guérilla espagnole contre Napoléon fut un modèle pour le siècle qui a suivi), et cette remarque profonde pù il observe que l'insurrection militaire espagnole a donné de l'audace aux chancelleries et à l'armée britanniques jusque la tétanisées par les succès de l'empereur. Voilà qui en dit long sur le pouvoir des peuples. Cela nous rappelle aussi le temps où les luttes armées du tiers-monde (celle de Castro en premier) stimulaient l'audace de la diplomatie soviétique jusque là enlisée dans la routine de Yalta...

 

Allez pour la peine je conclus par un "tube" de Tanja Nijmeijer...

 

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La non-ingérence de gauche

14 Novembre 2013 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Débats chez les "résistants"

L'équipe de l'Atlas alternatif a été invitée à un "forum des résistances" ou quelque chose dans ce goût là qui ouvrait ses portes à des gens de droite et de gauche. J'ai décliné l'invitation, dans la mesure où le livre "Atlas alternatif" et le blog qui l'a prolongé tiennent une ligne de gauche qui refuse le dépassement des clivages.

 

Deux ou trois contributeurs de l'Atlas sont un peu plus ouverts que moi cette question, mais la ligne que je défends reste majoritaire au sein des gens qui contribuent à l'actualisation du blog et à sa diffusion. J'ai entendu il y a peu dans une interview le préfacier du livre dire qu'il n'était plus de gauche, expression qu'il a explicitée en disant qu'il était "de la gauche historique mais que la gauche historique n'existe plus". Cette position ne me paraît pas défendable. En 1940 le PCF était rallié au pacte germano-soviétique et la SFIO votait les pleins pouvoirs au maréchal Pétain. Est-ce pour autant que les militants socialistes ou communistes trahis par leur direction cessaient de se dire de gauche ? L'appartenance à une mouvance politique résulte d'une réflexion sur 200 ans d'histoire, et non pas du fait qu'on ait été exclu de telle ou telle réunion ou qu'on n'aime pas tel ou tel personnage ni l'orientation de tel ou tel parti.

 

Etre de gauche c'est défendre les défavorisés contre les aristocraties et les mafias, en sachant bien hiérarchiser les ennemis : les mafias des banques et des multinationales occidentales sont plus dangereuses que les mafias étatiques qui peuvent exister en Russie ou ailleurs, ou que les corporations de hauts fonctionnaires ou de médecins etc qu'on peut avoir en France, et évidemment plus dangereuses que les éventuels petits conglomérats syndicaux dont, certes, on peut dénoncer parfois les abus de pouvoir, mais qu'il serait absurde de mettre sur le même plan que les multinationales, ou de dénoncer comme des "valets" des multinationales, ainsi que le fait l'extrême-droite.

 

La défense des défavorisés passe selon moi par la défense des structures étatiques et de leurs services publics, surtout en France (même s'il faut rester critique sur le fonctionnement de ceux-ci et chercher à les placer toujours plus au service des citoyens - sans pour autant d'ailleurs les aligner sur un esprit de consommation que certains citoyens nourrissent à leur égard). Au nom de cette défense des structures étatiques, il faut défendre le droit à la souveraineté des Etats, notamment ceux du tiers-monde, telle qu'elle résulte de la charte des Nations-Unies (et même la défendre au besoin contre les Nations-Unies quand c'est nécessaire), car on sait combien diverses mafias locales, notamment sécessionnistes, sont promptes à instrumentaliser un "devoir d'ingérence" en s'alliant à la super-puissance américaine. Ce refus du devoir d'ingérence, ne doit cependant pas faire perdre de vue un sens de l'internationalisme, et de la solidarité avec des mouvements inspirés par des valeurs de gauche (émancipation des hommes et des femmes, refus des excès de l'individualisme, du consumérisme et de l'obscurantisme (ce qui n'implique pas nécessairement un refus absolu des religions). Il n'est notamment pas question de se résoudre à ce que des peuples restent à jamais sous la coupe de disctateurs à cause de la non-ingérence. Mais la solidarité entre partis ou entre mouvements sociaux et associatifs, qui peut éventuellement aussi passer par des sanctions commerciales au niveau des Etats (chaque Etat restant libre de ses alliances et de ses inimitiés au nom de ses intérêts mais aussi de ses principes) ne peut passer par des voies de coercition militaire qui, de toute façon, ne font en règle générale que radicaliser les tendances dures des régimes oppressifs ou semer le chaos, provoquer le règne des bandes armées, au détriment du bien-être des peuples et des chances d'établir des solutions politiques stables à long terme.

 

La défense des défavorisés d'un point de vue de gauche suppose que l'on refuse aussi, évidemment, toute forme de complotisme - qui noie la compréhension fine des phénomènes sociaux -, et toute forme de racisme ou de sexisme (si l'on entend par sexisme la volonté de diminuer la légitimité de l'un ou l'autre sexe à exercer ses droits dans la sphère politique et à jouir de ses droits sociaux).

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Un nouveau parti à gauche du PC chinois

12 Novembre 2013 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Débats chez les "résistants"

Elle est prof associée à l'Institute of Economics and Management de Pekin (Beijing), elle est fan de Bo Xilai l'ex leader de la gauche du PC chinois (numéro un du PC à Chonqing) tombé en disgrace. Elle a déjà fait de la prison à cause de deux lettres ouvertes pour le défendre, et une grève de la faim. Elle est convaincue que c'est un homme humble et droit. Elle s'appelle Wang Zheng (prononcer Wang Tcheng). Cette quadra fait partie des fondateurs d'un nouveau parti à gauche du PCC : Zhi Xian (pouvoir suprême de la constitution). Ce parti a été créé bizarrement par lettre ouverte au congrès national du PC chinois et aux leaders des 9 autres partis tolérés (New York Times du 11 novembre). Selon Weng, il ne s'agit pas de remettre en cause le leadership du PCC nécessaire à l'unité de la Chine mais reconnaître la liberté de réunion,d'association, et la primauté de l'article 1 de la constitution qui affirme le caractère socialiste de l'Etat chinois, pour faire prévaloir la propriété collective, alors que la Chine se débat dans trop d'inégalités depuis trente ans. Elle estime qu'une parti révolutionnaire comme le sien n'a pas à se faire enregistrer, et que le PCC lui n'a jamais eu recours à ce genre de procédure.

 

Dans des déclarations à Reuters elle a reconnu que les fondateurs de ce nouveau parti n'ont pu joindre Bo (condamné à la prison à vie) pour obtenir son accord. Sima Nan, un commentateur de TV supporter connu de Bo (et par ailleurs fervent admirateur de Socrate et adversaire des pseudo-sciences), estime que ce nouveau parti est une farce, c'est ce qu'il a déclaré à Reuters, ajoutant que Bo n'accepterait jamais d'agir hors des cadres du PCC.

 

Il va falloir suivre dans les années qui viennent l'évolution de ces néo-maoistes de la mouvance de Bo, qu'ils soient au sein du PCC ou en dehors, maintenant que leur chef est en prison.

 

 

 

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11 novembre 2013, en France et à Belgrade

11 Novembre 2013 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Peuples d'Europe et UE

Après que j'aie assisté à une commémoration (pour l'éducation de mon fils), pitoyable commémoration du 11 novembre, dans une capitale régionale française (le plus pitoyable y était peut-être l'éloge des déserteurs fait par les enfants des écoles sur instruction de leurs pédagogues), l'homme de gauche "vertueux", pacifiste, d'origine immigrée, aussi antifasciste que ma famille de républicains espagnols, et exempt de tout rouge-brunisme que je suis, mais attaché à l'existence de la nation française comme facteur de résistance à l'hégémonie américaine et à la logique de la lutte des blocs Occident/Chine, ne peut s'empêcher de faire un clin d'oeil ici à un pays allié des Occidentaux en 14-18 et qui y perdit un sixième de sa population : la Serbie, qui commémorait aujourd'hui aussi son 11 novembre (cf dépêche de Tanjug ci-dessous). Le drapeau serbe flottait sur la Maison blanche en 1918 et ce pays passait pour un pays martyr aux yeux de tous.

 

Comme le rappelle JP Chevènement dans son dernier livre, la guerre de 14-18 ne fut pas une simple "folie" de dirigeants européens. C'est le résultat d'une agression du reste de l'Europe par l'impérialisme allemand qui a pris la décision de déclarer la guerre à la Russie après que les sociaux-démocrates allemands aient trahi l'idéal pacifiste de l'internationale socialiste (voir le billet ici). Et  même un pacifiste internationaliste endurant comme Romain Rolland, dans "Au dessus de la mêlée" que je lisais récemment, ne cherche nullement à minimiser la responsabilité allemande dans le déclenchement de la guerre, ni les actes de piraterie internationale impardonnables qu'ont été aux yeux de leurs contemporains le viol de la neutralité de la Belgique et le bombardement de la cathédrale de Reims. Rappelons aussi que la France était à cette époque la seule République du continent et qu'elle a résisté à l'attaque impériale allemande au nom de l'idéal de Valmy.

 

Qu'il y ait eu des absurdités de l'état-major (encore que toutes les offensives ne furent pas absurdes car elles devaient rendre service aux Russes pour soulager l'autre front, les Russes 3,3 millions de morts, premier pays pour le nombre de victimes, vous les auriez oubliés ?), que les Africains mobilisés sous notre drapeau aient été trop mal récompensés de leur sacrifice,qu'après 1918 la France ait traité sottement son ennemi vaincu (les Allemands), c'est certain. Mais cela ne justifie pas que l'on dissolve ce passé dans une nuit où toutes les vaches sont grises. Les raisons et les torts ne sont pas également répartis.

 

Aujourd'hui des factions d'extrême-droite s'en sont pris à M. Hollande, oubliant quel terreau d'unité nationale était le 11 novembre. Sans doute M. Hollande serait-il plus fondé à invoquer cette unité s'il s'était montré moins autiste dans l'exercice du pouvoir au cours des derniers mois (sur l'amnistie des syndicaliste, comme sur le mariage "pour tous") et si (entre autre) il ne pliait pas honteusement le genou devant l'Arabie saoudite et M. Netanyahou aujourd'hui, comme il le faisait devant le Qatar naguèreau détriment de la paix au Proche-Orient. Mais il est regrettable que cet esprit d'insurrection parfaitement dépourvu de repères et potentiellement très dangereux pour notre vivre-ensemble se nourrisse du fourvoiement moral de nos institutions. Il faut vraiment que tout un chacun individuellement et collectivement se mobilise, pour réapprendre l'histoire de notre continent, et refonder une République au service de valeurs de résistance éhique dans l'intérêt général de l'humanité. Des commémorations comme le 11 novembre devraient servir à cela.

 

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BELGRADE -- President Tomislav Nikolić on Monday took part in Armistice Day commemorations by placing a wreath at the Tomb to the Unknown Hero on Mt. Avala.

 Nikolić
Nikolić is seen at Mt. Avala on Monday (Tanjug)

After the ceremonial laying of the wreath, inscribed with the words, "To the heros of the Great War - proud descendants," Nikolić wrote in the memorial's guestbook:

"Many owe to Serbia, Serbia owes to you, without you this would be someone else's country, a foreign language would be spoken, foreign songs sung. On behalf of a grateful Serbia, which remembers and respects."

Nikolić was accompanied by Defense Minister Nebojša Rodić and Serbian Army chief Gen. Ljubiša Diković.

Serbia, along with other countries that emerged victorious from the First World War, is today marking Armistice Day.

The central gathering to mark the day was held at the Memorial to the Defenders of Belgrade, attended by Prime Minister Ivica Dačić, other government officials, and foreign diplomatic and military representatives.

Dačić noted in his address that Serbia "chose the right side" in both world wars, and that the country "believes that it needs to, in peace, strengthen its natural place, a place that it has in the family of equal and united European nations."

He said that it was necessary to, as we remember "our common ancestors" who were the innocent victims of war, make an effort and strengthen the awareness of the need to forgive, and a constant affirmation of life in peace.

The prime minister also stated that Serbia lost one third of its population in the First World War and suffered irreparable material destruction, and that it "did not completely recover from those consequences to this day."

Dačić reminded those gathered that the war started with "an attack on a kingdom in the Balkans, the Kingdom of Serbia," and according to reports, spoke with reverence about the Serbian victories in the battles of Cer and Kolubara, the country's heroic resistance in 1915, and the military's withdrawal through Albania - followed by the "resurrection" of the Serbian army, the breakthrough at the Macedonian Front, and finally the liberation in 1918.

He remarked that "history has been built up and enriched all these years with new findings, but also with stereotypes which put the spotlight on the numerous victories in the battlefield and the glorious heroic commanders, but also neglect the enormous losses and destruction."

According to the Serbian prime minister, it is courageous to fight for freedom, "that is an honor and a virtue," but, he said, "according to all yardsticks Serbia gave too much in the First World War."

Dačić said that it was the obligation of all, "regardless of ethnicity and religion" to "persevere" in the dignified memory of the war, but that it was also the obligation of everyone "to leave our descendants a better arranged, more stable, democratic and tolerant society, based on the principles of understanding, equality, cooperation, and non-violence."

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Des nouvelles de la pétition pour Piotr Ikonowicz

10 Novembre 2013 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Débats chez les "résistants"

P1020404-copie-1.jpgUn mail que j'ai reçu au sujet de la pétition que j'ai signée (voir ici) pour la libération de Piotr Ikonowicz :

 

"Aux dernières nouvelles, le directeur de la prison où Piotr Ikonowicz a été emprisonné a demandé au tribunal de permettre à ce qu'il soit "libéré sous contrôle électronique" ce qui démontre que la pression marque les autorités polonaises mais ce qui ne règle évidemment pas le problème puisqu'il ne s'agit pas d'obtenir la libération à n'importe quelle condition de Piotr mais d'obtenir la révision de ce procès politique inique et un moratoire sur les expulsions de logements pour permettre la mofication de la loi inconstitutionnelle permettant l'expulsion à la rue de personnes en situation de fragilité.

 

Plusieurs médias électroniques, journaux et stations de télévision polonais importants ont relaté l'évolution de l'affaire sous un jour objectif, soulignant en particulier le fait que le président de la république de Pologne, Bronislaw Komorowski, avait depuis le début de son mandat amnistié plus de 250 condamnés parmi lesquels des personnes coupables de malversations financières, de corruption, de commerce de drogue, de vol et d'attaques violentes, alors qu'il avait refusé d'examiner le dossier d'Ikonowicz dans lequel le verdict était faussé de façon flagrante et que tous s'accordent à dire que les activités bénévoles de Piotr Ikonowicz en faveur des personnes démunies et sans aide juridique est exemplaire. La presse russe et ukrainienne a diffusé largement l'information. Nos efforts pour diffuser l'information auprès des médias progressistes occidentaux se poursuivent.

 

Les députés du parti de centre gauche "Ton mouvement" manifestent dans l'hémicycle (voir attaché) pour la libération de Piotr au moment même où ils vont présenter un projet de loi réformant la loi sur le logement et qui a été préparé avec la coopération active de Piotr et la Chancellerie de la justice sociale dont il est un des fondateur. Des députés d'autres partis d'opposition ont également fait savoir leur appui à Piotr

La pétition qui a été lancée par le maire (bourgmestre) de la banlieue varsovienne d'Ursynow continue a recueillir de nouvelles signatures en faveur de la libération de Piotr. Des intellectuels connus de l'ex-dissidence d'avant 1989 ayant connu des évolutions politiques différentes ont aussi fait savoir au président leur opposition à l'internement de Piotr. De même plusieurs personnes issues de la mouvance "ex-communiste".

 Notre pétition internationale continue de recueillir de son côté des signatures d'associations et syndicats ou de personnalités marquantes de la vie associative, culturelle, intellectuelle et politique. Le groupe vert au parlement européen, tout en proclamant son refus de "s'ingérer dans les décisions de justice polonaises ...s'étonne" de l'internement de Piotr Ikonowicz connu pour ses activités bénévoles socialement utiles.


Devant la prison où il est interné un village de tentes s'est formé avec des militants exigeant la libération de Piotr.

 Pendant ce temps, une vague inédite de manifestations et de grèves touche la Pologne depuis la rentrée, ce qui témoigne du ras-le-bol grandissant du peuple de Pologne devant la dégradation constante de sa situation sociale alors même que les autorités claironnent le "succès" du "modèle polonais" à l'extérieur et soulignent une croissance économique dont la population, après vingt ans de transformation systémique, ne voit toujours pas les fruits au quotidien. Il faut rappeler que, malgré l'émigration de plusieurs millions de Polonais au cours de la dernière décennie, le taux de chômage, inconnu en 1989, reste très élevé et la misère sociale massive. C'est bien entendu dans ce contexte qu'il faut comprendre les mesures répressives qui visent Piotr Ikonowicz, un des rares ancien dissident, fondateur du syndicat Solidarnosc et du Parti socialiste polonais, à être resté fidèle à l'objectif d'autogestion ouvrière proclamé dans la foulée des grandes grèves de 1980."

 

ps - finalement les initiateurs de la pétition ont publié ce communiqué le 18 novembre 2013 :

 

"Nous vous écrivons pour vous remercier de votre engagement massif et vos signatures pour obtenir la libération de Piotr Ikonowicz qui a été condamné à trois mois de prison pour s'être opposé pacifiquement en 2000 à l'expulsion d'un couple de personnes agées, à l'occasion de quoi il a été accusé de comportement violent. Chose qui a été infirmée tant par les témoins de la défense que de l'accusation. Ce verdict inique et clairement politique a abouti à l'arrestation récente de Piotr alors que les prisons polonaises sont surpeuplées et ne peuvent contenir toutes les personnes condamnées.

Il est clair que Piotr a été amené en prison à un moment où les tensions sociales se multiplient en Pologne (grève générale en Haute-Silésie il y a quelques mois, 200 000 manifestants à Varsovie en septembre, vagues de grèves et de manifestations ininterrompues à travers tout le pays). A un moment donc où ses activités de soutien juridique aux exclus, aux locataires menacés d'expulsion, aux salariés victimes d'une exploitation frauduleuse, etc. rencontrent une popularité grandissante montrant que l'on peut s'opposer à la fatalité du capitalisme sans limites. Alors aussi que la Chancellerie de la justice sociale dont il est un des principaux animateurs a préparé avec un groupe de députés de centre gauche une loi sur le logement qui devrait empêcher les expulsions et prévoit de nombreuses améliorations des droits pour les plus démunis. La répression qui vise Piotr ne représente que la partie la plus visible de répressions visant beaucoup d'autres personnes militant en faveur de leurs droits ou des droits sociaux en Pologne.

C'est dans ce contexte que Piotr, en prison, a déclenché une grève de la faim, suivie de son épouse et du Député Jacek Kwiatkowski. Alors que le Président de la République de Pologne, Bronislaw Komorowski, avait procédé depuis le début de son mandat à plus de 200 grâces, il a refusé catégoriquement et sans avoir consulté les actes du procès d'envisager une telle décision concernant Piotr Ikonowicz, malgré l'appui que lui ont manifesté de nombreux Polonais, citoyens, militants syndicaux, députés, dirigeants politiques, anciens dissidents de diverses tendances politiques ainsi que plusieurs syndicats et associations. Sur le terrain international, notre pétition a rencontré également un appui sur tous les continents de citoyens, militants, dirigeants, élus, syndicalistes, personnalités du monde du travail, de la science, de la culture, etc. Malgré cette large mobilisation, à l'occasion de la fête nationale du 11 novembre, le Président de la République de Pologne a procédé à de nouvelles amnisties visant des personnes condamnées pour malversations financières, crimes ainsi qu'un prêtre pédophile.

Considérant que cette dernière décision avait désormais démontré clairement le cynisme absolu des dirigeants polonais, des amis de Piotr, parmi lesquels des militants et des députés, ont demandé que le versement d'une somme d'argent exigée par le pouvoir soit faite afin de pouvoir le libérer au lieu de continuer à voir sa santé se dégrader en prison, et afin qu'il puisse reprendre sans tarder le combat pour la révision de son procès, en profitant de la vague de sympathie qui l'a entouré depuis son internenement et afin qu'il puisse récupérer ses droits civiques et participer à toutes les initiatives juridiques et politiques en faveur des victimes des politiques sociales et économiques imposées aux Polonais depuis trop longtemps. A un moment où la nécessité de reprendre également le combat contre les expulsions de locataires devient urgent.

L'arrestation, l'internement, la grève de la faim, les résistances du pouvoir polonais face aux tentatives d'améliorations de la législation polonaise en faveur des exclus, des victimes d'un droit du travail minimum et trop rarement appliqué ont permis de démontrer désormais hors de tout doute que la Pologne suivait une pente dommageable pour les intérêts de son peuple et pour sa notoriété internationale. Piotr a été libéré après avoir perdu 15 kg, il est sous observation médicale et se rétablit lentement. C'est grâce au vaste mouvement de solidarité en Pologne et dans le monde qui sa libération a été possible à l'initiative d'un groupe de parlementaires.

Soyez tous et toutes remerciés pour votre solidarité. Piotr, sa femme, ses amis, ses soutiens ont été très sensibles à votre engagement à ses côtés, ce qui lui donne la force de poursuivre son combat pour la justice sociale. Il faut désormais s'appuyer sur cette expérience pour faire monter les exigences sociales. Par vos signatures et interventions individuelles et collectives auprès des autorités polonaises et d'organismes internationaux, vous avez grandement aidé à faire connaître la vérité et à isoler les dirigeants polonais qui avaient jusque là tendance à vivre dans une bulle d'autosatisfaction s'appuyant sur des taux de croissance illusoires.

 

Le combat continue en Pologne pour le respect des libertés constitutionnelles, le droit du travail, le droit des chômeurs et précaires !"

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Les plumitifs en tournée de promo à Alger

10 Novembre 2013 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Débats chez les "résistants"

hilton-alger.jpgLes petits préposés à l'anti-impérialisme (ceux qui ont marqué mon année 2000 et dont j'ai parlé dans "12 ans chez les résistants") étaient réunis à l'hotel Hilton d'Alger dans le cadre du 18 ème salon du livrehier après midi (9 novembre) après quelques jours de relaxation au soleil de l'Algérie.

 

Commentaire d'un ami qui y était, à propos de leur conférence : "Même madame la ministre de la culture Khalida Toumi était présente. C'était pas fameux, sauf le Scientifique belge et un certain Pierre Conesa de l'Iris. Des désaccords presque vifs entre le Scientifique belge et le Missionnaire(*).Le premier a souligné que le débat sur la guerre n'était pas un débat qui reflétait les divisions gauche/droite aux Etats-Unis. Et, aussi, le Scientifique belge disait que les facteurs de la guerre et du bellicisme U.S. ne sont pas surdéterminés par les intérêts économiques, contrairement à ce que pense le MissionnaireJ'ai pas tout écouté parce qu'au bout d'un moment, ça devenait chiant avec les autres (surtout l'Ecrivain engagé, un autre journaliste et un anthropologue). Y avait plein de gens qui sont partis voir et acheter les livres du Missionnaire; presque personne n'est venu voir le Scientifique belge  et personne ne s'est intéressé vraiment à l'Ecrivain engagé (ça j'en suis content). Avant la conférence ils avaient tous dîné avec la ministre".


Je suis sûr que l'Ecrivain engagé n'oserait pas s'afficher avec le Scientifique belge et le Missionnaire à Paris, sauf chez Taddei...
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(*) J'attribue à ces personnes les surnoms qui sont les leurs dans le livre 12 ans chez les Résistants.
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Du néant

9 Novembre 2013 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Philosophie et philosophes

Comme beaucoup d'enfants sinon tous, mon fils a du mal à accepter l'idée qu'il est issu du néant. A propos du passé, quand ses parents parlaient de leur jeunesse, il demandait toujours "j'étais où moi". La réponse "nulle part" ne l'a jamais satisfait. Donc à partir de l'idée populaire de "petite graine" ou de "graine de culotte", ses ascendants se sont efforcés de lui faire comprendre qu'il était d'abord dans le corps de son père (vision qu'Aristote eût appréciée mais qui est anti-scientifique quant au rôle de l'ovule). Mais n'osant pas aller au bout de la démarche, ils n'ont pas précisé vraiment où. Ils ont dit dans le ventre. Ce qui aboutit au résultat peu satisfaisant que, lorsque je parle de mes 20 ans, il me ajoute immanquablement : "à ce moment là j'étais dans ton ventre, je m'en souviens, j'entendais tout".

 

Aujourd'hui les physiciens croient nous flatter (voir le documentaire ci-dessous) en nous disant que nous sommes faits d'atomes (de carbone, de fer etc) fabriqués par les étoiles, et nous rassurer sur l'intemporalité relative de la matière, en ajoutant que ces atomes sont là depuis l'origine de la planète, de sorte qu'un atome de carbone que j'ai dans l'auriculaire gauche (par exemple) peut avoir fait partie d'un sapin il y a trois millions d'années, d'un intestin ou du cerveau de Cléopâtre il y a 2 000 ans, ou de l'oeil d'une souris à l'époque d'Henri IV.

 

Qui plus est l'absence du néant (à l'opposé de l'obsession de la néantisation chez Sartre) est une condition du dogmatisme matérialiste, comme l'avait rappelé Bruno Munier dans un livre il y a quelques années (d'ailleurs qu'est devenu ce brave homme depuis lors?). Il ne faut pas que la matière puisse venir de rien et n'aller nulle part. L'éternité de la matière est une nécessité aussi forte pour un athée rigoureux que celle de Dieu pour un croyant. Et les deux sont bien sûr tout aussi inconcevables l'une pour l'autre du point de vue de la petite rationalité de primate que nous avons tous. La pensée de l'absence de néant nous est aussi inaccessible que celle du néant elle-même.

 

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4 Videos

8 Novembre 2013 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le quotidien

  Quatre apports à votre culture audioviduelle pour occuper vos soirées hivernales

 

1) un docu canadien "Un monde sans hommes" sur ce que serait notre monde après la disparition brutale de notre espèce. Le plus déprimant je trouve est cette calotte glacière qui dans 25 000 ans, disparition de l'homme ou pas, recouvrira tous les paysages que nous avons aimés. Ce docu est très bien fait. Puisqu'aujourd'hui les romans et même les essais (voir un essai récent sur la polygamie publié chez Grasset) n'hésitent pas à citer des documentaires TV de vulgarisation et même à s'en faire les annexes, allons à la source de notre culture dominante, le docu lui-même (je crois qu'il existe aussi en meilleure qualité visuelle ailleurs sur You Tube, cherchez un peu).

 

 

  2) Une vidéo de ma "penfriend" Babette Babich dont je dois commenter le livre pour Parutions.com (la suite est sur You Tube). Comment concilier ma fidélité au rationalisme avec mon héritage heideggero-nietzschéen (celui de mes études de philo) ? vaste question qui m'occupe ces derniers jours...

 

 

 

 

3) Puisqu'on ne recule pas devant l'érotisme sur ce blog (on vous avait déjà passé les Evangiles, en version hétérodoxe de Olaf Encke et Claudia Romero ici) voyez "Svarog Mistworld", film japonais malgré non nom (Svarog est un dieu scandinave).  Pornographie très classique, avec fantasme de pénétration tous azimuts, à ne regarder que si l'on est majeur et si l'on a compris que ce "men's world" ne doit pas avoir de rapport avec la vie réelle (puisqu'il paraît que beaucoup de jeunes hommes s'y trompent, ce qui conduit notamment les miliciens est-congolais à faire exploser les vagins à la kalachnikov - je salue au passage le général Olenga pour sa belle victoire sur ces voyous). Notez l'astuce des auteurs de 3D pour contourner le tabou zoophile : ils utilisent des centaures...

 

4) Et puis pour le plaisir j'en rajoute une ici, juste pour la douceur qui s'en dégage (peu habituelle dans ce genre).

 

 

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Ethique existentielle

7 Novembre 2013 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Philosophie et philosophes

Je débats un peu de temps à autre avec une écrivaine amatrice qui soutient que tout a été prévu dans le grand livre sdu destin. Cela me rappelle une discussion que j'avais eu avec un réunionnaise hindouiste qui me disait que dans sa famille l'on mettait un point d'honneur (et un zeste de distinction, au sens de Bourdieu) à ne pas croire au hasard et à penser que toute chose qui arrive correspond à un plan prédéfini suivant des règles mathématiques qui orientent tout dans le moindre détail, au nez et à la barbe du commun des mortels qui n'en soupçonnent même pas l'existence. Une sorte d'intégrale des "compossibles" façon Leibniz.Je ne vois pas trop quel avantage on tire de ce genre de certitude indémontrable. On se donne le plaisir narcissique de percer les plans d'une hypothétique divinité. Aucun intérêt puisque personne ne peut affirmer connaître ces plans ni prédire l'avenir. Aucun intérêt sinon le besoin de se rassurer ou de se dédouaner à bon compte ("je ne suis pas le seul à décider, et quelqu'un ou quelque chose doit avoir pensé tout ça d'une manière plus intelligente que moi"). Je préfère croire au libre arbitre individuel et à la responsabilité de chacun qui rend le quotidien plus stimulant, et qui est, en outre, moins anthropocentrique (car cette idée qu'un "maître des horloges" ait tout écrit avant nous, suppose une main "providentielle" un peu trop ressemblante à la très improbable main d'un créateur humain). La foi du charbonnier...

 

Puisque nous parlons d'éthique existentielle, je me suis laissé convaincre d'aller voir prochainement à la Cinémathèque de Paris l'exposition de photos du très christique Pier Paolo Pasolini. Comme beaucoup en ces temps où la politique ne trace plus de grandes perspectives enthousiasmantes, je me demande si le sens de la vie n'est pas dans la définition pour tout un chacun d'un idéal stoïco-christique de dévouement au bien commun et de caritas, au sens plus profond que le sens ecclésial chrétien (je préfère prendre tous les vieux mots latins au fondement de notre vocabulaire dans le sens plus originel : fides, pietas, etc).

 

A part cela je prépare une recension pour Parutions.com qui va m'obliger à faire la part des choses entre philosophie continentale et philosophie analytique. Exercice de haute voltige. A midi à table un collègue a déblatéré contre Chomsky. On n'est pas loin du débat sur la philosophie analytique car "Chomsk' " est proche de cette dernière. Mais faire saisir la grandeur de la tabula et de l'aridité chomskyennes à un amateur de belles lettres est aussi difficile que d'initier à Picasso un inconditionnel de Velasquez. 

 

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Laver les crimes coloniaux

2 Novembre 2013 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Colonialisme-impérialisme

algerieHier à l'occasion de l'anniversaire du soulèvement algérien, la photo à gauche a été diffusée sur Facebook. Le thème des viols pendant la guerre d'Algérie, les travaux d'Henri Pouillot sur le sujet sont ressortis.

 

Une internaute a fait remarquer que cette femme garde la tête haute malgré sa nudité. Cela m'a fait penser à un récit de Colette à propos d’une danseuse maghrébine dans l’entre-deux-guerres. Invitée chez une danseuse l’auteur témoigne de cette scène :

"Elle dansa comme toutes les Ouled Naïls, avec ses bras et ses mains, les charmants pieds inquiets ne faisant que tâter le sol comme une dalle brûlante. Elle dansa aussi avec les reins, et avec les muscles de son petit ventre énergique. Puis elle se reposa un moment, occupant son repos à dégrafer corsage liséré de rose, jupe à grand volant et chemise de madapolam commun, car le guide réclamait qu'elle dansât nue. Nue, elle revint au milieu de la chambre, entre nous et les deux musiciens  qui lui tournaient maintenant le dos... Elle dansa, n'en sachant pas d'autres, les mêmes danses. Mais comme elle était nue, elle cessa de rire et nous reprit son regard qui ne daigna plus, désormais, rencontrer les nôtres. Son regard s'en alla, franchissant nos têtes, chargé d'une gravité et d'un mépris souverains, rejoindre, au loin, le désert invisible " (Colette, En Algérie (Prisons et paradis), Oeuvres complètes, Genève, Editions de Crémille, 1969-1972,  p. 177 citée par Christelle Taraud, La  Prostitution coloniale, Paris, Payot, 2003 p. 175)

Il est vrai qu'il ne faut pas se complaire dans la culpabilité coloniale, et surtout ne pas réduire le message éthique et politique que la France peut porter dans le monde à ces crimes. Mais un devoir de vérité s'impose pour mieux pouvoir tourner la page ensuite. D'autant plus que le colonialisme se poursuit aujourd'hui sous des formes plus subtiles qu'autrefois mais tout aussi violentes. J'étais à deux doigts, dans la série de mes vidéos "Association d'idées" de vous lire une main courante dont j'ai eu communication, relative à une jolie jeune marocaine de bonne famille séduite récemment par un homme des milieux médiatiques français âgé de 35 ans de plus qu'elle, un type qui construisait un hôtel là bas, qu'elle a épousé en rompant avec sa famille et ses études par amour. La fille est venue en France et l'affaire se termine de façon sordide par du viol domestique et une complicité passive de la police (une brigadière femme pourtant) qui refuse d'enregistrer la plainte. Les détails faisaient froid dans le dos. On m'a dissuadé de traiter ce sujet sur ce blog, mais je le garde à l'esprit - je dois en faire quelque chose.

 

Je crois que des anciens soldats français qui ont commis des viols et qui sont aujourd'hui de paisibles retraités s'honoreraient de confesser leur crime, pour l'exemple. L'aveu grandit toujours celui qui l'ose. Il a été très utile dans les commissions de réconciliation en Afrique du Sud, dans les années 1990, après la fin de l'apartheid. Si vous connaissez des vétérans d'Algérie susceptibles de vouloir soulager leur conscience, n'hésitez pas à m'en faire part. Nous pouvons réaliser une interview sous couvert d'anonymat.

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Pour la libération de Piotr Ikonowicz

1 Novembre 2013 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Peuples d'Europe et UE

piotr-copie.pngOn trouvera ci-joint une pétition pour la libération de Piotr Ikonowicz, ancien journaliste membre de l'aile gauche de Solidarinosc, ancien député de la gauche antilibérale polonaise, et membre actif du mouvement social polonais, dont j'ai parlé dans mon livre sur la Transnitrie puisqu'il faisait partie de notre délégation à Tiraspol. Vous pouvez également signer cette pétition.

 

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Nous nous adressons au Président de la République de Pologne pour lui demander de faire libérer Piotr Ikonowicz qui a été emprisonné pour avoir défendu un couple de personnes agées menacé d'être expulsé de leur logement et jeté à la rue.

 

Piotr Ikonowicz a été condamné pour des événements qui ont eu lieu en 2000, lors d'un procès où les règles démocratique d'un Etat de droit n'ont pas été respectées, alors même que plusieurs témoins des deux parties confirmaient la fausseté de l'acte d'accusation et que le jugement s'est appuyé sur la seule version présentée par l'accusateur. Protester contre l'expulsion en utilisant des méthodes brutales contre des personnes agées, invalides ou en état de grande précarité a poussé plusieurs citoyens respectueux des principes constitutionnels de justice sociale à agir, parmi lesquels Piotr Ikonowicz. Depuis cette époque, le Tribunal constitutionnel a d'ailleurs considéré que les expulsions de locataires étaient inconstitutionnelles.

 

Piotr Ikonowicz a fait après son arrestation la déclaration que nous reproduisons ici :



« 1. j'ai été condamné lors d'un procès biaisé puisque le jugement a été prononcé à l'encontre des preuves accumulées. Ce jugement visait à stigmatiser toute action fondée sur le droit à la désobéissance civile, pour la défense des personnes expulsées de leur logement en allant à l'encontre des principes constitutionnels. Par conséquent, je me considère comme un prisonnier politique.


2. Je demande aux autorités de la République de Pologne de prononcer un moratoire de cinq ans sur l'exécution des décisions d'expulsions des citoyens de leur logement.


3. Je commence à partir de maintenant une grève de la faim illimitée pour exiger l'application du principe énoncé au point deux. »

 

Nous, soussignés, appelons tous ceux et celles qui sont soucieux du respect des libertés fondamentales inscrits dans la Charte des droits de l'Homme des Nations Unies à s'adresser, où qu'ils soient, auprès des autorités polonaises pour exiger la libération de Piotr Ikonowicz qui fut un militant contre la dictature franquiste en Espagne, un militant pour les droits des travailleurs polonais qui a participé à la fondation du syndicat « Solidarnosc », qui fut arrêté à plusieurs reprises avant 1989 et qui se retrouve à nouveau en prison pour la cause de la défense des droits des opprimés, des exclus et des exploités. Il est inadmissible d'emprisonner des personnes pour la seule raison qu'ils s'élèvent publiquement contre la brutalité et pour exiger la modification d'une loi contraire aux droits humains et aux principes constitutionnels garantissant le caractère social d'un Etat.

 

Jean-Pierre Page, Syndicaliste, France

 

Raoul Marc Jennart, Essayiste, France

 

Jacques Berthelot, Economiste, France

 

Barbara Garson, Writer, USA

 

Frédéric Delorca, Essayiste, France

 

Susan George, Présidente TNI, USA, France

 

Samir Amin, Economiste, Egypte, France, Senegal

 

Yves Vargas, Philosophe, France

 

Jean-Louis Martinoty, Metteur en scène, ancien Directeur de l'Opéra de Paris, France

 

Tamara Kunanayakam, ancienne Ambassadrice de Sri Lanka auprès des Nations Unies, Sri Lanka

 

Domenico Losurdo, Historien, Italia

 

Catherine Samary, Economiste, France

 

François Houtard, Prêtre catholique, Belgique, Equateur

 

Jacques Kmieciak, Association des Amis d'Edward Gierek, France

 

Vladimir Caller, Journaliste, Belgique

 

Charles Hoareau, Dirigeant syndical, France

 

Jacques Cossart, Economiste, France

 

Claude Calame, Directeur de recherches à l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences sociales,  Centre Anthropologie et Histoire Monde antique, France

 

Edith Balantyne, ancienne Présidente de WILF (Women's International League for Peace and Freedom), Canada

 

Joanne Landy, Peace and Democracy, USA

 

Virginia Montes, Historienne, Brésil

 

Christian Celdan, ATTAC-CS, France

 

Annie Pourre, Réseau international Droit au Logement

 

Georges Menahem, Directeur de recherche CNRS - Maison des Sciences de l'Homme Paris Nord, France

 

Michel Hoare, Enseignant, Cinéaste, France

 

Anne Morelli, Historienne, Belgique

 

Jacques Bidet, Economiste, France

 

Solange Odiot, SOS Soutien ô sans papiers, France

 

Jean-Baptiste Eyraud, Droit au Logement, France

 

Gus Massiah, Economiste, France

 

 

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Croisée des chemins

1 Novembre 2013 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Actualité de mes publications

saint jeromeImaginez messieurs (si vous êtes hétérosexuels) que vous ayez rencontré (pure hypothèse d'école naturellement) une jeune femme fascinante, mais très fragile, rescapée d'une guerre ou d'un cataclysme, dont vous seriez follement amoureux, mais qui serait si imprévisible qu'à chaque coït vous ne puissiez savoir si elle vous accueillera jusqu'au bout ou si elle vous rejettera en fondant en larmes. Vous pardonnerez le romantisme échevelé de ma comparaison, mais voilà bien à peu près quelle est ma situaton à l'égard de la politique depuis une quinzaine d'années et spécialement en ce moment.

 

Vous avez lu sans doute dans mes ouvrages le récit de ma rencontre avec Régis Debray en 2000 et tout ce qu'elle avait de prometteur pour la diffusion de mes idées (à un moment crucial où mes idées me semblaient de nature à freiner les aspects les plus pervers et les plus indument messianiques de la politique occidentale). Vous savez aussi quels espoirs j'ai placé il y a encore cinq ans à un échelon certes plus modeste - celui de l'action municipale à Brosseville - dans certaines radicalités (voir mes discussions à l'époque avec le PIR, divers petits groupes de gauche, M. Tonneau etc).

 

Aujourd'hui, je suis à nouveau à une croisée des chemins, sans savoir si le coït du moment ira à son terme ou pas. Hier soir j'ai reçu un mail sympathique de la députée dont je vous ai déjà parlé le 13 mai dernier. Et je suis dans l'attente d'une réponse sur un projet de publication d'article dans un mensuel de gauche (la réponse d'attente que j'ai obtenue hier aussi était un peu ambiguë). Evidemment tout est lié. Si le mensuel publie mon article, je gagne en crédibilité auprès de la députée qui du coup me proposera peut-être une ou deux pistes d'action utiles, et trouve la force de continuer à réfléchir sur l'avenir de notre "pauvre petit continent", de notre petite espèce sur notre petite terre etc.  Par contre si ces perspectives tombent au fond d'un tiroir, las de n'écrire que pour quelques dizaines de lecteurs sur mon blog, je vais sans doute me replier sur ma petite sphère privée, des rêveries moins "stoïciennes", et plus détachées de l'intérêt général.

 

Tout le caractère aléatoire de mes chances d'être publié et entendu tient d'une part à la circonstance que je ne fournis guère d'efforts pour plaire aux gens (je les pousse à venir sur le terrain de mes préoccupations, de mon style, en suivant mon rythme d'inspiration personnelle, plutôt que d'aller les courtiser dans leur propre sphère), et d'autre part au fait que je défends des positions très minoritaires (par exemple quand je prône une morale du devoir dans des cercles à gauche de la gauche, ou des formes de naturalisme dans des cercles très constructivistes etc, au fait que je mets en avant de multiples nuances, tout en prétendant rester tranchant et en rupture avec les doxas du moment). Chacun sait que ce n'est pas par souci de "distinction" narcissique, ni par goût précieux pour le paradoxe que je m'engage sur ces chemins subtils : il n'y a aucune gratuité dans mes oppositions et je puis démontrer à tout moment la cohérence de mes thèses.

 

Mais, diantre, j'hésite à terminer ce billet (dont le but initital était juste de vous informer de l'avancement de mes travaux) sans revenir sur ma métaphore du début. Les esprits positifs vont me dire : "Vous discréditez  votre propos en le plaçant sous le signe du romantisme, alors qu'en lisant Marcel Aymé et Julien Benda vous nous avez vous-même dit qu'il fallait le proscrire. Il n'y a point de noblesse à aimer une femme sensible. Il faut lui prescrire du Prozac ou des psychothérapies. Et l'on ne gagne rien à aimer, et surtout pas en politique."  Cette objection ne serait pas sotte. Elle me fait songer que je devrais, "toutes affaires cessantes" comme on dit dans les administrations, me consacrer urgemment à l'écriture d'un traité sur l'amour (comme eros ou comme philia, à vous de choisir) comme ressort du rapport au monde. Quelle sorte d'amour un rationaliste peut avoir qui puisse le faire agir pour le bien du monde sans verser dans l'aveuglement ? Malgré toutes mes réserves à l'égard du spinozisme (et surtout de ce qu'en font les ex-marxistes), j'ai toujours aimé cette expression de Spinoza : "Amor intellectualis dei" (qu'on peut aisément transformer en "Amor intellectualis mundi"). Le mot "amor" y est très fort, et "intellectualis" qui vient juste après semble le contredire. Mais les neurosciences nous enseignement qu'il y a quand même de l'amour et de la récompense hormonale dans toute activité cérébrale, même la plus rigoureuse : la rigueur est-elle forcément dans la limite ? Einstein se limitait-il ? Spinoza avait raison de mêler un mysticisme à son intellectualisme sans sortir pour autant des limites de la rationalité. Mais bon, j'en dis trop. Réservons ce propos pour un article plus construit...

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