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Le blog de Frédéric Delorca

L'Ecole Buissonnière : le monde tel que le rêve George Soros

28 Octobre 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Cinéma, #Grundlegung zur Metaphysik

Si vous voulez avoir une métaphore du monde dont rêve George Soros, allez voir "L'Ecole Buissonnière" : un domaine nobiliaire destiné à être ouvert à tout le monde de tous horizons et de toutes conditions (sans frontières), peuplé de gentilles sorcières gitanes, de fausses chrétiennes qui-mentent-et-trompent-leur-mari-mais-qui-sont-quand-même-bien-gentilles, et de gens bourrés de bons sentiments qui ne veulent plus entendre parler de l'au-delà (qui pour eux n'est plus qu'un monde de charognes en putréfaction), juste là pour profiter de la vie et vivre en harmonie avec la nature.

Sinon, pour les amateurs du genre, il y a aussi pour Noël un film de Walt Disney qui est une invitation ouverte au spiritisme où le héros va vivre au milieu d'un monde "sympa" de morts-vivants. Si vos enfants avaient encore une chance d'avoir un chemin de vie un peu valable, l'industrie du cinéma est là pour détruire cette perspective au marteau-piqueur, dans une ambiance évidemment "très sympa" et "très saine"...

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"Dénonce ton porc" a du bon...

26 Octobre 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Les rapports hommes-femmes, #Grundlegung zur Metaphysik, #Béarn

Personnellement, je n'aime pas follement le phénomène "dénonce ton porc", notamment du fait de son aspect planétaire. Mais je suis bien prêt à admettre qu'il aide des femmes à se défaire de certains souvenirs humiliants demeurés dans leur esprit trop longtemps. La forme n'est pas bonne, simpliste, puritaine, agressive, potentiellement injuste aussi pour ceux pourront être accusé à tort, mais, comme le disent beaucoup de jeunes, c'est aussi le revers du "handicap" qui pesait sur le témoignage féminin en termes de "charge de la preuve", et puis, ceux qui connaissent l'histoire savent qu'il n'y a pas de démocratie sans une certaine violence délatrice, ainsi que l'a montré le cas des sycophantes à Athènes, c'est peut-être un point de passage obligé inévitable.

Je ne suis pas nostalgique personnellement de cette "galanterie" français née à la Renaissance qui autorisait les mains au fesses dans les bistrot dans une ambiance bon enfant, et au sommet de l'Etat faisait qu'il fallait absolument "chercher la femme" ("cherchez la femme on ne cherchera jamais en vain" écrivait Nietzsche dans "Le Crépuscule des Idoles" je crois en référence à la France), c'est-à-dire rechercher le plaisir sexuel des deux sexes, tout en le censurant assez élégamment pour en rester seulement au stade des mots, et du travail sur le langage. Cela a produit beaucoup d'élégance culturelle, mais je ne suis pas sûr que cela ait vraiment élevé notre culture nationale. Le fait est qu'au final elle nous a fait atterrir dans un vol d'albatros sur Sollers et mille grivoiseries sans talent de la fin du XXe siècle qui n'empêchaient nullement notre pays de devenir par ailleurs politiquement une colonie américaine (car tous ces coureurs de jupons étaient par ailleurs de fermes avocats des pires politiques impérialistes, et des plus meurtrières). Si je suis d'accord avec Finkielkraut sur la Catalogne (voir sa vidéo ici, mais on aurait envie de lui dire : il ne fallait pas soutenir l'indépendance du Kosovo...), je n'approuve pas ses éructations chez Elizabeth Lévy contre la fin du "modèle français" de mixité sexuelle. Si c'est une page à tourner, tournons là !

Mais faisons le équitablement sans que tout le monde s'enferme dans ses frustrations : c'est à dire que si l'on culpabilise le désir masculin, la culture du viol, la pornographie, en priant les hommes de maîtriser un peu leur structure libidinale, il faudra aussi demander aux femmes de cesser de se maquiller ou de recourir à la chirurgie esthétique, de s'habiller à la chinoise de l'époque maoïste (ou, si l'on préfère, en noir comme à la Cour des rois d'Espagne du siècle d'Or plutôt qu'avec les robes bariolées de la cour de Versailles), et l'on pourra aussi interdire à Hollywood de promouvoir la sexualité. Bref revenir à Cromwell et à Savonarole.

Quant à mon compatriote Jean Lassalle, plutôt que de se plaindre des visions bizarres (dignes de Freud) que cette affaire lui occasionne (interview sur RTL le 24 octobre ci dessous), il ferait mieux de cesser de rendre visite aux guérisseurs du Béarn et de Soule, (il a déclaré dans la République des Pyrénées le 10 août dernier qu'il était allé soigner un lumbago chez un guérisseur basque à Juxue). Chacun sait que l'occultisme entraîne sur ce genre de chemin...

Ceux qui craignent pour l'avenir de la promiscuité se consoleront peut-être en se rendant, avec les amis de Strauss-Kahn et de Soros, à ce happening organisé par la compagnie colombienne Good Girls Company fin novembre à Cartagène (tarifs entre 500 et 1600 dollars)...

** Dans l'interview d'RTL J. Lassalle déclare à la minute 1'05 "Depuis quelques nuits j'ai retrouvé un phénomène que j'ai connu dans ma jeunesse, c'est que je me réveille la bouche pleine de bile, et y en a qui est rentré l'autre soir dans les poumons, et j'ai toussé en m'en arracher les poumons pendant deux heures et demi et vous savez ce que j'ai vu ? et c'était pas un cauchemar : je me voyais ma main sur ma mère, ma main sur ma soeur et ma main sur ma fille et même le premier regard pour ma femme c'était sur ses fesses et ça c'est pas moi, et ça ça me révolte et ça me fait remonter la bile".

 

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Enigmes proche-orientales, et citations d'un de mes articles sur d'autres sites

23 Octobre 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Proche-Orient, #Débats chez les "résistants", #Ecrire pour qui pour quoi

Il y a beaucoup d'énigmes au Proche-Orient en ce moment. Par exemple le retrait si rapide des peshmergas (les troupes du KRG) de Kirkouk et de la plaine de Ninive face aux troupes de Bagdad est-il le fruit d'une négociation entre le gouvernement de Barzani et les Iraniens comme l'en accuse l'UPK ? Ou encore : l'ex-président yéménite Saleh a-t-il honteusement trahi les Houthis pour rejoindre les Saoudiens comme le laissent entendre en ce moment les maîtres de Sanaa qui veulent sa peau ?

Tout cela est presque aussi mystérieux que la maladie des diplomates américains à Cuba...

Je découvre aujourd'hui que mon article sur "l'intox anti-russe" à propos de la Catalogne du 23 septembre dernier a été repris par trois sites de la mouvance du Réseau Voltaire qui est une tendance avec laquelle j'ai beaucoup de désaccords (notamment sur les excès des jugements qu'ils portent sur la politique israélienne). Nul doute que cela va encore contribuer à l'étiquetage erroné de mes écrits mais je ne peux pas m'amuser à faire une police de l'utilisation de mes travaux et je ne vais pas me plaindre que ceux-ci trouvent des lecteurs de ci de là y compris chez des gens que je n'approuve pas ou qui me désapprouvent. La "démocratie" internautique est ainsi faite. Tant que les sources des articles sont précisées, le lecteur peut toujours venir lire ce blog pour vérifier la nature réelle de mes opinions.

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Des nouvelles de la dictature catalane

19 Octobre 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Espagne, #Peuples d'Europe et UE

Position souple du gouvernement espagnol accordant un délai long à Puigdemont pour renoncer à sa déclaration d'indépendance avant la mise en oeuvre de l'article 155 (mise sous tutelle de la Generalitat avant de nouvelles élections). Puigdemont répond par la surenchère dans le bras de fer avec Madrid en menaçant de soumettre la déclaration à son parlement (vidé de ses opposants depuis des semaines).

Ci dessous Ines Arrimadas (Ciudadanos) sur le fait que le gouvernement de la Generalitat avec la complicité de la présidente du parlement empêche la réunion de la session ordinaire parlement, et aux activités normales de vote du budget et de contrôle de l'exécutif par le parlement, au mépris des règles démocratiques de base.

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Les rois catholiques britanniques, le macronisme pour les riches, et Sinjar évacuée

17 Octobre 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Christianisme, #Lectures, #Le quotidien, #Aide aux femmes yezidies, #La gauche

La lecture des pages d'une biographie de Bossuet sur l'éloge funèbre qu'il prononça pour Henriette de France, dernière fille d'Henri IV et veuve du roi Charles I° me fait méditer une fois de plus sur les échecs de la monarchie française à remettre les catholiques au pouvoir à Londres et la portée politique de cette affaire. C'est un thème qui me poursuit depuis la lecture du récit de la mort de délicieuse Marie Stuart par Brantôme et son enjeu géopolitique fut considérable pour la France. J'ajouterais d'ailleurs que, sans cette affaire, la franc-maçonnerie écossaise n'eût point été récupérée par les protestants anglais et donc notre maçonnerie française actuelle ne serait peut-être pas majoritairement athée mais catholique... Avec des "si"...

L'éloge de Bossuet à la basilique Saint-Denis est à rapprocher du récit d'une George Sand défaillant devant le catafalque de Louis XVIII.

Entendu dans une vidéo sur You Tube le propos d'un sympathique prédicateur évangélique Lance Wallnau qui soutient Trump "le nouveau Cyrus" portant un tout autre regard sur Marie Stuart que Brantôme. Lui préférait le protestant Knox qui fut la bête noire de la délicate princesse...

Mais je bavasse, je bavasse, et, en me perdant dans ces considérations historiques, j'omets de vous parler de l'actualité. Il faudrait dire un mot du lamentable échec de France Insoumise à mobiliser contre les ordonnances modifiant le travail et du budget au profit des plus riches que nous concocte Macron. J'en parlais ce matin aux aurores avec une sympathique ouvrière "voltigeuse" qui monte des scènes de spectacle à dix mètres au dessus du sol et m'a pris en covoiturage jusqu'à Paris. Elle me parlait des luttes syndicales dans sa boîte. Rude affaire.

Ce soir, ordre des misères oblige, je pense plutôt aux plus démunis comme les Yézidis, qui sont bien plus misérables que les ouvriers français, eux qui ont tout perdu en quelques semaines alors qu'il y a 5 ans ils avaient encore leurs petits appartements avec télévisions, leurs accès à l'université, et les membres de leurs familles vivants. L'indépendance autoproclamée du Kurdistan irakien a bloqué les possibilité de transferts de fonds vers Irbil via Western Union. Une fois de plus les plus pauvres paient le prix des bras de fer politiques.

Un espoir pour les yézidis tout de même. Les peshmergas kurdes viennent d'évacuer leur ville sainte de Sinjar-Shingal à la demande de l'Irak.C'en est fini de l'odieuse récupération de leur tragédie par Barzani après l'ignoble abandon de 2014, et surtout ils ont l'espoir qu'il n'y aura plus de checkpoints pour les empêcher d'aller reconstruire leurs maisons. L'espoir fait vivre, et quand on a tout perdu tout est bon à prendre.

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Weinstein-Hollywood : des problèmes sans solutions

15 Octobre 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Les rapports hommes-femmes, #Grundlegung zur Metaphysik

Avec l'affaire Weinstein, comme dans celle de Polanski auparavant, tout le monde en a "pour son argent". Les esprits religieux qui estiment que les Illuminati, avec tous leurs messages sexuels subliminaux, et leur propagande païenne, utilisent Hollywood comme outil de soumission du monde à Baphomet voient dans les abus sexuels décriés la preuve de l'existence des cérémonies orgiaques au service de la puissance de Moloch. Les libéraux optimistes diront que, plus les cas des moutons noirs de la trempe de Weinstein seront dénoncés plus cela montrera que le système se purifie, puisque les violences faites aux femmes ne sont plus banalisées. Et les marxistes y verront une contradiction interne des super-structures capitalistes qui infusent le pansexualisme dans leurs productions culturelles, tout en s'évertuant vainement à neutraliser les effets de violence que produit la sexualité (en réalité ce pansexualisme aboutit surtout semble-t-il à l'explosion numérique de la masturbation, avec les encouragements très officiels du journal Le Monde, mais selon les religieux, ce masturber c'est aussi participer au culte du Moloch, je vous renvoie à la littérature subtile sur ce sujet).

Bref, les problèmes sont posés, mais les solutions sont loin d'être trouvées. En parlant du Moloch, j'observe que ce que les chrétiens dénoncent (à tort où à raison) comme des abominations comme ce cercle conservateur du Bohemian Club où Michel Rocard et Helmut Schmidt accoururent en leur temps, est en ce moment recyclé par une industrie culturelle qui a fait de la sorcellerie un de ses arguments de vente : voyez le cas de la saison 5 d'House of Cards ici. Logiquement cela devrait conduire les esprits honnêtes à se couper toujours plus du système culturel dominant pour glisser vers l'intégrisme.

A propos du triptyque : religieux-libéraux-marxistes, que je substitue pour la part à celui de Wallerstein conservateurs-libéraux-socialistes, il serait intéressant de creuser le face à face en Inde entre le RSS pro-Modi et le Kerala communiste en Inde (un face à face qui fait des morts en ce moment). Je n'ai pas trop le temps de le faire en ce moment mais il y aurait sûrement des enseignements à en tirer.

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Raqqa-Kirkouk, le nucléaire iranien, Caracas

14 Octobre 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous, #Proche-Orient, #Colonialisme-impérialisme

Scènes de joie à Raqqa libérée par le YPG kurde (avec aussi le concours des forces de l'armée régulière syrienne dans la région, vous savez, ces forces du régime sur lesquelles Mélenchon chez Bourdin appelait à "taper" en 2012 - voyez mon livre "Au coeur des mouvements anti-guerre").

Mais les forces de Barzani et l'armée irakienne se font dangereusement face en Irak, à Kirkouk, avec en plus des milices chiites pour pimenter le cocktail.

On dit que c'est à cause de la présence iranienne en Irak que Trump ne va pas jusqu'à déclarer les Gardiens de la révolution "organisation terroriste" bien qu'il prenne contre eux des sanctions. Son refus de "certifier" l'accord nucléaire avec l'Iran (après deux certifications trimestrielles sous son mandat, et alors que tout le monde assure que ce pays honore ses engagements) est une façon bizarre de renvoyer l'affaire au Congrès. Mais l'anti-ayatollisme chez les Républicains est un seconde respiration, donc on ne peut plus donner cher de la peau de l'accord nucléaire avec Téhéran. Après la stratégie de la confrontation en Corée du Nord, la même au Proche-Orient...

Aucune pensée d'Etat derrière cela, juste de vagues obsessions identitaires anti-chiites et anti-communistes. Et puis bien sûr le besoin d'apaiser Tel Aviv et Riyad. L'élection à la présidence de Trump fut un pis aller par rapport à l'éventualité d'une élection d'H. Clinton, mais la paix dans le monde n'y gagne quand même pas grand chose.

A part cela Maduro proteste au Venezuela : les grands médias planétaires ne disent pas un mot des élections régionales que nous organisons, alors pourtant que la droite y participe et que cela prouve bien que nous sommes un pays démocratique. Que voulez-vous ? La grande presse en ce moment est trop occupée à soutenir les sécessionnistes catalans...

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Catalogne : la main de Soros

11 Octobre 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Espagne, #Colonialisme-impérialisme, #Peuples d'Europe et UE, #George Soros

Sous la pression des capitalistes de sa région et des instances internationales, et au grand mécontentement de ses alliés communistes radicaux de la CUP (avec lesquels il ne s'était pas concerté), Puigdemont hier a fait une cote mal taillée : une déclaration d'indépendance informelle à en-tête de la Generalitat signée par les députés de la coalition majoritaire mais qui n'engage pas le Parlement, dont l'application est "suspendue" pour négocier avec Madrid, dans un délai fixe, ce que le parti de Puigdemont appelle une "voie slovène"...

Un lecteur m'ayant demandé si le sécessionnisme catalan était une révolution de couleur, je voudrais apporter les éléments suivants au débat. Je les tiens de l'article de Diego Pappalardo publié sur les sites de Radio Ya et Espacio geostrategico (qui a l'ai d'être pro-Trump, mais ne raisonnez pas en termes d'étiquettes, vérifiez juste la vérité des faits) et de l'article d'Andrei Kononov paru sur La Verdad Oculta.

Le prédécesseur de Puigdemont, Artur Mas avait en son temps cherché un appui dans les réseaux du groupe Independent Diplomat  pour donner plus de vigueur au sécessionnisme. Ce groupe fondé par le britannique Carne Ross qui reçoit un soutien financier et  politique de l'Open Society Foundation de Soros. Independent Diplomat, entre autres œuvres, a conseillé les partisans de l'autodétermination du Sahara occidental, ainsi, depuis Mars 2013, les rebelles syriens. ID a reçu en deux ans 1,6 million d'euros de la Generalitat, mais ses services ont été abandonnés lors de l'investiture de Puigdemont.

Toutefois ce dernier garde aussi des liens avec Soros. En 2016, il a payé 50 000 euros pour une conférence du sociologue et écrivain Jeremy Rifkin, et il a subventionné et promu au rang de quasi délégataire de service public l'Académie catalane de la gastronomie et de la nutrition  présidée par Carles Vilarrubí Carrió, un entrepreneur vice-président de la Banque Rothschild en Espagne et du club de football de Barcelone. Carles Villarrubí est aussi lié à la Fondation séparatiste CATmón qui fait le pont entre l'indépendantisme catalan Israël, les États-Unis et l'Allemagne. Son épouse la femme d'affaires Sol Daurella Comadrán, présidente de Coca-Cola European Partners et actionnaire de Banco Santander. Sol Daurella était membre jusqu'au mois de janvier de cette année, d'un Conseil Consultatif créé par Diplocat pour collaborer à l'insertion de la Catalogne dans un plan mondial. Dans les registres de l'Open Society Foundations Diplocat figure parmi les entités qu'elle subventionne. Elle a organisé à hauteur de plus 27 000 euros son atelier sur la xénophobie et l'euroscepticisme à Barcelone en 2014.

Même si en Israël il y a des réticences face à la sécession catalane, les régionalistes dès l'époque de Jordi Pujol dans les années 1990 étaient liés à des intérêts économiques de ce pays, et la Banca Catalana a commencé à travailler avec les apports financiers du diamantaire Moses David Tenennbaum, ami de Jordi Pujol.


Dès le début de son mandat Artur Mas à la suite de Pujol, a utilisé ces réseaux. L'an dernier, le consulat honoraire israélien fermé pendant 19 ans à Barcelone a été rouvert. Les Mossos d'Esquadra (la police catalane) ont reçu des conseils du Mossad et ACCIÓ - l'agence pour la compétitivité de la Generalit - a signé des accords avec des acteurs israéliens. En tant qu'observateur international du référendum, la député de l'Union sioniste (travailliste) Ksenia Svetlova (qui est aussi active auprès des yézidis) était présente sur le sol catalan au moment du pseudo-référendum de septembre.

Le Centre de culture contemporaine de Barcelone (CCCC) , un think tank indépendantiste maintient quant à lui une coopération étroite avec Jordi Vaquer, directeur régional pour l' Europe des Fondations Open Society et co - directeur de l'Initiative pour l' Open Society Europe.

Jordi Vaquer a précédemment occupé le poste de président (de 2008 à 2012) du Centre d'études et de documentation internationales de Barcelone (CIDOB), un groupe de réflexion qui a également reçu de l'argent de Soros. La politique catalane de régulation de la consommation de cannabis début 2017 est un copié-collé des recommandations des Fondations Open Society en la matière. De même sa politique anti-castriste et anti-Assad (voir ici).


Un autre personnage qui se tient depuis des années derrière le processus d'indépendance : David Madí, petit-fils de l'homme d'affaires catalan Joan Baptista Cendrós, fondateur de l'Association culturelle omnium, fanatiquement sécessionniste. Cette organisation a été créée par des businessmen de la Catalogne et parmi ses fondateurs figurait Lluís Carulla, représentant des intérêts de Rockefeller dans la région. David Madí, membre Convergence Democratique de Jordi Pujol a été l'inventeur du slogan « droit de décider » qui a suscité l'hystérie de la base sécessionniste et satisfait les pro sécessionnistes bourgeois.Madí conseillait Arturo Mas (prédécesseur de Puigdemont) et il est très proche de Tatxo Benet, lequel est le bras droit del'homme d'affaires catalan Jaume Roures, partenaire commercial du groupe britannique WPP et de George Soros (Gala Capital) au sein du groupe Mediapro.


En 2013, une étude exhaustive de l'Izbork Club, un groupe de réflexion russe influent, a révélé l'origine et la complicité internationaliste-globaliste dans la fondation des Insoumis puis de Podemos.

Le portail Geopolitica.ru a publié en Mars 2017 une liste de 24 députés aux cortés espagnols qui sont dans la sphère de Soros. Ceux-ci se recrutent dans tous les partis. Pour Esquerra republicana de Catalunya c'est Josep Maria Terricabras (Esquerra Republicana de Catalunya), de convergence démocratique de catalogne c'est Ramon Tremosa . Même le responsable de Gauche Unie à Madrid Pablo Garzón, avoue son admiration pour Soros et de ce fait est févorablement cité par Acces Info Europe, une organisation qui prétend défendre les droits de l'homme et qui compte parmi ses donateurs: Open Society Health Program, Open Society Human Rights Initiative, Open Society Information Program... Sera-t-il un allié objectif des catalanistes comme l'est Podemos ?

Il reste dans les organes mondialistes des adversaires du sécessionnisme comme le trilateraliste Antonio Garrigues Walker, ou en Angleterre The Economist, qui appartient à la section britannique de l'empire Rothschild. L'opposition entre eux et la branche Soros sera intéressante à suivre...

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Pyongyang hacke habilement, Londres suit Washington, et l'OTAN resserre son étau sur la Russie

10 Octobre 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Colonialisme-impérialisme, #Le monde autour de nous, #Peuples d'Europe et UE, #Asie

Une belle réussite pour la Corée du Nord, qui rappelle celle de la Serbie à l'été 1998 quand, grâce à la défection d'un militaire français, elle avait obtenu les plans d'attaque de l'OTAN, retardant de 8 mois l'agression.

Ce pays aurait volé, nous dit The Telegraph, une grande quantité de plans de guerre conjoints américano-sud-coréens, y compris des détails sur la façon dont Kim Jong-un doit être assassiné lors d'un conflit potentiel. L'armée secrète de pirates de Pyongyang aurait pénétré dans l'intranet du ministère de la Défense sud-coréen en août et septembre derniers et a accédé à une importante cache de documents classifiés, selon Rhee Cheol-hee, un responsable sud-coréen.Il affirme que les pirates avaient eu accès à OPLAN 5015, qui fait partie du plan de guerre le plus récent pour la guerre avec la Corée du Nord élaboré par Séoul et Washington en 2015.

M. Rhee a déclaré que quelque 235 Go de données avaient été volés, mais seulement 22,5%, soit environ 10 700 documents, ont été identifiés.

Des rapports de personnel sur les principaux responsables militaires sud-coréens et américains et des procès-verbaux de réunions sur les exercices militaires sud-coréens et américains figurent parmi les documents identifiés, ainsi que des données sur les installations militaires et les centrales électriques du Sud.

Si tout cela est vrai, cela prouverait que la Corée du Nord a non seulement de bons ingénieurs pour envoyer des satellites dans l'espace, mais aussi d'excellents hackers.

Je lisais il y a peu qu'un des mobiles du projet américain de guerre contre la Corée du Nord pourrait être le fait que certains experts prêtent à ce pays des réserves fabuleuses (peut-être les premières du monde) de terres rares utiles notamment à la composition des ordinateurs ou au fonctionnement des éoliennes.

En tout cas Trump se dit prêt à anéantir ce pays, et l’écœurante Theresa May prépare aussi ses plans de guerre. Au nombre des abjections du Royaume Uni notez aussi sa menace actuelle adressée à l'Union européenne : "Si nous ne négocions pas un accord de Brexit optimal, nous adhèrerons à l'ALENA, le traité de libre-échange canado-mexicano-états-uniens". Ben voyons, avec bien sûr des normes sociales et environnementales au rabais pour le plus grand malheur des britanniques. Suggérons leur aussi d'instaurer la peine de mort chez eux pour plaire à leur mentor américain !

Pendant ce temps l'OTAN crée une force d'intervention de 4 000 (dont 900 Américains) en Roumanie pour intervenir en mer noire, fait pression sur la Finlande pour qu'elle adhère au Traité de l'Atlantique Nord, et Washington, selon Moscou, protège Daech dans l'Est de la Syrie. Mabrouk s'en va-t-en guerre... Et encore, je ne dis rien ici de la rupture unilatérale de l'accord nucléaire américano-iranien. Par ailleurs, une cour de Sarajevo acquitte Nasser Oric, l'homme qui autour de Srebrenica en Bosnie avait semé la terreur contre les Serbes dans les années 1990 avant que ces derniers ne répliquent par un massacre des Musulmans. Vous voyez un signe de détente Est-Ouest quelque part vous ?

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Entre le quelque chose et le rien, les "Nations obscures" de Vijay Prashad, la sociologie, les nuances

9 Octobre 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Ecrire pour qui pour quoi, #Lectures

Je ne suis pas "quelque chose" dans la mesure où je ne suis pas un prof à la fac ni un militant encarté dans une association ou un parti, ni même un blogueur célèbre. Donc à ce titre, je ne suis pas enfermé dans des routines de pensée, j'ai pu m'ouvrir à des tas d'horizons nouveaux au risque de devoir remettre en cause pas mal de mes écrits passés (par exemple quand j'ai dû abandonner l'athéisme) sans avoir de comptes à rendre à personne.

Et je ne suis pas "rien" non plus, parce que, même si mon blog a peu de lecteurs, il ne descend jamais en dessous d'un certain seuil de lectorat depuis dix ans, il m'arrive encore d'avoir le témoignage de quelques personnes intéressantes que mes écrits influencent, et même des surprises me tombent parfois dessus comme lorsque l'association ICD ou BBC Afrique se sont mises à m'interviewer. Ca ne suffit pas à faire de moi "quelque chose" au sens exposé plus haut, mais ça m'empêche de devenir "rien" c'est à dire de me retrouver complètement découragé et sans inspiration.

Comme mes stratégies des années 2000 pour devenir quelque chose (au service de mes idées), et mes tentations de n'être rien dans les années 2010 (au service de mon nihilisme) ont échoué, j'ai décidé de ne me poser aucune question et de suivre juste au jour le jour mes intuitions ou celles que me donnent tel ou tel interlocuteur (c'est ce que j'appelle la stratégie de la brindille au fil de l'eau). Je ne m'impose aucune lecture ni aucune écriture, je laisse venir.

Cela réserve des surprises. Ainsi, en ce moment, diverses personnes sur mon chemin me conduisent à relire ma thèse que j'avais soutenue en 2006. Je ne m'y attendais pas. Pour moi cette thèse était vouée à rester enterrée dans les sables. Mais des gens m'obligent à leur en parler, donc ça me replonge dans une ambiance, celle de la sociologie bourdieusienne, dont j'avais surtout fini par voir les limites, mais dont il est bon aussi de temps en temps de retrouver (avec beaucoup de réserves) certains avantages.

Je dirais qu'il en va de même du marxisme, autre denrée dont il ne faut pas abuser mais qu'il ne faut pas trop mépriser non plus. A propos du marxisme, je me replongeais tantôt dans la lecture des "Nations obscures" de Vijay Prashad (un universitaire que j'avais enrôlé dans l'équipe de l'Atlas alternatif jadis). C'est un livre qui a bien des vertus, notamment celle de ne pas abrutir le lecteur avec le vocabulaire aride du marxisme (bien que son auteur soit communiste), et celui d'étudier finement les rapports entre les classes sociales : en ce cinquantième anniversaire de la mort de Che Guevara, je recommande notamment le chapitre sur la Bolivie et les rapports entre le peuple, l'armée et l'impérialisme dans le Tiers-Monde.

La sociologie n'est jamais prédictive (pas plus que la démographie, n'en déplaise à Emmanuel Todd), mais elle offre toujours des "narratives" comme diraient les Anglo-saxons, des fils narratifs intéressants pour le passé. Quand on analyse le rôle (faussement) stabilisateur de l'armée dans les conflits sociaux dans tel pays à une époque donnée, on est au moins dans une narration plus riche, moins stupide, que le thème "les pays du tiers monde dans les années 60 étaient trop machistes pour pouvoir progresser sans la férule d'un pouvoir autoritaire" et autres balivernes journalistiques.

Malheur à l'intellectuel rempli d'hubris qui, de ses jolies narrations sur le passé prétendrait en conclure une vision pour l'avenir, mais pouvoir bien raconter le passé est déjà un petit luxe.

Pour ne rien dire de notre incapacité à parler du présent : voyez à ce propos une vidéo très légère sur laquelle je suis tombé ce matin. Elle part d'une hypothèse : il y a eu un survol de la Corée du Nord par des B52, puis un tremblement de terre. Conclusion : une bombe nucléaire a été larguée sur le pays de Kim Jong Un. Thèse intéressante, oui mes voilà... Des preuves ? Aucune. On allègue. Puis petit à petit la vidéo se discrédite : fautes de français, incapacité à prononcer correctement Trump ou "establishment" (déjà que cette manie des Internautes d'utiliser des voix de robots pour lire leurs textes est horripilante). Outrance du vocabulaire : on présente l'entourage de Trump comme une junte militaire, on use d'un vocabulaire à gerber "les khazariens" (sans doute un dérivé des thèses de Shlomo Sand sur les Khazars, lesquelles ne tiennent guère la route, mais beaucoup les ont fait leurs dans une orientation clairement antisémite), puis on nous raconte sans nuance que le prince Harry a fait un signe satanique à Mélanie  Trump, alors que de la nuance, il y avait de la matière pour en faire, par exemple au vu ce que dit une spécialiste de la gestuelle qui a déjà étudié celle dudit prince ici.

Les gens qui ne prennent pas la peine d'assortir leur propos de nuances ne se rendent pas compte qu'ainsi ils discréditent toutes leurs affirmations. Les nuances n'ont jamais affaibli une thèse : elles ménagent une discussion, et des approfondissements plus intelligents. On sait que la monarchie anglaise a depuis le XIXe siècle des rapports étroits (et souvent criminels) avec les Rothschild (mais aussi avec bien d'autres structures impérialistes), et que peut-être (cela se disait déjà il y a 120 ans), il y avait des pactes de sociétés secrètes derrière tout cela - et le fait que la reine Elisabeth se fasse soigner dans un hôpital franc-maçon donne à penser. On sait aussi que le prince Harry est un peu louche, lui qui se promenait à poil à Las Vegas il y a quelques années (Las Vegas, toujours Las Vegas). Mais quel intérêt de sauter aux conclusions aussi rapidement ? Montrez les faits, rappelez d'autres faits, et cela suffira largement à créer une présomption ouverte : "il y a peut-être quelque chose là dessous", "oui, peut-être, mais pas sûr". Il y a peut etre quelque chose derrière ce tremblement de terre en Corée du Nord. Comme il y avait peut être quelque chose derrière cette insubordination des militaires à la fin du second mandat de Bush (quand un bombardier d'une base du Sud des Etats-Unis refusa de décoller). Quoi ? Un historien le dira peut-être dans 100 ans. Ou peut-être jamais. Ne faites pas semblant de savoir quand certaines parties du réel sont inconnaissables. Et dire que Melania Trump a rallié les Illuminati parce qu'elle était en noir et blanc face à Harry me paraît tout aussi absurde.Dites "peut-être" dites "à creuser", mais ne feignez pas d'avoir tout compris. De toute façon, que les Illuminati existent encore (cela reste à démontrer car le groupe est censé avoir été dissous au XVIIIe siècle) ou pas, qu'une partie de la monarchie anglaise y adhère ou pas, on n'a pas besoin d'avoir des certitudes là dessus pour comprendre que la surclasse mondiale est profondément décadente (il suffit de voir Hillary Clinton avec Beyonce) en même temps que profondément injuste et destructrice des structures étatiques qui seules peuvent protéger les peuples, pour comprendre qu'il faut revenir à des cadres nationaux et des systèmes de démocratie sociale participative. Face à ces évidences, les spéculations sur le Prince Harry ou sur le "pédigrée" de tel ou tel sont de trop. Halte aux spéculations ! Juste des faits !

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Barcelone : Manipulation par l'image

9 Octobre 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Espagne, #Peuples d'Europe et UE

La photo retenue par la presse à propos de la manif anti-indépendantiste à Barcelone est si disgracieuse, elle rappelle la Une du Courrier International du 18-24 février 1999 (juste avant la campagne de bombardement de l'OTAN, pour préparer les esprits...) « Les Serbes, comment une nation fabrique son malheur » avec une photo de hooligans. Voir aussi les manips d'images, faux comptes Twitter etc ici.

NB : mes derniers posts (qui étaient surtout axés sur la Catalogne) m'ont fait perdre un abonné

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A Fallujah, ou ailleurs...

7 Octobre 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Proche-Orient

Elle est le visage de ce que l'Occident a fait à l'Irak, mais pas seulement : de la folie généralisée qui touche ce monde, car, nous avons semé les graines du chaos en Irak, en Libye, en Syrie, mais d'autres savent les cultiver avec un cynisme considérable sans même que notre impérialisme ne les y encourage. Ici les criminels sont des miliciens chiites disent certains sites, d'autres (plus crédibles vu la source) disent qu'ils sont de Daech, la victime une fillette sunnite irakienne dans un camp près de Fallujah. C'aurait pu être une chrétienne nigérienne,  une alaouite syrienne, une yazidi, une rohingya... Le nombre de gosses qui dans ce monde ne savent pas comment ils s'appellent, ont perdu leurs parents, et pourtant sourient encore quand on s'intéresse encore un peu à eux...

 

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Petite synthèse sur la crise catalane

7 Octobre 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Espagne, #Peuples d'Europe et UE

Un lecteur fidèle de ce blog de résumer mon point de vue sur la crise catalane.

Voici un aperçu global. Le comté de Barcelone, comme celui d'Aragon et celui de Navarre sont des création de Charlemagne qui, selon la légende, appelé à libéré St Jacques de Compostelle des "infidèles" par un ange (suivre "la voie lactée") organisa à cet effet une "marche" de son empire en Ibérie. Culturellement l'identité catalane est de la même branche que celle du Languedoc et de Provence, elle ne s'en est guère distinguée pendant des siècles, le comté de Barcelone a d'ailleurs longtemps appartenu au comté de Provence dont elle a adopté les couleurs (le drapeau jaune et rouge) puis son sort fut lié à l'Aragon.

Comme tous les nationalismes du XIXe siècle, celui de Catalogne fut le fruit d'une relecture sélective et mythique de l'histoire par des petits grammairiens de province (des "intellectuels dominés" dans le vocabulaire sociologique). Je vous renvoie sur ce point au célèbre "Imagined Communities" de Benedict Anderson que Bourdieu citait beaucoup dans ses cours sur l'Etat au Collège de France en 1990.

La première expression politique du nationalisme catalan fut la création d'un self-government sous la IIe république espagnole dans les années 1930. Il était l'expression des intérêts économiques d'une bourgeoisie industrielle et économique qui était le fer de lance, comme la bourgeoisie basque, de la modernisation de l'Espagne qui était restée au XIXe siècle, malgré des guerres civiles entre progressistes et traditionalistes, à l'égard du reste de l'Europe une sorte de "Corée du Nord" catholique conservatrice résistant aux influences du libéralisme anglais et du jacobinisme français (voir le témoignage de Custine). Cette bourgeoisie qui n'était pas exempte de tendances fascisantes et avait ses milices organisées par Josep Dencas dans les rues proclama l'Etat catalan en 1934 sois la présidence de Companys mais cette proclamation fut étouffée par la garde civile, et Dencas se réfugia en Italie mussolinienne.

En 1936, face au coup d'Etat de Franco soutenu cette fois par Hitler et Mussolini, le mouvement anarchiste, des militaires socialistes (marxistes ou franc-maçons) et le gouvernement autonome catalan se coalisèrent contre l'insurrection. Après la liquidation des milices anarchistes la République espagnole, dont la capitale était à Valence mais dont les troupes se battaient essentiellement autour de la Catalogne et de Madrid devint une sorte de République populaire armée par l'URSS (qui seule la soutenait activement) qui, derrière un parlementarisme de façade, reposait en fait sur le pouvoir des commissaires politiques communistes (en Catalogne le Parti socialiste unifié de Catalogen PSUC).

Après 38 ans de dictature franquiste, la question s'est posée de la nouvelle gouvernance en Catalogne durant la transition démocratique. Comme en témoignait récemment l'ex leader du PC espagnol Julio Anguita, les partis au pouvoir à Madrid dans le nouveau cadre de la monarchie constitutionnelle préférèrent installer à la tête de la Catalogne les nationalistes catalans exilés en France plutôt que de laisser s'installer au pouvoir une majorité socialo-communiste (malgré la conversion des communistes à l' "eurocommunisme").

Le gouvernement socialiste (PSOE) de Felipe Gonzalez et celui conservateur (PP) de José-Maria Aznar firent le choix de s'allier avec ces nationalistes catalans "modérés" (Convergencia i unio - CiU - de Jordi Pujol), tandis qu'émergeait peu à peu un nationalisme indépendantiste autour d'Esquerra Republicana de Catalunya (ERC). Au début des années 1990 à Sciences Po Paris il était de bon ton de louer la vertu bourgeoise des nationalistes catalans industrieux et "éclairés" face à l'obscurantisme extrémiste du nationalisme basque.

Ceci permit aux nationalistes catalans de monopoliser le discours institutionnel sur l'histoire du pays, utiliser beaucoup de fonds publics au service de leur propagande, obliger les habitants de Catalogne, y compris ceux qui n'étaient pas originaires de cette région, à apprendre le catalan dans les écoles, marginaliser la culture espagnole, avec la bénédiction de l'Union européenne qui voulait promouvoir une "Europe des régions" et de la majorité de l'intelligentsia européenne (par exemple à l'occasion des Jeux olympiques de Barcelone).

Dans les années 2000, la nationalisme "modéré" catalan compromis par les scandales financiers comme la classe politique madrilène, s'est trouvé en perte de vitesse et n'a trouvé une planche de salut que dans l'alliance avec Esquerra Republica de Catalunya (les deux ensemble ont eu 39 % des voix) , et même depuis quelques années, avec un groupuscule communiste indépendantiste, la CUP (8 %), tandis qu'en son sein émergeait un indépendantisme plus rural que le nationalisme de Jordi Pujol, incarné aujourd'hui par le président de la Generalitat Carles Puigdemont. L'ensemble des nationalistes ne représente en 2015 qu'une petite moitié des électeurs.

Cette coalition est opposée à des partis loyalistes, dont le principal maintenant est le mouvement de centre-droit Citoyens dirigé au parlement de Catalogne par une ex-cadre d'entreprise privée née en Castille de 36 ans, Ines Irrimadas, tandis que Podemos (version espagnole des Insoumis) joue une jeu ambigu dans ce dispositif (la mairesse Podemos de Barcelone a voté "blanc" au référendum illégal de 2017).

Puigdemont, largement otage des partis minoritaires de sa coalition (ERC et CUP), a lancé un programme sécessionniste offensif, axé successivement sur l'organisation d'un référendum illégal semblable à celui organisé en 2014 par son prédécesseur Arturo Mas, dans une atmosphère de cynisme qu'avait déjà révélé la manifestation de recueillement au lendemain des derniers attentats islamistes, où les indépendantistes au mépris de la plus élémentaire décence avaient accaparé le devant de la manifestation avec des banderoles chargées de slogans sécessionnistes. Le référendum de septembre 2017 a été qualifié à juste titre de "carnaval politique" puisque, sans l'appui de l'Etat espagnol pour en garantir la validité, il a été organisé dans des conditions de fortune et dans une ambiance d'intimidation (obligation faite aux écoles de collaborer à son organisation, méconnaissance des droits des électeurs à la confidentialité de leurs opinions , dénonciation comme traîtres de ceux qui n'y participeraient pas etc). Le gouvernement  espagnol a dépêché des milliers de gardes civiles pour empêcher la tenue du scrutin. Ceux-ci ont largement échoué à faire fermer les écoles, se heurtant à une forte résistance passive - population bloquant les rues, l'accès aux écoles etc. Comme avec la police de Manuel Valls à l'époque du CPE il y a eu quelques tirs de balles en caoutchouc et des coups de matraque distribués, mais assez peu par rapport au nombre de points d'intervention où la garde civile devait intervenir et compte tenu de l'ambiance électrique qui régnait alors (beaucoup de gardes civils ont été blessés).

Le scrutin fut une farce : seuls 42 % du corps électoral y a participé (c'est comparable au référendum illégal organisé au Vénézuela  par l'opposition), c'est à dire principalement les partisans de l'indépendance les gens ont pu voter, sous la protection de la police autonome catalane, qui, pour l'occasion, se comportait en police politique, avec des bulletins confectionnés chez eux, et mettre plusieurs bulletins dans différentes urnes d'autant que le blocage d'Internet par la police espagnole perturbait la comptabilisation des votes.

Toutefois la presse internationale - tout d'abord la presse anglo-saxonne, puis, en France, les grands médias de centre-gauche (Le Monde, Libération) et la télévision ont pris fait et cause pour les indépendantistes, montant en épingle les quelques cas de violence policière, souvent en en forgeant de fausses à partir d'images vieilles de plusieurs années, en gonflant le chiffre des blessés  et donnant une image positive de la "jeunesse indépendantiste" catalane, sans dire un mot des millions de Catalans loyaux à l'égard de l'Espagne qui restent chez eux assaillis par un sentiment de crainte, et sans rappeler que le mouvement catalan repose avant tout sur un égoïsme sacré à l'égard des régions espagnoles plus pauvres, alors que la région bénéficie déjà depuis 40 ans toute l'autonomie culturelle qu'elle peut souhaiter. Des politiciens de la mouvance populiste de droite comme l'Anglais Nigel Farage, ou des francs-tireurs d'habitude identifiés comme pro-russes comme Assange et Snowden sur les réseaux sociaux ont aussi soutenu avec véhémence les sécessionnistes, laissant même suspecter chez les médias dominants espagnols une sympathie du Kremlin pour Puigdemont - mais à l'inverse la Serbie, habituellement considérée comme pro-Russe et qui considère que la Catalogne est le Kosovo de l'Espagne a apporté son soutien à Madrid, tout comme, formellement, l'ensemble des pays européens et l'Union européenne).

Sans doute paralysé par l'image négative de lui qu'entretien la presse internationale (et il est vrai qu'il accumule des casseroles depuis longtemps), le premier ministre espagnol Mariano Rajoy hésite à mettre en oeuvre l'article 155 de la constitution qui lui permettrait de destituer le gouvernement sécessionniste de Catalogne qui a enfreint la loi espagnole malgré les condamnations prononcées par les tribunaux et bafoué toutes les règles démocratiques. Cette destitution, demandée par Ciudadanos (et dans un sens implicitement par le roi d'Espagne lui-même qui a prôné la fermeté) ouvrirait la voie à des élections qui rendraient à l'ensemble du peuple catalan la parole et aboutiraient peut-être à la mise en minorité de la ligne extrémiste de Puigdemont. Toutefois le secrétaire général du PSOE Pedro Sanchez, dont Rajoy dépend pour sa majorité aux Cortes, est hostile à cette option et préfère une solution négociée, laquelle pourrait déboucher une solution bancale d'indépendance-association dont on a vu dans les cas soviétique et yougoslave qu'elle n'est souvent que l'anti-chambre d'une indépendance en bonne et due forme. Mais le PSOE lui-même est divisé sur cette option, Alfonso Guerra, ancien ministre de la défense de F. Gonzalez s'est clairemennt prononcé cette semaine pour la mise en oeuvre de l'article 155.

L'argument de l'argent pourrait peser dans la balance : face aux tensions, des grandes entreprises et des banques commencent à déplacer leur siège hors de Catalogne. Arturo Mas, prédécesseur de Puigdemont à la tête de la Generalitat, a laissé entendre hier que la Catalogne n'est peut-être pas prête à assumer les conséquences d'une déclaration unilatérale d'indépendance que son successeur sous la pression d'ERC et de la CUP veut lancer la semaine prochaine sur la base du soutien de moins de la moitié du corps électoral...

Pourquoi cette flambée de soutien international au putsch anti-démocratique catalan ? Nous n'avons pas encore toutes les clés factuelles pour analyser les causes de l'avalanche d'intox qui tombe sur les citoyens du monde entier à travers Internet et les médias audiovisuels depuis 8 jours. Pour d'autres éléments d'infos je vous renvoie à cet article en français d'une prof à l'université d'Etat de Moscou Karine Bechet-Golovko que j'approuve très largement.

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Vent de castanha... (Ben de castagno)

5 Octobre 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Béarn, #La Révolution des Montagnes, #Lectures

Pour les amateurs de mon roman "La révolution des montagnes", une pub pour ma ville qu'ils passent à l'aéroroport de Pau en boucle depuis deux ans (mais d'habitude sans la musique).

Ce n'est pas forcément mon regard sur ce bout de terre mais c'est celui qu'ils offrent aux touristes.

En parlant de littérature, je parcourais la correspondance de Flaubert hier. Toute en rondeur et en bonhommie, et cependant c'est l'écriture d'un ascète... "Il faut se priver de tout pour réussir à faire quelque chose" écrit-il Son "quelque chose" à lui, c'était son oeuvre. Je souscrirais volontiers à la première partie de sa phrase, mais mon "quelque chose" à moi est quelque chose de moins narcissique qu'une oeuvre d'écrivain.

Flaubert couvrait Victor Hugo d'éloges. Normal : ils avaient les mêmes démons, même si l'un les étouffait, tandis que l'autre photographiait sa cuisinière nue.

 

Et je parcourais aussi "Servitude et grandeur militaires" de Vigny (qui s'est marié à Pau). Un livre encore plus coloré que les lettres de Flaubert. Quand il vous parle de la ratatouille, qui est devenue le rata, et qui n'a rien à voir, avec notre ratatouille méridionale actuelle, ou des inscriptions sur les canons de l'époque de Louis XIV...

Lorsque j'étais lycéen à Pau, tout le monde se sentait encore un peu obligé d'avoir lu un bout de Lamartine, de Vigny, de Musset, de Flaubert, de Zola, ça faisait partie de la religion républicaine de l'époque. Maintenant il n'y a plus d'obligation, et les profs sont partagés entre le culte de Minecraft, de The Voice, et le commentaire obligé sur le mode "émotion, tolérance, apologie du vivre ensemble" des images du dernier attentat qu'on nous passe en boucle sur l'écran TV du boulanger du coin.

La terre a tremblé ce matin à Orthez, mais la République des Pyrénées se réjouit (sur Facebook elle fait un parallèle avec "le village gaulois...") qu'on puisse encore fouiller ses entrailles pour extraire le soufre des gisements de gaz de Lacq à quelques kilomètres de là (a priori les tremblements de terre n'ont pas de rapport avec les forages même s'ils pourraient en avoir avec le stockage du CO2 un jour). C'est l'avantage d'avoir un député socialiste "constructif" (c'est à dire macrono-compatible) dans le coin, ainsi qu'une élue du Modem. On a cité Hugo à l'assemblée nationale à l'occasion du vote de l'amendement spécial pro-Béarn à la loi Hulot, mais "chez ces gens là" on cite toujours Hugo sans réfléchir...

J'aurais voulu vous parler aussi des meurtres politiques au Kerala, Etat contrôlé par les communistes depuis des lustres et "pays de Dieu lui-même" selon le proverbe indien (car les communistes le gèrent bien et au profit des pauvres), où le bras de fer hindouisto-marxiste fait couler le sang, mais ce sera peut-être pour un autre billet.

 

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Ca se passe de commentaire

5 Octobre 2017 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Aide aux femmes yezidies, #Proche-Orient

Un témoignage de la députée Vian Dakhil en juin dernier. Puis celui d'une rescapée, il y a un an...

Pour info hier le Parlement britannique a voté à l'unanimité, contre un gouvernement juridiquement plus hésitant, pour la reconnaissance des crimes de guerre perpétrés par Daech contre les yézidis et les chrétiens dans la plaine de Ninive en 2014-2016 comme un génocide (ce qui n'est pas dans ses habitudes souligne le Guardian). La ministre du travail travailliste du cabinet fantôme demande que le gouvernement May (en mauvaise posture en ce moment) saisisse le conseil de sécurité de l'ONU à ce sujet.

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