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Le blog de Frédéric Delorca

Kirkouk, Afrin, les chrétiens orthodoxes de Jérusalem, Duterte

27 Février 2018 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Colonialisme-impérialisme, #Proche-Orient, #Les rapports hommes-femmes, #Revue de presse

Petite revue de presse. Antiwar.com ces derniers jours décrit une situation compliquée au Proche-Orient. A Kirkouk en Irak l'Etat islamique continue de tendre des embuches aux milices chiites du Sud du pays dépêchées par Bagdad pour y maintenir l'ordre. A Afrin en Syrie l'accord entre le YPG et Damas impliquerait que l'enclave puisse être livrée aux Turcs (qui de fait sont entrés dans sa capitale le 26 février sans toutefois encore la contrôler) en échange de quoi les forces gouvernementales iraient aider le YPG à Manbij sur l'Euphrate (sauf que là bas, il y a aussi des troupes américaines qui ont tué plus d'une centaine de soldats syriens loyalistes récemment, on ne voit pas trop comment tout ce beau monde pourrait cohabiter...).

Je suis affligé de voir Boris Johnson proposer à nouveau le soutien britannique à des frappes contre Assad. Il y a une complaisance occidentale à s'embourber dans les logiques d'ingérence stériles et dangereuses. Tout cela pour plaire au lobby médiatique qui défend les ultimes poches de résistance djihadistes dans ce pays... Je sais bien que les chances de démocratisation du régime syrien sont minces. Mais je ne vois pas pourquoi au nom de cela on devrait préférer que les takfiristes imposent leur loi dans certaines parties de la Syrie.

Je lis aussi cette polémique autour des biens de l'Eglise orthodoxe à Jérusalem parce que la municipalité lui impose de payer des impôts et que l'Etat envisage une loi d'expropriation (contre indemnité) rétroactive. Le président chrétien libanais pro-Hezbollah Michel Aoun relayé par Al Manar accuse Israël de vouloir en finir avec le christianisme au Proche-Orient. Accusation un peu excessive : certes l'impôt municipal n'a pas l'air très conforme au droit international, mais il ne vise que les biens non cultuels de l'Eglise, et le gouvernement a reporté le vote de la loi d'expropriation. Encore une tempête dans un verre d'eau purement idéologique comme celle qu'avait déclenchée le transfert de l'ambassade américaine à Jérusalem.

Aux Philippines le président Duterte le 7 février a déclaré devant un auditoire masculin qu'il fallait tirer sur le vagin (bisong) des combattantes de la guérilla maoïste la Nouvelle armée du peuple qui ne s'occupent pas de leurs enfants. Aujourd'hui il précise que c'était de l'humour. En avril 2016 il avait affirmé à propos d'une missionnaire australienne de l'Assemblée de Dieu Joyeuse (Jacqueline Hamill, 35 ans) prise en otage, violée et tuée pendant une émeute de prison à Davao en 1989 qu'elle était si belle que le maire (il était alors maire de Davao) aurait dû la violer en premier. Duterte est décidément un personnage détestable qui a beaucoup de sang sur les mains (il s'était vanté d'avoir tué personnellement des criminels quand il était maire de Davao pour stimuler la police locale), dont le seul mérite selon moi est d'être hostile à Soros et au nouvel ordre mondial... Les déclarations de Duterte suscitent à juste titre des réactions féministes hostiles, mais ni la Russie ni la Chine n'ont exprimé de regret de lui livrer des armes automatiques gratuites (alors que Washington a suspendu ses livraisons depuis son élection).

Du côté de ce blog, en ce moment des gens s'abonnent puis ce désabonnent. Une inconstance assez étrange. Le monde d'Internet est ainsi fait...

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Dons aux yézidis

26 Février 2018 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Aide aux femmes yezidies

Je le rappelle à mes lecteurs de temps à autre : pour ceux qui souhaitent aider la veuve et l'orphelin, j'ai un contact personnel avec une association d'aide aux réfugiés yézidis dans les camps en Irak, Al Smoqi Charity Assembly, qui vous garantit que votre argent ira directement aux victimes, et qui peut même vous fournir des photos des gens que votre argent a secouru au cours des dernières semaines.

Pour ma part, lorsque je leur envoie de l'argent, je ne "flèche" pas mon aide et je les laisse choisir leurs priorités. Du coup l'argent arrive tantôt à une adorable petite fille qui a perdu ses parents, tantôt à une digne grand mère qui a vu toute sa descendance massacrée. Hier ma correspondante Nareen me renvoyait quelques photos des bénéficiaires du moment. C'étaient des étudiants yézidis qui risquaient de devoir abandonner leurs études faute de ressources. Etudiants en pharmacie, en géographie, à l'école d'infirmières. Ces retours sont toujours une occasion de découvrir de nouveaux visages, même si la rencontre à travers une photo est aussi superficielle que celle qu'on peut avoir en chattant sur Facebook, et cela reste une façon d'aborder divers aspects de la réalité de cette communauté méconnue qui a toujours été de la chair à pogrom au Proche-Orient.

Si vous souhaitez contribuer, contactez moi.

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Propagande contre propagande en Syrie

25 Février 2018 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Colonialisme-impérialisme, #Proche-Orient

Le Guardian sur La Goutha orientale (une des dernières poches djihadistes pilonnée par l'armée légale, ses milices alliées, et les Russes) ressortait cette semaine les gros sabots de la propagande des années 1990 en disant "La Goutha est un Srebrenica syrien" (la presse ne marche que par des slogans, et, en la matière, Srebrenica fait toujours "tilt" - au fait, juste pour mémoire, le bosno-musulman Nasser Oric, qui avait fait régner la terreur à Srebrenica avant que les généraux serbes ne fassent régner la leur, s'en était tiré avec une peine de 5 ans de prison en 2008 pour des crimes mineurs, l'injustice de Srebrenica n'est pas forcément celle qu'on croit). Le Monde toujours friand de titres choc de ses confrères quand Maïa Mazaurette n'est pas disponible pour y faire l'éloge de la masturbation, a repris sans hésiter cette expression. Le supporter inconditionnel d'Al-Nosra John Kerry à l'époque d'Obama avait déjà tenté la comparaison à propos d'Alep.

Propagande contre propagande, Syria News explique, vidéo à l'appui (mais que valent les vidéos à l'heure où tout le monde manipule les images ?) que les djihadistes à la Goutha ont essayé de descendre un avion de ligne avec 120 personnes à bord le 24 février et montre des photos de civils de Damas tués par des mortiers des djihadistes de la Goutha. De quel côté sont les "fake news" ? On parle de 10 000 victimes des mortiers des takfiristes de la Goutha (Daech, et ex-Al-Nusra). Même le centre médical situé route de Bagdad à Damas a été pris pour cible disent les médias syriens en réponse à la presse occidentale qui ne parle que des 22 centres médicaux de La Goutha bombardés par les Russes recensés par une obscure "Société américano-syrienne d’aide médicale (SAMS)". La guerre des propagandes autour des hôpitaux reflète hélas la tendance générale des armées dans toutes les guerres, ces derniers temps, à ne pas épargner les espaces de soin, parce que ça démoralise les populations et aussi parce que les combattants y trouvent souvent refuge... Un Français parle du quotidien de Damas en guerre ici.

Un câble de Wikileaks vient de dévoiler un Télégramme diplomatique confidentiel (TD) du 12 janvier 2018 de Benjamin Norman – diplomate en charge du dossier Proche et Moyen Orient à l’ambassade de Grande Bretagne à Washington – qui rend compte de la première réunion du « Petit groupe américain sur la Syrie » (Etats-Unis, Grande Bretagne, France, Arabie saoudite et Jordanie), qui s’est tenue à Washington le 11 janvier 2018. Il révèle la décision de Trump de maintenir une occupation américaine en Syrie pour un coût de 4 milliards de dollars par an pour contrer la présence iranienne, le projet occidental d'aboutir à un dispositif électoral en Syrie où Assad ne pourrait pas gagner, instrumentaliser le succès politique russe à Sotchi (où d'importants représentants de la société civile syrienne s'était réunie) au service du processus pro-occidental de Genève. Labévière a débusqué le lièvre pour les gens qui n'ont pas le temps d'éplucher Wikileaks. Le site russe Sputnik l'exhibe.

Chacun continue d'avancer ses pions sur le dos du peuple syrien. Et tout le monde est cependant convaincu de bien faire...

Personnellement entre la paix américano-isréalo-saoudo-européenne qui livrerait la Syrie aux djihadistes comme elle l'a fait de la Libye, et la paix russo-iranienne qui placerait le Proche-Orient sous la tutelle de l'intégrisme chiite, je préfèrerais pour le peuple syrien une voie d'émancipation plus indépendante, mais après sept ans de guerre où toutes les forces étrangères ont pris leurs aises dans ce pays, cela relève du voeu pieux, tout comme quand, en 2000 en Serbie, on rêvait d'une troisième voie entre Milosevic et l'alliance pro-occidentale autour de Kostunica...

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Vers une Pax Syriana à Afrin ?

19 Février 2018 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Proche-Orient

A Afrin (Afrine), selon la presse turque, le PYD/PKK "n’a plus d’espace" depuis que les Forces armées turques ont pris le contrôle de plus de 70 points au nord, à l’ouest, au sud-ouest et à l’est de la capitale du district ("neutralisant" par la même occasion plus de 1 500 combattants de la milice YPG). Pendant le weekend le YPG, abandonné par les Occidentaux après avoir fait pour eux le sale boulot contre Etat islamique, se fendait de communiqués triomphalistes sur Twitter annonçant l'arrivée prochaine de l'armée gouvernementale syrienne. Mais on serait en fait loin d'un l'enlisement turc suivant un scénario "à la yéménite" dont j'avais esquissé la possibilité dans un billet sur ce blog il y a peu, et les Turcs estiment qu'Assad ne déploiera sans doute dans la ville que "des forces en quantité symbolique". La chaîne du Hezbollah libanais confirme l'entrée prochaine des forces légales syriennes à Afrine en évoquant une source kurde, mais sans rien préciser des termes du contenu de l'accord. Un désarmement complet ou partiel du YPG ? Un adoucissement du projet d'autonomie du Kurdistan syrien (le Rojava) ?

On sent bien en tout cas que ce déploiement syrien a les apparences d'une échappatoire pour dissimuler l'impossibilité pour le YPG de soutenir un siège de longue durée qui aurait été horriblement coûteux pour la population. Reste à savoir si l'instauration d'une éventuelle "pax syriana" à Afrin peut empêcher la politique de relocalisation dans le districts d'opposants syriens qu'envisageait Ankara ainsi que l'a révélé récemment l'épouse d'Erdogan et qui aurait eu des effets funestes pour la communauté kurde de la région (une politique qui s'inscrirait dans la logique de "sécurisation" de leur frontière Sud - rappelons que la Turquie reproche au PKK dont le YPG est une émanation d'avoir tué plus de 4 000 personnes en Turquie en 20 ans). Plus généralement c'est désormais tout l'avenir du projet autonomiste kurde en Syrie qui est en question alors que la pression turque s'affirme aussi sur l'Euphrate. Quel avenir se profile dorénavant pour la cohabitation entre les populations en Syrie du Nord après ces combats ? La même question vaut pour la plaine de Ninive en Irak : les Turcs dénoncent l'assassinat ciblé de leurs protégés turkmènes dans la région de Kirkouk depuis l'effondrement de Daech. Récemment un professeur de droit de l'université a été tué. Les Turcs accusent les services secrets du gouvernement régional kurde d'Irak (Asayish dont on a vu aussi l'action brutale dans les camps de réfugiés contres les yézidis l'an dernier).

Pendant ce temps au Sud de la Syrie, la paix est directement menacée par le bras de fer israélo-iranien. La situation proche-orientale en ce début d'année 2018 est décidément des plus délicates...

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Encore un mauvais coup contre la SNCF

18 Février 2018 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #La gauche, #Peuples d'Europe et UE

Je lis sur BFM Business ce soir les propos de la ministre Elisabeth Borne après la publication du rapport Spinetta qui prône la liquidation du statut des agents de la SNCF : "Le plus grand danger pour ce grand service public auquel nous sommes tous attachés, ce n'est pas la réforme, c'est le statu quo. " " "La casse du service public, c'est de laisser perdurer la situation actuelle!", a-t-elle insisté, évoquant près de 20% de lignes ralenties par manque d'entretien ou encore des lignes de trains de nuit fermés après une dégradation du service."

Toujours le même schéma : on affaiblit le service public, on n'investit plus dedans, puis, quand il est bien poussif, on s'exclame "il faut l'aligner sur le privé, voire le privatiser !".

Soyons clairs : il y a 20 ans les trains arrivaient à l'heure, il y avait du personnel pour surveiller les voies et réparer les locomotives, on investissait sur les infrastructures. Personne n'a demandé que la concurrence soit introduite sur notre réseau ferroviaire, le peuple français n'a pas été consulté. L'idée est venue du monstre bruxellois, l'Union européenne, et, dès que la perspective de cette ouverture à la concurrence s'est profilée, les pouvoirs publics français ont estimé qu'il n'était plus trop nécessaire d'investir sur nos trains. Dégraisser fut l'obsession, sauf pour les TGV qu'on croyait plus "compétitifs" que les trains normaux.

Aujourd'hui on va obliger la SNCF à mettre son personnel, ses gares etc à la disposition des concurrents imposés par Bruxelles. On jure qu'on ne touchera pas aux statuts des personnels déjà recrutés. Mais on fera comme pour les fonctionnaires de France Télécom (devenu Orange) : ils seront de plus en plus humiliés, marginalisés, et, au besoin, poussés au burn out. Gain prévisible pour les citoyens ? Purement aléatoire (en Grande Bretagne la privatisation fut catastrophique pour la ponctualité des trains, même s'il est vrai que ce fut parfois mieux dans d'autres pays). Possible qu'on accule toujours plus l'usager lambda, surtout en zone rurale et dans les banlieues où on s'entasse sur les quais à 6 h du mat' comme en Ile de France, à se reporter sur le bus (un joli gain pour le développement durable et la facture énergétique...) ou sur les services du co-voiturage ou de Uber. Qu'espère-t-on au juste en tirant tous les statuts vers le bas, en plongeant tout le monde dans la précarité ?

Il est temps d'en finir avec le macronisme.

 

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Jusqu'à quel point doit-on taper sur la droite américaine ?

18 Février 2018 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #La droite, #Colonialisme-impérialisme, #Débats chez les "résistants", #Christianisme

Il est des sujets qui moralement ne souffrent point de discussion. Par exemple celui-ci : que tous les peuples soumis au colonialisme ont eu raison de s'en émanciper.

Après, il en est de plus complexes qui sont des sortes de sous-questions dérivées des premiers. Par exemple : l'anti-colonialisme devait-il nécessairement prendre des voies communistes ou nationalistes brutales (elle ne le fit pas partout : par exemple en Inde) ? Et face à ces extrémités que devaient faire les anciens colonisateurs, notamment à l'égard de leurs anciens clients laissés entre les griffes des nouveaux pouvoirs "émancipés" ?

Une chose est sûre : l'ancien colonisateur ou le porteur d'un néo-colonialisme (au XXe siècle ce furent surtout les Etats-Unis) fut toujours condamnable chaque fois qu'il déploya les vieux schémas sadiques et racistes du colonialisme.

Je lisais tantôt dans Counterpunch un article qui commençait par l'évocation du souvenir d'un certain lieutenant William Calley, chef de la compagnie Charlie, qui fut impliqué dans le massacre de My Lai au Vietnam où des dizaines d'enfants furent tués en mars 1968. L'auteur de l'article souligne Jeffrey St Clair dénonce à juste titre le fait que 70 % des bien-pensants américains en 1971 étaient hostiles à l'idée qu'il ait des comptes à rendre devant la justice et que finalement il s'en soit tiré avec quatre ans de prison.

Mais ceci étant posé, reste le problème de la transposition de cela à l'époque actuelle. Et maintenant jusqu'où faut-il jouer sur la corde de cette culpabilisation du colonialisme de droite ? St Clair semble peu sensible aux changements d'époques et pousse son pion jusqu'à rattacher à cette indifférence des bien-pensants de 1971 devant la mort des enfants vietnamiens celle des conservateurs américains aujourd'hui devant celle des ados de Parkland (où eut lieu un massacre à la St Valentin).

Voici que ressurgit toujours le même débat depuis quelques années : peut-on appliquer tel quel le vieux schéma anti-colonialiste qui était tout à fait légitime en son temps contre la droite blanche chrétienne quand elle "cassait du bougnoule ou du viet" contre la droite blanche aujourd'hui qui défend le droit à avoir des armes contre un Etats mondial qui pourrait demain greffer des puces dans le cerveau des gens et les programmer toujours au nom des meilleures intentions "pacificatrices" du monde ? Ce débat fait écho à celui qui occupait beaucoup les années 2000 quand on disait "faut-il, au nom du droit des minorités frapper des Etats autoritaires comme le Soudan ou le Myanmar, alors qu'on sait que l'existence des autorités étatiques est le seul rempart possible face à un autoritarisme mondial plus insidieux et pervers ?". Problème de dialectique, problème d'analyse froide des ennemis primaires et secondaires, de hiérarchisation des dangers.

Je pense qu'il est bon qu'on rappelle à la droite son indulgence pour les tueurs d'enfants d'il y a 50 ans, elle, qui est prompte aujourd'hui  à dénoncer les soi-disant sacrifices d'enfants sur lesquels se construirait le "nouvel ordre mondial" (comme on peut aussi dénoncer le sacrifice des enfants yéménites par Trump, comme par Obama). Les tendances fascistes de la droite chrétienne en Amérique comme en Europe sont connues depuis "Les grands cimetières sous la Lune" de Bernanos (sans que cela n'exonèrent de leur propre responsabilité morale les mouvements progressistes auxquelles elle s'oppose (au fond la barbarie est la chose au monde la mieux partagée). Mais peut-être ne faut-il pas trop s'attarder à la condamner (comme le font les medias mainstreams en ce moment) quand on voit où sont les véritables dangers. En effet, en ce moment ce n'est pas la droite chrétienne américaine qui risque de priver les paysans indiens de la possibilité d'utiliser les billets de banque : c'est la clique des libéraux de centre-gauche façon Attali (le club de Bilderberg, Soros, Bill Gates et les autres). Ce sont eux aussi  qui, demain, pourraient imposer les manipulations génétiques, la soustraction des enfants aux familles pour les endoctriner (c'est déjà le cas), le conditionnement général de l'humanité. Eux, et pas les types armés du Middle West qui, comme ils l'ont montré en portant Trump à la présidence, sont peut-être de fait de meilleurs remparts au mondialisme bancaire de Wall Street que la gauche révolutionnaire. Savoir doser ses critiques, les tourner vers le bon adversaire au bon moment, cela fait aussi partie de la responsabilité morale du citoyen éclairé pour ne pas être le complice objectif des pires crimes de son temps.

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Le dernier portrait d'Obama et la fusillade en Floride

17 Février 2018 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Les Stazinis, #Grundlegung zur Metaphysik, #Christianisme, #Les régimes populistes, #Barack Obama

Pour continuer dans la lignée de mes développements du livre "Les régimes populistes face au mondialisme", je voudrais citer deux événements de la semaine. Le premier concerne Obama. J'ai souligné dans mon livre l'ambiance de magie sexuelle et d'occultisme qui entourait les démocrates dans les fuites sur leur compte fournies par Wikileaks.

Le dévoilement du dernier portait officiel de Barack Obama qu'évoque Mad World News va dans le même sens. L' "oeuvre", apprend-on, a été réalisée à la demande de l'ex-président par une artiste militant de la cause gay et de la cause des gens de couleur, Kehinde Wiley, habitué à peindre des Noirs qui coupent des têtes des Blancs (le choix de cet artiste par Obama pose beaucoup de questions et renvoie à cette thématique d'une élite démocrate qui serait au fond fascinée par le renversement des valeurs et l'incitation à la guerre civile). L'artiste a l'habitude de mettre du sperme sur ses toiles (par exemple dans son tableau "Napoléon conduit son armée dans les Alpes"). Kehinde Wiley n'a pu s'empêcher de faire la même chose avec une veine du front du président remplacée par du sperme, et ce portrait trônera dans la galerie de portraits de la Maison blanche. Merci M. Obama pour cette contribution au bon goût artistique, à la délégitimation des institutions (et peut-être aux rituels douteux façon Aleister Crowley).

Le second point concerne la fusillade dans un lycée de Floride. Si vous regardez un jour cette vidéo en français de l'évangélique canadien Pierre Gilbert des années 1990, vous saurez que depuis 20 ou 30 ans les milieux religieux conservateurs américains sont convaincus que le droit à la détention d'armes est la dernière chance pour que les citoyens encore sains d'esprit, héritiers des pionniers protestants de la conquête du Far West, puissent se défendre contre la mainmise de l'Etat fédéral satanique sur leur vie (Etat qui aujourd'hui revêt les aspects d'un Etat mondial sponsorisé par le Big business de Wall Street). En octobre dernier j'avais attiré votre attention sur les thèses autour de la fusillade de Las Vegas qui analysaient les contradictions dans la version officielle (sur l'auteur du massacre, l'endroit d'où il aurait tiré etc), et l'étrange système symbolique que créaient cette ville dédiée au jeu et à la prostitution, la pyramide, et le fait qu'un public "de droite" (des amateurs de country music) aient été visés.

L'idée qui sous-tendait ces théories qui ressortent à chaque fois, et que les commentateurs mainstream qualifient de "complotistes", est que quelque part des groupes occultes (liés le plus souvent à la franc-maçonnerie luciférienne) auraient un plan de déstabilisation (voir par exemple ici) pour entretenir un climat anti-libre détention d'armes (et éventuellement aussi anti-Trump, du moins toutes les fois que Trump a le courage de les affronter, ce qui n'est pas toujours le cas). Ce genre de thèse est toujours difficile à démontrer car, évidemment, si de tels groupes existent, et ont assez de complicités dans les médias et dans la police afin de pousser ici ou là des paumés armés sur le devant de la scène pour tirer dans le tas sans que personne ne mette jamais le nom sur un ou plusieurs commanditaires, on peut se douter que les preuves que l'internaute moyen pourra avancer contre eux seront purement spéculatives.

Il en va de même cette semaine en ce qui concerne le jeune qui a ouvert le feu sur des gens dans son lycée de Parkland en Floride. Les éléments sur le complot occulte étant plus rares encore qu'à Las Vegas, certains ont avancé un détail étrange. La fusillade a eu lieu le jour de la Saint Valentin, et beaucoup sur Twitter ont remarqué que la rockstar David Bowie, qui était un grand occultiste disciple d'Aleister Cowley peu de temps avant sa mort avait composé une chanson sur la Saint Valentin qui était un appel au carnage. Certains conservateurs se demandent donc si cela ne prouve pas que le modus operandi de l'adolescent a été choisi par des cercles occultistes qui, en suivant ce code, ont par là même montré à leurs pairs (montré tout en cachant) qu'ils étaient derrière cette opération. Une variante de ce rapprochement étrange entre l'occultisme et Parkland, dans une version plus religieuse, serait tout simplement que les mêmes forces spirituelles étaient derrière Bowie et derrière l'adolescent.

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Brexit, Grèce Syrie, Mennel Ibtissem

10 Février 2018 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Peuples d'Europe et UE, #Proche-Orient, #Colonialisme-impérialisme

Le débat sur le Brexit rebondit. tout est fait pour décourager les Britanniques. Barnier hausse le ton, les européistes font pression sur Corbyn, le Japon dit qu'il quittera le Royaume Uni si le Brexit n'est pas profitable. Tout cela est odieux, comme le chantage que les grandes puissances exerçaient autrefois sur la Serbie, sur l'Irak, sur les électeurs nonistes du référendum français. Farage blâme May pour sa mollesse et serait prêt à accepter un nouveau référendum pour tirer les choses au clair.

La Grèce aussi fait l'objet de pressions des puissants : un chantage financier qui pourrait l'obliger à reconnaître le Kosovo tandis que la Macédoine dirigée par un régime albano-socialiste 100 % Soros-compatible pourrait rejoindre l'OTAN prochainement (les Grecs n'apprécient guère).

Bataille ouverte entre les Américains et l'armée syrienne sur l'Euphrate (sur le projet américain pour détacher l'Est de la Syrie du reste du pays, et les avancées politiques du sommet de Sotchi à l'initiative des Russes, voir Labévière ici). Les premiers prétendent s'être "défendus". Comme s'ils avaient la moindre légitimité à occuper cette partie de la Syrie. Un jet israélien s'écrase peut-être abattu par les forces d'Assad. Tel-Aviv aussi disait se défendre après l'intrusion d'un drone iranien. J'ignore si va se réaliser la guerre romano-persane (occidentalo-iranienne) annoncée à la fin des temps par une certaine tradition talmudique. Mais en tout cas Israël se prépare à l'évidence à lancer une guerre contre l'Iran. A commencer par un petit conflit contre le Hezbollah, cela fait la "une" de leurs journaux (et je ne les blâme pas : leurs craintes sont bien compréhensibles).

A Afrin au bout de 21 jours l'opération "rameau d'Olivier" ne débouche sur rien. Les Turcs avancent à peine. Le 7 ils se sont tirés des gaz chimiques sur eux mêmes (car le vent a tourné) si l'on en croit les médias kurdes, le 10 février un de leurs hélicoptères a été abattu. Un scénario d'enlisement à la yéménite ? Les Kurdes se vantent d'avoir aussi des opposants syriens arabes dans leurs rangs.  Mais il y a aussi des drapeaux noirs blancs et verts dans le camp turc.

Je ne sais trop que dire de la répression des anglophones au Cameroun (les pays africains ont une unité nationale très fragile - j'observe que les pressions occidentales contre le Burundi où la aussi le spectre des guerres ethnique sont retombées comme un soufflet). Enfin pour terminer ce tour d'horizon, je parcourais hier les actualités "people" sur la jeune Mennel Ibtissem (d'origine syrienne) disqualifiée de l'émission The Voice pour ses propos anciens sur les atrocités de Nice et de St Etienne du Rouvray. Il est toujours très frappant de voir comme le show-biz repose sur une communion totalitaire. Je ne dis pas que les remarques sur Twitter de cette chanteuse sont justes, mais en quoi les avis qu'il/elle a sur tel ou tel sujet politique devraient-ils empêcher quelqu'un de pouvoir chanter dans une émission de divertissement ? Si cette femme avait fait l'apologie d'un attentat j'aurais compris que sa présence ne fût point appréciée. Mais qu'elle interroge la légitimité d'une version officielle relève plutôt du réflexe sain, non ? Cette affaire ne m'encouragera pas à rallumer mon poste de TV. Pourtant je sais quel est l'inconvénient de la crispation sectaire des "élites" médiatiques : à force d'écoeurer les gens par leur culte de la bien-pensance pleine de bons sentiments, celles-ci renvoient les spectateurs vers l'univers atomisé du face à face solitaire avec l'écran d'ordinateur où là, chacun risque de s'enfermer dans une fantasmagorie encore pire que le culte des affects humanistes gluants totalitaires. Une fois de plus mind control majoritaire et anarchie extrémiste minoritaire risquent de devenir les deux faces d'une même pièce...

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Lectures : Bernard Vignot, Mary Lou Lake, Oxfam à Haïti

10 Février 2018 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Lectures, #Grundlegung zur Metaphysik, #Christianisme

Cela fait longtemps que je ne me suis pas livré à cet exercice, donc voici quelques notes sur mes lectures récentes.

Je ne m'attarderai pas sur l'ouvrage de Bernard Vignot sur les églises parallèles, paru aux éditions du Cerf en 2010, car c'est un ouvrage non seulement bourré de fautes de français et de maladresses stylistiques, mais encore dépourvu de toute profondeur spirituelle (ce qui est singulier pour un livre écrit par un prêtre). Comme une sorte de rapport de la Cour des Comptes sur la gestion des affaires religieuses : telle église satisfait une demande, telle autre de ne le fait pas. Aucune réponse à des questions que ne peuvent manquer de poser les anecdotes évoquées : par exemple quand il dit "des dizaines de personnes se rendent à une apparition annoncée, et l'apparition n'a pas eu lieu". Le minimum serait d'interroger la manière dont la voyante a eu l'annonce de cette apparition le vécu (dans l'occultisme éventuellement) de celle-ci et les intérêts dans le "deuxième ciel" que ce rendez-vous manqué peut satisfaire. Je comprends que le sociologue des religions R. Dericquebourg ait fait une recension de ce livre dans une revue académique, mais pour moi c'est le type même de l'ouvrage  inutile.

Plus intéressant l'ouvrage de Mary Lou Lake "What witches don't want christians to know, a true story of the occult and mind control" (Biblical Life Publishing, Marshfield 2014). L'auteure née dans le protestantisme a subi des attouchements sexuels dans son enfance, et une forme de dépression prolongée jusqu'en 1995 accompagnée de visions surnaturelle dont elle ne s'est défaite qu'en invoquant Dieu et Jésus-Christ, avec l'aide de son mari pasteur. L'ouvrage réfléchit très sérieusement au processus de "mind control" (contrôle de l'esprit) initié par certains groupes ésotériques.

Très utile pour moi fut la page 136 sur l'obsession des heures miroirs et leur rapport aux morts car cela décrit exactement un symptôme qu'a eu une mienne amie provençale occultiste. Pour autant cette auteure est-elle complètement crédible ? Elle fait partie du club des contempteurs de la consommation de porc, dont on sait que l'exorciste pentecôtiste Derek Prince disait qu'ils étaient inspirés par un démon de séduction. Toujours difficile de faire la part entre ce qui vient du troisième ciel et ce qui vient du deuxième même chez les chrétiens les plus zélés.

A part ça vous avez sans doute vu l'émoi que suscite dans la presse mondiale l'orgie sexuelle avec des prostituées de Port au Prince (dont des mineures) des cadres d'Oxfam sur le dos des aides aux 300 000 morts du tremblement de terre en 2010. On parle d'une vidéo digne des nuits de Caligula qui aurait implique le patron belge de l'association. Celui-ci avait démissionné de ses fonctions en août 2011 suite à des malversations de ses collaborateurs révélées par un audit de PricewaterhouseCoopers. Le type avait des soutiens à gauche. "From the outside Hauwermeiren was a rare beast indeed. Rare, in that few country directors in Haiti brought as much ethically philosophical leadership skill sets and experience to the table of relief, despite working for a large bureaucratic organization " écrivait le 30 septembre 2011 le célèbre cinéaste Sean Penn, ex mari de la chanteuse Madonna, ami de Cuba, dans la revue homonyme du groupe luciférien les Rolling Stones. Ce qui pousse la presse de droite à dénoncer une fois de plus les messes noires sexuelles des "gauchistes". Il y a une certaine ironie dans cette affaire quand on songe que trois ans plus tôt Van Hauwermeiren défendait l'action d'Oxfam au Tchad à l'issue d'un colloque destiné à laver leur image après l'affaire désastreuse de "L'Arche de Zoé". Voilà qui pose des questions sur le destin métaphysique d'Haïti. Le pacte diabolique haïtien que ce pays aurait conclu en 1792, l'importance du vaudou à Saint Domingue qui vouerai l'île au malheur (pensez aussi à la présence d'un maître du vaudou dans le clip de Rapture du groupe Blondie sont le batteur était un occultiste). Des questions aussi, du coup, sur Oxfam, 5e organisme de charité en Angleterre, fondée par les Quakers (tout comme Greenpeace, aujourd'hui allié de Soros), et la finalité téléologique de l'idéologie quaker. Il y a peu les quakers de France se réunissaient à Carcassonne pour rendre hommage aux manichéens cathares. Pas sûr que ce soit très conforme au message biblique.

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Solitudes

9 Février 2018 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Ecrire pour qui pour quoi, #Grundlegung zur Metaphysik, #Christianisme, #Débats chez les "résistants"

Je n'ai jamais eu peur de la solitude. Elle a toujours été ma meilleure alliée. Schopenhauer recommandait d'être seul en société plutôt que dans une cellule monacale. C'est ce que je pratique. J'ai un entourage, mais je suis seul auprès de lui. J'ai quelques lecteurs, mais je suis seul à leur égard. Et je sais qu'ils doivent me trouver de plus en plus inaccessible, depuis qu'à la suite de mon expérience dans l'occultisme j'ai choisi la voie chrétienne. Je ne cherche pas à susciter l'adhésion, seule la vérité compte, dans la manière précise dont elle se donne, qu'importe si elle touche beaucoup de gens ou peu. "Beaucoup d'appelés, peu d'élus".

Chacun sait que les grandes conquêtes spirituelles se gagnent dans la solitude, et seulement dans celle-ci. Jésus n'a commencé sa prédication au terme de 40 jours de prédication au désert, et son parcours fut profondément solitaire au milieu d'un entourage qui peinait à comprendre son message. Epiménide soigna la peste d'Athènes, après avoir dormi trente ans dans la solitude d'une grotte. On me dira : "la référence à Epiménide n'est pas chrétienne". Si, elle l'est, c'est un prédicateur protestant qui me l'a révélé dans un de ses livres ( Don Richardson  dans "Eternety in their hearts") : A Athènes (dans les Actes des Apôtres) Paul de Tarse loue le fait que les Athéniens vénèrent le Dieu inconnu, or ce Dieu par lequel Athènes fut sauvée fut précisément annoncé par Epiménide le Crétois. Et quelque part ailleurs (dans les épîtres) Paul fait une citation d'Epiménide qu'il appelle "prophète" avec le même mot grec qu'il emploie pour les prophètes d'Israël. Mais je pourrais aussi citer Ste Geneviève qui sauva Paris des Huns en priant plusieurs mois chaque année seule dans sa cellule. Les grandes conquêtes s'obtiennent par un face-à-face solitaire avec le divin. Encore que pour ma part je n'aie aucune prétention aux triomphes démesurés. Sauver ma peau de quelques malédictions qui me touchent ainsi que la société qui m'entoure sera déjà assez satisfaisant, et embarquer avec moi quelques âmes sur mon radeau de fortune me procurera quelque paix - car la solitude spirituelle n'a de sens qu'avec beaucoup de compassion pour ceux qui nous sollicitent et de fidélité attentive, quoique souvent distante par nécessité, à leur égard.

Qu'ensemble nous ne soyons point de ceux qui accepteront la marque de la bête "sans laquelle il est impossible de vendre et d'acheter" si nous vivons encore quand l'Antéchrist gouvernera la Terre. Ils sont nombreux les prédicateurs sur le Net qui, par diverses voies, découvrent en ce moment, en France ou aux Etats-Unis, que cette fameuse "marque" sera une puce électronique que nous recevrons dans dix ou vingt ans dans notre cher comme en rêvent les transhumanistes. Peut-être ont-ils raison, peut-être leur vision des grandes tribulations apocalyptiques imminentes est-elle aussi erronée que ceux qui l'eurent au XVe siècle. En tout cas si vous voulez être des résistants au sens le plus radical de ce terme, il vous faut vous forger un coeur solitaire. Sans quoi vous serez emportés par la marée des conformismes. Tant de dissidents du Net croient être "originaux" alors qu'ils ne font que suivre des troupeaux : les pro-américains, les pro-russes, etc, avec le lot de mensonges et de crimes que porte chacun de ces clans. D'ailleurs ne cherchez pas à être originaux. Soyez vrais. Non pas individuellement vrais comme Mac Donald's vous le suggère ("Venez comme vous êtes"), ce qui est le meilleur moyen de vous manipuler : soyez vrais dans un sens non-individuel, vrais en Dieu, à son écoute et son école, à celle de sa parole - celle écrite, combinée à celle qui vous parlera dans les petits signes du quotidien et votre for intérieur. C'est de là qu'émergent les dissidences les plus improbables, surnaturelles, celles que personne ne peut imaginer, celles qui peuvent en sauver certains de grands dangers.

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Afrin : les responsabilités occidentales

3 Février 2018 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Proche-Orient, #Colonialisme-impérialisme

Bien sûr, il y a cette guerre du Yémen dont on parle peu, et à laquelle les gens comprennent si peu de choses que même un grand journal comme Le Figaro  dans sa version électronique du 30 janvier dernier s'emmêle les pinceaux et titre : "Yémen : les séparatistes Houtis encerclent le palais présidentiel à Aden" alors que, quand on lit l'article (et les dépêches des autres journaux), on se rend compte que ce sont les séparatistes sud-yéménites sunnites (ceux qui ont fourni les rangs d'Al Qaida naguère) qui encerclent le palais, et non les houthis chiites (qui ne sont pas séparatistes mais ont formé un gouvernement alternatif résistant à l'attaque saoudienne ) Sanaa au Nord... On se demande quel est le stagiaire qui a été recruté à  la hâte pour concocter ce titre qui mélange tout, et tant pis pour les collégiens qui feront leur revue de presse avec ce "fake title"...

Bien sûr il y a toutes les atrocités de la guerre en Syrie, à Idlib, à la Goutha, commises par le régime ou par ses opposants (Al Nosra, ASL, l'Etat islamique qui regagne ici ou là du terrain).

Et puis, au sein de l'enfer syrien, il y a Afrin, la poche kurde à la frontière nord, sous le feu turc depuis plusieurs jours (l'opération "Rameau d'olivier"). Afrin avec ses infos justes et sa propagande. Il y a Afrin avec la brutalité de l'armée d'Erdogan et de ses milices djihadistes (comme celle du sanguinaire Muslim al-Shishani). En fait c'est toute l'armée qui devrait être qualifiée d'islamiste puisque le président du parlement turc a parlé de djihad. Et en effet c'est largement du point de vue turc une guerre de religion. Alors que les Kurdes eux, en ont fait une oasis de tolérance - on y trouve des sunnites, des chiites alévis, des chrétiens syriaques, des yézidis, des athées.

Comme au Yémen, le patrimoine archéologique d'Afrin est visé. On parle d'un site hittite de l'Age de fer détruit à 60 % à Ain Dara par les frappes aériennes turques - un geste délibéré qui vise autant l'honneur kurde que celui de l'ensemble des syriens. On dit que l'armée turque utilise de l'agent orange, et des bombes à fragmentations (par exemple à Jinderes le 31 janvier) interdites par la Convention de Genève, comme  l'avaient fait les Occidentaux en Serbie et en Irak, qu'elle tire sur un barrage dans l'espoir qu'il cède pour inonder les villages, que les milices djihadistes à ses  côtés enrôlent de force des enfants de moins de 18 ans de la région comme cela se fait en Afrique et dans toutes les guerres désormais.

Et puis il y a ces femmes héroïques de la YPG (les alliés syriens du PKK) qui après s'être battues contre l'Etat islamique à Raqqa et Deir Ezzor ont rendu l'âme à Afrin en martyres : Avesta Xabur à bout de munitions a balancé se dernières grenades sur la tourelles d'un char d'assaut et sur les djihadistes qui l'encerclaient en se faisant sauter avec eux (les médias appellent ça un attentat suicide, en confondant avec les pratiques offensives des kamikazes, là, l'héroïne s'est juste défendue jusqu'au bout) ou Barîn Kobani qui, elle aussi s'est battue jusqu'au bout, et les djihadistes ivres de rage ont dénudé son buste et coupé ses seins devant une caméra pour en faire une vidéo virale diffusée sur le Net pour les voyeurs en mal de sensations morbides. Et il y a ces volontaires occidentaux, dont on commence à rapatrier les cercueils (j'ai vu le nom d'un jeune Anglais sur Twitter hier.

Combien de victimes ? On ne sait pas. La première question à se poser n'est pas celle de l'ampleur du drame mais celle du problème plus profond qu'il illustre. Et c'est pourquoi ce matin j'écris plus volontiers sur Afrin que sur les autres aspects des drames du Proche-Orient : la question que pose Afrin c'est une nouvelle fois celle de la façon dont l'Occident traite ses supplétifs. En amont de tout il y a le problème de la légitimité d'utiliser des supplétifs : Washington plutôt que d'envoyer ses propres troupes a misé sur les milices kurdes. Moralement il est criminel d'envoyer des peuples mener des guerres par procuration en leur faisant miroiter des promesses intenables. Les Etats-Unis l'ont fait avec les Hmongs au Vietnam, comme nous avec les Harkis pendant la guerre d'Algérie. Il est encore pire, lorsqu'on a décidé d'en faire nos mercenaires, de ne pas les contrôler. Comme le souligne le chercheur Brak Barfi dans L'Orient le Jour, Erdogan avait clairement posé qu'il refuserait de voir les YPG et le PKK implantés en Irak s'installer au delà de l'Euphrate. Or Washington n'a pas pu ou voulu les empêcher de franchir le fleuve... C'était la garantie de les envoyer au casse-pipe.

Aujourd'hui l'Allemagne un peu gênée de voir ses chars combattre à Afrin sous le drapeau d'Erdogan dit suspendre l'assistance militaire avec la Turquie pour l'entretien de ses chars. Un geste bien timide. Le ministre anglais Boris Johnson, lui, trouve une certaine légitimité à l'action turque et personne ne parle de remettre en cause l'aide militaire de Londres à Ankara, pas plus que les contrats militaires français. Les gouvernements occidentaux sous couvert d'appeler hypocritement à la retenue sont bien décidés de laisser tomber leurs supplétifs à Afrin, tout comme ils avaient laissé les Kurdes bien seuls à Kobané. Ils nous ont aidé à liquider l'Etat islamique, aujourd'hui ils peuvent crever. Les Russes eux aussi ont offert Afrin à Erdogan sur un plateau. Mais eux au moins avaient eu la décence d'aller directement au casse-pipe contre l'Etat islamique à Palmyre et à Raqqa, sans instrumentaliser le YPG.

En France officiellement le PCF soutient les Kurdes, mais à la manifestation devant l'assemblée nationale le 24 janvier pour Afrin le seul élu qui ait pris la parole était un sénateur centriste Olivier Léonhardt. Faites pression sur vos députés !

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