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Le blog de Frédéric Delorca

Bill Gates, la dépopulation, le contrôle mental et la CIA

29 Novembre 2018 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Les Stazinis, #Colonialisme-impérialisme, #Avortement

En septembre dernier, j'ai attiré votre attention sur la remise de récompenses de la fondation Bill Gates en marge de l'assemblée générale de l'ONU. Je m'étais demandé pourquoi sa fondation récompensait les yézidis, une Indienne qui s'occupait des menstruations des adolescentes au Royaume-Uni, un spécialiste africain de l'énergie solaire, une enfant DJ sataniste ghanéenne en présence d'Emmanuel Macron etc. Des questions qui ne peuvent recevoir que des débuts de réponse. J'avais signalé aussi les convictions "New Age" de Bill Gates et sur ce que sa fondation doit au millionnaire Warren Buffet qui, lui aussi, aime bien faire des  pyramides avec les mains.

Je me suis un peu penché depuis lors sur ce que disent les conspirationnistes (qui n'ont pas raison sur tout mais ne se trompent pas non plus sur tout) sur l'empire Microsoft. Il y a les quelques propos du gnostique britannique Joe Atwill à ce sujet sur You Tube ici en 38ème minute. Il explique que Microsoft est le prolongement d'IBM dans les plans de la CIA pour contrôler l'esprit des gens. IBM était perçu comme une sorte de "Big Brother". Ils ont construit Apple pour l'opposer à IBM comme ils ont opposé les Rolling Stones aux Beatles (ou, pourrait-on dire, Prince à Michael Jackson), puis Microsoft comme des sortes de ferments de rébellion, un peu comme dans le film de 1984 (rempli de références occultistes) "Revenge of the Nerds" (en français "Les Tronches"). Bill Gates et Steve Jobs seraient de simples acteurs de cette mise en scène. Tout cela pour aboutir à l'I-phone et l'I-Pad (ou le téléphone Android et la TV Samsung) hackés par la CIA (voir les 8 000 pages de fuites de Wikileaks à ce sujet en mars 2017, présentées à l'époque comme aussi importantes que les révélations de Snowden en 2013).

Bill Gates a révélé dans une interview à Bill Moyers le 9 mai 2003 que ses parents William Henry Gates Sr. et Mary Gates étaient des leaders du programme pro-avortement (planned parenthood, qui a prolongé le mouvement eugéniste) dans les années 60 ce qui explique son action dépopulationniste dans le Tiers-monde (il estime que le développement fera diminuer la population, d'où son soutien à la vaccination et aux IVG - le dépopulationnisme a été lancé dans les années 1970 par le Club de Rome, lié au CFR selon"Final Warning" de David Allen Rivera). En 1980, à 25 ans, Gates a été consulté par IBM pour le lancement de ses ordinateurs domestiques. Personne à l'époque dans le milieu informatique assure Joe Atwill ne comprenait pourquoi IBM pouvait céder sa licence à quelqu'un qui ne savait pas coder. A l'époque Gates n'avait même pas de système opérationnel (operating system), qu'il a dû acheter à quelqu'un d'autre. Tout cela est lié à la Silicon Valley et au programme de la CIA MK Ultra affirme Atwill.

Stewart Brand, le père du Whole Earth Catalog qui listait toutes les productions écologiques (que Steve Jobs, le fondateur d’Apple Computers, décrivit comme « une des bibles de ma génération. ») et qui est à l’origine du terme « ordinateur personnel » (P.C.) était un agent du MK Ultra selon David Livingstone. Selon Livingstone, en 1974, Brand écrivit un essai annonçant : "Que nous soyons prêts ou pas, les ordinateurs débarqueront chez les gens" (à vrai dire Livingstone est approximatif sur ce point, l'article est paru dans la revue Rolling Stones du 7 décembre 1972 et non pas 1974, et la phrase "Ready or not, computers are coming to the people" est juste la première de l'article et non pas le titre, qui est "Spacewar" - voir ici). Il travaillait avec Ken Kesey le père des Merry Pranksters (joyeux lurons) à l'origine du mouvement hippie, alors que la CIA faisait des expériences d'extensions de la connaissance sous LSD.

Le lien entre écologie et dépopulationnisme : selon les environnementalistes il faut soulager la planète du poids de l'exploitation humaine - même un rejeton des Rothschild a créé une association prônant cela, on y reviendra un jour. Mais les ordinateurs ?

Tout cela se rattache peu ou prou au transhumanisme porté par le groupe Cybernetics, comme l'explique Livingstone dans son livre" Transhumanism" sorti en 2015. Il ne faut pas seulement débarrasser la planète de sa surpopulation (ses pauvres), mais aussi créer une élite de seigneurs très performants physiquement et intellectuellement capable de contôler complètement une caste de demi-serfs à la manière du roman "Le Meilleur des mondes". C'est un projet occulte, enraciné dans le rosicrucianisme et la franc-maçonnerie, et dérivé de la Kabbale, qui affirme que l’humanité évolue intellectuellement vers un point où l’homme deviendra Dieu. S'appuyant sur la légende médiévale du Golem et de Frankenstein, ils croient que l'homme sera capable de créer la vie elle-même, sous forme de machines vivantes ou d'intelligence artificielle. grâce à l'utilisation de «drogues intelligentes» et de ce que les transhumanistes appellent «téléchargement d'esprit», l'homme pourra fusionner avec Internet, qui est envisagé comme le point final de l'évolution kabbalistique. formation d'une conscience collective, ou cerveau global. Ce moment attendu est ce que Ray Kurzweil, directeur de l’ingénierie chez Google, appelle The Singularity (la singularité) un thème relayé à la TV par son disciple Jason Silva  (lequel d'ailleurs cite souvent le prêtre français Teilhard de Chardin, qu'avait préfacé le frère d'Aldous Huxley, l'auteur du "Meilleur des mondes" dont la famille était liée à l'eugénisme, et dont le grand-père était un des fondateurs du groupe de la Table ronde à l'origine du Council on Foreign relations-CFR, il serait très long d'expliciter toutes ces références qui se renvoient les unes aux autres).

Steve Blank, professeur à Stanford, Colombia et Berkeley, qui y a travaillé pendant 30 ans a, le 18 décembre 2007 dans une conférence au Google TechTalks intitulée ""The secret history of Silicon Valley: How Stanford and the CIA built the Valley", montré que toute la Silicon Valley est un produit de la CIA. Le professeur Frederick Terman, en 1946 , après avoir dirigé un laboratoire  de guerre électronique comprenant 800 employés à Harvard, est retourné à Stanford en tant que doyen de l'école d'ingénierie. Son objectif de Terman était de faire du département de génie électrique de Stanford un centre d'excellence axé sur les micro-ondes et l'électronique. Ayant déjà assemblé un des laboratoires électroniques les plus avancés de la Seconde Guerre mondiale, Terman était l'un des rares universitaires à pouvoir le faire. Il a utilisé ses contacts militaires pour obtenir un financement pour le laboratoire auprès de l'Office de la recherche navale, de la Force aérienne et du Corps des transmissions de l'armée. En 1947, l'armée américaine finançait la moitié du budget de l'école d'ingénieurs de Stanford. La CIA avec son programme de guerre électronique a poursuivi dans cette voie. Puis Terman poussa les étudiants de Stanford à développer leur business dans la Silicon Valley.

Le cordon ombilical avec la CIA et le complexe militaro-industriel n'est pas près d'être coupé.

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Deux versions des faits sur l'incident maritime russo-ukrainien de dimanche

27 Novembre 2018 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

Le 22 novembre  le Daily Star (journal britannique) annonçait que l'ancien lieutenant-général ukrainien Igor Romanenko alertait l'opinion sur le risque que le blocage des navires ukrainiens par la flotte russe en Mer d'Azov pourrait inciter l'Occident à imposer de nouvelles sanctions à la Russie, ce qui pourrait avoir des conséquences dévastatrices.

Le 24 novembre selon le FSB (la sécurité fédérale russe), les gardes-côtes russes ont détecté deux navires de la Marine ukrainienne, à savoir le Gorlovka et le Iany Kapu, dans la zone économique exclusive russe à 16h40 heure de Moscou.

À 21h30, les gardes-côtes ont informé les navires ukrainiens s’approchant de la frontière russe de la procédure de franchissement. Le FSB a rappelé qu’il était nécessaire de déposer une demande pour traverser la frontière, mais les commandants ont répété que cela ne faisait pas partie de leur projet.

Ensuite, à 22h23, les garde-côtes ont prévenu les bâtiments de la fermeture de la zone dans les eaux russes à l’approche du détroit de Kertch depuis la mer Noire.

Pourtant, le lendemain à 3h45, les navires le Nikopol et le Berdiansk sont entrés dans les eaux où se trouvaient deux autres bâtiments, le Gorlovka et le Iany Kapu. D’après le FSB, ils ont pénétré dans les eaux territoriales russes sur l’ordre des autorités ukrainiennes.

À 8h35, les navires ukrainiens ont été mis en état d’alerte. Ils ont découvert leurs installations d'artillerie, leurs armes ont été montées à 45 degrés et dirigées vers les navires russes.

Les gardes-côtes ont mis en garde les commandants des bâtiments qu’en cas d'utilisation d'armes la situation serait considérée comme une violation du droit international et de la législation russe.

À 18h30, les bâtiments ukrainiens ont essayé de franchir le blocus. Les navires russes les ont avertis que s’ils continuaient à avancer, des tirs d’avertissement pourraient se produire.

À 20h45, le navire russe Izoumroud a tiré en direction de trois navires ukrainiens. Le feu a été ouvert d'une distance à laquelle ils pouvaient voir qu'il s'agissait d'un tir d'avertissement.

En dépit de ce fait, les navires ukrainiens ont continué à se déplacer en direction de la frontière russe.

À 20h50, le navire russe a signalé au bâtiment Berdyansk que s'il continuait à ignorer les avertissements il ouvrirait le feu pour tuer. Ce qui fut fait cinq minutes plus tard. Trois marins militaires ont été blessés. Trois navires ukrainiens ont été arraisonnés. Des militaires ukrainiens ont été arrêtés

Selon les autorités russes l'opération aurait été montée par le régime de Kiev pour empêcher le tenue d'élections présidentielles en Ukraine le 31 mars. Moscou rappelle que les eaux territoriales en cause étaient déjà russes avant l'annexion de la Crimée.

La version des faits présentée par les Occidentaux (voir le magazine Le Point en ligne article du 27 novembre) est que les trois bâtiments ukrainiens arraisonnés venaient d'Odessa et prévoyaient de rejoindre Marioupol, autre port ukrainien. Bloqués sous le pont de 19 km, à la jonction de la mer Noire et de la mer d'Azov, ils auraient reçu le message : « On a ordre de vous foncer dessus ». Une bataille navale s'est "engagée alors entre les frères ennemis". Dans la confusion, deux bateaux russes sont entrés en collision.

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La guerre continue près d'Alep, les médecins cubains doivent quitter le Brésil, la France arme toujours Ryad

25 Novembre 2018 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous, #Colonialisme-impérialisme, #Revue de presse, #Débats chez les "résistants", #Proche-Orient

Des nouvelles du monde réel  :

L'humanitaire Pierre Le Corf sur Facebook écrit d'Alep (dont les faubourgs sont toujours attaqués à l'arme chimique par les djihadistes armés par l'Occident) : " Quatre quartiers ont été bombardés avec des roquettes contenant des armes chimiques, de la chlorine ... c'est difficile, beaucoup de gens qui suffoquent ... ça me brûle le nez même en portant un masque ... pendant la bataille ils nous bombardaient avec des bouteilles de gaz roquettes à la chlorine mais évidemment ça à été effacé, les gens effacés, la vérité effacée... même les rapports officiels des Nations Unies mentent grossièrement ... ici les gens crèvent gratuitement. Si on était à Idleb tout de suite ce serait la une des médias et les bateaux de guerre seraient déjà en route pour nous pilonner comme ces deux dernières années sur des mensonges... qu'est ce qui va arriver maintenant dans les mois qui viennent? Qu'est ce qui nous attends .... ?? des mensonges et encore des mensonges, de la mort et de la violence ".

Au Brésil en 2013 Dilma Rousseff avait signé sous l'égide de l'OMS un accord avec Cuba pour que des médecins de l'île puissent soigner les pauvres du pays, le programme "Mais Medicos" (plus de médecins) dans le cadre duquel 113 millions de pauvres ont été soignés dont beaucoup voyaient un médecin pour la première fois. Il aurait ainsi évité 500 000 hospitalisations. Les médiais pro-cubains font valoir que le nouveau président de droite  Jair Bolsonaro s'est répandu en déclarations contre ces médecins cubains et a exigé qu'ils signent des contrats en bonne et due forme, et fassent valider leurs diplômes par l'Etat brésiliens (car leur régime était dérogatoire de celui des autres médecins étrangers), ce qui a persuadé la Havane de mettre fin, le 14 novembre, à la coopération médicale entre les deux pays. A la lecture de la presse brésilienne ont apprend que le principal argument du président brésilien était la volonté de protéger les médecins cubains contre leur propre gouvernement : il estimait en effet que le gouvernement communiste les plaçait en "semi-servage" en confisquant leurs salaires (une bourse versée par le gouvernement brésilien dont La Havane ne reverse qu'un quart aux praticiens) et en brisant leurs familles puisque beaucoup de médecins cubains n'avaient pas revu leurs époux/épouses ou leurs enfants depuis plus d'un an. Des vols charters ont commencé à ramener chez eux les 8 300 médecins cubains, que le Brésil ne pourra probablement pas tous remplacer. Déjà en 2017 le ministère de la santé avait lancé un concours pour recruter des Brésiliens dans le cadre de ce programme. Plus de 6 000 personnes avaient été sélectionnées pour 2 320 postes vacants, mais seulement 1 626 avaient été retenues et 30 % avaient quitté leur poste avant un an de service.

Premier effet de l'élection de Bolsonaro sur le sort des plus démunis. Le nouveau président promet d'y pallier par des recrutements locaux. A voir...

Pour finir voici la liste des pays qui livrent encore des armes aux Saoudiens pour affamer les Yéménites : Etats-Unis, Canada, France, Royaume-Uni, Espagne, Serbie, Géorgie, Turquie, Chine, Afrique du Sud.

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Gilets jaunes : les chiens de garde sont lâchés

22 Novembre 2018 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Les régimes populistes, #Peuples d'Europe et UE, #La gauche, #Revue de presse

L'amusant ministre de l'intérieur M. Castaner qui, dans sa jeunesse, se rêvait en chanteur de hard rock et était proche du bandit Christian Oraison, mais lui préfère maintenant le gang du groupe de Bilderberg, insulte les "gilets jaunes" qu'il accuse d'être coupables de la mort de deux personnes lors de leur premier weekend d'action. Le président de l'assemblée nationale M. Ferrand a la main leste contre le député Jean Lassalle, l'esprit totalitaire des macroniens dans l'hémicycle est bien connu.

Les grands médias façon BFM TV font tout pour casser le mouvement : "ils mettent en cause la sécurité publique", s'écrient-ils, "ce sont des fachos qui forcent les conductrices musulmanes à se dévoiler et sortent de force les sans-papiers des camions", "ils n'ont rien compris à l'écologie", "ce sont des ploucs", "ils nous préparent un nouveau Mouvement Cinq étoiles" (Ruth Elkrief face à Ruffin), "c'est le 6 février 1934" (encore Ruth Elkrief face à Ruffin)... "Give me a break" (lâchez moi les baskets) comme diraient nos amis d'Outre-Atlantique.

Avec eux il ne faudrait jamais protester contre rien, et simplement attendre, à chaque fois, cinq ans pour choisir entre Hollande et Juppé ou entre Pécresse et Sapin... Give me a break !

Bien sûr qu'aucun mouvement populaire n'est jamais complètement "pur". Lisez les Carnets du Front populaire de Malraux. Il y explique son malaise de voir des relents xénophobes dans la revendication de la préférence nationale qu'on entend à tous les coins de rue à l'époque, même parmi les grévistes. Ce n'est pas pour autant qu'il faut museler le peuple. Les médias sont prêts à tout pour décourager les Français de manifester. Même les menaces de Daech sont relayés par eux pour les faire rester auprès de leur radiateur électrique (bien commode Daech, hein ?). Leur article qui tentait de nous faire pleurer sur les pauvres pigistes de BFM sommés de rentrer chez eux m'a bien amusé. J'ai eu affaire cet été à une pigiste de Libé aussi arrogante que ses patrons. Tel maître tel chien (de garde - expression de Nizan reprise par Halimi). Qui n'a jamais essayé d'être gentil avec un pigiste ou un journaliste professionnel pour ensuite voir ses propos totalement déformés dans un de leurs torchons ? Je reconnais aux "Gilets jaune" le droit de mépriser la grande presse à tous les échelons de sa hiérarchie.

Mais bon, il ne fait aucun doute que, vu la dérive totalitaire du régime actuel, on sera bientôt emprisonnés pour oser écrire ce genre de chose, coupable de "fake news", d' "incitation à la haine", "atteinte à l'ordre public". Violence contre violence, voilà ce qu'ils veulent : violence contre les gens ordinaires, et contre ceux qui essaient de porter leur parole dans l'espace public, pour ensuite pousser toujours plus les gens dans la frustration, le sentiment d'incompréhension, acculer les gens à la faute et à l'insurrection désordonnée, pour toujours plus violemment les réprimer au nom de la protection des moutons soumis. Macron, Obama, Clinton, Merkel, sous leurs dehors placides et proprets sont les serviteurs d'un système orwellien abrutissant et vulgaire, d'une cruauté infinie. Voilà à quelle folie mène le règne des bons sentiments instauré par nos grands banquiers. "Que mille jacqueries fleurissent dans le monde pour que nous puissions toujours plus raffiner nos techniques de propagande et de répression", telle semble être leur devise. C'est une machinerie infernale. Désolé messieurs et mesdames, pour ma part je ne serai pas du côté du manche.

 

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Les messages de Q décryptés par Dave Hayes en juin dernier : vérités ou écrans de fumée ?

17 Novembre 2018 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Christianisme, #Débats chez les "résistants", #Les régimes populistes, #Les Stazinis, #Colonialisme-impérialisme, #Donald Trump, #Barack Obama

Le 9 mai 2018, je vous ai parlé pour la première fois du groupe Q ou Qanon, des anonymes ou un anonyme visiblement haut placés dans la hiérarchie administrative américaine et qui diffusaient sur le réseau non censuré 4chan puis sur 8chan des informations contre le Deep State (Etat profond) américain, de sorte qu'ils étaient suivis de très près par l'électorat conservateurs de Trump, et notamment des conspirationnistes qui se réclament de la communauté de la vérité (truth community) contre les grands médias (et leurs clients "antifa") pour qui conspirationnisme est un gros mot.

J'avais cité Titus Frost 1984, un Youtubeur dont la chaîne a été fermée depuis lors. Tout en en mettant en garde contre le risque d'accorder trop de crédit aux propos de ce jeune homme "placidement délivrés au volant de sa voiture" (mais beaucoup de youtubeurs n'ont pas le temps de livrer des informations autrement qu'au volant de leur voiture car ils travaillent le reste du temps), j'avais rapporté sa thèse selon laquelle ce groupe Q a été organisé par les trois fondateurs du site d'énigmes mathématiques Cicada 3301  (Bruce C. Clark Jr,dir adjoint de la CIA de 1979 à 1981, mort en 2017, Ian Murdock pilier du logiciel libre probablement tué selon Titus Frost par le département de San Francisco en décembre 2015 à 42 ans, et un compositeur de musique Thomas Schenerger, un type qui a mémorisé toutes les musiques de Mozart, il est responsable de Sophia Musik portail gnostique - ce groupe est lié à la franc-maçonnerie : cicada, la cigale, est un symbole mérovingien, 3301 serait une référece au 33e grade). Ce site aurait servi de recrutement pour les White Hats, des experts en sécurité informatique qui réalise des tests d'intrusion. Puis ces gens  auraient délibérément laissé Qanon être détourné par le clan de Jared Kushner (le gendre de Trump). Encore une fois j'ignore ce que valent les affirmations de ce Titofrost.

Voici un autre membre de la "truth community" dont je voudrais vous parler aujourd'hui qui a un vécu intéressant : c'est un athée converti sur le tard au christianisme (comme beaucoup) qui assume un ministère de prédication et de guérison (PrayingMedic). Il s'appelle Dave Hayes, et raconte qu'à travers ses rêves il a été inspiré à suivre les textes de Q (qui sont des messages codés le plus souvent), parce qu'il lui était révélé que l'enjeu des messages de Q était le trafic d'enfants (thème important pour les chrétiens américains à cause entre autre du lien entre pédophilie et occultisme), ce qui l'a obligé à s'y consacrer 70 heures par semaine et laisser de côté les livres sur la guérison et sur les rêves qu'il avait prévu d'écrire.

Dans l'interview de juin dernier ci dessous, il récapitule une certaine chronologie. Il précise que lors de sa première semaine d'envoi de messages, Q a fait savoir sur 4chan, début novembre 2017, que Hillary Clinton, Podesta (le chef de campagne de Clinton), Huma Abedin (la bras droit d'H. Clinton liée aux Saoudiens) seraient arrêtés le 4 novembre 2017 en donnant l'heure de leur arrestation. Mais ça ne s'est pas passé. Le 4 novembre 2017 à 18h, Q a commencé à parler de l'Arabie Saoudite en disant : suivez HUMA -  l'Harvard University Muslim Association qui avait reçu 20 millions de dollars en 2005 du prince saoudien Al Walid ben Talal qui servirait d'intermédiaire entre la fondation Clinton et l'Arabie Saoudite. Qanon posait des questions sur la piste saoudienne, celle du Pakistan, l'éventuel remboursement d'H. Clinton après sa défaite, le versement clandestin d'argent d'Obama à l'Iran, le rapport avec la Corée du Nord, avec l'Etat islamique, les rapports de force internes à l'Arabie saoudite.  Cela se serait passé le jour même de l'arrestation prévue d'H. Clinton et ses acolytes. Le 5 novembre, le prince Al Walid Ben Talal était arrêté à Riyad.

Selon Dave Hayes, il y a un rapport entre le post de Q le 4 novembre et l'arrestation le lendemain du prince qui finance le terrorisme. Notez bien que Dave Hayes ici se trompe. Le post "Huma" est du 2 novembre, pas du 4, et l'arrestation du prince date du 4, je ne sais pas si cette erreur invalide toute la thèse de Hayes.

Q aurait fourni une fausse information sur l'arrestation de Clinton, pour détourner l'attention pendant qu'une opération de nettoyage des mafieux liés aux démocrates s'effectuait à Riyad.

Q (qui serait lié aux militaires) aurait averti depuis le début que les militaires américains étaient sur le point d'organiser un coup d'Etat contre les démocrates. Mais ils ont préféré recruter Trump à leur service pour mettre fin aux guerres d'ingérence pour nettoyer les écuries d'Augias.

Q aurait été très fiable sur la Corée du Nord. En novembre quand Trump s'est rendu en Asie, du 9 au 17 novembre, comme son service de com publiait sur Twitter une photo du président regardant le hublot de l'avion avec la mention "merci l'Asie" (thank you Asia), Q postait "qu'y a t il en dessous ?". Un anonyme répondit "la Corée du Nord ?". Certains ont pu se demander si Trump avait rencontré Kim Jong Un en secret. Le 8 mars 2018, la discussion à repris. Q a posté "Merci Kim, accord conclu, clowns sortis, ficelles coupées, nous avons pris le contrôle, au tour de l'Iran" (Thank you Kim.Deal made.Clowns out.Strings cut.We took control.Iran next).

Selon Dave Hayes, cela signifie que les liens de la CIA en Corée du Nord ont été coupés grâce à l'accord avec Kim Jong Un. L'accord remontait à novembre dit Q, et Q poste en réponse à ceux qui l'interrogent à ce sujet "merci la Cité interdite". Trump y aurait rencontré Kim (c'était la première fois qu'un président américain entrait dans cette cité impériale à Pékin). Selon Hayes, la Corée du Nord, comme l'Afghanistan était un vaste espace de trafic d'opium et d'enfants bénéficiant à la CIA, comme l'Iran...

Pour Hayes Trump est le seul président depuis Kennedy à part Reagan à ne pas être entre les mains de la CIA. Obama lui-même a effectué après ses années de lycée de 1981 à 1984 a été formé par les hommes de la CIA sur ordre de Zbigniew Brzezinski au Pakistan.

La NSA (national security agency) dirigée par le Gal Nakasone est contrôlée par les militaires. Ils ont copie de toutes les discussions électroniques. Ils sont en compétition avec la CIA. Celle-ci normalement n'a des missions que vers l'étranger (et la NSA est tournée vers l'intérieur) mais la CIA sous la direction de Brennan notamment a des visées aussi sur l'intérieur. La NSA essaie de limiter la corruption de la CIA. Il y a eu des morts dans cette guerre entre services d'espionnage.

Q a suggéré que Snowden était un homme de la CIA et, ayant bénéficié d'un contrat à la NSA, a eu accès à leurs infos et les a fuitées pour discréditer la NSA (min 48). L'amiral Rogers à la tête de la NSA jusqu'en juin 2018 a fait beaucoup pour révéler les coups bas de la CIA à Trump et sans lui Clinton serait au pouvoir aujourd'hui.

En 2019 beaucoup de gens vont être arrêtés. La moitié du congrès va démissionner ou être arrêté. Beaucoup de gens du Département d'Etat, Barack Obama, Susan Rice (sa conseillère de sécurité) etc.  Si l'accusation est la trahison ils iront devant des tribunaux militaires, sinon ce seront des tribunaux civils. Q essaie de préparer les gens à ça.

En mai 2018 Q annonçait un accord de dénucléarisation de l'Iran et des arrestations avant le défilé militaire du 11 novembre (jour des anciens combattants) à Washington (notez que ça ne s'est pas passé et que Trump a fait son 11 novembre à Paris).

En ce qui concerne la Russie, Q a parlé du scandale des livraisons d'uranium par Obama (20 % des réserves vers la Russie) en allant plus loin que les débats habituels des  conservateurs.  Le transfert est sorti clandestinement déjà enrichi vers la Russie puis vers la Syrie. En mai Netanyahou aurait révélé que l'Iran poursuivait son programme nucléaire grâce à l'uranium clandestinement exporté par Obama via la Russie. Une centaine d'agents du Mossad l'auraient vérifié, et l'Iran aurait même développé un micro-programme militaire nucléaire au nord de la Syrie. Le but d'Obama dans l'opération était de provoquer une troisième guerre mondiale, parce que la Russie et les Etats-Unis sont les deux principaux obstacles à un gouvernement global. Hillary Clinton l'avait même avoué en disant qu'elle instaurerait une zone exclusion aérienne sur la Syrie ce qui impliquait d'abattre des avions militaires russes basés à Tartous.

Q a peu parlé de l'Afghanistan. Elle a seulement parlé de tout le nettoyage de la corruption liée à la CIA qui se passerait sur tous les continents (trafics humains, trafics de stupéfiants etc). Sur le Mexique il a souligné le lien entre la Fondation Clinton, Long Beach et la frontière mexicaine (notamment les trafics en Californie). La frontière est aussi un enjeu pour les trafics du Deep State américain (CIA, Département d'Etat etc) avec les mafias mexicaines.

En mai Q a aussi annoncé une réforme de la Réserve fédérale pour revenir à l'étalon-or (gold standard). Sur le programme spatial a été corrompu par la CIA. Trump a recentré les missions de la NASA sur l'exploration de l'espace, et cela fait partie du nettoyage général des structures militaires et civiles américaines. Sur le plan économique Q a posé des questions sur les morts suspectes de médecins et chercheurs dont les recherches allaient à l'encontre des grands laboratoires pharmaceutiques ("Big Pharma"), sachant que laisser proliférer des maladies qui pourraient être traitées autrement était plus profitable. Cela fait partie du plan pour laisser les gens dans leur maladie, comme les OGM. 

On peut supposer que le propos de ce M. Hayes reflète fidèlement (à quelques détails près qu'on vient de citer) les posts de Q. Le groupe Q est-il toujours bien informé ? On a vu que ses prédictions sur les arrestations ont été erronées. En tout cas son analyse selon laquelle la CIA tirait profit de certaines complicités au sein du régime nord-coréen, et du gouvernement iranien, tout comme elle en avait en Arabie saoudite en la personne d' Al Walid ben Talal et Trump y mettrait bon ordre par des négociations bilatérales, tout comme il recadre en interne la CIA avec l'aide de la NSA et des militaires, est intéressante. Il me semble que ces gens se trompent sur l'Iran qui représente un enjeu idéologique spécifique lié à Israël (d'ailleurs Hayes parle fort peu d'Israël). Il y a peut-être un biais politique fondamental dans tout cela qu'avait repéré Tito Frost quand il évoquait la récupération du groupe Q par Jared Kushner. Q serait-il encore, sur certains points au moins, un autre écran de fumée (destiné à l'opinion publique conservatrice américaine) en sus de tous les autres ?

Affaire à suivre.

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Gilets jaunes

16 Novembre 2018 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Peuples d'Europe et UE

J'ai de la sympathie pour les "gilets jaunes", comme pour tout ce qui est périphérique et méprisé par les médias. En outre je n'adhère pas aux aberrations écologistes à la mode comme la réintroduction des ours et des loups en France ou la destruction de nos paysages par des éoliennes. Le réchauffement climatique n'est que très partiellement le fruit de l'activité humaine, l'Agenda 21 et toute la reconversion énergétique servent en réalité un tout autre objectif que la lutte contre le réchauffement climatique : l'inféodation de l'humanité au culte de la Nature, sa culpabilisation et l'application du malthusianisme sous la férule d'un gouvernement mondial. L'augmentation des taxes sur le carburant pour financer la reconversion écologique fait partie de cet agenda. Les "gilets jaunes" ont raison de s'y opposer.

 

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En Tanzanie un tour de vis moral contre les stars américanisées, comme contre les capitalistes

14 Novembre 2018 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Colonialisme-impérialisme, #Les rapports hommes-femmes, #La gauche, #Débats chez les "résistants", #Grundlegung zur Metaphysik, #George Soros

Il y a dix jours en Tanzanie la star (prostituée, à la manière des filles Kardashian) Amber Rutty a dû comparaître devant un tribunal pour après avoir été filmée en train d'avoir des relations sexuelles avec deux hommes. En vertu des lois tanzaniennes interdisant le sexe anal, Amber Rutty, de son vrai nom Rutfiya Abubakari, risque jusqu'à 30 ans de prison ou la perpétuité si elle est déclarée coupable du crime.

Amber Rutty multiplie les signes occultistes, dans un clip "kidogo" sorti en septembre 2018 (avec Davil, jeu de mot avec le "devil" diable, ce Davil est un enfant devant lequel elle prend des poses suggestives, le message pédophile est évident) elle s'affiche en 4e seconde avec des lunettes qui cachent son oeil gauche, sort la langue du serpent, en minute 1,01, le signe de a main avec deux doigts sur fond noir et blanc maçonnique.

Nous avions mentionné que l'imaginaire illuminati (sataniste) - et probablement les pratiques terribles qui vont avec - avait le vent en poupe en Afrique à l'occasion d'une remise de prix à New York par la fondation Bill Gates à une jeune DJ ghanéenne DJ Switch aux côtés de laquelle Emmanuel Macron s'est pavané en septembre .

Jusqu'ici c'étaient plutôt les stars masculines africaines qui faisaient ce genre de sex tape - voir celle du DJ Crème, sur ce site qui fait de la pub pour un bar à serveuses nues de Nairobi, pour la petite histoire DJ Crème, un dj kenyan à succès avait été accusé d'être un illuminati à cause de sa signature en triangle, ce qu'il a démenti, mais au vu de photos comme celles-ci, le démenti ne convainc personne). Ce genre de coutume va avec l'apologie de l'argent facile, de l'escroquerie, de la consommation et de l'hédonisme égoïste.

Le gouvernement tanzanien a aussi interdit de tournage au pays l'actrice Wema Sepetu (la miss Tanzanie de 2006, une autre adepte du noir et blanc, elle sort avec l'illuminati Diamond Platnumtz, un ami de Kanye West) après qu'elle eut publié une vidéo où elle embrassait son petit ami en octobre alors qu'elle aussi s'apprêtait à publier une sex tape.

La jeune vice-ministre tanzanienne de la culture Juliana Shonza - voir photo ci joint - , militante du parti Chama Cha Mapinduzi (Parti de la révolution, l'ancien parti de Julius Nyere) a annoncé des poursuites contre cette actrice. Cette dernière avait aussi été condamnée à un an de prison pour détention de drogue.

Le gouvernement tanzanien travaille avec le soutien du Conseil chrétien de Tanzanie et la Conférence épiscopale tanzanienne, ce qui lui vaut d'être un des pays-cibles de George Soros (qui contrôle les tours de diffusion téléphoniques du pays) sur les questions dites "sociétales". Il y a cinq jours deux activistes étrangères Angela Quintal et Muthoki Mumo du Comité de protection des journalistes (Committee to protect journalists) ont subi une brève interpellation. Ce comité est identifié par le Media Research Center comme une créature  de Soros.

Le président Magufuli (qui était un outsider au sein du parti de la Révolution, et par ailleurs ex ministre des infrastructures à la réputation d'incorruptible)  a parallèlement sur le plan économique des tendances socialisantes qui le poussent à aller contre la liberté du marché au profit des paysans : par exemple ce mois-ci il a fait acheter toute la production de noix de cajou de son pays pour que les producteurs puissent profiter d'un doublement des prix dans un contexte de chute des cours, au grand dam des négociants qui servent d'habitude d'intermédaires pour ces produits - une politique qui lui vaut les foudres de "The economist", le magazine néolibéral des Rothschild. Ne vous étonnez donc pas si se développe prochainement une campagne de presse internationale contre le gouvernement tanzanien, comme il y en eut contre le Burundi en 2015, d'autant que l'enjeu géopolitique de la construction de la liaison ferroviaire Grands Lacs-Dar es Salam est à l'arrière-plan.

Au fait, croyez vous qu'un jour dans une France sortie de l'Union européenne les pouvoirs publics achèteront les produits des petits paysans pour défendre les cours du pétrole, et interdiront Poppy et Ariana Grande sur le Net pour remettre la jeunesse dans le chemin du travail et du dévouement au bien commun ?

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Simone Ehivet Gbagbo cite le Psaume 37 et le Psaume 37

13 Novembre 2018 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Christianisme

Le témoignage de la femme de l'ex-président Gbagbo. Pas très rigoureux sur le plan biblique car elle considère que tous les êtres sont enfants de Dieu, là où le Nouveau Testament précise que seule la foi rend enfant de Dieu... Quant à l'authenticité à de son dialogue avec le Créateur...

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L'ambassade équatorienne inflige un traitement inhumain à Julian Assange

13 Novembre 2018 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Colonialisme-impérialisme

Voici un appel lancé par la mère du fondateur de Wikileaks (traduit par Victor Dedaj à partir de la transcription d’un document sonore):

 

"Ceci n’est pas un exercice. C’est une urgence. La vie de mon fils, le journaliste Julian Assange, est en danger imminent et grave. Je vous remercie tous d’entendre l’appel d’une mère qui vous demande de l’aider à le sauver.

Bien que Julian soit un journaliste primé à maintes reprises, très aimé et respecté pour avoir courageusement dénoncé, dans l’intérêt du public, des crimes graves et la corruption à haut niveau, il est actuellement seul, malade, souffrant et réduit au silence et à l’isolement, coupé de tout contact et torturé au cœur de Londres. La prison moderne des prisonniers politiques n’est plus la Tour de Londres mais l’Ambassade d’Equateur.

Voici les faits : Julian est détenu depuis près de huit ans sans inculpation. Vous avez bien lu : sans inculpation.

Au cours des six dernières années, le gouvernement britannique a refusé ses demandes d’accès aux soins de santé de base : air frais, exercice, soleil pour la vitamine D et accès à des soins médicaux et dentaires appropriés. En conséquence, sa santé s’est sérieusement détériorée et les médecins qui l’examinent mettent en garde contre ces conditions de détention qui mettent sa vie en danger. Un assassinat lent et cruel se déroule sous nos yeux à l’ambassade de Londres.

En 2016, après une enquête approfondie, les Nations Unies ont estimé que les droits de Julian avaient été violés à plusieurs reprises, qu’il était détenu illégalement depuis 2010, et ont ordonné sa libération immédiate, un sauf-conduit et son indemnisation. Le gouvernement britannique a refusé de se conformer à la décision de l’ONU.

Le gouvernement américain a déclaré que l’arrestation de Julian était une priorité. Ils veulent contourner la protection des journalistes américains en vertu de leur Premier Amendement [de la Constitution US] en l’accusant d’espionnage. Ils ne reculeront devant rien pour le faire.

En raison de la menace que les États-Unis font peser sur l’Équateur, son droit d’asile est maintenant directement menacé. Les pressions exercées par les États-Unis sur le nouveau président équatorien ont conduit Julian à être placé en isolement cellulaire strict et sévère au cours des sept derniers mois. Privé de tout contact avec sa famille et ses amis. Seuls ses avocats peuvent lui rendre visite.

Il y a deux semaines, la situation s’est considérablement aggravée. L’ancien président de l’Équateur, Rafael Correa, qui a légitimement accordé à Julian l’asile politique devant les menaces américaines contre sa vie et sa liberté, a publiquement averti que lorsque le vice-président américain Mike Pence s’est récemment rendu en Équateur, un accord a été conclu pour livrer Julian aux États-Unis. Il a déclaré que parce que le coût politique d’une expulsion de Julian était trop élevé, le plan consiste à le briser mentalement. Un nouvel ensemble de règles et de protocoles inhumains, impossibles à mettre en œuvre, a été mis en place à l’ambassade pour le torturer au point de le faire craquer et le forcer à partir.

En même temps, un membre du gouvernement équatorien a tenté à plusieurs reprises d’annuler la citoyenneté équatorienne [de Julian] afin qu’il puisse être extradé directement vers les États-Unis.

Alors que ses avocats contestaient cette dernière violation de ses droits humains en vertu de la Constitution équatorienne, l’avocat du gouvernement a averti Julian que même son témoignage décrivant ses souffrances pourrait constituer une violation du nouveau protocole et un motif d’expulsion de l’ambassade. Ils lui ont refusé la visite de ses avocats pendant quatre jours, avant l’audience de lundi prochain, ce qui compromet la préparation de son dossier et accroît encore son isolement, son anxiété et son stress.

Ils sont en train de piéger mon fils pour avoir une excuse pour le livrer aux États-Unis, où il fera l’objet d’un simulacre de procès.

Au cours des huit dernières années, il n’a pas eu accès à un processus juridique approprié. A chaque étape, c’est l’injustice qui a prévalu, avec un énorme déni de justice. Il n’y a aucune raison de penser qu’il en sera autrement à l’avenir. Le grand jury américain qui produit le mandat d’extradition se tient en secret, a quatre procureurs mais pas de défense ni de juge.

Le traité d’extradition entre le Royaume-Uni et les États-Unis permet au Royaume-Uni d’extrader Julian vers les États-Unis sans qu’il y ait de preuve prima facie. Une fois aux États-Unis, la National Defense Authorization Act permet la détention illimitée sans procès. Julian risque d’être emprisonné à Guantánamo Bay et torturé, d’être condamné à 45 ans de prison de haute sécurité, ou la peine de mort.

Mon fils est en danger critique à cause d’une persécution brutale et politique par les tyrans au pouvoir dont il a courageusement dénoncé les crimes et la corruption quand il était rédacteur en chef de WikiLeaks. Les entités corrompues qui, au gouvernement, parlent d’intimidation, de fausses nouvelles et de droits humains sont les mêmes brutes qui poussent mon fils à la mort.

Il semblerait que le journalisme courageux, honnête et primé à plusieurs reprises soit devenu une activité dangereuse.

Les voies légales ont été subverties, et il est donc peu probable qu’elles puissent le sauver.

Parce qu’il s’agit d’une persécution politique transnationale par une superpuissance sauvage en collusion avec ses alliés, sauver Julian nécessite l’indignation des peuples du monde.

Je vous demande de faire du bruit, beaucoup de bruit, et de continuer à en faire jusqu’à ce que mon fils soit libéré. Nous devons protester contre cette brutalité assourdissante.

J’en appelle à tous les journalistes pour qu’ils se dressent, parce qu’il est votre collègue - et parce que vous serez les prochains.

J’en appelle à tous les politiciens qui disent qu’ils sont entrés au Parlement pour servir le peuple, pour qu’ils se dressent maintenant.

J’en appelle à tous les activistes qui soutiennent les droits de l’homme, les réfugiés, l’environnement, et qui sont contre la guerre, à se dresser maintenant parce que WikiLeaks a servi les causes que vous défendez, et Julian souffre maintenant pour cela, à vos côtés.

J’en appelle à tous les citoyens attachés à la liberté, à la démocratie et à la justice, à mettre de côté leurs divergences politiques et à s’unir et à se mobiliser maintenant.

La plupart d’entre nous n’ont pas le courage des lanceurs d’alerte, ni des journalistes comme Julian Assange qui les publient, afin que nous soyons informés et avertis des abus de pouvoir. Mais nous pouvons nous mobiliser en masse et les protéger.

Tout au long de l’histoire, lorsque les abus de pouvoir sont devenus insupportables pour le peuple, celui-ci s’est uni et s’est levé pour les faire cesser.

Le moment est venu de dire « ça suffit ! Nous, les gens, ne resterons pas les bras croisés et ne regarderons pas mourir ce courageux journaliste."

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L'occultisme et l'extrême droite

12 Novembre 2018 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Débats chez les "résistants", #Grundlegung zur Metaphysik, #Christianisme, #Le quotidien, #La droite

En novembre 2014 quand j'ai publié une vidéo sur une médium New Age corse fumeuse pour me moquer d'elle, un courageux anonyme partisan d'auteurs d'extrême droite a posté un long commentaire méprisant dans lequel il montrait qu'il suivait depuis longtemps mon itinéraire et me surveillait d'une haine tenace. Je me suis longtemps demandé pourquoi il avait écrit ce commentaire qui ne parlait que de politique et de moi précisément sous ce post-là, consacré à la vidéo d'une médium sans aucun rapport apparent avec la politique, et je ne pouvais m'empêcher de songer que c'était parce qu'il obéissait en fait aux mêmes forces spirituelles que la médium dont je moquais, et que celles-ci parlaient en lui bien plus qu'il n'en avait conscience.

L'extrême droite française est depuis longtemps imbibée d'ésotérisme (ce qui ne veut pas dire bien sûr que tous ses partisans et responsables le sont...). On se souvient du Front national financé dans les années 1980 par la secte Moon...

Pour la période actuelle, je découvre en ce moment la présence de l'OTO crowleysienne et des Raëliens à droite de la droite. Ne soyons pas naïf : il y a de la pollution spirituelle partout, dans la bigoterie évangélique, dans l'athéisme communiste, dans le crowleysisme des banquiers internationaux et des pop stars. L'extrême droite n'a aucun monopole en la matière. Mais il est bon d'être conscient de ce qui se passe dans le populisme de droite. Le plus drôle est qu'un bon nombre de ces gens se disent catholiques. Mais le catholicisme sans une foi scrupuleuse en la Bible et un certain ascétisme libidinal est nécessairement artificiel.

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Interview de F. Delorca pour la revue l'Arme et la Paix

12 Novembre 2018 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #ICD, #Le monde autour de nous, #Colonialisme-impérialisme

Voici l'interview en forme de tour d'horizon de l'actualité internationale que j'ai accordée le 12 novembre 2018 à la revue L'Arme et la Paix de l'association Initiatives Citoyenneté Défense. Je vous renvoie aussi à mes précédentes interviews de 2011, 2013, 2016 ici.

  • Quels éléments vous paraissent les plus marquants concernant l’actualité internationale des derniers mois ?
  • Concernant l’actualité mondiale, il semble qu’il faille toujours commencer par le Proche-Orient qui, bien que le pétrole n’ait plus l’importance stratégique d’autrefois, reste une zone géostratégique fondamentale pour le contrôle de l’Asie, et le nœud d’enjeux symboliques qui comptent pour beaucoup de gens de confession monothéiste dans les pays moins sécularisés que la France. On a l’impression que l’équilibre stratégique dans cette région est plus que jamais marqué par le paradoxe et la précarité. La résistance palestinienne face à l’occupation israélienne n’obtient pas de résultats tangibles face au gouvernement Netanyahou renforcé par le soutien de Trump, mais l’autre grande force armée de résistance, le Hezbollah au Liban, sort renforcé militairement par la guerre de Syrie et politiquement par le résultat des élections législatives. Le gouvernement syrien a reconquis son pays, mais sur Idleb il est tributaire de la bonne volonté d’Erdogan, et sur les territoires à l’Est de l’Euphrate d’un hypothétique retrait américain qui n’est pas à l’ordre du jour, tandis qu’on ne voit toujours comment peut émerger un pluralisme politique dans ce pays maintenant exsangue surtout occupé comme l’Irak à panser ses plaies. Le jeune prince Ben Salman d’Arabie saoudite après avoir joué les matamore au Yémen et contre le Qatar pourrait bien être sur le point de connaître le même sort que le Cheikh Hamad bin Khalifa al-Thani victime d’une révolution de palais à Doha en 2013, ce qui plongerait encore plus profondément la gérontocratie saoudienne dans une impasse. Autrement dit, tout est précaire : il n’y a jamais d’assurance que les gagnants d’aujourd’hui le seront aussi hier, tout semblant relever dans cette région du coup de poker permanent, au milieu du chaos considérable qu’a causé les destructions des villes en Syrie et en Irak et le déplacement massif des populations.

 

  • Comment analysez-vous le jeu de la Russie dans cette zone ?

 

  • Elle a été indubitablement plus efficace pour écraser l’Etat islamique que les Occidentaux. Au point qu’on peut se demander si ces derniers voulaient vraiment en finir avec ce groupe. On touche là à d’épineuses questions qui ont été déjà soulevées à l’occasion des attentats du 11 septembre 2001, mais aussi des attentats de Manchester, ou du Bataclan compte tenu de ce qu’on a appris des carences dans la prévention et dans la gestion de ces crises : certains secteurs du dispositif militaire et policier occidental, notamment dans les services secrets, n’ont-ils pas intérêt à « laisser faire » voire à commanditer les attaques des barbares. En tout cas, en Syrie le cœur du problème était la politique fabiusienne et celle d’Obama qui livrait à Al Qaida des armes en grande quantité en feignant de voir en eux de « bons islamistes », tout en sachant que leurs armes étaient ensuite exfiltrés vers Daech. Une politique moins candide que cynique en réalité, la preuve en est qu’elle se poursuit encore aujourd’hui quoi qu’à une moindre échelle, dans la zone kurde : début novembre 2018 le journal turc Yeni Shafak accusait les Américains, avec des éléments précis à l’appui, de continuer d’armer clandestinement Daech. Dans une logique d’ordo ab chaos, les Occidentaux gardent un intérêt à entretenir l’existence de l’Etat islamique ici ou là, en Syrie comme en Irak, comme une épine dans le pied, manipulable à loisir, contre les pouvoirs en place, y compris d’ailleurs contre le gouvernement kurde syrien protégé par l’US Army. Les Russes qui affrontaient un risque plus vital de voir les terroristes déstabiliser le Caucase et l’Asie centrale ont été plus cohérents en jouant la carte du gouvernement légal, celui de Bachar elAssad qui jouissait encore d’un large soutien dans son pays, et celle de la collaboration (mesurée) avec l’Iran, sans compromission avec aucun des groupes islamistes takfiristes de la région. Leur avantage militaire et diplomatique a été évidemment renforcé quand le président turc Erdogan a basculé dans leur camp, ce qui leur a permis d’imposer une pacification en douceur du district d’Idleb. La folie du régime saoudien qui boycotte le Qatar pourrait d’ailleurs leur faire obtenir la même alliance avec Doha.

 

  • Y a-t-il un risque que les Occidentaux renouvellent leur opération de bombardement comme le 14 avril 2018 ?

 

  • C’est une option que les foudres de guerre irresponsables (notamment dans nos grands médias), ne cessent d’agiter à des fins de propagande. L’intoxication périodique de l’opinion publique à propos de la purement légendaire utilisation d’armes chimiques par le régime d’Assad va dans ce sens. Mais la réalité sur le terrain ne se prêtre plus du tout à ce genre d’opération. En avril dernier, l’opération militaire de Trump était surtout destinée à rassurer le parti des médias et des banques favorable à la guerre, sur le thème « mais oui les EtatsUnis existent et agissent ». Mais en coulisse les Etats-Unis ont prévenu en avance les Russes et négocié avec eux ce qui pouvait être bombardé et ce qui ne le pouvait pas, en échange de la préservation des vies des soldats américains stationnés au Kurdistan syrien. L’opération fut théâtrale et ne fit que peu de dégâts. D’autant que la plupart des missiles ont été interceptés par la DCA syrienne, ce qui coûte cher au contribuable américain. La France macronienne dans son rôle de caniche, digne du mandat précédent de François Hollande, s’est discréditée moralement en attaquant (une fois de plus) un pays souverain sans mandat de l’ONU mais aussi matériellement puisque, semble-t-il, il y a eu beaucoup d’avaries techniques… L’alternative à l’ingérence occidentale a semblé être l’intervention aérienne israélienne. Il y en a eu plusieurs sous le prétexte, apparemment fallacieux de liquider des installations iraniennes ou du Hezbollah (Damas a affirmé que ce sont ses casernes qui ont été ciblées), mais ils se sont tiré une sacrée balle dans le pied en plaçant, en septembre dernier, leur chasseur bombardier derrière un avion de transport de troupes russe pour se protéger d’un missile de la DCA syrienne. Tel Aviv n’avait pas eu l’intelligence qu’avait Washington de prévenir Moscou suffisamment en avance avant de frapper. Le résultat est que Moscou peut désormais livrer avec bonne conscience des missiles sophistiqués S-300 à Damas, ce que la Russie n’avait pu assumer jusque là à cause des risques vitaux  pour les intérêts d’Israël. Au passage tout cela fait une extraordinaire publicité pour les armes russes. L’Inde, l’Arabie Saoudite, la Turquie, le Qatar se précipitent pour acheter des S400  à Moscou. Cet arme comme le nouveau missile hypersonique russe intercontinental Avangard que les Américains avouent être incapables d’intercepter sont en train de modifier sérieusement la donne stratégique planétaire.

 

  • En revanche il n’y a pas de S300 ou S-400 pour le Yémen…

 

- Non. On est frappé de voir avec quelle impunité le monde laisse la coalition saoudienne affamer et détruire sous ses bombes la partie Nord du pays autour de la capitale contrôlée par les Houthis. C’est une indifférence orchestrée, comme on l’a vu quand, en mars dernier, quand les sénateurs américain, 5 républicains, 37 démocrates et 2 indépendants, ont été traités de pro-iraniens ce qui les a empêchés d’emporter la majorité. Le rôle de l’American Israel Public Affairs Committee fut gros comme un éléphant dans un couloir dans cette campagne en faveur des atrocités saoudiennes, et c’est le même lobby qui dans nos médias fait passer cette guerre juste pour une malheureuse « tuerie » entre factions. C’est un des thèmes sur lesquels les citoyens français devraient se mobiliser plus et décrire à leurs députés car Macron est en première ligne pour fournir des armes aux agresseurs saoudiens et émiratis. L’assassinat du journaliste saoudien Jamal Khashoggi à Istanbul a fait reculer l’Allemagne et le Canada dans leur soutien à Riyad mais pas notre président. La guerre du Yémen s’insère dans le cadre d’une confrontation générale avec l’Iran, mais c’est une confrontation complètement absurde que les Américains ne peuvent même pas assumer jusqu’au bout : en Irak ils ont besoin de l’Iran qui y est en position de force. Et, récemment, on a vu que Donald Trump a dû lever la menace de sanctions contre certain pays qui achètent du pétrole à Téhéran : la Chine, l’Inde, l’Italie et la Grèce. Sans doute pour éviter une flambée des prix du pétrole. On arrive ainsi au paradoxe que les alliés des Etats-Unis pourront encourir des sanctions dont d’autres pays seront exemptés. On attend toujours de voir le président Macron « sauver » l’accord nucléaire signé par Obama avec Téhéran comme il l’avait promis, ou défendre les intérêts de Total, Renault, PSA etc en Iran…

 

  • La politique de sanction contre l’Iran ne ressemble-t-elle pas à celle contre la Russie ?

 

  • Oui, à ceci près qu’elle est visiblement destinée à plaire à Israël et uniquement à cela. On a le sentiment que Trump, pour réussir la politique économique qui est sa priorité, doit faire de la surenchère proNetanyahou à l’extérieur et ne peut  pas imposer le pragmatisme dont il voudrait faire preuve à l’égard de Poutine, même si à mon sens il a beaucoup contribué à adoucir la rhétorique guerrière dans les rapports avec Moscou. Trump est beaucoup plus malin que les médias ne veulent le faire croire. Il l’a montré à l’égard de la Corée du Nord en sachant aboutir à un processus de négociations après une montée aux extrêmes en 2017 (même si tout est loin d’être règlé dans cette affaire où on peut se demander qui va tromper l’autre en premier, sauf si, comme certains le laissent entendre Kim Jong Un dans cette affaire est employé par Trump pour liquider certains trafics de la CIA, et dans ce cas tout dépendra de l’issue de combats contre certaines mafias). La surenchère verbale avant l’apaisement est sa méthode ; il l’avait déjà annoncé pendant la campagne électorale ; et la stratégie de la tension à l’égard de la Chine relève sans doute de la même tactique. A l’égard de la Russie, le fauteur de tensions est moins Trump que les clients locaux des Etats-Unis. Il y a toutes sortes de potentats locaux, proches de l’Establishment démocrate, du financier Soros (le père des révolutions de couleur en Yougoslavie et dans l’ex URSS), des banquiers de Wallstreet, qui ont un intérêt à entretenir le bras de fer avec Poutine. Djukanovic au Monténégro a demandé le rattachement de son pays à l’OTAN visiblement sans que cela enchante Trump car cela coûtera plus aux Etats-Unis que ça ne leur rapportera, et le nouveau gouvernement de Macédoine prend le même chemin. La présidente de Croatie qui est une amie des Clinton ne manque jamais une occasion d’humilier la Serbie. Et il est probable que le régime nationaliste de Porochenko en Ukraine (encore un grand ami des Clinton)  ait été le 31 août dernier, derrière l’assassinat du président de la République populaire autoproclamée de Donetsk Alexandre Zakhartchenko, un acte visiblement destiné à raviver la guerre dans le Donbass. Notez que le président Macron (il faut bien que l’on parle de lui puisque nous sommes en France), a toujours l’art de récompenser ces criminels ou complices de crimes de guerre. En octobre il a fait nommer la ministre des affaires étrangères rwandaise  Louise Mushikiwabo comme secrétaire générale de l'Organisation internationale de la francophonie. Une américano-rwandaise qui travaille pour le régime du dictateur suppôt des Clinton, Paul Kagame qui a interdit l’usage du français dans les écoles de son pays, semé la guerre civile au Congo, et qui crache sur notre République dans chacun de ses discours. Aux cérémonies du centenaire du 11 novembre 1918, l’ex-leader de l’UCK kosovare était aux premières loges sur les Champs Elysée juste derrière Vladimir Poutine, alors que le président de la Serbie, pays allié dont le drapeau flottait sur la Maison blanche il y a cent ans et qui a perdu plus d’un quart de sa population dans le conflit était relégué loin derrière.

 

  • Pour revenir à la Russie, que faut-il penser du récent retrait des Etats-Unis du Traité sur les forces nucléaires à portée intermédiaire signé en 1987 entre Gorbatchev et Reagan ?

 

  •  Le retrait des Etats-Unis de l’accord nucléaire ne paraît pas être un phénomène très significatif. Comme beaucoup l’ont remarqué, Washington avait déjà menacé de le faire en 2014 après avoir accusé la Russie de l’avoir violé, et il y avait aussi le problème de la Chine qui pouvait fabriquer ce genre de missile puisqu’elle n’était pas partie à ce traité. De toute façon le ver était dans le fruit avec la création du bouclier anti-missile en Europe de l’Est installé par Obama, dans lequel les vecteurs défensifs pouvaient être facilement transformés en armes offensives de moyenne portée. Sur ce point comme sur d’autres Trump ne fait qu’agir dans la lignée de logiques anciennes pour donner des gages aux faucons de l’Establishment américain. Il a besoin de cela pour qu’on le laisse gouverner par ailleurs sur ses programmes économiques et sociétaux : songez à la polarisation entretenue par les démocrates – avec les subsides de riches donnateurs – autour de la désignation du juge Kavanaugh à la Cour suprême, ou des « caravanes frontalières » amenées par le lobby de l’Open society de Soros au Mexique à huit jours des élections de mi-mandat, sans oublier, bien sûr, l’incitation permanente à la révocation du président sous prétexte visiblement bidon d’une soi-disant ingérence russe en 2016. Le 1er novembre dernier  une cinquantaine de très grandes multinationales, dont Apple, Google, Microsoft, Amazon, Facebook, ont écrit à Trump pour protester contre sa politique à l’égard des « transgenre » (transsexuels), ce qui eut été impensable il y a 15 ans quand le Big business se voulait apolitique pour ne pas perdre de clients. Trump doit affronter des pouvoirs très puissants face à lui qui veulent sa peau à longueur de semaines.

 

Ce qui m’inquiète plus c’est justement le pouvoir persistant de cet « Etat profond », du noyau de l’Empire américain, lié aux multinationales, qui se manifeste dans le fait que non seulement Donald Trump n’a pas pu liquider les bases militaires de son pays aux quatre coins du monde, comme il en avait plus ou moins l’intention (notamment quand il a menacé de retirer son armée du Japon) – des bases qui lui coûtent maintenant bien trop cher –, mais aussi dans le fait que les actions meurtrières des USA, notamment en Afrique et au Proche-orient, n’ont jamais été aussi nombreuses depuis 10 ans : loin des regards, les attaques de drones ont augmenté sous Trump en Somalie et au  Sud du Yémen, et les bombardements en Afghanistan battent des records avec son lot de victimes collatérales impossibles à chiffrer. Très inquiétante aussi est cette course à l’armement américaine totalement folle qui enrichit les capitalistes mais constitue une aberration économique complète au vu des inégalités entre pays riches et pauvres. On a vu en début d’année, au terme d’une incroyable surenchère entre la présidence et le congrès, le budget militaire américain atteindre les 700 milliards de dollars (autant que les 7 autres plus grands dépensiers réunis). Il entraîne dans ce sillage la Russie, la Chine, l’Inde, mais aussi la France et le Royaume Uni obligés d’augmenter leurs dépenses pour « rester dans la course ». On sent qu’il y a des enjeux nouveaux dans ce militarisme forcené. La conquête de l’espace (des compagnies américaines veulent contourner le traité de l’espace de 1967 pour exploiter les minerais des astéroïdes et de la Lune), la conquête de l’Arctique débarrassé de ses glaces à la faveur du réchauffement climatique, sans compter toutes les expérimentations scientifiques et le conditionnement psychologique qui vont avec, et qui profitent aux multinationales, lesquels capitalisent sur notre abrutissement collectif, nos peurs, notre enfermement dans des univers virtuels qui est le corollaire de la stratégie de la peur. Il y a bien peu de chances que cette course à la dépense sous la houlette des généraux et des banquiers ait pour but le bien-être et l’épanouissement des peuples.

 

- Que penser des pays européens ?

 

- Paradoxalement un des hommes les plus fiables du « Deep State » américain en ce moment, c'est-à-dire de la structure économique et militaire qui veut garder un contrôle impérial sur le monde, c’est Emmanuel Macron. Voyez quel soutien tous les grands médias planétaires lui accordent en permanence. Les 25 et 26 septembre derniers à New York il a reçu des mains du Secrétaire général des Nations unies Erik Solheim le titre de « champion de la Terre », puis il est allé se pavaner à la cérémonie des Goalkeepers de Bill Gates (tout cela est lié, Erik Solheim ex ministre écologiste a fait son chemin à l’international en travaillant pour un think tank libéral largement co-financé par la Fondation Bill Gates). Macron est le partenaire idéal des banquiers de Wallstreet pour la mise en œuvre de la « gouvernance mondiale » chère à Jacques Attali, pas seulement sur le volet écologique. D’ailleurs ce n’est pas un hasard si le groupe de Bilderberg l’avait coopté en 2014 quand il n’était que secrétaire général adjoint de François Hollande. Si aujourd’hui il défend une Europe militaire de défense, c’est parce qu’il a peur que Trump ne finisse par casser l’OTAN en provoquant paradoxalement une sorte de sécession des Etats-Unis à l’égard de l’empire qu’eux-mêmes ont fondé, un peu comme, en 1992, la Russie avait fait sécession de l’URSS dont elle était alors que l’Asie centrale lui serait bien volontiers restée fidèle… Mais Trump a raison d’ironiser sur le fait qu’il est peu probable que la France ou l’Allemagne investissent sérieusement dans une politique militaire vu l’état de leurs finances et leurs divergences politiques. Un système militaire comme celui des Etats-Unis qui s’est construit pendant la seconde guerre mondiale ne peut pas sortir ex nihilo du sol européen dans un contexte de paix.

 

- Vous parliez de la caravane des migrants hondurienne, que faut-il penser de l’évolution de l’Amérique latine ?

 

- C’est un continent malade des inégalités et  de la violence, où la gauche est clairement en recul, malgré la petite victoire d’Andrés Manuel López Obrador à la présidentielle mexicaine, un homme de gauche, mais allié à des évangéliques de droite, dans un pays livré à la guerre des gangs…  On dit souvent que si les Etats-unis eu Bernie Sanders comme candidat à la présidence (d’ailleurs ils ont élu trois députées de sa mouvance, ouvertement socialistes, à leur chambre basse en novembre), Trump n’aurait pas été élu mais au Brésil ils on eu Lula et maintenant… ils ont Jair Bolsonaro, un souverainiste néo-libéral adepte des méthodes répressives musclées (son point commun avec Duterte, aux Philippines, à l’autre bout du Pacifique). On a souligné que Bolsanaro doit son élection non seulement au sentiment d’insécurité, mais aussi à la progression des cultes évangéliques chez les plus pauvres. Le vote évangélique fut aussi déterminant aux Etats-Unis en 2016 en faveur du candidat républicain. Cela marque un échec de la gauche latino-américaine à assumer certaines valeurs traditionnelles qui sont des valeurs refuge pour les plus défavorisés.

 

Quand le vénézuélien Maduro défend un christianisme « hindouiste » (lui-même est ou a été membre de la secte du gourou indien Saï Baba) et demande à la constituante de débattre du mariage homosexuel, tout comme les FARC colombiennes avant leur retour dans le jeu politique ont défendu les droits des LGBTE, ces militants révolutionnaires ne sont pas en phase avec le besoin de sécurité des plus pauvres, qui passe aussi par la défense des structures familiales alors que les Etats ont été très affaiblis par le consensus de Washington.

 

Il en va de même d’ailleurs quand le président uruguayen ancien marxiste Pepe Mujica après avoir dépénalisé l’avortement, légalisait en 2013 le commerce de la Marijuana en partenariat avec le financier George Soros (qu’il a rencontré en compagnie du patron de l’empire Rockefeller) en ouvrant le marché de son pays à la marijuana transgénique de Monsanto dont Soros est le principal actionnaire. Au même moment, d’ailleurs, le gouvernement uruguayen donnait des garanties aux investisseurs étrangers et entrait dans un bras de fer avec l’Argentine de Cristina Kirchner pour se rapprocher des démocrates américains, signant la fin de la politique d’intégration du continent sud-américain. Le successeur Tabaré Vázquez a suivi la ligne de Mujica, c’est-à-dire un programme libéral-libertaire sur le plan des mœurs, très compatible avec les intérêts financiers internationaux, et qui coupe la gauche de sa base populaire ensuite récupérée par des groupes religieux de droite.

 

En Europe le parti communiste tchèque me paraît plus avisé de s’être rallié au millionnaire centriste anti-européiste Andrej Babis qui a au moins le mérite d’entraver l’idéal libre-échangiste de Wall Street, tout comme, au Royaume Uni, Jeremy Corbyn quand il soutient la ligne du Brexit malgré toutes les immondices que la grande presse balance sur son compte sur le thème de l’antisémitisme.

 

Cuba a bien réussi le passage de témoin à  Miguel Diaz-Canel, et la Bolivie, ainsi que le Nicaragua (malgré une quasi-insurrection de l’extrême droite sur la réforme des pensions) résistent bien, mais l’Equateur a basculé dans le camp américain ce qui pourrait coûter la vie à Julian Assange, et le péronisme de gauche soumis à une forte pression judiciaire paraît peu à même de reprendre la main en Argentine malgré la crise économique qui secoue le pays. Il semble que, dans cette partie du globe, le capitalisme pourra de nouveau avoir les coudées franches.

 

  • Qu’en est-il de l’Afrique ?

 

  • On a eu un sentiment de pacification relative cette année, même si la bande sahélienne reste soumise aux attaques djihadistes. La réconciliation entre l’Erythrée et l’Ethiopie (deux pays aussi peu démocratique l’un que l’autre) mais aussi l’accord de paix au Soudan dans la guerre la plus meurtrière des années 2010 sont deux bonnes nouvelles. Le Zimbabwe, et l’Angola dont l’existence même comme Etats indépendant était très liée à la figure tutélaire d’un seul homme ont su, cette année, se doter d’un nouveau « leadership » comme disent les commentateurs à la mode, sans verser dans la guerre civile, et, à côté de la grande pauvreté persistante il y a des progrès ponctuels grâce à des innovations technologiques : recours à l’énergie solaire, téléphone portable etc. Ca c’est pour le côté positif des choses. Mais les rivalités économiques et géopolitiques autour du continent africain sont très inquiétantes pour l’avenir alors que le continent voit ses mines, sa faune et ses forêts toujours plus soumis au pillage le plus cynique ; ses terres sont accaparés par des intérêts européens, chinois, américains, indiens quand les fils de ses paysans appauvris vont s’entasser dans les villes. Voilà encore une folie dont on voit mal comment elle pourrait s’inverser.

L’emprise de la France sur ses anciennes colonies reste considérable, à l’exception de la Centrafrique qui semble jouer la carte de Moscou. Bolloré contrôle les ports de la région, Dominique Strauss-Kahn conseille discrètement ses dirigeants. Le jeu est plus ouvert du côté de l’Afrique centrale autrefois belge et orientale autrefois anglaise. L’intégrité territoriale du Congo reste incertaine quand on voit, à un mois et demi des élections présidentielles dans ce pays, Peter Pham, auteur dans le New york Times en 2012 de l'article "To save Congo, let it fall apart" (en Français : "Pour sauver le Congo, laisse-le désintégrer") au poste de nouvel envoyé spécial pour la Région des Grands Lacs…

 

Il existe en réalité un gros enjeu autour de la construction d’un chemin de fer entre la région des Grands Lacs et Dar es Salam. Si le président évangélique hutu Pierre Nkurunziza – qui avait été le premier chef d’Etat africain a féliciter Trump pour son élection après la kabbale menée contre lui par les démocrates américains et le rwandais tutsi Paul Kagame –  a renforcé son pouvoir en interne à l’occasion du référendum constitutionnel du printemps dernier, la Tanzanie méritera qu’on suive son évolution. Ce pays gouverné depuis l’indépendance par un parti en principe dépositaire d’un certain héritage socialiste commence à s’écarter de la political correctness dominante, depuis l’élection  à la présidence, en 2015, de John Magufuli, un relatif outsider du système politique, ancien ministre des infrastructures à la réputation d’incorruptible. L’homme n’hésite pas cette année à faire incarcérer, sur la base du code pénal national, des stars tanzaniennes du show biz protégées par les sociétés californiennes et new-yorkaises lorsqu’elles étalent leurs sex tapes sur Internet ; il place en garde à vue des activistes étrangers de la mouvance Soros venus enquêter sur la liberté des journalistes, et contre les lois du marché en obligeant l’armée à acheter aux petits planteurs de noix de cajou au double de leur prix réel, dans un contexte de chute des cours des matières premières. Tout cela lui vaut une grande popularité dans son pays et d’hostilité chez les financiers internationaux et dans la grande presse. Il faudra voir quel sort ces derniers lui réservent. Et il ne faut pas perdre de vue non plus le sort pénible de minorités qui ne font pas la « une » de nos journaux comme les chrétiens biafrais au Nigéria dont le sort, sans égaler en Asie celui des Rohingyas musulmans en Birmanie, est comparable à celui des Karens chrétiens dans ce pays, ou celui des papous sous la férule indonésienne. Pour les intérêts de la France il faut surtout se préoccuper du Maghreb qui est le verrou de la sécurité de la Méditerranée méridionnale. Dans la Libye livrée au règne des milices (et qui est un verrou important des migrations africaines), le soutien de Paris au général Haftar, ami des Egyptiens, des Russes, et des Emiratis est plus que contestable car il affaiblit le gouvernement reconnu par l’ONU et nous met en porte à faux avec l’Italie. En Tunisie, on voit une riche amie d’Emmanuel Macron et des réseaux de Soros,  annoncer qu’elle sera peut-être candidate à la présidentielle de 2019… L’évolution du régime du FLN en Algérie reste aussi à suivre de très près.

 

- Que peuvent faire les Français progressistes sur l’international ?

 

- Toujours garder un regard sceptique sur les journaux contrôlés par les capitalistes internationaux. Refuser de voir dans les ennemis officiels - la Russie, la Chine ou l’Iran – des menaces effectives. Se rendre compte que tout cela procède d’une théâtralisation et d’une manipulation (souvent de bonne fois d’ailleurs car ceux qui relayent la désinformation n’ont pas de recul par rapport à la société dans laquelle ils vivent). Ensuite il faut refuser le discours dominant selon lequel les retours conservateurs au cadre national ou aux politiques familiales classiques sont nécessairement négatifs. En ce moment, la gouvernance mondiale par les banquiers et leur bras armé de l’OTAN (ou quel que soit le nom qu’on lui donnera à l’avenir) constitue le vrai danger, pas les Etats-nations qui ont une vocation protectrice dans un pareil contexte. Ensuite il faut agir pour sortir des fausses alternatives Macron/Le Pen, Clinton/Trump. Les partis politiques sont des structures très fragiles qui peinent à résister. On  l’a vu avec la perquisition dans les locaux de la France Insoumise. A leur fragilité face à la justice, face à l’espionnage policier, face à la manipulation médiatique, s’ajoutent les auto-censures qui pèsent sur eux par peur du fantôme de l’extrême-droite. Voyez justement la difficulté qu’a eu la France Insoumise à accepter l’idée d’une sortie de l’euro (tout comme Mélenchon avait peiné à prendre des positions claires au début du conflit libyen, ou sur la Syrie). Or, justement cette hésitation des partis politiques même anti-système à adapter leurs logiciels nourrit le terreau de l’extrême-droite et fait déboucher le système électoral sur les mêmes sempiternelles apories entre le candidat des banquiers et des opposants peu crédibles. Pour le citoyen, l’action de transformation politique passe peut-être encore par les partis traditionnels, mais aussi par l’action directe, dans les associations, dans les syndicats. Pas sur les réseaux sociaux qui sont des pièges qui enferment les gens dans la drogue du virtuel. Dans la rue, dans le porte à porte chez les gens. Il faut trouver des armes nouvelles contre chaque désinformation des médias, disqualifier la légitimité de la Cinquième République qui, sur des sujets très graves comme la guerre du Yémen, la politique de santé au service des grands laboratoires internationaux ou les trafics d’êtres humains dissimulés par la politique d’aide aux migrants, restent trop concentrés entre les mains de la présidence de la République. Il y a beaucoup à faire et il reste à trouver à chaque fois les angles d’attaque qui permettraient de rentabiliser au maximum l’énergie investie dans l’action.

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Centenaire de l'Armistice de 1918

11 Novembre 2018 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Divers histoire, #Débats chez les "résistants", #Colonialisme-impérialisme

En ce jour j'ai ne pensée pour les deux frères ainés de ma grand-mère (morte le 7 janvier 1972, j'avais quinze mois...) tués pendant la guerre de 1914-1918, Jean-Louis Bellecave et Pierre Bellecave, fils de Pierre Bellecave (né à Montfort en mars 1854 et mort à Bidos en février 1936) et de Marie Bonnat, mes arrière grand père et grand mère béarnais.

Toutes les familles de cette époque en France, en Allemagne, en Russie, au Royaume-Uni, en Autriche, et beaucoup en Italie, aux Etats-Unis, et dans les empires coloniaux, ont été touchées par des décès de jeunes gens morts au combat.

Je n'aime pas le discours des médias, ces derniers jours, qui célèbre non la victoire mais le retour des poilus chez eux dans le registre : "ce qu'on salue ce n'est pas le sacrifice pour une cause collective, patriotique ou autre, c'est le fait que les gens aient pu regagner leurs pénates et reprendre une vie de bons consommateurs égoïstes qu'on attend aujourd'hui de chaque mouton-humain de notre planète".

En 2012, avant ma rencontre des médiums, j'avais aussi condamné le discours médiatique qui renvoyait Allemagne et France dos à dos dans la responsabilité de la guerre en citant le socialiste révolutionnaire Romain Rolland qui lui-même, malgré son pacifisme et sa germanophilie, dans "Au dessus de la mêlée" (33e dedition, Librairie Paul Ollendorff)  p. 32 stigmatisait l'Allemagne : "Mais qui a lancé sur les peuples ces fléaux (de la guerre) ? Qui, sinon leurs Etats, et d'abord (à mon sens), les trois grands coupables, les trois aigles rapaces, les trois Empires, la tortueuse politique de la maison d'Autriche, le tsarisme dévorant, et la Prusse brutale !" "Plus loin dans le livre il justifiera même l'alliance franco-russe (toujours indigeste au goût des Républicains) en disant qu'il préfère l'esprit de rébellion du peuple Russe face au tsarisme, que l'unanimisme belliqueux allemand derrière le Keiser qu'il retrouve jusque chez les socialistes autrefois les plus pacifistes" notais-je.

A l'époque, je n'avais aucune vision spirituelle. Je peine toujours à m'en constituer une sur le sujet aujourd'hui. Mais je suis sensible à la littérature conservatrice française du XIXe siècle qui montrait que la Prusse de Bismarck avait ouvert ses portes aux loges maçonniques, et que, du coup, à travers la guerre de 14-18, c'est bien la liquidation des derniers remparts aux Rothschild, en premier lieu l'Empire russe, en second lieu dans une moindre mesure l'Autriche-Hongrie qui était en jeu, alors que, comme je l'ai exposé il y a peu dans ce blog, les mêmes banquiers finançaient la propagande haineuse des agences de presse aussi bien à Berlin qu'à Paris et à Londres. Je ne sais pas si la lettre prophétique de l'Illuminé Pike à Mazzini au XIXe siècle sur ce thème est authentique, mais le projet de liquider les Habsbourg et les Romanov était visible depuis longtemps, et l'inclusion au sang des familles royales européennes de frankistes illuminés, relevée par un livre de Novak paru chez L'Harmattan, a probablement contribué à la sorte de suicide collectif dans lequel notre continent s'est précipité il y a 104 ans, alors que celui-ci avait su brillamment préserver sa paix un siècle plus tôt entre Waterloo et la guerre de Crimée.

Certes l'Allemagne, dernière venue des puissances impérialistes, avait des besoins légitimes, comme l' ont mis en valeur Poncins et Malynski. Et vu ce que la France a fait ensuite en 1919 à Versailles, en partenariat avec Wilson et son contingent de lobbyistes de Wall Street (comme Jacob Schiff) pour plonger l'Europe dans une faillite matérielle et morale qui ouvrit la voie d'une guerre mondiale encore plus atroce que la précédente, il n'y a sans doute pas de quoi pavoiser. Néanmoins je persiste à penser que cette pauvre République française,  aussi grandiloquente que moralement corrompue, avait quand même le mérite de la légitime défense.

Et que dire de toutes les chances qu'il y aurait eu de terminer le conflit en 1916 ou 1917 sur lesquelles s'était attardé Stefan Zweig bêtement ou délibérément gâchées ?

Le souvenir de toute cette folie est décidément bien amer.

En tout cas ne perdons pas de vue le fait que les mêmes forces qui poussèrent l'Allemagne à s'armer dans les années 1900, aujourd'hui encouragent à la guerre contre la Russie et la Chine, dans le but d'instaurer sur ses décombres quelque gouvernement de l'ONU, de l'OTAN, c'est-à-dire, à travers ces organes, celui de n'importe quel club secret façon Lucis Trust ou Bilderberg.  Les fauteurs de destruction sont toujours les mêmes.

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Baudruches

10 Novembre 2018 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Les Stazinis, #Revue de presse, #Colonialisme-impérialisme, #Débats chez les "résistants", #Donald Trump

Le 10 novembre, on apprend que les Etats-Unis, fatigués des folies de Ben Salmane et de ses amis de Tel Aviv (qui ont fait échouer au Congrès une motion anti-guerre du Yemen il y a peu) prennent la mesure bien timide de "suspendre les approvisionnements en carburant en vol de la coalition" saoudo-émirati. L'idiot chargé de commenter la chose sur France Info affirme que c'est grâce à la pression parlementaire sur Trump avec une chambre des représentants qui vient de "passer au camp démocrate". Sauf que les nouveaux élus démocrates ne sont pas encore entrés en fonction, et les démocrates étaient autant (au niveau de leur Establishment) pro-guerre du Yémen, alors qu'il y a beaucoup d'élus républicains (autour de Ron Paul) qui sont anti-guerre.

Évidemment nos médias ont été muets sur la petite victoire de Trump aux élections de mi-mandat alors qu'un mois plus tôt ils étaient prolixes sur le ras-de-marée démocrate qui a finalement avorté. Nancy Pelosi la chef de file des démocrates à la chambre basse avait une toute petite voix pour annoncer que son parti venait de conquérir de quelques sièges cette assemblée, alors que, d'habitude, la victoire du parti d'opposition est massive à ce genre d'élection. Les Républicains gagnent de nouveaux sièges Sénat, ce qui va permettre au président de nommer de nouveaux juges anti-avortement et anti-mariage gay à la Cour suprême. Beaucoup ont apprécié qu'il désigne dans la foulée un "attorney général" (procureur) qui s'était déclaré favorable à l'inculpation des Clinton.

J'ai bien aimé le numéro du président américain, pas tant dans le registre "vous les journalistes de CNN vous êtes très impolis" (ce qui est au demeurant très justifié, rien n'est plus arrogant et mal élevé outre-Atlantique comme ici qu'un journaliste mainstream) mais sur le thème : "j'avais offert d'aller soutenir tel candidat républicain en campagne pour renouveler son siège, il n'a pas voulu de mon accolade par peur des médias, et il a perdu, alors que sur les onze que je suis allé soutenir neuf ont été réélus". Trump fait toujours salle comble dans ses meetings. Mais, comme disait le Youtubeur New Age Paul Romano qui a de la sympathie pour lui (ou du moins, comme moi, beaucoup d'antipathie pour les grands médias), ça faisait très parrain de la mafia : "petit, tu n'as pas voulu baiser ma main... et tu as perdu".

Trump est toujours impayable dans le registre type de base aux sentiments "bruts de décoffrage", sans fard, c'est ce qui lui vaut le soutien persistant de l'Amérique profonde. Sur le point d'assister aux cérémonies du 11 novembre en France il disait "Je pars pour l'Europe, je sais qu'ils ont organisé quelque chose de très spécial" - un peu comme un manager dirait "je vais à la soirée des Rockefeller, je sais qu'ils ont prévu un truc très spécial, il y aura une pool party et plein de surprises". Et il ajoutait : "beaucoup de pays y vont, parce qu'ils savent que les Etats-Unis y seront", à deux doigts de dire "les présidents de beaucoup de pays y seront parce qu'ils savent que j'y vais". C'est en partie une réplique aux médias qui avaient monté en épingle le rire de l'assemblée générale de l'ONU devant l'autosatisfaction de Trump. Les médias sont dans le registre "Trump est ridicule", et Trump en réplique est toujours dans la surenchère d'autosatisfaction, elle-même ridicule. Du pure théâtre.

Très théâtral aussi le tweet de Trump ce matin : "Le président Macron de France a suggéré que l'Europe devrait constituer son propre ordre militaire pour se protéger des Etats-Unis, de la Chine et de la Russie. C'est très insultant. L'Europe devrait d'abord payer sa juste contribution à l'OTAN que les Etats-Unis subventionnent généreusement ! (President Macron of France has just suggested that Europe build its own military in order to protect itself from the U.S., China and Russia. Very insulting, but perhaps Europe should first pay its fair share of NATO, which the U.S. subsidizes greatly!)".

L'Europe ne construira vraisemblablement jamais de défense contre Trump ni contre Pékin ou Moscou. Tout ça est de la pure gesticulation pour l'opinion publique intérieure (pour les gogos), un peu comme quand Macron va dire aux anciens combattants français : "mais oui mais oui nous devons expulser les sans papier", ce qui n'est que la lecture pure et simple des lois de notre pays. Les médias s'indignent "ouin il a dit sans-papier et pas migrant" pour faire passer le président pour plus à droite qu'il n'est. Tout ça n'est qu'un jeu. Un coup tu me fais passer pour un type de gauche, un coup pour un type de droite, et moi je continue d'appliquer l'agenda des grands think tanks (le Cop21, la politique anti-russe, etc).

Peut-être moins théâtrale est l'entrée à la chambre basse américaine de trois députées ouvertement socialistes sur lesquelles le site vénézuélien Aporrea.org braquait les projecteurs cette semaine. Remarquez cependant que ce n'est pas si nouveau : il y a 13 ans le 15e district de New York avait déjà un député Jose Serrano  qui avait négocié avec Chavez un approvisionnement bon marché en pétrole. Ce qu'il y a de sérieux dans l'affaire c'est moins le poids du socialisme sur la politique à venir du gouvernement américain (je pense qu'il sera nul, même avec une chambre démocrate, vu que le président peut gouverner par décret), que la "polarisation" qui se manifeste de plus en plus aux USA entre gauche de la gauche et droite de la droite et que révèle aussi l'élection de ces trois députées. Pour l'heure, je ne vois rien de bon dans tout cela, car les patrons de Wall Street, eux, en tirent toujours de gros profits et surfent sur toutes ces vagues sans être inquiétés.

Ils ne sont pas non plus inquiétés en France où aucune alternative crédible ne se dessine (une constante depuis la victoire du "non" au référendum la constitution européenne) et où le débat même dans les milieux "dissidents" est confisqué par une poignée d'égocentrique. Dialogue (posté sur You Tube le 31 octobre) entre deux types que j'apprécie aussi peu l'un que l'autre : un démographe prétentieux et politicien qui veut incarner l'indépendance nationale.

A la minute 40'39 le second décrit dans une veine très fanc-maçonne en ces termes les fondateurs des colonies anglaises d'Amérique à bord du May Flower "des escrocs et des illuminés religieux". Sauf que ce pauvre homme lui-même est une fanatique de ND de Fatima, mais ça il n'osera pas le dire en public et préfèrera se méfier des "illuminés religieux"... Cuistrement un peu plus loin il explique qu'on appelle les Américains anglo-saxons à cause de la composante allemande (pas de chance au départ les anglo-saxons ce sont les Britanniques après la conquêtes par les Angles et les Saxons et ça n'a rien à voir avec l'apport Allemand aux USA au XIXe siècle. Dans une autre vidéo ce pédant situait Caligula au Bas Empire romain (sic), alors que c'est le Haut Empire... Je hais les baudruches.

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