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Le blog de Frédéric Delorca

L'affaire Imane Fadil

31 Mars 2019 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Peuples d'Europe et UE, #Grundlegung zur Metaphysik, #Les régimes populistes, #Billets divers de Delorca, #Le monde autour de nous

Imane Fadil, ex-mannequin d'origine marocaine de 33 ans et témoin clé dans des procès concernant l'ex-premier ministre Silvio Berlusconi et ses soirées sexuelle « bunga-bunga » (le Rubygate) est morte le 1er mars dernier. Selon le très sérieux Corriere della Sera cité par l'AFP le 18 mars, l’hôpital où séjournait depuis le 29 janvier la jeune femme a effectué des examens pour tenter de comprendre quelle était la cause de ses graves douleurs à l'estomac et, n’ayant rien trouvé, a envoyé des échantillons à un laboratoire spécialisé de Pavie.  Citant des sources non identifiées, le quotidien écrit que les résultats sont parvenus le 6 mars, cinq jours après le décès de la jeune femme, et évoquent « la présence d’un mélange de substances radioactives qu’il n’est pas possible de trouver normalement dans le commerce ». Cette version des faits a ensuite été invalidée. L'existence de substances radioactives a été démentie, et il a été précisé que les analyses de sang effectuées à l'hôpital ont révélé la présence de cadmium, de chrome et de cobalt dans le corps, indiquant la possibilité d'un empoisonnement ou d'une maladie rare.

Imane Fadil avait alimenté les médias depuis 2012 en décrivant la dimension blasphématoire de ces partouzes avec le strip tease de deux femmes déguisées en religieuses.  Dans sa dernière interview faite au Fatto Quotidiano, le 24 avril 2018, elle s'était déclarée convaincue qu'"une secte satanique composée uniquement de femmes" se réunissait à Arcore, la villa de Berlusconi. Elle l'avait déduit de certains indices.

"Ce monsieur fait partie d'une secte qui invoque le diable, avait-elle précisément déclaré. Oui je sais que je dis quelque chose de fort, mais c'est vrai. Et je ne connais pas que moi-même, beaucoup d'autres le savent...Ces obscénités continuelles se sont produites dans cette maison. Une sorte de secte composée uniquement de femmes, de dizaines et de dizaines de femmes complices...Dans cette pièce où se tenait Bunga Bunga, il y avait une petite pièce avec des vêtements, tout comme des tuniques, environ vingt ou trente: à quoi servaient-ils? Et puis il y avait une autre petite pièce souterraine avec une piscine, avec une autre pièce à côté, totalement sombre, sans aucune lumière. Une piscine souterraine et une chambre sans lumière? Pouquoi?" Elle avait ajouté : "J'ai vu d'étranges et sinistres présences. Je suis une médium psychique depuis que je suis enfant: par mon père, je viens d’une personne sanctifiée (un sorcier) et je vous dis que dans cette maison, il y a des présences inquiétantes. Il y a du mal là-dedans, je l'ai vu, il y a Lucifer."

Le "Bunga Bunga" antichambre de l'occultisme, comme le sont souvent les partouzes d'Hollywood, de Londres ou de Paris ?

La mannequin promettait qu'elle avancerait des preuves dans un livre. L'empoisonnement l'a "opportunément" dispensée de le faire.

L'ex-députée de la Ligue Nord, présidente de l’Association des femmes marocaines en Italie, Souad Sbai qui n’avait jamais rencontré l’ex-modèle a mis en cause  dans le quotidien La Repubblica l'ambassadeur du Maroc en Italie . Elle affirme que ce genre d' "accident" est arrivé à diverses femmes qui ont fréquenté l'ambassade d'Italie à Rome et s'interroge sur le fait que l'ambassade n'a pas publié de communiqué à la mort du mannequin. De façon plus explicite  dans Yabiladi elle met en cause des pratiques de magie noire avec des plaques de plomb qu'on appelle Aldoun ou Ldoun. L'ambassade a porté plainte pour diffamation. Affaritaliani évoque des menaces proférées par des habituées de la résidence de Berlusconi contre la victime.

Vu le niveau d'influence des personnalités que les révélations d'Imane Fadil risquaient d'éclabousser gageons que cette sombre affaire a peu de chances d'être élucidée.

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Derechef : comme c'est chic !

25 Mars 2019 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Actualité de mes publications, #Abkhazie

Comme c'est chic ! Une phrase du livre de Frédéric Delorca "Abkhazie" est citée par le Wiktionnaire comme illustration de l'emploi du mot "derechef" aux côtés d'Honoré de Balzac, Alexandre Dumas et Paul Nizan...

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Vril dans le Sud-Ouest

25 Mars 2019 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Grundlegung zur Metaphysik, #1910 à 1935 - Auteurs et personnalités, #Le monde autour de nous, #Débats chez les "résistants"

Si beaucoup de recherches se développent sur Internet autour des sociétés secrètes en ce moment, c'est entre autre parce que beaucoup d'artistes, avec la complicité des journalistes, ont une façon très peu crédible de répondre aux questions qui leur sont posées.

Voyez cette artiste qui a vendu à la communauté d'agglomération de Bordeaux un triptyque pour 1 million et demi de dollars (dont probablement 80 000 euros pour elle). En novembre 2015, le président de l’Association de défense des intérêts du quartier de Bacalan, Luis Diez, descendant de Républicain espagnol, s'est indigné de ce que la sculpture représentant une soucoupe volante qui constituait une partie de ce triptyque portait le nom de la société secrète Vril qui fut au coeur du programme de fusée du régime nazi (et aussi de beaucoup de ses spéculations occultistes) - voir rue89Bordeaux du 4 novembre 2015. (Les deux autres parties sont un mémorial dans une bibliothèque et une bibliothèque de science fiction près d'un observatoire - l'ensemble composera un triangle magique avec l'aide de un architecte local).

En réponse aux critiques qui la soupçonnaient de sympathie pour le nazisme, l'artiste répondait dans une interview à Sud-Ouest qui a été ensuite republiée en 2017 l'artiste posant sous un parapluie rose (couleur chargée de sens dans l'ésotérisme actuel, et pas forcément d'un sens positif...) :

"J’espère sincèrement que les intentions de ce projet pourront être expliquées à chacun, que l’on pourra écarter la crainte qu’il s’agisse là d’un projet ‘nazi’. Ce n’est réellement pas mon intention, et je suis horrifié que l’on puisse l’interpréter de cette manière. Ma propre famille a souffert elle aussi à cette époque, mes grands-parents paternels, des juifs polonais, ont été déportés en camp de concentration, avec d’autres membres de ma famille. Mon père était venu à Paris dans les années 1930. Il avait étudié à l’école de sciences politiques et était ensuite devenu membre de la résistance française à Paris, puis en zone occupée. Ma tante elle aussi était dans le maquis, dans le sud de la France. Par leur action, ils ont aidé à sauver de nombreuses vies.

Le nom Vril, que j’ai utilisé pour l’une des trois parties de mon projet, vient d’un livre qu’on considère comme le tout premier roman de science-fiction, Vril: the Power of the Coming Race écrit en 1871 par un anglais, Sir Edward Bulwer-Lytton. On retrouve dans ce livre plusieurs des problématiques abordées par mon triptyque. Le roman décrit une société imaginaire rendue possible par la technologie, sous la surface de la terre, dont les habitants possèdent un pouvoir leur permettant de contrôler la matière sous toutes ses formes. C’est une vision, une hypothèse de ce que pourrait être notre avenir, un futur où chacun devrait vivre heureux et en paix, conscient des conséquences de son propre pouvoir.

Il n’y a pas de fondement à la rumeur qui prétend que les nazis auraient utilisé le nom Vril pour un supposé programme spatial au cours de la Deuxième Guerre Mondiale. Il faut éviter tout amalgame entre le concept nazi de race dominante et le sous-titre du livre, ‘the Power of the Coming Race’ (la puissance de la race à venir). On sait aujourd’hui que les nazis ont repris et/ou détourné de nombreuses idées, de nombreuses théories, pour soutenir leur programme de domination mondiale ; ils ont emprunté à la philosophie, à la science, aux technologies, mais aussi à la fiction. Tous ces concepts ne sont pas intrinsèquement nazis. Ce sont des idées fortes, que l’on peut utiliser – et que l’on a utilisé sous différentes formes – pour le bien ou pour la destruction de l’humanité. La médecine, la psychologie, les sciences sociales, la guerre sont autant d’exemples d’application."

Finalement, le projet a changé de nom pour devenir simplement « Le Vaisseau spatial ».

L'artiste se borne à mettre en scène une histoire connue de tous : les nazis contre les résistants, sa famille était elle-même résistante donc il n'y aurait aucune ambiguïté. En réalité, le problème ne se situe pas là. Ce n'est pas dans le conflit visible entre nazis et résistants. C'est dans la continuité entre les sociétés secrètes à l'oeuvre en Allemagne au coeur du nazisme et les programmes poursuivis ensuite en Occident sur la base du même crédo, et souvent avec les mêmes personnes exfiltrées du régime hitlérien. C'est un mensonge éhonté que de dire que Bulwer-Lytton (célèbre lord auteur des "Derniers jours de Pompei" et membre de la société secrète maçonnique Aube dorée, Golden Dawn à laquelle appartiendra aussi le mage sataniste Aleister Crowley) n'avait pas les mêmes objectifs que le nazisme et cherchait simplement à engendrer une civilisation où les vivraient "heureux et en paix". La revue Dissidences expliquait plus justement à propos  de "The Power of the Coming Race" : "Fidèle à une vision évolutionniste, Bulwer-Lytton imagine un stade plus élevé de la machinerie sociale, sorte de synthèse entre des idées d’extrême gauche et des notions aristocratiques ou réactionnaires (...) Pour autant, la civilisation du Vril-ya ne cache pas son mépris pour les peuples qui lui sont inférieurs, car encore au stade démocratique de la bêtise de masse et dépourvus de la maîtrise du vril, clef de tout progrès collectif. (...) " Il faut être soit borné, soit de mauvaise foi, pour ne pas voir une similitude entre cette race supérieure mêlant les idéaux socialistes et réactionnaires dans un projet totalitaire avec le nazisme...

L'ancien militaire autrichien devenu universitaire du nom de Karl Haushofer voulut mettre en pratique l’intuition de Bulwer-Lytton et chercha concrètement le moyen de développer en l’homme la mystérieuse force psychokinétique censée faire des Vril-ya des êtres comparables à des dieux. Il fonda au début du siècle dernier la Confrérie du Vril ou Loge Lumineuse.  La Société aurait enseigné des exercices de concentration conçus pour éveiller les forces de Vril, une force d'énergie sexuelle Shaakti, plus forte chez les femmes aux cheveux longs, qui alimentait l'énergie magnétique de la Terre vers le cerveau. Leur objectif principal était d'atteindre « Raumflug », le vol spatial inter-dimensionnel basée sur les révélations psychiques d'extraterrestres aryens vivant sur Aldébaran, l'Oeil du Taureau,... Adepte des rituels de l'Aube Dorée anglaise (Golden Down), et connecté, après un voyage en Inde et au Tibet, avec la société himalayenne des Chapeaux jaunes, Haushofer, ayant rencontré en 1917 la médium croato-autrichienne Maria Orsic fit converger l'entourage d'Orsic, la société de Vril, et la société de Thulé (embryon ésotérique du parti nazi actif à Munich en 1919 dont l'imaginaire touche encore la Nasa). Des membres de ce groupe louèrent en 1919 une petite maison de garde forestier près de Berchtesgaden (dans les Alpes bavaroises) où ils se rencontrèrent, accompagnés de Maria Orsic et d'une autre médium qui était seulement connue sous le nom de Sigrun. Selon Jürgen Ratthofer et Ralf Ettl, dans Das Vril Projekt (1992), Maria prétendait avoir reçu des transmissions médiumniques dans un script templier allemand secret puis dans une langue tout aussi inconnue d'elle contenant des données techniques pour la construction d'une machine volante. Il s'est avéré que la langue apparemment mystérieuse de la seconde canalisation était en réalité du sumérien ancien et donc la langue des anciens fondateurs de la culture babylonienne. Sigrun aida à traduire la langue et à déchiffrer les étranges images mentales d'une machine volante circulaire.  En mars 1922 fut terminé, grâce au financement par de riches industriels, le premier prototype de Jenseitsflugmaschine (ou machine volante en forme de soucoupe). Mais le premier vol d’essai fut un échec. D'autres tentatives allaient avoir lieu ensuite puis le savoir accumulé allait être repris dans les programmes de recherche du régime nazi après 1933.

C'est bien dans la lignée des soucoupes volantes de la Société Vril que se situait l'oeuvre de l'artiste à Bordeaux qui porte son nom. La présentation initiale de ce projet n'existe plus sur son site (voir ici), mais Rue89Bordeaux a eu la bonne idée de le recopier en novembre 2015. L'auteure y déclarait avoir « été frappée d’apprendre que de nombreux bateaux allemands datant de la Seconde Guerre mondiale se trouvent toujours au fond de la Garonne » et explique que la transformation de l’un d’eux constitue « la métamorphose d’une chose en une autre, pour donner chair au processus physique de mutation dans la ville ».

Dans l'interview précitée à Sud-Ouest l'artiste déclarait : "J’ai eu l’idée de sortir une épave de la Garonne pour la transformer en quelque chose d’autre, par une sorte d’alchimie, la transformation d’une matière en une autre, pour incarner le processus physique de transformation à l’œuvre dans la cité. J’ai imaginé qu’un de ces navires de guerre français en décomposition puisse devenir, des décennies après la défaite des Allemands, un vaisseau spatial étincelant. Rien à voir avec le fantasme de puissance et de contrôle d’une guerre nazie. Le renouveau d’un vaisseau spatial français, qui emporterait l’histoire jusqu’à aujourd’hui et vers un avenir hypothétique, tout à la fois un rappel de la guerre et un encouragement à imaginer et construire un avenir différent."

"The narrative changed" (la narration a changé) comme diraient les Anglo-saxons : initialement c'est une épave allemande que l'artiste voulait transformer en soucoupe volante, puis, sous la pression des polémiques, on invente une volonté d'utiliser au contraire une épave française pour se tourner vers un avenir meilleur. Mais qui peut être dupe ? (à part les journalistes qui évidemment n'ont pas relevé ce "détail", interrogé l'artiste à ce sujet ou mené une enquête pour savoir finalement si le navire fut français ou allemand...).

Changement de narration, mensonge sur le message de Bulwer-Lytton, on ne peut pas penser que tout cela procède de simples maladresses. L'artiste est une grande initiée. Le jeu de tarot Hexen 2 qu'elle a créé a été présenté par le Science Museum de Londres en 2012 comme "basé sur le système de la Golden Dawn" ce qui a valu à l'artiste en 2018 d'avoir une résidence de trois mois au CERN (semble-t-il prolongée jusqu'à maintenant cf Instagram)... Elle a publié en 1999 une sorte (si on en juge par la quatrième de couverture) de roman (mais dans les milieux occultistes les romans comme les films servent souvent à faire passer des réalités sur le mode du "hidden in plain sight") intitulé "Hexen 2039 : New Military-Occult Technologies for Psychological Warfare, a Rosalind Brodsky Research Programme" (prolongé par une expo au British Museum sept ans plus tard) qui "révèle ou construit des liens entre les théories du complot, les groupes occultes, Tchernobyl, la sorcellerie, l'industrie cinématographique américaine, les agences de renseignement britanniques, le lavage de cerveau soviétique et des expériences de contrôle du comportement menées par l'armée américaine et son commandement des affaires civiles et psychologiques (PSYOP), à la lumière de nouvelles recherches alarmantes dans les neurosciences contemporaines". A la lumière de tout cela la thèse d'un art qui n'aurait "rien à voir avec le fantasme de puissance et de contrôle", n'est tout simplement pas crédible.

bibliographie : Jan Von Helsieg, Secret societies
Vladimir Terziski, Nazi Ufos
Nick Cook, The Hunt for zero point
Timothy Good, Above Top Secret, The Worldwide Ufo Cover-up

On notera que l'ex (ou encore ?) franc-maçon Leo Lyon Zagami dans Invisible Masters (2018) en p. 203 en réponse à Wikipedia en allemand qui nie l'existence de la société Vril cite un article du savant allemand Willy Ley (1906-1969), publié dans le magazine Astounding Science Fiction sous le titre "Pseudoscience in Naziland" qui évoque une société qui recherchait le Vril sous le titre de Wahrheitgesellschaft. Il précise que l'énergie Vril (dont bizarrement la structure se comprendrait à partir d'une pomme) était peut-être maîtrisée par l'empire britannique et par l'empire romain sous la forme de boules métalliques appelées lares. Zagami précise un peu plus loin que la Golden Down elle-même avait des origines allemandes en la personne de la comtesse rosicrucienne bavaroise Anna Sprengel, fille naturelle de l'Electeur Louis Ie, mais l'existence de cette comtesse prête elle-même à caution...

Sur l'importance d'Aldebaran chez les occultistes voir aussi (p. 137 du même livre) le fait qu'à San Leo dans la province de Rimini en Emilie Romagne, en octobre 1969 un convent martiniste s'est réuni pour créer un égrégore sous la présidence du comte Gastone Ventura (1906-1981) dont le pseudonyme était Aldebaran.

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Des sénateurs français à l'Ouest sur la Catalogne

25 Mars 2019 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Espagne, #La gauche

 

41 sénateurs français ont signé un manifeste entièrement favorable aux sécessionnistes catalans d'Espagne. Parmi eux les 16 sénateurs du groupe communiste, 13  socialistes sur 74, 4 "Les Républicains" sur 145, 2 membres du groupe Union centriste (centre droit) sur 51 et 2 du Rassemblement démocratique et social (centre gauche) sur 22. Le texte de cette pétition lamentable est ici, la liste des signataires . Le texte a été composé à  l'initiative d’un sénateur macroniste spécialisé dans les affaires européennes. Mais la ministre en charge de ce domaine et candidate au parlement européen Nathalie Loiseau a rapidement réagi, estimant qu’aucun parlementaire “n’a à s’immiscer” car “c’est un sujet qui relève de la responsabilité de l’Espagne”.  Pour une fois je suis d'accord avec Mme Loiseau. Ces élus complètement à l'Ouest ne comprennent toujours pas le principe de non-ingérence, surtout en présence d'un drame politique qui divise profondément nos voisins catalans et risque à tout moment de les plonger à nouveau dans de graves conflits internes.

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Le CERN et l'hindouïsme

24 Mars 2019 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Grundlegung zur Metaphysik, #Philosophie et philosophes, #Le monde autour de nous

Beaucoup de discussions existent chez les chercheurs de vérité (truth seekers) autour des expériences du CERN, Organisation européenne pour la recherche nucléaire, qui sont censées, selon certains, tenter de créer des portes interdimensionnelles (des vortex comme on dit dans le langage du New Age) pour agir sur l'espace-temps ou entrer en communications avec diverses entités invisibles (toutes sortes de théories peuvent être échafaudées là-dessus).  L'accélérateur de particules Grand collisionneur de hadrons, Large Hadron Collider (LHC) en anglais, situé dans un tunnel de 27 km de circonférence à la frontière franco-suisse qui a validé le boson de Higgs en 2013 servirait à cela.

Deux vidéos filmées le jour de la St Jean Baptiste (24 juin) 2016 (une fête importante pour les francs-maçons et occultistes de tout poil) au dessus de LHC au moment où le CERN réalisait une nouvelle expérience (du nom de Awake) pour briser des particules entre elles montraient d'étranges nuages au dessus du tunnel. Elles ont alimenté beaucoup de rumeurs à ce sujet. Deux mois plus tard, le Guardian publiait une dépêche de l'AFP annonçant que le CERN ouvrait une enquête sur une vidéo filmée la nuit sur son campus de Genève, illustrant un simulacre de sacrifice humain devant une statue de la divinité hindoue Shiva exposée en permanence dans le complexe abritant le Grand collisionneur de hadrons . Le CERN estimait que cette vidéo clandestine d'un rituel qu'elle présentait comme purement humoristique (un peu comme l'Eglise de Satan d'Anton LaVey réclame le droit à la plaisanterie...) donnait une image négative de ses recherche. A tout le moins, elle rappelait au monde que le centre d'expérimentation où se trouve le LHC abritait ce genre d' "oeuvre d'art" (en face du bâtiment 40 précisément).

L'hindouisme spécule beaucoup sur les conflagrations que provoque la rencontre sexuelle entre Shiva-le-destructeur et Kali. La statue qui symbolise la danse cosmique de Shiva (on peut la voir ici) est un cadeau du gouvernement indien de 2004 (qui est membre associé du CERN comme Israel et la Serbie depuis 2017). Sa plaque renvoie explicitement aux travaux du physicien autrichien propagandiste New Age Fritjof Capra (son livre de 1975 "The Tao of Physics") qui explique que la danse de Shiva métaphorise la danse de la matière subatomique, en ces termes : "Chaque particule subatomique non seulement exécute une danse énergétique, mais est également une danse énergétique; un processus palpitant de création et de destruction… sans fin… Pour les physiciens modernes, la danse de Shiva est la danse de la matière subatomique. Comme dans la mythologie hindoue, il s'agit d'une danse continuelle de création et de destruction impliquant tout le cosmos; la base de toute existence et de tous les phénomènes naturels. "

En 2016 j'avais mis l'accent sur ce passage de Romain Rolland à propos de la rencontre entre Tesla et Vivekananda à New York  "Nicolas Tesla fut surtout frappé, dans l'enseignement de Vivekananda, par la théorie cosmogonique Samkhya et par ses rapports avec les théories modernes de la matière et de la force."  (voir aussi ici p. 75) - mais on s'éloigne là peut-être du sujet car la samkhya est une option rationaliste de l'hindouïsme qui ne reconnaît pas l'autorité du Véda). On peut aussi citer l'enthousiasme de Schrödinger pour la sagesse indienne.

La connexion entre la science et l'hindouisme est intrigante, et l'on ne sait jamais ce que l'on peut obtenir en tirant ce fil.

Dans The Alchemy of Rainbow Heart Music : How Paranormal Sonofusion Subverts the Matrix Conspiracy d'un certain Moose Dung (sûrement un pseudonyme, je ne trouve rien sur lui), je lis que les travaux du Professeur de mathématiques à Berkeley,  Abraham Seidenberg (notamment son article (“The Ritual Origins of Geometry”) ) ont " fait l’objet d’une attention particulière dans les recherches récentes d’Advaita Vedanta parce qu’il fait remonter les origines du théorème de Pythagore jusqu'en 3000 av. J.-C. en Inde védique - via les autels de sacrifices rituels. Seidenberg (1916-1988), dans plusieurs essais publiés dans des revues universitaires de premier plan, déclare que le concept d'incommensurabilité ou le paradoxe de l'infini, a été établi dans le monde entier à travers les rituels de sacrifice humain sur des autels qui ont maintenu la création par la séparation cosmique du ciel et la terre. (par opposition à l'union du ciel et de la terre par l'humanité - le but explicite des vraies Harmoniques pythagoriciens-taoïstes et du non-dualisme OM)". La vidéo du sacrifice du CERN rendrait-elle compte de quelque chose de plus profond qu'une parodie de potaches ?

Il faudrait développer ici le point du rapport du CERN à l'occultisme. Il y a un an, en mars 2018, le magazine Forbes a annoncé la remise du prix international Art Collide Residency Awards que le CERN décerne à des artistes en collaboration avec la Fondation britannique pour l'art et les technologies créatives (FACT) : la lauréate a été Suzanne Treister qui, grâce à cela, a pu bénéficier d'une résidence au CERN pour trois mois (au même moment elle recevait d'ailleurs une belle commande de la métropole de Bordeaux alors dirigée par Juppé, dans le cadre d'un projet initialement appelé "Vril", une organisation secrète occultiste d'où sortirent Hitler et le nazisme, certaines inspirations de nos rockers, mais aussi la NASA à travers Wernher von Braun - un copain de Disney -, Vril était aussi très liée à l'hindouisme elle aussi, but that's another story for another day, comme dirait l'autre). En juillet 2012, le journal Libération avait fait l'éloge du jeu de tarot (divinatoire) créé par Treister qui retrace l'histoire des technologies de l'information en 78 cartes : le magicien Timothy Leary (l'inventeur du LSD), l'impératrice qui sont les agences de renseignement, l'ermite est le mathématicien "Unabomber" etc. "Reconnaissante de l'héritage des précédents jeux de tarot comme le Rider-Waite ou le tarot de Thot d'Aleister Crowley, Suzanne Treister a inventé ici un nouveau Tarot, qui permet à un lecteur, ou à un groupe de lecteurs travaillant en collaboration, d’utiliser les cartes pour reconfigurer l’histoire et / ou cartographier de futurs récits hypothétiques"nous explique-t-on sur Amazon... Reconfigurer l'histoire et le temps, une idée qui titille les "Supérieurs Inconnus" du CERN ... On y reviendra peut-être ultérieurement.

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La CIA est-elle derrière l'assaut contre une ambassade nord-coréenne ?

21 Mars 2019 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Colonialisme-impérialisme

Le journal El Confidencial le 28 février (puis cela a été repris par le très "mainstream" El Pais) a révélé que 22 février, une dizaine d'hommes armés est entré par effraction dans l'ambassade de Corée du Nord en Espagne, située dans un quartier cossu de Madrid. Le groupe a séquestré ses huit employés présents pendant quatre heures et a finalement pris la fuite à bord de deux véhicules munis d'appareils informatiques et de documents confidentiels.

 Il n'y a pas eu de meurtre, seulement un vol d'ordinateurs.

Selon El Pais du 13 mars au moins deux des dix assaillants sont liés à la CIA. Les démentis des services de renseignements à ce sujet sont jugés "peu convaincants".

Certains relient ce fait aux déclarations de Trump avant le sommet avec Kim Jong Un selon lesquelles Washington connaît "chaque pouce de pays". Un viol de la convention de Vienne sur la sécurité des missions diplomatiques qui aurait pu contribuer à faire capoter le sommet de Hanoï.

Le Washington Post, très lié lui-même à la CIA, essaie d'avancer un écran de fumée en évoquant l'hypothèse que le groupe sud-coréen Cheollima Civil Defense/Free Joseon (qui avait organisé en 2017 la fuite du fils d'un dignitaire assassiné en Malaisie) pourrait être derrière l'opération. Mais El Confidencial du 16 mars remarque que cela ne changerait rien au fond de l'affaire puisque cette organisation est connue pour être un proxy (un agent extérieur) de la CIA. Moon of Alabama affirme que Chollima est à la Corée du Nord ce que les Casques blancs sont à la Syrie : un instrument d'ingérence pour le changement de régime.

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Manifestations "Pas touche au Venezuela" "Hands off Venezuela"

19 Mars 2019 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Colonialisme-impérialisme, #Débats chez les "résistants", #La gauche, #George Soros

Samedi des manifestations ont été organisées à travers le monde pour s'opposer à l'ingérence états-unienne au Venezuela. En Argentine, au Pérou, en Malaisie, au Canada, en Nouvelle-Zélande et aux Etats-Unis, le slogan fut le même : " U.S. hands off Venezuela! NO to the coup — NO to sanctions — NO to a new U.S. war ! " (Pas touche au Venezuela, non au putsch, non aux sanctions, non à la guerre étatsunienne).

A Johannesbourg (Afrique du Sud), le syndicat de la métallurgie NUMSA (l'Union nationale des travailleurs de la métallurgie) qui compte 380 000 adhérents (c'est le principal syndicat de la COSATU) manifestait avec le Parti des révolutionnaire socialiste des travailleurs (un parti fondé récemment par le NUMSA qui considère que le parti communiste d'Afrique du Sud n'est plus communiste) devant le consulat des Etats-Unis. La chaîne d'actualités en continu eNCA a donné à cette occasion la parole à Christine Olivier, première vice-présidente du NUMSA.

A Paris les jeunes pour la Renaissance communiste en France (JRCF) avaient sorti pour l'occasion des affiches de soutien au Venezuela et un drapeau dans le cadre de la manifestation des Gilets Jaunes à Paris.

 

Le Venezuela se remet lentement de la rupture jeudi dernier des trois lignes de 765kV de la centrale hydroélectrique de Guri, la 4° au monde par sa puissance, qui alimente 80% du pays.

Depuis 2013, les centrales électriques vénézuéliennes sont militarisées sur ordre du président Nicolás Maduro.

Le Venezuela subit depuis plusieurs années des coupures d’électricité, en particulier à l’intérieur du pays, qui ont été attribuées par le gouvernement à la sécheresse ou aux pluies excessives, à El Niño, aux coupures de câbles, aux incendies, aux incursions d’animaux sauvages comme les matos et les iguanes ou aux actes délibérés de sabotage. Les experts dans le domaine de la production d’électricité et certains travailleurs de CORPOELEC les attribuent au manque de maintenance et de pièces de rechange. Cette fois-ci le gouvernement l'impute à un acte délibéré de sabotage. L'association de l'école d'ingénieurs "Asociación Venezolana de Energía Eléctrica del Colegio de Ingenieros" a mis en cause un incendie dû à la vétusté des installations en ajoutant que si la centrale avait eu du personnel qualifié le problème aurai été réparé en 4 heures et non en 6 jours. Mais le président de cette association en 2015 Winston Cabas avait manifesté publiquement son soutien à l'opposition - voir article disparu ici et son profil Facebook. Son point de vue prête donc à caution... On sait qu'en 2010 (cf Wikileaks), CANVAS, organisme subventionné par Soros qui avait déjà organisé des actions subversives au Venezuela sous Chavez, avait théorisé l'effet déstabilisateur des pannes électriques. Rappelons nous aussi le bombardement délibéré des centrales électriques serbes par l'OTAN pour liguer la population contre Milosevic il y a 20 ans.

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Si j'avais fait d'autres choix dans ma vie privée...

17 Mars 2019 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le quotidien, #Souvenirs d'enfance et de jeunesse, #Grundlegung zur Metaphysik, #Billets divers de Delorca

Vous qui avez lu "Incursion en classes lettrées", vous connaissez un peu mon parcours. Comme ce blog est aussi un peu mon journal, je peux m'autoriser à dire un mot sur ce vécu. Ce qui me frappe toujours quand je regarde dans le rétroviseur, c'est la vacuité de toutes ces années 2000, 2010... Peut-être parce que je n'ai pas vraiment cherché à enseigner, peut-être parce que j'évitais systématiquement les activités trop répétitives ou ordinaires comme écrire des articles pour des journaux, et j'esquivais aussi les gens sans relief (or il y en a tant...), je me suis retrouvé très seul, et donc j'ai passé de longues demi-journées, en dehors de mes activités professionnelles, sans vraiment me rendre utile à personne.

Parfois je me demande si, en ayant fait d'autres choix à des moments clés de mon existence, j'aurais pu un peu densifier mon itinéraire, et aussi, me rendre plus utile.

Mais je ne le crois pas. Si, en 1992 j'étais devenu enseignant en collège en Béarn (ce qui eût été l'option normale pour le fils d'ouvrier que j'étais, plutôt que de devenir haut fonctionnaire), ma vie eût été aussi décevante et triste que pendant mon adolescence et j'en serais aujourd'hui, comme mon prof de philo de Terminale, réduit à écrire des éloges de collègues admirateurs de l'occultiste Bernadotte.

Si, en 1995, j'avais épousé la fille avec laquelle je sortais à Troyes, nous aurions acheté une maison dans la Champagne pouilleuse et ma vie eût été parfaitement ennuyeuse. Si, en 1997, je m'étais marié avec la jeune comptable qui était ma compagne du moment, c'eût été exactement le même ennui, mais à Dijon...

Si, en 2003, j'étais allé chercher à Belgrade ma passion serbe rencontrée en 1999, je l'aurais quittée en 2005 après deux ans de psychodrame car c'était une femme impossible et, au milieu de ma tristesse, j'aurais trouvé ma consolation de célibataire dans les massages ou le tourisme sexuel, afin d'apaiser mes angoisses, nourrir mes démons, sur le boulevard qui mène tout droit au lac de feu, car Dieu n'eût pas alors mis sur la route, comme il l'a fait en février 2014, un médium capable de me prouver l'existence du monde invisible ni la voie pour sortir de tout cela par le haut. Mon coeur eût été de toute façon trop endurci pour comprendre ça. 

Ainsi, d'aucune manière ces choix de vie ne m'auraient apporté plus d'épanouissement, plus de savoir authentique, plus de vérités ni de liberté que ceux que j'ai faits dans le réel. Dans ces vies alternatives j'en serais encore à ânonner les idées toutes faites d'une gauche contestataire sans horizon métaphysique, à contribuer aux mensonges ambiants, à maintenir mes lecteurs - comme moi-même - dans des impasses. Il n'y a pas de regret à avoir de n'avoir pas vécu dans ces erreurs. 

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Pétition pour Nasrin Sotoudeh

15 Mars 2019 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Colonialisme-impérialisme, #Débats chez les "résistants", #Proche-Orient

Hier il m'a été proposé de signer une pétition pour la libération de l'avocate iranienne Nasrin Sotoudeh condamnée cette semaine à 38 années de prison et 148 coups de fouet (dans son cas seule la peine d’emprisonnement la plus longue s’appliquerait, en l’occurrence celle pour « incitation à la débauche » qui lui promet dix ans de prison à quoi s'ajoute la condamnation au fouet notamment pour s'être présentée au tribunal par le passé sans le voile islamique obligatoire pour les femmes dans l’espace public).

J'aurais volontiers signé la pétition, en ligne ici et qui comptait déjà 30 500 noms et en compte aujourd'hui 50 000.

Tout d'abord parce que je suis assez hostile à l'imposition des tenues vestimentaires aux individus de sexe féminin, par l'Etat ou par les multinationales (par les lois ou par le formatage mental), que ce soit au Proche-Orient le port du voile obligatoire, ou chez nous les tenues moulantes toute l'année (le jean) ou déshabillées en été. Et surtout parce que le supplice du fouet me paraît particulièrement barbare.

Mais un "détail" m'a retenu de le faire : la pétitions est portée par la plateforme Change.org. Je suis assez d'accord avec l'appel à boycotter Change.org publié sur ce site en 2014 qui fait remarquer "qu'Avaaz a été créé par Ricken Patel un anglo-canadien passé par la fondation Rockefeller (...) La fondation Rockefeller apprend à manipuler des foules et nul doute que ce Ricken Patel en est devenu un expert. Ben Wikler, le directeur de campagne d’Avaaz vient de devenir le vice-président et directeur exécutif de Change.org". Vous pouvez aussi lire ici les remarques de l'association pour le libre ensemencement qui dénonce l'instrumentalisation de Change.org par les oligarques."

Il n'est pas question de signer une pétition qui sera ensuite manipulée pour promouvoir un "changement de régime" (regime change) sur une base interventionniste en Iran, comme c'est la spécialité de ces plateformes contrôlées par les grands financiers.

Je suggère donc qu'une pétition soit lancée au soutien de Mme Nasrin Sotoudeh sur une base strictement humanitaire, mais dans le respect de la souveraineté de l'Etat iranien et de la légalité internationale. A ce moment-là je la signerai.

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Alexandria Ocasio-Cortez, recrutée au terme d'un casting

14 Mars 2019 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Les Stazinis, #La gauche, #Débats chez les "résistants", #Le monde autour de nous, #George Soros

La serveuse de restaurant Alexandria Ocasio-Cortez, députée socialiste (aile gauche du Parti démocrate) de la circonscription du Bronx à New-York défraie régulièrement la chronique aux Etats-Unis par diverses déclarations choc. L'amie de la sorcellerie du Monde Diplomatique Mona Chollet chante sa louange sur Twitter, mais il est plus intéressant de s'instruire sur les conditions de son élection à la chambre des représentants.

En 2017, un groupe appelé Justice Democrats qui est au coeur du projet de conversion de l'ensemble du parti démocrate aux idéaux socialistes ont organisé des auditions pour trouver des candidats aux élections au Congrès. Le frère d' Alexandria Ocasio-Cortez (AOC) Gabriel l'a proposée pour le rôle. Alexandra Rojas, directrice de Justice Democrats s'est vantée d'avoir organisé le casting - voir la vidéo ici (en minute 1'11).

Divers éléments montrent qu'elle est en permanence coachée pour tout ce qu'elle dit, elle suit un script comme la mairesse dont j'étais le conseiller en Ile-de-France en 2009. Elle ne réside même pas dans la circonscription (le Bronx) dont elle est élue.

L'homme qui tire les ficelles est Cenk Uygur, un businessman turc fondateur aux Etats-Unis du parti "les Jeunes Turcs" qui fait partie du réseau Media Consortium qu'on dit financé par George Soros. Pour imposer ses hommes et ses femmes à la place de vieux routiers du Parti démocrate comme Joseph Crowley, le député battu par AOC, il a débauché des gens de la campagne de Bernie Sanders en 2016 comme Zack Exley (de MoveOn, un autre organe de la galaxie Soros) ou Saikat Chakrabarti (co-fondateur de Justice Democrats) un admirateur de l'activiste indien Sabhas Chandra Bose, réfugié auprès d'Hitler en 1941 (comme référence on fait mieux...). On en saura probablement plus dans quelques mois sur tout ce lobby de "Justice Democrats" qui va sans doute jouer un rôle important dans la nouvelle campagne de Sanders poru 2020.

Quand on entend la référence de la gauche mondiale Noam Chomsky vanter la "victoire spectaculaire" de cette marionnette politique, on peut se demander, au minimum, s'il n'eût pas été préférable que la mouvance Justice Democrats avance de "vrais candidats" et non des acteurs qui font croire qu'ils ne jouent pas un rôle.

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Remise de prix à l'UNESCO

13 Mars 2019 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Proche-Orient, #Le quotidien, #Billets divers de Delorca

J'étais invité hier (parmi beaucoup de personnes) à une remise annuelle à l'UNESCO (à Paris) du Prix UNESCO-Roi Hamed Ben Isa Al-Khalifa pour l’utilisation des technologies de l’information et de la communication (TIC) dans l’éducation, prix qui récompense des associations méritantes (voir vidéo ci-dessous). Je m'y suis donc rendu.

Je sais que la situation des droits de l'homme au Bahrein est plus que délicate, à l'encontre des militants chiites, et cela est dû à un contexte géopolitique très difficile depuis longtemps : Albert Londres déjà dans les années 1930 (dans Pêcheurs de perles), soulignait qu'une bonne partie de la population se considérait comme persane. Et je ne suis pas enthousiaste pour le pro-américanisme de ce royaume (qui héberge la Ve flotte étatsunienne), mais je ne suis pas sectaire, et donc je suis prêt à reconnaître les efforts constants de modernisation de la dynastie des Al Khalifa, qui d'ailleurs fête le centenaire de la première école pour garçons Al-Hidaya Al-Khalifia en 1919, comme l'expliquait l'exposition à l'entrée de l'auditorium de remise des prix. 

Il est frappant de lire justement dans Pêcheurs de perles dans quel état de misère se trouvait toute la péninsule arabique, jouet des impérialismes turc et anglais, avant le pétrole. Le Bahrein et ses pêcheurs de perles ne faisaient pas exception.

Evidemment il est facile de se développer quand on exporte des hydrocarbures, mais il est légitime qu'un pays mette en valeur ce qu'il a fait, et de toute façon, même si beaucoup de Chiites souhaiteraient être dans l'orbite iranienne, les Sunnites fidèles au souverain sont aussi nombreux. Peut-être même beaucoup de Chiites soutiennent-ils les Al-Khalifa aussi (mes recherches sur les dernières élections législatives m'avaient montré que beaucoup de Chiites étaient en fait empêchés de voter par des extrémistes violents). Rien n'indique donc que le gouvernement du Bahrein serait en soi illégitime, et, pour ma part, je n'ai rien vu à l'UNESCO qui mérite une désapprobation, même si la directrice générale Mme Azoulay, l'amie de François Hollande, ne m'est pas nécessairement sympathique.

Ce petit tour à l'UNESCO m'a rappelé mon passage à l'ambassade d'Ouzbékistan il y a onze ans. Il faut bien sortir un peu de ses livres de temps en temps...

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L'épouse de Bernard-Henri Lévy pond un film "inspiré"

9 Mars 2019 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Grundlegung zur Metaphysik, #Débats chez les "résistants", #Cinéma

Une affiche digne des spectacles de Messmer (qui provoque parfois quelques effets secondaires "bizarres" chez leurs spectateurs) dans les familles, surmontée comme il se doit de l'oeil omnivoyant maçonnique. Et, dans la distribution, Asia Argento, co-fondatrice de Me-too, et surtout, fille d'un réalisateur de films d'horreur "initié", et elle-même très versée dans la sorcellerie et le rosicrucisme comme elle l'affiche sur les comptes de ses réseaux sociaux. C'est le dernier film d'Arielle Dombasle, l'épouse du propagandiste belliciste Bernard-Henri Lévy, « Alien Crystal Palace . "Mon film est complètement libre" a-t-elle déclaré sur Europe 1 le 27 janvier dernier. Quand on connaît un peu le monde des sociétés secrètes et de l'occultisme, avec une affiche pareille, on n'y mettrait pas sa main à couper...

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Des idées pour aider les Yézidis

9 Mars 2019 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Proche-Orient, #Aide aux femmes yezidies, #Le monde autour de nous, #Billets divers de Delorca, #Les rapports hommes-femmes

Hier soir, un lecteur de Belgique m'écrit :

"Bonsoir,

J'ai 65 ans, marié, je connais la plupart de ces reportages sur le vécu de ces femmes Yezidies. Je viens de visionner ce soir le film de Eva Husson "Les filles du soleil". Question idiote (suis un grand naïf). J'arrive sans doute un peu tard, mais il est une petite chambre inoccupée (nous avons deux grands enfants, et des petites-filles). Ce qui m'a poussé à me demander comment je pourrais apporter une aide, modeste, un réconfort quelconque à ces femmes. Ou un soutien moral, ne serait-ce même que par correspondance. car ma santé, et celle de mon épouse, ne permet plus de grosses dépenses d'énergie. Je veux juste dire que nous n'avons plus 20 ans...
Enfin, voila. Soyez assuré de mon intérêt pour cette cause, à défaut de l'immobilisme et l'arrogance de la plupart des politiciens de tout bord. 
Je ne suis pas certain qu'un seul % de notre population connaisse ce 'génocide', ni même cet endroit de notre petite planète, bleue, mais encore très égoïste. Je me débrouille avec l'anglais en seconde langue.
J'habite près de Namur.
Je reste ouvert à vos remarques, et/ou suggestions
En vous remerciant de me lire.
Recevez mes meilleures salutations."

Un bel élan généreux qui m'a poussé à faire le point sur ce qui peut être fait. Il n'est absolument pas trop tard car les besoins de cette communauté malheureuse sont immenses et, derrière les grands shows de Bill Gates autour de la prix Nobel Yézidie Nadia Murad, sur le terrain les rescapés des massacres continuent à vivre dans la détresse et la pauvreté, tandis que, ne l'oublions pas, 3 000 femmes réduites à l'esclavage ainsi que leurs enfants sont toujours portées disparues - mortes ? réduites en esclavage chez de riches émirs ou dans d'obscurs réseaux de riches Occidentaux ?

Le tout est de bien cibler l'aide, ce qui suppose de réfléchir. L'an dernier (en février 2018) une lectrice de mon blog qui habite en région parisienne m'avait proposé de mettre à disposition d'une femme yézidie réfugiée une pièce de son appartement. Ma prospection dans les réseaux yézidis n'avait rien donné : les yézidis ont en effet tellement l'esprit de communauté que les femmes qui sont réfugiées en Europe le sont toujours avec le restant de famille (au sens large : les oncles, les cousins) qu'elles ont, jamais seules. Il doit bien y avoir quelques femmes qui ont perdu toute leur famille  mais celles-là sont restées, ou, pour les plus traumatisées en elles, prises en charge par quelque institut de réparation psychologique en Allemagne.

Il semble que le besoin principal reste l'aide financière. Beaucoup de rescapés yézidis ont pu quitter les camps de l'ONU au Kurdistan pour retrouver leurs maisons détruites dans la plaine de Ninive. Mais tout y fait défaut : pas d'eau courante, pas d'électricité, pas d'emploi pour vivre. Et aider cette minorité n'est pas la priorité, loin s'en faut, du gouvernement de Bagdad. La dernière fois que j'ai écrit à l'ex-journaliste et militante yézidie Nareen Shammo dont j'ai parlé notamment dans cet article, et qui reste ma principale "porte d'entrée" dans les réseaux. Elle m'a proposé d'aider matériellement deux étudiants yézidis de l'université de Mossoul - deux frères originaires de Bachiqa qui avaient en charge une petite soeur handicapée et dont une partie de la famille a été massacrée, ils sont encore domiciliés au camp Esyan à Duhok. Selon elle, le retour "à la normale" pour cette communauté, et le pansement des plaies passe aussi par le soutient à leur jeunesse, leur donner les moyens de construire un avenir sans sombrer dans le désespoir. J'avais alors aidé ces deux jeunes pendant deux mois avec quelques euros via Western Union (même si Western Union en direction de l'Irak  a été bloqué cet hiver, mais on peut faire le détour par d'autres pays). N'importe quel lecteur peut prendre mon relais auprès de ces jeunes s'il le veut, il suffit de me contacter via le formulaire de ce blog. Et il y a aussi d'autres possibilités, des milliers d'autres. On peut y réfléchir ensemble.

Par exemple un lecteur qui se débrouille en anglais, comme c'est le cas de ce correspondant peut aussi créer un site d'aide aux Yézidis (sur over-blog c'est facile à faire et gratuit), y traduire des articles anglais sur leur situation (mon travail ne me le permet pas mais pour un retraité ce n'est pas si long à faire : on entre l'adresse URL de l'article sur Google Chrome, il vous le traduit automatiquement et ensuite on n'a plus qu'à corriger les maladresses de la machine en mobilisant vous connaissances d'anglais du lycée). Ca permettra aussi de mobiliser la générosité d'autres lecteurs.

Et n'oubliez pas : pour les Yézidis il est relativement facile de trouver des chemins pour aider. Beaucoup plus que pour les femmes nigérianes violées par Boko Haram qui survivent dans des camps militaires (pas des camps de l'ONU) qui n'ont pas comme ceux des Yézidis pignon sur la Toile d'Internet, ou le lumpenproletariat de tous les bidonvilles du Tiers-Monde dont la vie compte tout aussi peu aux yeux du monde que celle des Yézidis.

Je précise aussi que je ne suis pas d'accord avec l'approche féministe du problème yézidi qui motive  Eva Husson (sur le "self-empowerment" des combattantes qui "vénèrent le soleil"), non pas parce que je suis hostile à l'émancipation féminine mais parce que la problématique féministe est paramétrée à l'échelle mondiale selon un agenda qui n'a rien à voir avec cette émancipation (l'image de Caroline de Haas lors de la journée de la femme cette semaine, ici à gauche, est très révélatrice pour qui connaît la sémiologie). De même je n'adhère pas à l'approche New Age de la question. Mon rapport à ce peuple est dépourvue de tout biais idéologique. Il procède au départ d'une indignation purement humaine devant un génocide, et reste orienté uniquement dans cette optique.

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Le WWF colonialiste et meurtrier

7 Mars 2019 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous, #Colonialisme-impérialisme, #Les régimes populistes, #Christianisme, #Débats chez les "résistants", #George Soros

Dans le cadre d'une investigation très détaillée et (pour une fois) relayée par les grands médias (un règlement de comptes entre oligarques ?), le site américain Buzzfeed News (4 mars 2019) accuse l'ONG WWF (World Wildife Fund, Fonds mondial pour la nature) de "financer des forces paramilitaires brutales" qui ont "torturé et tué des gens" en Asie et en Afrique. Les deux enquêteurs auteurs de l'article citent le cas d'un paysan népalais,  Shikha Ram Chaudhari, torturé en 2006 par les gardiens d'un parc naturel pour avoir été soupçonné d'avoir caché chez lui une corne de rhinocéros (le WWF s'est mobilisé en 2007 pour faire échouer les poursuites en justice). Il expliquent qu'à la suite de cette affaire Buzzfeed a lancé une enquête dans six pays. Les résultats sont accablants : en Asie et en Afrique, des villageois ont été fouettés avec des ceintures, attaqués avec des machettes, battus inconscients avec des bâtons de bambou, agressés sexuellement, abattus et assassinés par des unités anti-braconnage payées par le WWF. Le personnel de l'organisation sur le terrain a organisé des missions de lutte contre le braconnage avec des troupes de choc notoires et les directeurs des parcs ont approuvé l'assassinat de dizaines de personnes. Le WWF a fourni aux forces paramilitaires des salaires, une formation et du matériel - y compris des couteaux, des jumelles de vision nocturne, du matériel anti-émeute et des matraques - et financé des raids sur des villages. En République centrafricaine, ils ont été impliqués dans l'armement de soldats qui, à Bouar, en 2008 ont défilé avec des têtes coupées qui, selon eux, appartenaient à des bandits de la route qu'ils avaient abattus.

"L'organisme de bienfaisance, ajoute Buzzfeed, a fonctionné comme un maître-espion mondial, organisant, finançant et dirigeant des réseaux d'informateurs dangereux et secrets motivés par la «peur» et la «vengeance», y compris au sein des communautés autochtones, afin de fournir des renseignements aux fonctionnaires du parc, tout en niant publiquement le travail avec des informateurs. "

Le WWF, qui promeut ces "rangers" sanguinaires comme des défenseurs de la "planète en danger" et en fait même des poupées pour enfants, a été créé à Zurich en 1961 par des Britanniques.

Dans les années 1970-80, tous les petits Français ont été endoctrinés par cet organisme. La célèbre émission "Caméra au poing" lancée en 1968 était  présentée par Christian Zuber, petit fils du pionnier de l'écologie Théodore Monod... et cadre du WWF. En 1987 la revue Pif Gadget (qu'en 2015 l'AFP présentait comme un "mythique magazine pour enfants des années 1970-80) offrait à ses lecteurs un "jet balloon j'aime les animaux WWF" (n°961 de la revue).

Leonardo DiCaprio, le prince Charles ou le prince Albert de Monaco font partie de ses généreux donateurs.

Mais derrière cette façade reluisante, les origines et l'histoire de l'association sont plus sombres. Comme l'a révélé au grand public en 2011 le documentaire publié sur Arte du journaliste allemand renommé Wilfried Huismann (auteur du best seller "Le silence des Pandas"/Pandaleaks en 2012) , intitulé « Le pacte avec le panda» , cette organisation est une émanation de l'Empire britannique : le mari de l'actuelle reine d'Angleterre (dont les quatre soeurs avaient épousé des dignitaires nazis), le Prince Philip Mountbatten, et feu le Prince Bernhard (1911-2004) des Pays-Bas, ancien membre du Parti Nazi, sont ses véritables fondateurs et ont été parmi ses présidents . Le même Prince Philip n'a jamais caché qu'il considère la surpopulation humaine comme  une menace pour la planète ("Je dois avouer que je suis tenté de demander à être réincarné en tant que virus particulièrement meurtrier" a-t-il écrit en 1987 dans une préface au Fleur Cowles "If I Were an Animal") . Il fait partie du courant des élites qui veut faire diminuer drastiquement la population humaine. Bill Gates et les Rothschild s'y rattachent aussi.

Un des principaux fondateurs affichés du WWF Sir Julian Huxley (apôtre du transhumanisme et frère de l'écrivain très connaisseur des sociétés secrètes Aldous Huxley - voir sa célèbre fiction "Le Meilleur des Mondes") était lui aussi un malthusien :  "Depuis le début du siècle, l’équilibre écologique du monde a été profondément dérangé et sa structure écologique bouleversée par le redoutable accroissement de sa population et la surexploitation non moins redoutable de ses ressources naturelles." écrivait-il en 1960. Huxley avait auparavant fondé en 1948 l'IUCN, Union internationale pour la conservation de la nature, rattachée à l'ONU, dont les statuts ont été rédigés par le ministère des affaires étrangères britanniques et selon les archives de la No Cancer Foundation le WWF avait été initialement créé pour financer l'IUCN.

Aujourd'hui le WWF est fortement imbriqué avec le "big business" de la finance mondialisée.

Dans l’organigramme de l'association (qui emploie 4 000 permanents) en 2008 (il y a peu de chances que ça ait changé depuis lors) apparaissaient les noms de deux vice-présidents. Le premier, Lawrence H. Linden, était aussi directeur à la banque américaine Goldman Sachs,  ; le second, Roger W. Sant, était le président de AES («Applied Energy Services ») une société américaine qui vend de l’électricité dans 26 pays du globe et fait un chiffre d’affaire de 16 milliards de dollars par an, une des 51 entreprises les plus polluantes des États-Unis selon une étude réalisée par l’Université du Massachusetts, en 2002 - les écologistes ne sont pas à une contradiction près. Le conseil d'administration comptait d'anciens dirigeants de multinationales et des membres du Council on foreign relations (un think tank mondialiste financé par les grands banquiers). Le président du WWF-France de 2001 à 2008 fut Daniel Richard, ancien PDG des Trois Suisses et de Sephora (l'entreprise du groupe LVMH qui a envisagé de vous vendre des cartes de tarot et des pierres de sorcellerie en plus du maquillage), lequel a succédé à Luc Hoffmann, ancien vice-président du groupe pharmaceutique Hoffmann-Laroche (aujourd'hui c'est la navigatrice Isabelle Autissier).

D'où le sens des affaires de l'organisation qui se reflète dans la manière dont elle a obtenu  depuis 1993 le monopole de l'écocertification à travers le Forest Stewardship Council, un business juteux à défaut de permettre une protection effective des forêts. Cela a notamment valu au WWF de remporter en 2017 le prix de “l’écoblanchiment de l’année”, remis par Survival International, pour sa collaboration avec sept entreprises exploitant près de 4 millions d’hectares de forêts qui appartiennent aux “Pygmées” baka et bayaka d’Afrique centrale.

Tout cela s'est fait en collaboration avec les leaders religieux employés à préparer la religion mondiale unifiée : en 1986, à l’occasion du vingt-cinquième anniversaire du WWF, le prince Philip a organisé à Assise (Italie) une rencontre internationale de trois jours, réunissant des représentants de cinq religions mondiales – le bouddhisme, le christianisme, l’hindouisme, le judaïsme et l’islam – qui se sont engagés à renforcer la prise de conscience à l’égard de l’environnement. D’autres religions et spiritualités se joindront à cette initiative, générant de nombreux projets de conservation. Comme le rapporte Rob Soutter, directeur du WWF-International, « notre idée était que, par ce biais, nous pouvions atteindre beaucoup plus de gens que cela n’eut été possible par nous-mêmes, et d’une façon plus vraie qu’à travers des communiqués de presse et des mailings de masse », tout en ajoutant : « Mais, nous pensions qu’il nous fallait coordonner le tout. » Pour coordonner tout cela, le WWF crée l’Alliance pour la religion et la conservation (ARC), mis en place lors d’un nouveau « sommet religieux » organisé en 1995 par le prince Philip au château de Windsor. Selon un communiqué du WWF de mars 2004, « le WWF a été un instrument clé pour créer une organisation mondiale qui pourrait placer jusqu’à 1000 milliards de dollars dans des investissements socialement responsables d’ici les dix ans à venir. » En effet, l’ARC, en partenariat avec le WWF, a fondé l’International Interfaith Investment Group (3iG) composé au départ de 27 organisations représentant les membres de sept religions mondiales et différentes banques. Martin Palmer, le secrétaire général de l’ARC, estime qu’« à terme, 3iG pourrait devenir l’un des plus importants blocs de puissance économique au monde. » Et le WWF d’ajouter : « Le WWF sera un partenaire séculier, offrant ses conseils sur les questions d’environnement comme les énergies renouvelables ou le changement climatique. » (Nous empruntons ces éléments au très bon dossier d'Alerte Environnement sur ce sujet, les citations n'ont pas été vérifiées, mais la bibliographie a l'air sérieuse).

Les patrons britanniques de la conservation ont une grande expérience du massacre des humains pour défendre la nature. 

Les premières réserves en Afrique ont été mises en place par le président sud-africain  Paul Kruger en 1889. L'une d'entre elles était la réserve de Sabi, aujourd'hui appelée parc Kruger, créée le long de la frontière avec la colonie portugaise du Mozambique. 

En 1902, Lord Milner membre du groupe maçonnique de la Table ronde fondé par Cecil Rhodes, qui voulait faire de l'Empire britannique un gouvernement mondial, rétablit le parc  après que l'Afrique du Sud est devenue une colonie britannique. Le premier gardien du parc, le major  James Stevenson-Hamilton , avait été en service actif pendant la guerre génocidaire des Boers sous le 6e régiment de Dragon.

Lord Milner  lui ordonna de nettoyer le parc , ce qu'il allait faire, jusqu'à sa retraite en 1946, Stevenson-Hamilton d'une manière impitoyable en mettant en œuvre une "campagne anti-braconnage" militaire. Même les indigènes qui n'ont pas été expulsés ont dû partir car la chasse était leur principale source de viande; ils se sont déversés dans les villes et les mines, où ils sont devenus de virtuels travailleurs esclaves pour le nouveau régime britannique. À la suite de cette politique, le major a obtenu l’épithète «skukuza» («le balayeur»). Le siège social, Skukuza, du parc Kruger a été nommé en son honneur (voir l'article de Joseph Brewda de 1994 ici). 

Cela a continué après la décolonisation : le système de guerre de Stevenson-Hamilton contre la population autochtone, sous couvert de protection de la faune, est devenu explicitement la source d'inspiration du colonel britannique  Mervyn Cowie , qui créa le premier parc colonial au Kenya en 1946 et y appliqua pendant vingt ans les mêmes méthodes.

Dans les années 1980, plus précisément en 1988, selon des accusations d'EIR (le groupe d'investigation de L. LaRouche) reprises par Huismann en 2012 (cf The Guardian du 4 octobre 2014), les princes Bernhard et Philip, ont constitué un escadron spécial au sein du WWF sous le nom d'"Operation Lock", officiellement chargé d'arrêter le braconnage des éléphants et des rhinocéros en Afrique du Sud. L'Operation Lock a embauché la société de sécurité privée Kilo Alpha Services (KAS), dirigée par le lieutenant-colonel Ian Crooke. Crooke était un commandant du 23ème SAS (Special Air Service forces spéciales britannique), une unité à temps partiel composée d'officiers de réserve et de soldats fréquemment employés dans les entreprises de sécurité privées du SAS. Son frère Alastair, vice-consul britannique au Pakistan, a aidé à superviser l'armement des moudjahidines afghans.

L'Opération Lock fut au coeur de la guerre fratricide en Afrique du Sud opposant le Congrès national africain (ANC) à l'Inkatha, qui a fait 10 000 victimes entre 1990 et 1995. KAS a supervisé la formation de commandos de zoulous membres de l'Inkatha du chef Mangosuthu Buthelezi, qui étaient employés comme gardes dans plusieurs parcs nationaux sud-africains. Il a également entrepris la formation de partisans de l'ANC de Nelson Mandela appartenant à la tribu xhosa, dans différents parcs. En août 1991, le ministre zimbabwéen de la Sécurité nationale, Sydney Sekerayami, a accusé le KAS de "couvrir la déstabilisation de l'Afrique australe". En 1993, les enquêtes de son gouvernement déterminèrent que le massacre de Boipatong contre les Zoulous en 1992 avait été perpétré par le "groupe Crowbar", une unité namibienne de lutte contre le braconnage créée et formée par le KAS.

Le WWF est aussi une puissance politique importante au Brésil où il été à l'origine de la création en 1991 d'une réserve grande comme l'Uruguay pour les Indiens Yanonamis à la frontière du Brésil et du Venezuela à l'initiative des princes Charles et Philip et des lobbies mondiaux qu'ils ont pu mobiliser. En 2010, il avait mis en avant contre Dilma Rousseff la candidature "verte" de Marina Silva qui avait un Comité des finances de campagne dirigé par Alvaro de Souza, président du WWF-Brésil. Dans cette région, il fait aussi de l'écoblanchiment du soja Monsanto (qui a eu George Soros comme deuxième principal actionnaire en 2014dans le cadre d'une Table Ronde sur le Soja Responsable (RTRS), large coalition comprenant de grands groupes industriels et des groupes environnementalistes liés à la grande finance qui a des équivalents lancés par le WWF dans d'autres domaines : Table Ronde sur l’Huile Palme Durable (RTSO), l’Initiative pour une Meilleure Canne à Sucre (BSI) et la Table Ronde sur les Biocarburants Durables (RTSB).

On pourra lire avec intérêt les démentis des travaux de Huismann par le WWF ici, qui selon nous sont très loin de parvenir à invalider ce que l'on vient d'exposer.

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Kim Jong-Un ralentit le désarmement, à Téhéran les modérés reculent, en Argentine Kirchner dénonce l'ingérence américaine dans son pays

5 Mars 2019 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Colonialisme-impérialisme, #Le monde autour de nous, #Billets divers de Delorca

Les gros sabots de l'ingérence néo-conservatrice américaine ne font pas des dégâts qu'au Vénézuela : à Pyongyang ils poussent Kim Jong-Un à faire marche arrière dans les négociations sur la dénucléarisation, à Téhéran ils affaiblissent les modérés, à Buenos Aires ils mettent au jour une justice profondément corrompue.

- Corée du Nord

La fin anticipée du sommet du 28 février à Hanoi entre le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un et le président américain Donald Trump a fait couler beaucoup d'encre. Kim souhaitait une levée partielle des sanctions économiques en échange de la fermeture du site de Yongbyong tandis que Trump proposait une levée totale contre un abandon de tout le programme nucléaire (il se peut qu'il eut en ligne de mire une installation secrète d'enrichissement située selon  le  Sunday Times dans la ville industrielle de Chollima, à quelques kilomètres de Pyongyang). Cette attitude du tout ou rien (alors qu'un accord aurait pu être obtenu au moins sur l'interdiction des tests de missiles comme l'a expliqué Trump avant le sommet) de la part de Washington a pu expliquer ce qui été présenté par la diplomate de Choi Sun Hee, comme une "perte d'intérêt" du leader nord-coréen pour la conclusions d'un accord avec Trump. Certains avancent que l'intransigeance des faucons comme Pompeo et Bolton, ceux-là même qui poussent au "regime change" à Caracas, a poussé Trump a tenir une position maximaliste sur l'accord global au moment-même ou son ex-avocat Michael Cohen se répandait en imprécations  emphatiques devant une commission sénatoriale (Trump lui-même a reconnu que la médiatisation de Cohen au même moment le fragilisait).

- Téhéran

Le ministre des affaires étrangères Zarif, un proche du président Rohani qui s'était fait élire sur un programme de négociation avec l'administration Obama sur le nucléaire, a démissionné le 26 février, démission qui a finalement été refusée par le président de la République.

Des sources à Téhéran ont révélé que la raison principale de cette démission est que s'est tenue sans lui une réunion de haut niveau organisée à Téhéran par le dirigeant suprême de la Syrie, l’ayatollah Khamenei, avec le président syrien Bachar al-Assad, le commandant de la Force Quds des Gardiens de la Révolution Qassem Soleimani et du président Hassan Rouhani (alors que le  numéro deux d'Ariz, Abbas Araghchi y était). Comme l'explique le spécialiste du Proche-orient Elijah J Magnier : "Le geste de Zarif n’est pas seulement dû à la visite d’Assad, qui n’était que la dernière goutte ayant fait déborder le vase. Rouhani et son équipe ont été durement critiqués pour la révocation par Trump de l’accord sur le nucléaire. L’opposition iranienne soutient que l’accord (sur le nucléaire signé avec B. Obama) n’a fait qu’apporter de nouvelles sanctions contre l’Iran en échange de l’arrêt de la production nucléaire. Elle se plaint aussi de l’absence de mesures prises par les Européens pour augmenter leurs échanges économiques avec l’Iran, parce qu’ils n’osent pas s’opposer aux sanctions américaines. L’opposition rappelle à Rouhani l’avertissement continuel de Sayed Ali Khamenei, qui est de ne jamais faire confiance aux USA et qui remonte bien avant la décision de Trump de mettre fin à l’engagement de son pays." Les tensions entre le ministère des affaires étrangères et les Gardiens de la révolution ont été résorbées puisque Soleimani a réaffirmé son soutien à Zarif. Mais l'incident montre que les seconds ont une position de force sur le dossier syrien, et, probablement, sur l'ensemble de la politique iranienne désormais tournée vers la protection du pays face aux agressions américaines. Les négociateurs ne sont plus prioritaires.

- Buenos Aires

L’ancienne présidente péroniste de gauche Cristina Kirchner (2007-2015) a été mise en examen, lundi 17 septembre, dans un vaste scandale de corruption. Le juge Claudio Bonadio considère que, « entre 2003 et 2015, une collusion entre fonctionnaires et chefs d’entreprise a fait fonctionner un système de distribution de pots-de-vin à des fonctionnaires », dans lequel des chefs d’entreprise « prétendent avoir cédé aux pressions » en échange de l’octroi de travaux publics. Plus de quarante personnes – anciens fonctionnaires et chefs d’entreprise – ont également été mises en examen, lundi. Parmi les hommes d’affaires figurent notamment Angelo Calcaterra, cousin de l’actuel président du pays, Mauricio Macri, qui a admis avoir versé « sous pression » de l’argent pour des campagnes électorales des Kirchner.Une vingtaine d’anciens fonctionnaires ou des proches des Kirchner ont décidé de collaborer avec la justice à la faveur d’une loi récente du « repenti », ce qui leur permet d’échapper à la prison. Ils ne sont toutefois pas à l’abri d’une condamnation ultérieure, si les informations fournies sont jugées insuffisantes ou fausses par le magistrat. Les déclarations les plus compromettantes pour Mme Kirchner proviennent ainsi de José Lopez, vice-ministre de la planification de 2003 à 2015, pris en flagrant délit, en juin 2016, alors qu’il tentait de façon rocambolesque de dissimuler 9 millions de dollars (7,7 millions d’euros) en liquide dans un couvent près de Buenos Aires. M. Lopez a affirmé que ce mystérieux butin appartenait à Cristina Kirchner. Un autre repenti a aussi impliqué directement l’ex-présidente : Carlos Wagner, ancien président de la chambre argentine de la construction, et allié, par le passé, des Kirchner, qui a dénoncé un système d’entente pour se répartir les travaux publics.

En février une "affaire dans l'affaire" est apparue : la presse a révélé que dans le cadre des enquêtes l'avocat Marcelo d'Alessio, homme de confiance du président Macri, qui travaillait pour le procureur Carlos Stornelli, s'est rendu coupable d'extorsion auprès d'un businessman de l'agriculture qui s'était livré à des confidences en tant que "repenti". Ce n'est que le début de révélations sur ce sinistre personnage, qui impliquent aussi diverses personnalités de l'élite locale comme un journaliste du quotidien très "mainstream" Clarin.

A l'ouverture de la session du sénat,, le 27 février dernier, l'ex-présidente aujourd'hui sénatrice est montée au créneau et a mis en cause non seulement la partialité de la justice mais aussi l'ingérence américaine.  Des révélations faites le 13 février a ont montré qu'une perquisition au domicile de d'Alessio avait permis d'y trouver une plaque  des services de contrôle de la drogue américains (Drug Enforcement Administration), un fusil à pompe Kel TEC de type KSG de calibre 12UAB doté d’un canon de 380 à 599 mm (une arme de guerre, alors que d'Alessio n'avait pas de permis de port d'armes) et 47 sacs de matériel de toutes sortes : des uniformes du FBI, des gilets pare-balles, de l'équipement technologique d'espionnage. L’ordinateur de d’Alessio contenait des dizaines de dossiers documentant les points faibles des personnalités victimes de son racket, dossiers qui résultaient d’enquêtes illégales menées par l’AFI, d’une part, et de fuites organisées par les juges et procureurs, d’autre part. Cristina Kirchner a précisé qu'un témoin de l'affaire, "a déclaré que D'Alessio l'avait emmené dans une camionnette et où deux personnes de l'ambassade des Etats-Unis se trouvaient à l'avant de ce véhicule". Voilà qui conforte la position de ceux qui affirment depuis le début que les affaires contre l'ex-présidente sont montées de toute pièce par une justice corrompue et largement manipulée depuis Washington pour museler l'opposition.

(Le parallèle avec le Brésil s'impose ou la question de liens éventuels entre le juge conservateur Sergio Moro chargé de l'enquête contre l'ex président Lula Da Silva et le FBI avait été posée, sur la base d'un séminaire international de 2009 révélé par Wikileaks. Mais les éléments mis au jour étaient moins évidents dans ce cas. L'opération Lava Jato (lavage au jet, Car Wash en anglais) lancée par le juge qui aujourd'hui est ministre de Bolsanaro visait l'ensemble de la société pétrolière Petrobras. Lula a été condamné à 12 ans de prison pour avoir accepté un appartement en front de mer de la société d’ingénierie OAS en échange de son aide pour l’obtention de contrats avec Petrobras).

La politique menée par le président conservateur Mauricio Macri, au pouvoir depuis 2015, a fait monter en flèche les prix de l’énergie et des produits de première nécessité.

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