Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
Le blog de Frédéric Delorca

Révolution de palais au Soudan

14 Avril 2019 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Proche-Orient, #Colonialisme-impérialisme

En Libye, les Etats-Unis laissent le général Haftar (financé par Riyad) prendre le pouvoir à Tripoli. Au Soudan, les Saoudiens ont poussé l'armée à renverser Al-Béchir qui a dû céder le pouvoir avant hier.

Que faut-il en penser ? Le journal libanais Al-Binna (organe du Parti social nationaliste syrien publié à Beyrouth et à Damas) prétend que Washington aurait un plan pour laisser l'armée de ces deux pays ainsi que de l'Algérie après la démission de Bouteflikha s'enliser dans des crises politiques complexes pour ensuite en prendre plus facilement leur contrôle.

En tout cas, pour ce qui concerne le Soudan, les observateurs relèvent que le ministre soudanais de la Défense Aouad Ibn Aouf s’était rendu à Riyad, quelques jours auparavant avant le coup de force, pour prendre part à une réunion censée planifier à l'instigation de Trump la création de “l’OTAN arabe” (un projet mort-né dont l'Egypte vient de se retirer. Le prince saoudien Ben Salmane (qui par ailleurs serait en train de s'emparer du port irakien de Muajjiz) s'inquiétait du fait que les manifestations contre Al-Béchir risquaient de lui faire perdre ses mercenaires soudanais au Yémen. En outre il en était venus à se méfier d'Al-Béchir détesté par la population de son pays et qui, bien qu'il dépendît des subsides de Riyad, avait tendance à jouer la carte du Qatar et de la Turquie contre ses parrains.

A peine nommé au conseil militaire de transition le général Ibn Aouf a démissionné et a été remplacé par l'ancien chef d'état-major Abdel Fattah Abdelrahman Burhan. Le conseil de transition multiplie les gestes de bonne volonté à l'égard des manifestants.

Par ailleurs, mauvaise nouvelle pour les Israéliens dont la sonde spatiale lancée depuis la Floride vient de s'écraser lamentablement sur la lune, le général Salah Gosh chef de l'espionnage soudanais, qui avait rencontré secrètement en février dernier à Munich le chef du Mossad Yossi Cohen en Allemagne pour discuter avec lui de la succession de Al-Béchir selon les confidences d'un militaire soudanais à Middle East Eye en marge d'une conférence organisée par les pays du Golfe, a lui aussi dû démissionner selon Maariv, et une chaine de TV soudanaise. Le site Africa Intelligence citant un rapport diplomatique américain indiquait également que la CIA avait identifié Gosh comme son successeur préféré de Béchir si la position du président soudanais devenait intenable. La transition au Soudan ne se fera donc pas exactement selon les plans américano-israéliens.

Pour l'instant la junte militaire dit se donner deux ans pour restaurer le multipartisme. Un des dirigeants du Parti communiste soudanais (qui fut très puissant avant sa liquidation en 1971), Mohamed Osman Abdel Hamid, cité par Al-Binna estime pour sa part qu'il s'agit seulement d'un "coup d'Etat de palais et du remplacement d'un dictateur par un petit." Le peuple maintient sa pression

Lire la suite

La mauvaise nouvelle du jour

11 Avril 2019 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Débats chez les "résistants"

Nous avions évoqué cette éventualité il y a 6 jours. Certains médias menteurs disaient que ça n'arriverait pas. C'est arrivé. Honte au président d'Equateur et à sa clique de traîtres ! Restons mobilisés pour défendre Assange.

Lire la suite

Hathor Pentalpha : Le berceau du néo-conservatisme ?

11 Avril 2019 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Colonialisme-impérialisme, #Grundlegung zur Metaphysik, #Débats chez les "résistants"

Voilà encore un élément à verser au débat sur l'origine des guerres d'ingérence que ni les humoristes d'extrême droite, ni les pédagogues anarchistes et communistes, ni le franc-maçon Thierry Meyssan ne vous donneront.

Quand je militais contre l'agression américaine en Irak  dans les milieux de gauche on parlait beaucoup du think tank néo-conservateur américain Project for the New American Century (PNAC) qui était derrière cette opération.

Mais il faut creuser un peu plus dans le "terrier à lapins" (the rabbit hole) comme disent les Américains, pour comprendre de quoi il s'agit.

Une clé étrange a été donné au public italien en 2014 par Gioele Magaldi, Grand Maître de l'Orient Démocrate (organisation maçonnique "progressiste" dissidente du Grand Orient d'Italie) et président du Mouvement Roosevelt, Gioele Magaldi dans un livre intitulé "Massoni" (les Maçons)  publié par Chiarelettere à la fin de 2014).

Il explique que le monde est soumis aux "inspirations" de 36 "ur-loges", dont la " Thomas Paine " à laquelle il a appartenu, une affiliation grâce à laquelle il aurait appris le fin mot de l'origine des politiques néo-conservatrices de terreur.

Le PNAC est une émanation de la superloge Hathor-Pentalpha, explique-t-il.

Selon lui, après l'assassinat de Martin Luther- King et de Bob Kennedy, les loges mondiales conservatrices (Kissinger, Rockefeller, Rothschild) ont pris le dessus sur les loges de gauche qui avaient eu l'avantage dans les années 60.

En 1980, George Bush Sr ex-patron de la CIA (et dont le père, grand maître de la société Skulls and Bones de Yale avait dérobé les ossements du chef indien Geronimo, allez savoir si les obsessions de la pop culture occultiste autour de ce nom ont un rapport avec cela), ne digère pas son échec aux primaires républicaines face à Reagan. Il crée donc avec Dick Cheney , Don Rumsfeld , Bill Kristol , Sam Huntington , Tony Blair , Paul Wolfowitz la loge Hathor Pentalpha (pour mémoire Hathor est un avatar de la déesse Isis dans la mythologie égyptienne). C'est une loge qui mise sur le chaos, le sang et la vengeance. Elle a besoin d'une escalade criminelle et sanglante comme la stratégie de la terreur qui s'était déployée dans les années 1970 en Italie sous la houlette de la loge P2.

L'année suivante, le 30 mars 1981, est organisé l'attentat contre Reagan, puis, le 13 mai de la même année celui contre le pape Wojtyla : le turc Ali Agca a été armé par la loge Hathor Pentalpha car Jean Paul II a été élu sur le trône papal avec le soutien décisif de Brzezinski, conseiller de Carter et membre influent du Council on Foreign Relations.

Dans le cadre de la  lutte contre les soviétiques, Ben Laden a été initié à la loge Three Eyes / Trois yeux par ce même Brzezinski, mais celui-ci, ajoute Magaldi, a été déçu par son choix de Ben Laden de passer ensuite au "Hathor Pentalpha".

Hathor Pentalpha est derrière le 11 septembre 2001, mais aussi derrière le patron de Daech : Abou Bakr Al-Baghdadi, mystérieusement libéré en 2009 du camp de prisonniers irakien où il était détenu. Al-Baghdadi était affilié à cette loge (peut-être un peu aussi via le médium turc Fethullah Gülen, l'ami des Clinton...) et l'on ne s'étonnera pas du fait que l'acronyme d'Etat islamique en Irak et au Levant soit Isis, du nom de la déesse-mère assimilée à Hathor, ce qui n'a rien d'islamique ; de même que l'attentat du Bataclan est survenu un vendredi 23, qui renvoie au massacre des Templiers et n'a rien à voir avec la tradition islamique : au Bataclan il se serait agi de donner un avertissement aux loges plus à gauche auxquelles appartenaient Valls et Hollande tout en essayant de provoquer le vote  d'un "Patriot Act" européen. 

Dans un essai intitulé " De la franc-maçonnerie au terrorisme " (Révolution) et dans des émissions en streaming sur le Web, comme celles de " Border Nights" l'expert en symbologie Gianfranco Carpeoro, franc-maçon comme Magaldi,  avait fait des analyses convergentes sur ce point.

Evidemment les "révélations" de Magaldi ont été critiquées, notamment dans les milieux maçonniques comme le blog l'Irregulare qui estime qu'il ne s'agit que d'allégations gratuites. Magaldi lui-même avait promis de rendre publics les documents secrets qu’il a classés dans des cabinets d’avocats à Londres, Paris et New York, mais cela n'est pas arrivé : l'intéressé estime que les pièces déjà présentes dans son livre suffisent à prouver ce qu'il allègue. Des gens comme Leo Zagami dans la mouvance d'Infowar.com (quine dit pas toujours la vérité) souscrit à ces thèses. Que faut-il en penser ? 

 

Lire la suite

Ma recension du dernier livre de Philippe de Villiers

8 Avril 2019 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Peuples d'Europe et UE, #Les régimes populistes, #Le monde autour de nous, #La droite, #Débats chez les "résistants", #Divers histoire, #Lectures

Comme son alter ego de gauche Jean-Pierre Chevènement, Philippe de Villiers, ancien secrétaire d’Etat, souverainiste de droite, emploie sa retraite à un travail d’historien. Après Clovis et Jeanne d’Arc, le fondateur du parc de loisirs du Puy-du-Fou s’attaque à un sujet qui touche de bien plus près à notre actualité : la statue du commandeur de l’Union européenne que constitue le tandem Robert Schuman Jean Monnet.

Avec un talent de conteur qui ne laisse jamais de surprendre, l’auteur s’emploie très minutieusement à casser le mythe fondateur, en commençant d’abord par expliquer qui a construit le mythe et comment… Etudiant de Sciences Po dans les années 1970, il a côtoyé de près à la Fondation nationale des sciences politiques Jean-Baptiste Duroselle qui dirigea l’équipe de chercheurs chargée de rédiger les Mémoires de Jean Monnet. Il peut aujourd’hui confronter ses souvenirs du provincial naïf dans le chaudron de l’européisme parisien, à l’arrière plan de ce théâtre, en démontant le mécanisme qui conduisit la Fondation Ford, bras armé du Département d’Etat américain, à commanditer et financer cette œuvre de propagande jusqu’au coup de pinceau final que lui donna le romancier américanophile François Fontaine.

Mais ce n’est là que le point de départ d’une enquête passionnante. La suite de ma recension est ici

Lire la suite

Une expérience communiste commence à Dersim (Est de la Turquie)

6 Avril 2019 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous, #La gauche, #Proche-Orient, #Débats chez les "résistants", #Colonialisme-impérialisme, #Grundlegung zur Metaphysik

La nouvelle court un peu sur tous les sites communistes sensibles à l'internationalisme sur la planète : alors que le centre-gauche a fait élire des maires de son parti à Ankara, Istanbul et Izmir, avec des candidats un peu douteux (les maires d'Ankara et Istanbul sont issus de la droite, le second à peine élu a rendu hommage au général Alparslan Türkeş  qui pour le compte des Américains mena une répression sanglante dans le pays dans les années 60), dans l'Est du pays (kurdophone) à  la tête de la liste « Solidarité populaire démocratique pour Toundjeli-Tunceli/Dersim », le communiste Mehmet Fatih Maçoglu a devancé, avec 32,77% des voix, l’équipe sortante du HDP (parti social démocrate d’origine kurde) qui obtient 28,21%, le parti kémaliste, 20,59% et l’AKP d’Erdogan, au pouvoir dans le pays, 14,06%, faisant ainsi basculer sa ville (plus de 80 000 habitants) et sa province dans l'escarcelle du PC, une première dans l'histoire du pays.

Au programme agriculture bio et logement pour tous. Il a aussi signé un protocole avec le lobby LGBTI local... En 2013 ce Pépone truculent avait été élu maire d'une localité plus petite Ovacik (3 000 habitants) où ses expériences de jardins ouvriers pour tous n'avaient cependant pas suffi à lui faire renouveler son mandat. La partie ne s'annonce pas facile. Dès son discours d'investiture Maçoglu a souligné (mais les sites communistes français ne le reprennent pas) que la municipalité avait 6 millions d'euros de dettes sur un budget de seulement quelques dizaines de milliers d'euros... En outre les forces de l'ordre l'ont empêché de prendre ses fonctions cette semaine.

Les analystes remarquent que la province communiste écolo de Dersim/Tunceli aura pour voisine au Nord, celle d'Erzincan, à majorité MHP (ultranationaliste), au Sud celle d'Elazig (AKP40%- MHP 34%). Cette singularité s'explique par sa culture alévi. En Turquie,la fracture gauche-droite se superpose souvent à la fracture alévis/sunnites. Les zones dominées par les alévis votent traditionnellement à gauche et les sunnites à droite (l'alévisme - la religion des alévis est une variante syncrétique du chiisme teintée d'un ésotérisme secret selon lequel le message divin passe dans toutes les religions et d'humanisme, attachée à la séparation de la foi et de l'Etat). Le poids de l'histoire compte en Turquie. Dersim a été marqué en 1937-38 par le meurtre de 60 000 habitants (les émigrés alévis en Allemagne réclament d'ailleurs un monument à Berlin à ce sujet). On peut retrouver sur Gallica des communiqués en français de la presse turque de l'époque, comme celui-ci : "En accomplissant son devoir qui consistait à créer une patrie unie, le régime républicain devait forcément se heurter — çà et là — à quelques résistances qu'il lui fallut briser. Après le mouvement contre Aghri-Dagh, entrepris il y a quelques années, et qui rétablit la situation normale dans une partie importante de nos frontières orientales, nous nous voyons maintenant occupés à éliminer les dernières résistances à Toundjéli. Dans le but de faire aux habitants de. ce vilayet montagneux ayant des habitudes féodales imprégnées de banditisme, le gouvernement de la République commença par changer le nom de ce département en celui de Toundjéli et par créer une Inspection générale avec mission de s'occuper du relèvement de cette région. Ce faisant, le gouvernement républicain était parfaitement au courant des us et coutumes de cette région, ainsi que de ses besoins". Ou encore, sous la plume d'un certain M. G. Mazhar Aren : "Il faut vider Dersim et consacrer cette région à l'élevage et à l'industrie forestière. C'est alors que ce repaire de bandits changera d'aspect. Il y a en Anatolie des villages où tout le monde étant occupé, il est impossible de trouver des bergers, des gardes. On pourrait répartir les Dersimlis entre ces villages.. Cela les empêcherait de se livrer au banditisme et au pillage." En 1937 la presse turque vantait les mérites de Sabiha Gueuktchen/Sabiha Gökçen fille adoptive d'Atatürk (une arménienne qui dissimulait ses origines semble t il et qui était née dans cette région) qui bombarda les maisons des chefs rebelles (elle allait donner son nom à un aéroport d'Istanbul).

Maçoglu ne cache pas sa foi alévi. Dans une interview à GazetePatika le 28 mars il revendiquait sa croyance qui est plutôt de nature charnelle, viscérale (laquelle est condamnée par l'Evangile, mais qui a l'air vivace dans sa culture) en ces termes : "J’ai vécu la culture alévi dans le village d’Ovacık, qui était un peu coupé du reste du monde. Les sentiments étaient très forts et la croyance était inconditionnelle... Je me suis présenté devant Dieu, c'est exactement ça... C’était la bienveillance, qui s'attachait à tous les sentiments, et qui les vivifiait. J’ai vécu dans cette société-là. Ce fut très bien pour moi. Car il s’agissait d’une réalité non-souillée, non polluée, qu’on pourrait voir comme la vie elle-même, comme la forme par excellence de la vie. Je suis de ceux qui ont vécu dans ça et ensuite se sont dirigés, dans un second temps, vers la politique. On nous a donné la culture, la croyance avec de si bons sentiments qu’il est impossible de s’en détacher. Je pleure quand je visite un lieu de culte. On me dit “mais tu es communiste” et je réponds, en plaisantant à moitié, que je suis un communiste croyant. D’ailleurs on ne peut pas ignorer le versant de la croyance....ma grand-mère m’aimait, quand j’avais treize ou quatorze ans, en parlant tout le temps du soleil, de la lune. Elle évoquait le sancturaire d' Ana Fatma, “Tica sodis/lumière du jour”. Ceux qui commencent ainsi leur vie en tirent une nostalgie des rituels, de la croyance et un fort attachement à ses sentiments." 

Lire la suite

Assange en passe d'être expulsé de l'ambassade d'Equateur à Londres ?

5 Avril 2019 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Débats chez les "résistants", #Le monde autour de nous, #George Soros

Restons mobilisés ! Diverses sources annoncent que l'expulsion est imminente. Ne laissons pas faire ! La connaissance de la face cachée de nos institutions que nous commençons à avoir lui doit beaucoup.

Le rapporteur spécial des Nations unies sur la torture, (une sorte de consultant indépendant auprès du Conseil des droits de l'homme de l'ONU) Nils Melzer, a demandé au gouvernement équatorien de ne pas expulser Julian Assange, le fondateur de Wikileaks, de son ambassade à Londres,et de ne pas mettre fin à son asile politique.

Pas sûr en revanche que la désignation de la marionnette du clan Soros Amal Clooney qui a été l'éphémère avocate d'Assange par le passé, comme envoyée spéciale sur la liberté de la presse du ministère des affaires étrangères britannique au G7 de Paris soit d'une quelconque utilité pour son ancien client.

Lire la suite

Les Gilets jaunes, la démocratie directe et les algorithmes de Facebook

5 Avril 2019 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Les régimes populistes, #Peuples d'Europe et UE, #Débats chez les "résistants", #Le monde autour de nous

L'avocat Juan Branco en 25e minute sur Sud radio (Emission hebdomadaire Jeudi Chouard, L'heure des citoyens constituants, 4 avril) dit dans cette vidéo des choses intéressantes sur la marge de manoeuvre révolutionnaire de la France du fait de ce qu'elle peut (pour l'instant) imposer à Facebook, base des discussions des Gilets jaunes.

Extrait : "[Dès que la révolution sera intervenue], il sera très facile d'imposer à Facebook un portage des données de tout participant [à ce réseau social] qui le forcerait en fait à nous autoriser à basculer les données que Facebook a accumulées sur une nouvelle plateforme [citoyenne] qui serait créée à l'échelon national en France libre de droits qui nous permettrait de sortir de l'emprise de Facebook qui a un défaut, un tout petit défaut, qui change tout évidemment c'est que FB est une entreprise privée qui n'a qu'un seul objectif le profit, et lui subordonne tout autre élément Alors on a la chance extraordinaire qu'on est à 10 000 km de San Francisco et que donc Facebook n'a pas grand chose à faire d'Emmanuel Macron pour l'instant. Parce que en gros si on fait une révolution et que ça leur permet de gagner de l'argent ils seront très content pour nous, à moins qu'il n'y ait une intervention politique de suffisamment haut niveau notamment auprès de la Maison Blanche qui fasse que Facebook voie sa position menacée. Mais on est sur une ligne de crête extrêmement difficile. Les algorithmes pourraient être bouleversés et que ses contenus [pro-Gilets jaunes sont aujourd'hui favorisés sombrent et fassent disparaître la dynamique du mouvement".

(Mais je me demande si J. Branco, issu de a grande bourgeoisie de gauche, ne fonctionne pas sur un ancien logiciel en négligeant le fait que maintenant le politique prime sur l'économique pour des géants comme Google et Facebook ainsi qu'ils l'ont fait savoir dans une lettre publique de pression sur Trump le 1er novembre dernier sur la politique des transgenres).

J. Branco ajoute : "Quel a été a été l'outil principal de naissance du mouvement ? ça a été les Facebook Live.  Pourquoi les Facebook Live ? Est-ce que c'est parce que tout d'un coup la cuisine de Maxime [Nicole] a été considérée comme une oeuvre d'art majeure qui nous fascinait extraordinairement ? Non évidemment... Facebook a favorisé et continue de favoriser les Facebook Live parce que c'est du contenu créé sur la plateforme et du coup ça amène les gens à y rester et à consommer de la publicité. Ils mettent donc en avant ces contenus ce qui fait qu'on a cet avantage aujourd'hui sur les pouvoirs institués qui eux s'appuient sur les médias mainstream et sont moins favorisés mais c'est extrêmement fragile et précaire. A n'importe quel moment un changement d'algorithme peut nous faire nous effondrer et nous mettre en grande difficulté pour communiquer... Et on le voit en ce moment c'est quand même incroyable cette histoire de suspension du compte Twitter de Didier Maïsto qui est quand même un grand patron de média national  par une plateforme qui obéit à ses propres règles dans une indifférence complète des conséquences que ça peut avoir dans l'espace social, c'est quand même hallucinant l'impuissance dans laquelle ça nous met et une semaine notre impuissance à rétablir un compte social important, l'un des seuls qui dans l'espace institutionnel sur Twitter est favorable aux Gilets jaunes comme par hasard - c'est probablement une opération commandée par l'équipe de Macron - ... On est là sur une dépendance qu'il faut règler. Comment on l'impose ? Parce qu'on est un marché extraordinaire. On est la sixième puissance mondiale mais surtout en termes de marché publicitaire on est le deuxième au monde, donc à partir de là la France, contrairement à l'apparence que donnent les dirigeants est incontournable pour tous ces acteurs et peut leur imposer unilatéralement des règles d'accès à ce marché. Ils ne peuvent pas se priver de ce marché... et c'est pour ça que les Gilets jaunes interviennent en France. C'est beaucoup plus compliqué de se "resouverainiser" dans un pays qui est complètement pillé... [La France ] est encore un pays en capacité de "resouverainisation" ce n'est plus du tout le cas dans 90 % des Etats-nations de la planète - on l'a vu en Grèce, on le voit dans n'importe quel pays africain. La France a ce privilège extraordinaire et je pense que les gens intuitivement le sentent et du coup se mettent en mouvement".

Etienne Chouard et Maxime Nicole disent aussi des choses très instructives sur l'apprentissage de la démocratie directe chez les Gilets jaunes. Bon, évidemment j'aurais des réserves à émettre sur divers propos tenus dans cette émission et sur les personnages qui y débattaient. Mais je ne veux pas jouer les diviseurs en ce moment, car je soutiens fermement les Gilets jaunes.

C'est pour manifester la constance de mon soutien à ce mouvement, par devoir moral, que je continue de temps à autre à faire allusion dans des billets comme celui-ci, même si je sais que les têtes de gondole de ce mouvement n'ont rien à faire de mon soutien, comme les petits chefs des clubs anti-impérialistes ou anti-européistes n'avaient non plus (et n'ont toujours) rien à faire des idées que je continue à avancer dans mon blog ou dans mes livres sur ces sujets. Tant que ce blog et mes livres auront quelques lecteurs (j'en rencontrerai d'ailleurs un dans huit jours à Paris), a priori - sauf ordre divin contraire - je n'ai pas de raison de me retirer complètement d'Internet ni d'arrêter d'y exprimer très humblement mes positions politiques ou philosophiques.

Lire la suite