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Le blog de Frédéric Delorca

Nos Frangins de Rachid Bouchareb

24 Décembre 2022 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Souvenirs d'enfance et de jeunesse, #La gauche, #Cinéma, #Béarn

Sur les conseils d'un ami béarnais avec lequel je manifestais dans les rues de Pau en 1986 contre la loi Devaquet, je suis allé voir le film "Nos frangins" de Rachid Bouchareb  sur les affaires Oussekine et Benyahia qui ont éclaté au milieu de notre mouvement.

Je n'ai pas regretté d'être allé le regarder. C'est un bon film documentaire même si, comme le relèvent les critiques, cela manque un peu de ressort dramatique. J'ai été de ceux qui ont manifesté en hommage à Malik Oussekine, et pourtant il y a des choses que je ne connaissais pas à son sujet, notamment sa conversion au christianisme. Je n'avais pas non plus entendu parler de l'affaire Benyahia. En tout cas, elle ne m'a pas marqué. Je ne savais pas non plus que les voltigeurs des la police ont été réintroduits en 2018 au moment de la crise des Gilets Jaunes. L'ex-patron du Raid devenu Macronien en mai 2019 avait lui même télescopé les deux époques d'une manière sensationnelle... Il y avait un gros problème de racisme dans les forces de l'ordre en 1986... et il a perduré...

Le dimanche 7 décembre 1986, 254 114ème jour de ma vie (j'avais fait le décompte), j'écrivais : "La tournure que prennent les événements est préoccupante... Avec une incroyable intransigeance , nos dirigeants ont attendu que le mouvement s'essouffle de lui-même.

Hélas jeudi soir les manifestants pacifiques des universités ont été débordés par des éléments extrémistes qui ont enclenché un cycle de violence dans le cadre des grèves ; les forces de l'ordre ont adopté une attitude totalement indigne, à la limite de la barbarie. Les seules victimes de la répression furent évidemment les étudiants non-violents, tandis que les marginaux se sont appliqués à entretenir durant tout le weekend un climat insurrectionnel dans la capitale.

Pendant ce temps, les grévistes modérés qui portent le deuil d'un des leurs tué par un policier dans la nuit de vendredi à samedi radicalisent leurs positions tandis que le gouvernement se refuse toujours à retirer le projet de loi qui a suscité l'apparition du mouvement contestataire il y a plus de dix jours.

En jouant la politique de l'attente sereine, le gouvernement prenait le risque de voir les jeunes grévistes politiser leur action ou même rejoindre l'état d'esprit de mai 68." Je noircissais ensuite quelques pages dans un style un peu convenu sur la jeunesse qui ne veut plus des sacrifices ni du désengagement de l'Etat.

En novembre 86 j'avais aussi tenu la chronique de ma participation aux grèves et aux manifestations dans mon lycée. L'adolescent que j'étais n'avait visiblement bien écouté les informations, puisque je prenais Malik Oussékine pour un gréviste alors qu'il ne périt que comme un passant qui s'est trouvé au mauvais endroit au mauvais moment. Les réalités parisiennes, à ce moment-là, étaient à 900 km de mon quotidien...

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Une nouvelle expérimentation épidémique en Chine ?

24 Décembre 2022 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #coronavirus-vaccination-big pharma, #Bill Gates, #Le monde autour de nous

Après les manifestations (circonscrites dans quelques villes seulement, mais cela incluait quelques milliers de personnes à Shanghaï) qui ont abouti au relâchement officiel de la politique du zéro Covid en Chine, les médias de la Matrice nous expliquent que 250 millions de Chinois ont le Covid et 1 million pourraient mourir dans les mois à venir. Un air de propagande alarmiste comme en janvier 2020 quand on parlait de Chinois qui mouraient dans les rues (ce qui rappelle certains propos de Bill Gates dès 2018).

Le journaliste George Webb pense que les autorités et les forces mondialistes diffusent délibérément dans l'Empire du Milieu un nouveau variant ou carrément un nouveau virus atténué ; il écrit sur Twitter  : "Je pense que l'exercice sert à récolter des anticorps monoclonaux. Vous défiez la population, vous suscitez des anticorps, récoltez les plus forts et analysez comment les reproduire. Et oui, et la dépopulation peut aussi être à l'ordre du jour d'une certaine façon. Il faut comprendre qu'on peut faire des entrainements (drills) avec un virus réel, vivant et atténué. C'est un exercice en live ".

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Répression contre la gauche et le peuple au Pérou

17 Décembre 2022 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #La gauche, #Les Stazinis, #Colonialisme-impérialisme

Je vous conseille de regarder cette très bonne vidéo de Ben Norton sur Multipolarista, qui explique que, quand bien même il existerait un doute sur le plan juridique, quant à la question de savoir si les conditions étaient réunies pour que le président de gauche Pedro Castillo tente de dissoudre le parlement, le 7 décembre dernier, la veille même l'ambassadeur des Etats-Unis à Lima, Lisa Kenna, qui a travaillé pendant 9 ans comme officier de la CIA avait rencontré le ministre du pays, préparant ainsi la destitution du président, de sorte que ce dernier était en légitime défense. Le Parlement dominé par la droite financée par les oligarques, qui, selon les enquêtes d'opinion, est largement discrédité dans le pays, n'avait aucune base constitutionnelle pour destituer le président.

Les autres gouvernements de gauche latino-américains (à l'exception du Chili) ont condamné le coup d'Etat du parlement et les partisans du président de gauche, notamment les paysans indiens des Andes (qui ont subi des siècles d'humiliation et une stérilisation forcée), les mineurs et les ouvriers se mobilisent pour soutenir Castillo aujourd'hui en prison. Du coup, ils subissent une répression militaire très violente alors que les pays occidentaux ont reconnu à tort la nouvelle présidente (une politicienne opportuniste qui était vice-présidente de Castillo (une ancienne élue socialiste qui avait été expulsée de son parti en janvier dernier et en avait renié les valeurs). La droite n'a aucune légitimité pour diriger le pays explique Norton, et ceux qui soutiennent ce nouveau régime fantoche au nom d'une soi-disant "démocratie" trompent l'opinion publique mondiale.

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Réunion de la Conférence des Peuples ouest-africains au Ghana

14 Décembre 2022 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #La gauche, #Colonialisme-impérialisme, #Débats chez les "résistants"

150 militants issus de partis politiques, de syndicats, d'organisations communautaires, de groupes de femmes et d'autres mouvements sociaux notamment de 16 pays d'Afrique de l'Ouest se sont réunis à Winneba, au Ghana, du 8 au 10 décembre pour élaborer une stratégie commune de lutte dans le cadre de la Conférence des Peuples ouest-africains pour un nouveau monde. La conférence s'est ouverte sous la présidence de Philippe Noudjenoume, premier secrétaire du Parti communiste du Bénin et chef du Comité préparatoire intérimaire de la conférence, qui a invoqué l'esprit du premier Premier ministre du Ghana et icône du panafricanisme, Kwame Nkrumah qui avait déclaré en son temps que l'indépendance du Ghana n'avait de sens que lorsqu'elle était liée à la libération totale du continent africain. Il positionne le combat panafricaniste à la fois contre le djihadisme et contre l'OTAN.

Philippe Noudjenoume, natif de la sous-préfecture d'Athiémé Iokassa, au sud-ouest du pays, est diplômé de droit public de la Sorbonne. Il a été parmi les fondateurs sous la direction de Pascal Fantodji en 1977 du Parti communiste du Bénin, parti clandestin sous la dictature marxisante de Mathieu Kérékou (et qui se disait alors pro-albanais). Le PCB a refusé la nouvelle constitution du Bénin dans les années 1990 et en 2011 Noudjenoume n'a pu présenter sa candidature à l'élection présidentielle.

Avant la conférence, dans une interview à Peoples Dispatch, le journaliste Kwesi Pratt Jnr., secrétaire général du Mouvement socialiste du Ghana, avait déclaré que les délégués examineraient les facteurs qui ont conduit au sous-développement de la région, ainsi que les moyens de mobiliser les peuples d'Afrique de l'Ouest pour s'assurer qu'ils peuvent contrôler leurs propres ressources. Il a noté que la réunion avait lieu à un moment où la métropole capitaliste tentait de provoquer la Russie et la Chine dans une guerre thermonucléaire qui aurait des conséquences dévastatrices. Dans ce contexte, a-t-il dit, la conférence serait solidaire des victimes de l'impérialisme et chercherait à renforcer le mouvement pour la paix.

Des diplomates de Palestine, du Sahara occidental, d'Algérie, d'Iran et de Russie, entre autres, étaient également présents à la conférence inaugurale. La conférence a aussi rendu hommage au juge récemment décédé Akuffo Hanaku directeur du département des relations internationales du Mouvement socialiste du Ghana.

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La censure des réseaux sociaux en débat en Afrique de l'Est

14 Décembre 2022 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Colonialisme-impérialisme, #Débats chez les "résistants", #Les Stazinis, #Le monde autour de nous

Une organisation non gouvernementale (ONG) kényane et deux particuliers éthiopiens ont porté plainte, ce 14 décembre à Nairobi, au Kenya, contre la maison mère de Facebook et Instagram pour n'avoir pas retiré à temps des discours haineux de leur plateforme. Un des plaignants est un universitaire éthiopien d’origine tigréenne, Abrham Meareg, dont le père, Meareg Amare, professeur de chimie à l’université de Bahir Dar (capital de la région Amhara où les Tigréens sont une minorité) a été abattu le 3 novembre 2021 à la suite de publications calomnieuses. Un autre plaignant est un membre éthiopien d’Amnesty International, Fisseha Tekle, vivant au Kenya depuis 2015.

 

Abrham Meareg est aujourd'hui réfugié à Minneapolis (USA), après un passage par la France. Une page Facebook appelée "BDU Staff" (qui n'a en fait rien à voir malgré les apparences avec l'université), qui compte 50 000 abonnés, a publié une photo de son père le 9 octobre 2021, disant qu'il se "cachait" à l'université et avait "commis des abus". Le lendemain, un autre message a été publié dans le même groupe. Celui-ci présentait également la photo du père de Meareg ainsi que le quartier où il vivait à Bahir Dar. Et cela comprenait de nombreuses fausses déclarations sur son père sur sa participation prétendue à des massacres, sur sa prétendue fuite aux Etats-Unis (alors qu'il était seulement à Addis-Abeba pour s'occuper de proches malades du Covid). Meareg a déclaré avoir signalé les deux messages immédiatement après avoir été alerté par un ami, mais Facebook n'a pris aucune mesure avant le meurtre de son père. Le premier de ces messages est resté en place le 8 décembre. Facebook a supprimé l'autre message, selon les documents. 

Dans un pays comme l'Ethiopie (120 millions d'habitants) où presque tout le monde a un smartphone et un compte sur Facebook, les réseaux sociaux jouent un grand rôle. La femme du professeur décédé (qui ne sait même pas où son mari est enterré) a expliqué à la correspondante washingtonienne de Die Zeit , Kerstin Kohlenberg, dépêchée sur place, dans quelle angoisse elle avait vécu quand elle a su que cette page Facebook se déchaînait contre son mari dans le contexte de guerre civile. "Après le déclenchement de la guerre, les voisins (amharas) ont cessé de nous dire bonjour. Quand nous nous croisions, ils devenaient soudainement silencieux"... C'étaient nos amis ! Elle a demandé à son mari de rester à Addis pendant un certain temps. "Mais Meareg ne voulait pas. Il a dit que de toute façon il n'était pas engagé politiquement." La journaliste qui a interrogé une employée de la plateforme Facebook à Nairobi précise que ces employés gagnent 800 euros par mois et ont 50 secondes pour décider sur chaque demande de retrait de contenu.

"Il serait facile, accuse la journaliste, de supposer que Facebook se noie simplement sous le flot de publications. Mais un document de l'ancienne employée de Facebook et dénonciatrice Frances Haugen montre que la plateforme sait exactement qui a alimenté le conflit en Éthiopie. DIE ZEIT est en possession du document, qui était uniquement destiné à un usage interne chez Facebook et n'a jamais été destiné à être publié. Il décrit un réseau de comptes Facebook avec une chose en commun : ils sont tous connectés à la milice Fano. Ce réseau, indique le document, "fait la promotion de l'incitation à la violence et des discours de haine en Éthiopie".

Malgré sa prise de conscience, Facebook n'a vu aucune raison de supprimer les comptes."

Elle allègue aussi l'existence de documents selon lesquels "Mark Zuckerberg est cité comme disant qu'il prend en charge des algorithmes supplémentaires pour supprimer, ralentir la propagation et bloquer les contenus dangereux. Mais il revient ensuite sur sa déclaration en disant que ces algorithmes ne doivent pas affecter la croissance de la plate-forme."

L'affaire pose beaucoup de questions. A n'en pas douter le développement des réseaux sociaux nourrit effectivement une atmosphère de guerre civile. Et dans certains pays où la guerre est effective, cela provoque des morts (comme en provoquent aussi les simples diffusions de rumeurs "classiques" qui ne passent pas par les réseaux sociaux). Ici il y a quelques points un peu étranges, par delà l'émotion légitime que peut susciter la tragédie vécue par la famille Meareg : comment ce fait-il que le cas débouche sur une "class action" judiciaire ? quelles sont les forces financières qui ont accepté de le monter en épingle ? On voit que la presse libérale (centre gauche et centre droit) comme le Monde s'en emparent pour stigmatiser une fois de plus les réseaux sociaux et soulever des questions techniques sur l'usage des langues africaines.  On perçoit là une volonté d'aboutir à toujours plus de finesse dans la censure. On a déjà vu à quel totalitarisme cela aboutissait en période de Covid ou sur la question climatique. Cette flambée émotionnelle, même si elle est en partie légitime, autour du cas éthiopien n'est donc pas forcément une bonne nouvelle pour nous. Enfin une dernière question : pourquoi est-ce un journal allemand qui envoie sa correspondante aux Etats-Unis enquêter en Ethiopie, alors que d'autres officines de presse se sont contentées de recopier les dépêches ? La correspondante semble s'être spécialisée dans les articles sur Facebook. Si Die Zeit lui paye le billet d'avion, est-ce que cela peut avoir un rapport avec le fait que les Allemands sont en de moins bons termes que les Français avec Biden depuis la crise ukrainienne et le sabotage de Nord Stream 2 (comme on l'a vu avec le dernier déplacement de Macron aux USA et avec le voyage de Scholtz en Chine ? ) ? Est-ce que l'Allemagne n'en profite indirectement pas pour régler quelques comptes au passage ?

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Des barricades d'autodéfense serbes au nord du Kosovo

13 Décembre 2022 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Peuples d'Europe et UE

Les Serbes du Kosovo ayant décidé, début novembre, de se retirer des institutions gérées par le soi-disant gouvernement de Pristina (à cause de l'interdiction des plaques d'immatriculation serbes), ce dernier a envoyé des unités armées à Kosovska Mitrovica, des blindés au jardin d'enfants de Leposavic, et des forces spéciales à Velika Hoča, en violation d 'accords conclus à Bruxelles et Washington, provoquant des incidents (voir par exemple dans le village de Gazivode). Le 10 décembre ils ont arrêté pour une raison inconnue Dejan Pantić, un policier serbe qui a démissionné de ses fonctions le 5 novembre (selon des spéculations il pourrait être accusé d'avoir attaqué des centres électoraux), au point de passage de Jarinje (près de la frontière serbe) . Les Serbes du Kosovo se mobilisent pour lui car il a des problèmes cardiaques et se trouve en détention privé de soins (selon son avocat qui a assisté par vidéo à l'audience le condamnant à 30 jours de détention, il s'est plaint de devoir dormir sur une chaise). Les barricades serbes se multiplient au nord du Kosovo en solidarité avec Pantić mais aussi parce que le  déploiement de force des albano-kosovars inquiète, d'autant que le 10 décembre, la présidente du régime kosovar Vjosa Osmani a reporté les élections locales serbes à Mitrovica, Zubin Potok, Zvecan et Leposavic qui devaient se tenir le 18 décembre au 23 avril suivant, après que son premier ministre Albin Marti (qui a nommé début décembre au poste de au poste de ministre du Retour et des Communautés un Serbe qui ne représente rien électoralement au Kosovo Nord en violation des règles constitutionnelles rappelées par l'Union européenne et par un ancien président de la cour constitutionnelle kosovare selon laquelle les ministres des minorités devaient être nommés avec le soutien de celles-ci) eut lui même organisé des descentes de police dans les centres électoraux.

L'OTAN et Washington par la voix de son représentant spécial se montrent à nouveau menaçants à l'égard de Belgrade qui soutient que la résolution 1244 de l'ONU autoriserait normalement la Serbie à envoyer 1 000 soldats au Nord du Kosovo en cas de menace de pogrom. Le chef de la diplomatie européenne, Josep Borrell, a annoncé que l'Union européenne envoyait son représentant spécial pour les Balkans occidentaux au Kosovo, mais sa position reste largement partiale à l'égard de Pristina puisqu'il a déclaré hier que les barricades pacifiques des Serbes étaient "inacceptables de la part de partenaires qui veulent un avenir européen", sans condamner le climat de peur que les 300 membres des forces spéciales du régime de Pristina font planer dans le nord du Kosovo.

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Les yeux d'Horus du mois

12 Décembre 2022 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Grundlegung zur Metaphysik, #Cinéma

Quand le magazine "Elle" rendait hommage à l'ancienne Miss Malaisie et reine du cinéma d'action asiatique Michelle Yeoh en octobre dernier, il le faisait d'une façon un peu... particulière (voir photo à gauche).

Evidemment, elle n'est pas la seule. Vigilant Citizen comme toujours liste les signes occultistes mis en scène par les célébrités dans les publications des dernières semaines.

Il mentionne aussi en France le jeu "Antifa" (commercialisé par la Fnac, fondée par un franc-maçon et jadis dirigée par un ex-grand maître du Grand Orient de France). Il fait remarquer qu'en haut de l'image sur la boite du jeu, deux personnages ont aussi l'oeil omnivoyant mis en évidence. Ce jeu a été inventé par un libraire anarchiste de Montreuil (près de Paris) qui précise "nous venons de familles au fort héritage militant, que celui-ci soit chrétien de gauche, communiste, anarchiste, ou à la limite du banditisme social." La référence à l'oeil du dieu borgne ne serait-elle ici qu'une coïncidence ? (Sujet d'interrogation corrélatif concernant les antifas, et sujet d'investigation possible : cette année le Conseil d'Etat français a montré en mai dernier de quel côté il penchait en suspendant la dissolution d'une formation Antifa de Lyon, estimant qu'ils n'incitaient pas à la violence - alors que la dissolution des groupes d'extrême droite, elle, est toujours validée).

 

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Le dynamitage d'EDF

9 Décembre 2022 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Peuples d'Europe et UE

Selon EU Energy Live la France paye l'électricité plus cher que les autres pays européens avec la Slovénie : 370 euros par megawatt/heure (383 en Slovénie), contre 355 en Allemagne (et à peu près la même chose aux-Pays bas et au Danemark), 352 dans les Pays Baltes, autour de 340 en Europe centrale, 125 en Espagne (sortie provisoirement du marché européen de l'électricité).

Le documentaire "Nucléaire : une énergie qui dérange", l'association Documentaire et Vérité présente l'histoire de l'abandon du nucléaire en Europe : le revirement aussi stupide que non concerté de la chancelière Merkel sur le nucléaire allemand après la catastrophe de Fukushima en 2011 (min 42'56), le fait que le mix électrique français sur le plan climatique est sans équivalent avec ses voisins européens, avec un prix du kilowatt/heure deux fois moindre qu'en Allemagne, le fait que ce dernier pays compte importer de l'électricité française (sans avoir les lignes à haute tension pour le faire - Maxence Cordiez ingénieur explique en min 47'43 que chaque pays compte sur le voisin), le fait que l'Accès Régulé à l'Electricité Nucléaire Historique pénalise de façon absurde EDF...

Hervé Machenaud (min 40'24), ex directeur de production d'EDF raconte que lors de la création du Marché européen de l'électricité, les Allemands disaient : "Si jamais on a un réseau unique européen on serait inondé de l'énergie d'origine nucléaire d'EDF" (qui était la moins chère et plus propre). La Commission européenne avec son dogme néo-libéral a alors voulu casser EDF en faisant comme s'il s'agissait du marché de la téléphonie.

Par ailleurs circule sur le Net une vidéo dans laquelle l'ancienne ministre de l'environnement du gouvernement Jospin, Mme Voynet (qui hélas ose encore revenir en politique après s'être ridiculisée à la mairie de Montreuil entre autres), raconte comment en 2000 comme elle devait faire inclure le nucléaire dans les énergies d'avenir a sciemment menti en faisant croire à Paris que le Royaume-Uni ne soutenait plus la France.

Yves Bréchet haut commissaire  à l'énergie atomique (2012-2018) à l'Assemblée nationale le 29 novembre qualifie le marché européen d' "outil de spéculation pure" qui profite à ceux qui ne produisent pas d'électricité. Et puis il y a l'abandon délibéré du nucléaire à partir du quinquennat Hollande pour plaire aux écologistes, alors qu'on commençait à trouver des solutions innovantes pour le traitement des déchets.

L'échec énergétique actuel a été mûrement préparé.

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Des nouvelles de la gauche latino-américaine

7 Décembre 2022 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Colonialisme-impérialisme, #La gauche

Décidément, les mouvements de gauche accumulent les ennuis judiciaires en Amérique latine.

Au Pérou aujourd'hui,le président a été capturé pour crime de sédition après avoir quitté le palais du gouvernement avec sa famille sur le chemin de l'ambassade du Mexique où il voulait se réfugier, et après avoir annoncé la dissolution du Congrès, décrété un "gouvernement d'exception" en méconnaissance de l'article 34 de la constitution et instauré le couvre feu et la confiscation des armes. Depuis quelque temps il essayait en vain de faire adopter sa promesse électorale de réforme constitutionnelle. Triste fin pour le premier président vraiment à gauche du pays, qui aura accumulé au cours de son court mandat les compromis pour ne pas se faire destituer par un parlement de droite sans vraiment arriver à maîtriser la crise économique. Il a été en outre accusé de corruption, outil facile des opposants pour faire tomber l'adversaire.

En Argentine, ce même jour, la vice-présidente Cristina Elisabet Fernández de Kirchner est condamnée à six ans de prison, elle aussi pour corruption bien qu'elle reste protégée par son immunité parlementaire. Elle se dit victime d'une mafia judiciaire.

Néanmoins le Brésil et le Mexique, pays les plus peuplés du continent, ainsi que la Colombie, le Vénézuela, l'Argentine et la Bolivie restent à gauche (on n'ose citer le Chili dont le président a des attitudes ambiguës).

L'économiste de gauche Andrés Arauz, qui a failli remporter l'élection présidentielle équatorienne de 2021, aujourd'hui conseiller de Lula a publié un plan pour une "nouvelle architecture financière régionale" pour unir l'Amérique latine, défiant l'hégémonie du dollar.

Son plan est centré sur la création d'une nouvelle monnaie régionale pour les transactions internationales, évitant ainsi le dollar. La monnaie s'appellera le "Sur" (sud) qui sera une monnaie de commerce international intra-américain qui ne remplacera pas les monnaies locales

Déjà dans les années 2000, les présidents de gauche du Venezuela (Hugo Chávez), du Brésil (Lula da Silva), de l'Argentine (Néstor Kirchner et Cristina Fernández de Kirchner), de la Bolivie (Evo Morales), de l'Équateur (Rafael Correa) et du Paraguay (Fernando Lugo ) avaient envisagé de créer des institutions financières alternatives pour défier la Banque mondiale et le FMI, dominés par les États-Unis.

Mais la déstabilisation de plusieurs gouvernements de gauche a fait échouer le projet  : un coup d'État militaire au Honduras en 2009, un coup d'État judiciaire au Paraguay en 2012, un coup d'État politique en Équateur en 2017, deux coups d'État plus doux au Brésil en 2016 et 2018 et un coup d'État violent en Bolivie en 2019, ainsi que de nombreuses tentatives de coup d'État manquées au Venezuela et au Nicaragua.

Ces attaques américaines et la montée de la droite qui s'en est suivie ont également conduit au sabotage d'un autre instrument clé de l'intégration régionale, l'Union des nations sud-américaines (UNASUR).

Alors que la Banque du Sud était censée intégrer la région économiquement, l'intégration politique était supervisée par l'UNASUR, créée dans un traité de 2008 qui devait soutenir le projet mais dont les dirigeants de droite du Brésil, d'Argentine, de Colombie, du Chili, du Pérou et du Paraguay se sont retirés. L'effondrement de l'Alliance bolivarienne - ALBA - qui avait pourtant créé sa propre monnaie pour le commerce interétatique dans la région, le Sucre a aussi ruiné le projet.

Le sous-continent pourrait maintenant se donner une seconde chance.

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Assassinat d'une députée dans le Donbass

7 Décembre 2022 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Peuples d'Europe et UE

Maria Pirogova, membre depuis 2018 du Conseil populaire (parlement) de la République populaire de Donetsk a été tuée hier dans la capitale de cette république devant la maison de la jeunesse par un tir de missile de l’armée ukrainienne.  Sept autres civils de cette ville au moins ont été tués ce jour là.

« En 2014, alors qu’elle n’avait que 29 ans, elle a commencé à aider les gens. Elle rassemblait des choses, les livrait elle-même aux personnes dans le besoin, et n’avait pas peur d’aller dans les endroits les plus dangereux pour aider les autres », a écrit le président par intérim Denis Pouchiline sur sa chaîne Telegram, faisant l’éloge de la défunte politicienne comme étant « l’incarnation de la gentillesse » avec un « talent exceptionnel pour faire le bien. » Selon le maire de la ville, Aleksey Kulemzin, les troupes ukrainiennes ont frappé un centre d’affaires, un marché, l’arène du Donbass, un complexe sportif, plusieurs centres commerciaux, une gare routière, une cathédrale, le bureau du procureur local et plusieurs immeubles résidentiels. Cela arrive presque quotidiennement.

Pirogova s'était investie dans des actions humanitaires dans la région au cours des jours précédents. Elle était diplômée de l'école de musique (on peut entendre une de ses performences ici), et avait épousé un membre des paramilitaires du Donbass Alexander Hereskulov, 30 ans.

Les partisans du régime de Kiev célèbrent la mort de cette jeune femme comme un "juste karma" (sic) parce que sa mère, Maya, une journaliste à la télévision s'était réjouie du "nettoyage" de Marioupol au moment de la prise de la ville. Maya Pirogova avait déjà été pointée du doigt en mars 2021, quand le gouvernement de Kiev tirait prétexte de sa présence dans la délégation du gouvernement de Donetsk pour refuser de négocier.

L'image du bombardement est ici. Elle laisse entrevoir la possibilité d'une frappe "ciblée".

Ce ne serait pas la première dans ce cas. Quatre des hauts responsables pro-russes dans le Donbass ont été tués dans des explosions en une journée en septembre, lors d'une vague d'assassinats.

Le mois dernier, l'administrateur pro-russe de Kherson  a été tué dans un mystérieux "accident de voiture".

Vladimir Poutine a décerné aujourd'hui à Maria Pirogova l'Ordre du courage à titre posthume.

Vadim Lobuzov, un rockeur, et le juge Viktor Isaev ont aussi été tués à Donetsk le 6 décembre.

 

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Mylène Demongeot (1935-2022)

7 Décembre 2022 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Grundlegung zur Metaphysik, #Cinéma, #Souvenirs d'enfance et de jeunesse, #coronavirus-vaccination-big pharma, #Les rapports hommes-femmes

L'actrice Mylène Demongeot est décédée il y a 6 jours d'un cancer du péritoine. Tous les Français de ma génération la connaissaient pour son rôle dans Fantomas. Ses autres films passaient peu à la télé. J'avais été étonné d'apprendre que l'inventeur de Goldorak s'était mis à dessiner des filles nues en manga après l'avoir vue sortir nue de la mer dans une salle de cinéma. Il faut dire qu'elle avait débuté sa carrière comme cover girl. On oublie un peu trop le rapport entre la nudité féminine et certaines influences néfastes dans le monde invisible, que nous rappelle opportunément l'affiche du dernier film "VVitch"...

Dans l'émission La Vie De Château sur FR3 le 15/06/1985 interviewée par l'acteur Jean-Claude Brialy, Mylène Demongeot expliquait avoir eu une chouette et un serpent (comme Romain Gary) chez elle...Nous savons bien à quoi la chouette renvoie, y compris sur le T-shirt de notre président et sur les albums de Pat Benatar, ou dans l'imagerie de Stevie Nicks, chanteuse du groupe Fleetwood Mac auteure d'une chanson sur la sorcière Rhiannon...

Mylène Demongeot à 21 ans avait joué un rôle sulfureux dans le film Les Sorcières de Salem. Elle n'avait peut-être pas complètement conscience des ombres qui la suivaient.

En 2020, elle avait dû sa guérison du coronavirus au protocole Raoult, puis avait fait savoir qu'elle refuserait le vaccin, et s'opposait à la dictature sanitaire.

En parlant du coronavirus, l'autre chanteuse de Fleetwood Mac, Christine McVie est décédée la veille du trépas de l'actrice française. Emma Winters de Music Times a fait état d'informations selon lesquelles ce décès pourrait être une conséquence de l'injection ARN anti-Covid, l'explication officielle par des "problèmes de dos" étant peu plausible.

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L'Arme et la Paix n°45, dossier sur l'Ukraine avec notamment mon article

6 Décembre 2022 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #ICD, #Actualité de mes publications, #Peuples d'Europe et UE

On trouvera dans le dernier numéro de l'Arme et la Paix, Journal biannuel édité par l’association Initiatives Citoyenneté Défense (novembre 2022) gratuitement accessible ici un intéressant dossier sur la guerre d'Ukraine.

Au nombre des contributions, une interview du lieutenant-colonel de réserve Maurice Pytkiewicz, un article de Jacques Fath, et une analyse de votre serviteur que j'ai intitulée "La plaie ukrainienne, le résultat de tendance lourdes".

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L'alliance irano-russe et ses effets au Proche-Orient

1 Décembre 2022 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Proche-Orient, #Le monde autour de nous

Le 27 novembre l'ancien diplomate britannique Alastair Crooke écrivait dans Al-Maydeeen, après avoir relevé que le G20 avait refusé de condamner la politique russe en Ukraine et que l'alliance russo-iranienne inquiétait des analystes du Jerusalem Post :

"Dernièrement, dans le nord-est de la Syrie, l'armée syrienne a périodiquement érigé des barrages routiers et refusé le passage aux convois militaires américains en route vers et depuis leurs alliés protégés kurdes. Ces derniers jours, un point de contrôle qui a refoulé un convoi militaire américain était tenu conjointement par les forces syriennes et russes.(...) tous les véhicules russes au poste de contrôle du nord-est de la Syrie avaient un énorme « Z » blanc peint dessus.

« Z » est bien sûr le symbole peint sur les véhicules russes déployés en Ukraine pour identifier les forces qui combattent les forces massives de l'OTAN intégrées et auxiliaires des forces armées ukrainiennes qui combattent la Russie là-bas.

Mais le mystérieux « Z » blanc peint sur les véhicules en est venu à symboliser quelque chose de plus : il est perçu comme représentant « l'ordre mondial Z » - tous ces pays et peuples qui choisissent ensemble la voie du « défi » et du renouveau national.  "

Crooke est très optimiste sur l'utilité de l'alliance militaire russo-iranienne. Il estime qu'elle portera des fruits notamment dans le domaine des armes supersoniques, qui, selon lui, rendent obsolètes les armes nucléaires tactiques. "L'utilisation des missiles russes hypersoniques de haute précision Kinzhal, note-t-il, a complètement rasé un bunker d'armes profond et une vaste base d'entraînement en Ukraine, près de la frontière polonaise, en mars dernier – sans rien de plus. (L'effet cinétique de la frappe hypersonique en a également fait des bunker-busters.)" Or, "l'Iran dit avoir mis au point un missile hypersonique." "Quelques jours plus tôt, l'Iran avait également annoncé avoir lancé un missile balistique transportant un satellite dans l'espace. Si tel est le cas, l'Iran dispose désormais de missiles balistiques capables d'atteindre non seulement "Israël, mais aussi l'Europe". Et ce, alors que les Etats-Unis ne sont pas disposés à suivre la coalition d'extrême droite derrière Netanyahu dans un projet de bombarder l'Iran. Le rapport de force avec le régime de Tel-Aviv s'en trouve donc lui aussi changé.

Cette évolution a probablemet encouragé la Turquie à bombarder les alliés des Américains en Syrie à la suite de l'attentat d'Istanbul du 13 novembre. Ankara a même attaqué les abords d'une base contrôlée par les États-Unis dans la province syrienne d'Al Hasakah le 26 novembre. Auparavant les installations pétrolières exploitées par les USA et leurs alliés au mépris de la souveraineté syrienne avaient aussi été bombardées par les Turcs. Les provinces syriennes de Hasakah, Deir ez-Zor et Raqqa sont actuellement principalement contrôlées par les Forces démocratiques syriennes kurdes soutenues par les États-Unis. Depuis 2015, le commandement américain a créé neuf bases dans la zone. L'opération turque a conduit Washington a faire marche arrière.

S'exprimant lors d'une conférence de presse, le porte-parole du Pentagone, le général de brigade Patrick Ryder, au nom du Pentagone, a déclaré le 29 novembre que les États-Unis reconnaissaient les préoccupations de sécurité de la Turquie et avaient donc réduit les patrouilles avec les milices kurdes. L'objectif d'Erdogan reste de constituer une zone de sécurité de 30 km à l'intérieur des frontières syriennes, ce qui peut impliquer la prise militaire terrestre de Kobane pour y reloger les 3 millions de réfugiés syriens en Turquie.

Les Kurdes (qui peuvent encore utiliser leurs prisonniers de Daech comme instruments de chantage) ont fait appel aux Russes pour dissuader Erdogan de poursuivre son action militaire, et Poutine a renforcé sa présence militaire à Tal Rifaat.

L'Iran de son côté semble par ailleurs reprendre en main sa situation intérieure. Le pays a protesté auprès de l'ambassadeur de France pour ses ingérences dans sa politique intérieure suite à une résolution du parlement français, ce qui a permis  de mettre en avant au passage l'affaire des activistes Cécile Kohler et Jacques Paris, enseignants syndicalistes accusés d'avoir cherché à fomenter des troubles parmi leurs homologues iraniens. Les ambassadeurs allemand et britannique ont aussi été convoqués. Elle se propose en médiatrice entre la Turquie et les Kurdes en Syrie, et tire divers profits sur la scène internationale de son alliance avec Moscou.

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