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Le blog de Frédéric Delorca

Le libéralisme

14 Octobre 2007 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #La droite

Pierre Zaoui, de la bande à Vacarme (une revue des beaux quartiers, mais très à gauche) dans Mouvements (http://www.mouvements.info/spip.php?article179) défend le libéralisme et considère que la gauche doit mettre ses pas dans les siens, comme d'ailleurs Marx lui-même le fit.

Il n'a pas tort. Je plaide moi même dans ce sens. Le geste libéral, en économie, en politique, en philosophie, fut d'abord un geste contestataire, et qui libérait l'humain contre les pouvoirs conservateurs. Ce qui ne signifie pas qu'il fut parfait. Il eut ses monstruosité. Karl Polanyi a en partie raison par exemple de décrire le XIX ème anglais dans les termes d'une monstruosité anthropologique digne du stalinisme (en même temps, ne le traiter que comme une monstruosité n'ext-ce point partir d'un préjugé conservateur qui idéalise les communautés rurales ?). Mais le libéralisme porta une dynamique extraordinaire. Il fut un facteur de déconstruction des vieux dogmes et des pires illusions humaines. Je pense à l'empirisme et à l'utilitarisme anglais qui furent les alliés naturels du libéralisme, et qui fécondèrent même la pensée de Kant (dont de Quincey rappelle à juste titre qu'il avait des ancêtres écossais et qu'il fut un lecteur assidu de Hume).

Il faut assumer le libéralisme, y compris dans ses dimensions les plus protestantes (Walzer avec sa Révolution des Saints nous y aide). Deleuze n'avait pas tort de mettre la Révolution américaine sur le même plan que la Révolution soviétique (je pense que Chomsky dirait la même chose, et que tous les deux s'entendraient pour y voir des révolutions qui ont en partie mal tourné).

Mais assumer l'héritage libéral, ne signifie pas s'en tenir à lui. Et c'est précisément ce que voudraient faire les conservateurs. Figer les révolutions : statufier la révolution française dans une forme périmée de la République, utiliser les pères fondateurs des Etats-Unis pour attaquer l'Iran, rester sur le discours d'Adam Smith pour légitimer les oligopoles capitalistes (je dirai bientôt un mot du dernier livre de Galbraith à ce sujet). La gauche ne doit pas attaquer le libéralisme, elle doit combattre sa rigidification conservatrice à l'oeuvre dans le néo-libéralisme, doctrine réactionnaire apparue à la fin du XIX ème siècle pour contrer le socialisme, et que l'Ecole de Chicago dans les années 1970 instrumentalisa à son tour pour liquider le keynésianisme. Ne nous trompons pas d'ennemi.

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