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Le blog de Frédéric Delorca

N'y a pas arren de Coupat

1 Février 2009 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Débats chez les "résistants"

Hier, un ami me rappelait que tout parti révolutionnaire qui se respecte est doté d'une structure clandestine en plus de la structure officielle, et que c'est même l'existence de cette structure qui est le signe de sa vocation révolutionnaire. LO et même d'autres partis à gauche de la gauche auxquels on ne s'attend pas en ont une. Le PC a liquidé la sienne dans les années 80, ce qui est significatif, disait-il.

Le même jour des gens manifestaient pour Coupat. J'avoue avoir du mal à me faire une opinion sur cette affaire. Si la demande de libération a été rejetée en appel, c'est bien qu'il doit y avoir quelque chose au dossier. Les articles de profs du Quartier latin sur ce sujet en défense de Coupat ne sont pas vraiment convaincants. A chaque fois ils relèvent un ou deux faits qui peuvent aller dans le sens de Coupat et caricaturent la position des pouvoirs publics, mais ce n'est pas ainsi qu'on défend utilement une cause. Il faudrait reprendre point par point l'acte d'accusation et le démonter. Je n'ai pas l'impression que les défenseur de Coupat soient en mesure de le faire, ni dans la presse ni - c'est plus grave - dans les enceintes judiciaires. Cela ne signifie pas que Coupat soit coupable, mais simplement qu'il reste des ombres au dossier. Voilà pourquoi il est difficile d'arrêter une position sur ce sujet.

 

La tendance des organisations de gauche à caricaturer l'accusation, et à passer sous silence certains faits gênants plutôt que d'en discuter rationnellement (jusqu'à même montrer qu'ils ne sont pas si gênants qu'on veut bien le penser au départ) est une tendance habituelle de la gauche de la gauche. Dans "10 ans sur la planète résistante", je l'ai mentionnée à propos de l'affaire Bishara. C'est aussi lié au fait que les gens de tous bords n'aiment pas les vérités argumentées. Ils voient dans les arguments quelque chose d'ennuyeux et de violent dont il ne faut user qu'à dose homéopathique à des fins rhétoriques. Ce qui permet ensuite à leurs adversaires de les taxer de malhonnêteté et de sectarisme.

 

En outre, en ce moment, peu de gens à gauche ont envie d'examiner sérieusement les arguments pro- ou anti-Coupat, parce qu'à travers Coupat ils se mobilsient pour autre chose : pour ceux qu'ils appellent la "criminalisation" du mouvement social (les arrestations et intimidations de syndicalistes, de défenseurs des sans-papiers etc). Dans l'affaire Coupat ils tiennent un intellectuel (comme Batisti) qui en plus ne se voit pas reprocher des crimes de sang (et auquel donc on n'a pas besoin de demander 20 ans de repentance avant de le juger défendable).

 

J'ai répondu hier à mon correspondant que de toute façon, les structures clandestines ne servaient sans doute pas à grand chose dans nos sociétés vu que, de toute façon, aucune des conditions ne sont réunies pour une résistance armée efficace (à commencer par la formation des jeunes à la discipline). La formation du NPA a posé ce genre de question, notamment quand un ancien d'action directe a voulu adhérer à ce parti sans dénoncer la lutte armée. Je me souvient de Cohn Bendit expliquant il y a deux mois que Besancenot en fait croyait en la lutte armée puisqu'il soutient le Che. Sans doute aussi la résistance armée au Proche-Orient (Liban, Palestine) donne-t-elle des idées à certains révoltés, mais je pense que ces gens sont vraiment décalés par rapport à la réalité sociale européenne. Sans doute le mieux qu'on puisse espérer en Europe en ce moment serait la victoire en France par les urnes et non par les armes d'une coalition de gauche comme celle du mouvement bolivarien en Amérique latine, une victoire qui déboucherait sur une sortie de l'Union européenne et de l'OTAN et une alliance avec les pays progressistes. Mais comme me le disait quelqu'un l'an dernier, nous manquons de leaders charismatiques pour pouvoir espérer cela. Nous manquons aussi de cadres moyens réellement formés à une culture de gauche à la fois radicale et réaliste (ce qui aussi le cas en Amérique latine, et cela y paralyse les avancées démocratiques). Notre "génération Casimir" ne les fournira pas.

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Chers frères et soeurs, chers ami(e)s, chers concitoyens, Que la Paix soit sur vous. Cette paix, nous la chérissons tous, nous la désirons tous. En France et ailleurs, nous goûtons à cette paix depuis 1962 environ. Jamais depuis notre vie ici n'a été menacée de basculer à cause de la guerre, mais nous avons vu -et certains d'entre nous ont connu ailleurs- le drame et l'horreur inévitable que contient toute guerre. En ces heures graves, nous recevons la peine immense des victimes de l'interminable guerre israëlopalestinienne. Juifs, chrétiens de tous bords, musulmans de tous bords et autres souffrent de ce sang qui coule à flots depuis 60 ans. L'hémoragie de la Palestine ne s'interrompt que rarement, dans des conditions insoutenables, pour durée condamnée à s'écourter et s'achever irrémédiablement dans de nouveaux assauts désespérés. A chaque assaut de l'Etat d'Israël, grandit dangereusement la haine du peuple juif, le peuple Israël. Chaque attaque baptisée riposte déclenche un nouveau massacre et une nouvelle vague de hargne et de colère, dont patissent les juifs du monde entier, s'obligeant à défendre encore un rêve déchu qui leur est cher, et sans lequel leurs souffrances passées ne sembleraient avoir de sens: le rêve du rappel en Terre Promise, récupéré par des idéologues de la conquête maximale à tout prix, les sionistes. Hier encore, seuls les fascistes et les néonazi, ainsi que d'autres sortes d'extrémistes aux conceptions racistes dénonçaient le sionisme. Tant nous voulions pardonner et comprendre après la détresse endurée sous le reich allemand. Aujourd'hui, les horreurs et les violations de droits fondamentaux perpétrés ont hissé -dans les nombreux esprits excédés-  le peuple juif, à nouveau, en "ennemi des peuples opprimés", à cause de cette politique du bulldozer. Les partisans de la paix y sont pourtant nombreux! Ils aspirent à la paix tout autant que nous aspirons à conserver la paix ici. Quant aux palestiniens, tant de larmes ont coulé depuis six décennies, mêlées à tant de sang, tant de vies ont été fauchées ou confisquées, tant de familles ont disparu ou été réduites à la terreur et aux mauvaises moeurs des armées d'occupation que l'on s'étonne toujours de les voir se battre encore, avec dignité plus souvent qu'avec rage. Aujourd'hui qu'Ehud Olmert annonce une nouvelle "riposte disproportionnée" aux ripostes gazéennes qui ont fait deux morts après la pluie de bombes qui chez eux a fait -aux dires des israëliens- au moins 600 morts, Aux dires du Hamas, plus de 1300. Depuis 1948, 750 000 palestiniens ont été victimes de cette guerre sans fin. Levons-nous courageusement pour la paix: envoyons un signe de paix pour les israëliens, par un signe d'amour pour les palestiniens... ...Portons tous, chaque fois que nous en avons le droit le kéfié palestinien. Par cet acte, accompli par des français de souche, des immigrés, des touristes, des juifs, des descendants de la migration, par toutes les couches de la population, en tailleur et costume autant qu'en jean basquet, nous pouvons montrer que nous aimons la Palestine, que nous aimons les palestiniens, et que lorsque l'on nous voit vivre des peines ou des moments de joie, des moments de colère ou des moments de honte, nous aspirons à la paix pour tous les hommes, à la dignité pour tous les hommes et toutes les femmes, au droit à la vie pour tous les enfants du monde. Faites ce geste simple: portez le kéfié pour dire tout ceci sans avoir autre chose à faire que sourire et vivre en paix. Que la paix, la grâce et la miséricorde soient sur vous, et qu'innondant de vous, elle coule jusqu'au peuple de Palestine. Amîne.
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