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Le blog de Frédéric Delorca

Alexandre Zinoviev et Staline

3 Janvier 2011 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #La gauche

l_nine.jpg« Ne crois pas que je sois stalinien, disait l’Inspirateur. Je veux simplement dire que jusqu’à présent on a considéré le stalinisme soit de l’extérieur (à travers le regard des observateurs occidentaux), soit du point de vue de l’autorité personnelle de Staline et du système de répression. Le temps est venu de voir le stalinisme par en bas, c'est-à-dire en tant que phénomène de masse, en tant que grand processus historique d’accès de millions de gens des couches inférieures de la société à l’éducation, à la culture, à la création, à l’activisme. Beaucoup de gens ont péri, c’est vrai. Mais il y en a plus encore qui en sont sortis, qui ont radicalement changé leur mode de vie ; dont la situation s’est élevée, dont la vie est devenue plus intéressante comparée à ce qu’elle était auparavant. Cela a été pour une masse énorme de la population un essor culturel, spirituel, matériel sans précédent dans l’histoire, un processus créateur dans tous les domaines fondamentaux de la vie. On n’en a pas encore mesuré tout le prix. Je pense qu’il faudra des siècles pour lui rendre objectivement ce qui lui revient.  (…) Si un nouveau Staline me proposait, disons deux ou trois ans de pleins pouvoirs dans mon domaine tout en me prévenant qu’après ça je serais fusillé, j’accepterais sa proposition. Je voudrais au moins une fois dans ma vie, et fût-ce un court moment, fondre ma pensée et ma volonté dans l’un des courants de la grande histoire. Sous Staline c’était possible. Maintenant plus. Je sais que ce qui est en cause ici ce n’est pas la personnalité de Staline, mais le caractère mêlé de l’époque qui a entre autre donné naissance à Staline. Mais nous avons l’habitude de personnifier les époques et de lier des espérances chimériques à des personnalités ».

 

Alexandre Zinoviev, Homo sovieticus, Julliard, L’Age d’Homme 1983 p. 193-194

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L
<br /> Zinoniev a admit lui même que Staline a bien été le plus grand dirigeant de l'histoire de l'URSS, alors que celui écrivait une bonne dizaine d'articles anti-communiste ! Cela poruve encore une<br /> fois les mensonges sur l'URSS sous Staline, qui en réalité, ne sont orchestrés par une bande de mafieux très minoritaire. Il n'y a qu'à voir Trotsky, qui a finit par travailler pour le FBI et a<br /> rédigé avec Browder et Eastman le "testament de Lénine", alors que celui l'avait exlu du comité en 1920 et le détestait (vice versa). Ainsi que Soljenistyne, un créationiste, incacéré pour avoir<br /> soutenu le III° Reich, militait lui même après la chute du bloc de l'est pour la réinstuaration du tsarsime et de ses goulags ! Lui qui disait que les goulags (camps de travail en russe) était<br /> Staline, il reconnait que c'est bien une composante des régimes de tsars. La preuve, les pussy riots ont été envoyé au camps de travail. Et puis les autres mafieux et fascistes, comme Sakharov<br /> qui soutenait avec le groupe Mandel la guerre au Vietnam, ou bien le sioniste Grossman, ou encore les bourgeois comme Kravtchenko, Chalamov. <br />
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T
<br /> Zinoviev, Kamenev et Trotski n'ont rien compris à Staline ...Ce dernier les a divisés, manipulés, humiliés, pour enfin les<br /> trucider ...Et ce qui est curieux, c'est que les trois suppliciés pensaient que Staline était un second couteau ...<br />
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F
<br /> <br /> Oui, camarade, mais il s'agit de Zinoviev l'écrivain des années 70-80 (et logicien), pas le bolchévik des années 20.<br /> <br /> <br /> <br />
G
<br /> <br /> Bonjour Frédéric, du moment que tu dépasses les mots de trois lettres et que tu fais l'effort de trois phrases, je ne peux plus rien te reprocher et je ne peux que<br /> te louer. Denis Collin serait post-trotskyste si cette appellation d'origine pouvait être contrôlée et certifiée. En fait, sur une base opposée à Staline, il pense que certaines analyses de<br /> Trotsky ne sont pas vérifiées et que d'autres ne sont plus d'actualité, pour ce j'ai pu en comprendre. Je pourrais chercher des exemples détaillés des positions de Denis Collin sur ces sujets,<br /> mais je n'ai pas le temps. Sur la « construction européenne », les élections européennes et les « mirifiques » pouvoirs du Parlement Européen, ses analyses sont assez intéressantes à mon avis,<br /> voir le billet qu'il avait consacré aux élections européennes :<br /> <br /> http://la-sociale.viabloga.com/news/faut-il-vraiment-participer-aux-elections-europeennes<br /> <br /> <br /> Comme Asselineau, il n'estime guère Mélenchon pour ses zigzags en matière de fédéralisme :<br /> <br /> Denis Collin : « Mais hélas, Mélenchon ignore ce qu'est la lutte politique sérieuse. Il se prépare seulement à capituler devant la droite du PS au moyen de discours<br /> ultra-radicaux (c'est d'ailleurs une spécialité française: le discours terriblement "RRRRévoutionnaire" pour camoufler des toutes petites magouilles politiciennes).<br /> 6) Tu me diras: "et le programme dans tout ça?" J'ai justement commencé de détailler le programme du PG. C'est de la bouillie pour les chats. Sur l'Europe, c'est<br /> d'une confusion extrême. Dans son livret, Mélenchon fait son autocritique en disant qu'il a cru au fédéralisme européen et qu'il avait eu tort. Et le voilà qui demande un SMIC européen...<br />  c'est-à-dire un État européen! C'est vraiment se moquer du monde. Je te passe le programme scolaire du PG (lamentable) et le programme international dont j'ai dit déjà quelques mots.<br /> Mélenchon avait le droit de se tromper en 1992 ... certes ... encore que si des gens "éclairés" comme lui n'avaient pas trompé le peuple en 1992, on ne serait pas là. As-tu lu sous sa plume un<br /> seul retour critique sur les deux septennats de Mitterrand, sur le gouvernement auquel il a participé jusqu'en 2002, y compris au moment où Jospin et Chirac ont signé les accords de Barcelone ou<br /> envoyé les troupes française en Afghanistan? Non, rien! L'incapacité à faire cet examen honnête(*) est la preuve de l'insincérité fondamentale du discours actuel. »<br /> <br /> http://la-sociale.viabloga.com/news/degager-la-voie#comment_6<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Je tiens à denis collin car je me suis fait pourrir par des européistes quand j'ai retranscris son appel à l'abstention aux élections européennes de 2009, je me suis<br /> fait aussi pourrir d'ailleurs quand quelques semains plus tard, j'ai retranscris l'appel d'Asselineau pour la même cause.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> http://etienne.chouard.free.fr/forum/viewtopic.php?pid=6636#p6636<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br />
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F
<br /> <br /> Sur la longueur des post Edgar a fait 5 lettres la dernière fois, parfois même juste un smiley.<br /> <br /> <br /> Sur Collin on m'a parlé effectivement de son anti-européisme. Mais sa discussion sur la question de savoir qui est dans la vrai foi du socialisme et qui est dans la déviation ne peut concerner<br /> que les croyants marxistes dont je ne suis pas.<br /> <br /> <br /> Sur Méluche, il a atteint son apogée historique avec son courage politique de 2008 sur le Kosovo, le Tibet, le Vénézuela et quelques sujets de politique intérieure. Depuis lors il est sur le<br /> déclin. L'histoire ne repassera sans doute pas les plats. Et la "vraie" gauche risque de perdre encore quelques années avant d'avoir la moindre chance de peser sur les événements. Note qu'elle ne<br /> pèse qu'une fois par décennie : 1945, 1956, 1968, 1974, 1981, 1995, 2005. Le prochain coup sera sans doute vers 2015.<br /> <br /> <br /> <br />
G
<br /> <br /> Denis Collin a écrit sur le « socialisme » réel, un article sur le site de « La Sociale » avec lequel, sans être spécialiste, je suis pleinement<br /> d'accord. Si vous tenez à défendre les régimes staliniens, avec des esprits de haute envergure, faites-le donc en demandant une tribune sur ce site, il vous l'accorderont bien volontiers. <br /> <br /> <br /> <br />
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F
<br /> <br /> Gilles me reprochera encore de me borner à des commentaires très brefs, voire aphroristiques (mais mon maître Edgar le fait bien sur ce blog alors pourquoi pas moi ?), mais la lecture du texte de<br /> Collin m'inspire cette simple phrase : son auteur est mûr pour se convertir au trotskysme.<br /> <br /> <br /> <br />
F
<br /> <br /> Cet extrait de<br /> "Homo Sovieticus" met en scène un personnage (l'Inspirateur) qui évoque la période stalinienne. A titre d'information, je souhaiterais  signaler au public francophone qu'Alexandre<br /> Zinoviev  a consacré tout un ouvrage -Le Héros de Notre Jeunesse- à l'époque stalinienne.  En quoi l'analyse de l'auteur<br /> russe diffère-t-elle de celles qui  abordent le même sujet ?<br /> l'Inspirateur donne un aperçu de l'angle sous lequel Alexandre Zinoviev examine<br /> l'époque de son enfance et de sa jeunesse :" Je veux simplement dire que jusqu’à présent on a considéré le stalinisme soit de l’extérieur (à travers le regard des observateurs occidentaux), soit<br /> du point de vue de l’autorité personnelle de Staline et du système de répression. Le temps est venu de voir le stalinisme par en bas, c'est-à-dire en tant que phénomène de masse, en tant que<br /> grand processus historique d’accès de millions de gens des couches inférieures de la société à l’éducation, à la culture, à la création, à l’activisme."<br /> Dans ses écrits consacrés à la période comprise entre 1917 et la seconde guette mondiale, le philosophe russe met en lumière les "mécanismes internes"  qui régissaient les<br /> différents domaines de la vie soviétique. Il ne s'agit ni d'une apologie ni d'une condamnation mais d'une tentative de compréhension d'une époque aujourd'hui révolue. Analyste  sans<br /> concession<br /> du communisme et du capitalisme, Alexandre Zinoviev est l'un des intellectuels majeurs du siècle dernier; on comprendra aisément qu'il puisse fortement déplaire<br /> à des<br /> esprits dénués d'envergure.<br /> <br /> <br /> Fabrice Fassio<br /> Spécialiste de l'oeuvre d'Alexandre Zinoviev<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br />
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G
<br /> <br /> J'espère que c'est juste une citation et que tu ne reprends ce texte que pour en montrer tout le masochisme et la bêtise crasse de Zinoviev. Cela me fait penser à penser à Platon qui pensait que<br /> seul un despote éclairée pouvait gouverner et non le peuple. Il a été conseiller le tyran Denis de Syracuse et tant que la « chanson » de Platon plaisait à Denis, il l'a gardé, mais dès que la «<br /> chanson » de Platon lui a déplût, Hop, il l'a vendu comme esclave.<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br />
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