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Le blog de Frédéric Delorca

Bras de fer : Afghanistan, Mali, Corée du Nord, Syrie

13 Février 2013 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Colonialisme-impérialisme

Pas terrible les infos de ce jours. Des reliquats des années 2000 qui tournent en bras de fer aux quatre coins du monde :

 

L'Agence russe d'exportation d'armements (Rosoboronexport) livre des systèmes de défense antiaérienne à la Syrie, apprend-on dans la presse russe aujourd'hui. Sans doute une conséquence du raid israélien.

 

La Corée du Nord effectue un essai nucléaire. Moscou, tout en condamnant, fait remarquer à juste titre qu'on n'en serait pas là si Washington n'avait cessé de menacer ce pays (et d'autres "Etats voyous").

 

CSONU.jpgAu Mali les islamistes se sont infiltrés à Gao en traversant le Niger à la faveur de l'obscurité, les insurgés ont combattu toute la journée de dimanche les troupes maliennes et françaises, preuve que le scénario que j'envisageais (un retrait de la France avant même la reconquête des montagnes du Nord-Est) n'est même plus envisageable puisque l'arrière de la ligne de front n'est pas sécurisé. Vraiment mauvaise pioche pour la France. Où en est le projet d'interposition des forces africaines ? Si j'étais M. Hollande je pense que j'investirais davantage sur le dialogue bilatéral avec les seuls pays à même de fournir des contingents pour sécuriser le Mali : les trois puissances militaires que sont le Nigéria, l'Afrique du Sud et l'Angola. Ou peut-être même, si nécessaire, avec la Russie, qui avait proposé ses avions de transports de troupes. Bon le revers de la médaille nous le connaissons : quand on partage le fardeau il faut aussi partager les ressources : et donc l'uranium du Niger, il faudrait aussi songer à le partager... Et les mouvements progressistes maliens, quelle stratégie alternative proposent-ils pour reconquérir leur souveraineté, aussi bien face aux islamistes, que face à la CEDEAO et à la France ?

 

Apparemment sécuriser une zone menacée par des islamistes n'est pas une tâche insurmontable. L'ennui est qu'on ne sait jamais ce qui se produira quand les occupants se seront retirés. L'Afghanistan est typique de cette problématique. En ce moment les Américains l'occupent avec 68 000 hommes, et jurent que les forces afghanes assurent 90 % des opérations militaires (on aimerait pouvoir en dire autant des forces maliennes). Obama promet d'en retirer 34 000 d'ici février 2014. Ce qui n'en laisserait que 34 000 pour contrôler le pays pendant l'élection présidentielle d'avril, puis quelques milliers en 2015, mais il semble que beaucoup de généraux ne croient pas que 34 000 hommes suffisent pour sauver le régime de Karzaï... Là comme ailleurs l'Occident cherche à sauver les meubles, à un coût qu'il peut de moins en moins payer. Et personne ne se prépare mentalement au grand rééquilibrage du partage des ressources auquel il faudra bien songer quand Paris, Londres, Washington devront partager avec Moscou, Pékin, Prétoria et Brasilia le coût de la répression des milices rebelles sur tous les continents...

 

Je voyais récemment une étude sur le gaz de schiste réalisée par un think tank américain qui concluait approximativement "grâce au gaz de schiste les USA alliés à l'Australie reprendront un jour le leadership mondial" (car ces deux pays seraient les plus gros détenteurs de réserve). On ne peut jamais exclure qu'une nouvelle donne au niveau des matières naturelles ou des technologies inverse soudainement les rapports de forces, mais pour l'heure on est encore loin du compte...

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