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Le blog de Frédéric Delorca

Considérations basques

3 Novembre 2012 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Peuples d'Europe et UE

Monsieur Valls livre à la justice espagnole Aurore Martin une ressortissante française qui a adhéré à un parti indépendantiste qui n'était pas interdit en France. La gauche s'insurge (le PCF, les Verts, le Syndicat de la magistrature), mais les souverainistes bon teint français ne  trouvent rien à redire à cette atteinte au droit national. Pas un blog de cette mouvance pour en parler.preuve que chez eux la défense de l'hexagone est à deux vitesse. Il y a les bons français (ceux qui pensent comme eux) et puis il y a les autres.

 

 

De passage en Béarn cet après-midi je tombe sur l'aimable émission de Julie Andrieu qui célèbre le cochon basque des Aldudes noir et rose. On me précise dans ma famille qu'il était autrefois le dénominateur commun de toutes les fermes du Sud-Ouest avant d'être détrôné par le cochon anglais, plus facile à engraisser mais d'un caractère bien plus agressif.

 

Tout me renvoie aujourd'hui à ce que le Sud-Ouest doit à la culture basque. M. Valls et ceux qui le soutiennent , ne serait-ce que par leur silence complice, devraient savoir que l'Injustice ne grandit pas la France et ne nous la fera pas aimer.

 

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nationalistejacobin 14/11/2012 14:07


Oui, j'ignorais les circonstances de cette arrestation, merci de vos précisions. Toutefois, l'article de Paris Match que vous mettez en lien au début de votre billet évoque un "contrôle routier
fortuit". Le journaliste n'a donc pas fait son travail sérieusement (ce ne serait pas la première fois, j'en conviens)? Je me permets donc de vous demander la source de votre affirmation. Par
ailleurs, avez-vous la preuve que Manuel Valls a personnellement donné des instructions visant à favoriser cette arrestation? M. Guéant n'a pas "voulu" ou bien a-t-il eu d'autres chats à
fouetter, comme mener une campagne électorale ou lancer des petites phrases?


 


Ensuite, les circonstances de l'arrestation sont pour moi un volet secondaire du dossier. L'important reste la question de l'application du mandat délivré par l'Espagne en 2010 et validé par la
justice française deux mois après (toujours d'après l'article susdit). A partir du moment où la France avait accepté le principe de cette arrestation, il fallait que cette arrestation ait lieu,
c'est une question de loyauté... et de crédibilité de l'appareil judiciaire.


 


Cette affaire donne l'impression qu'aujourd'hui, en France, tout le monde se conduit comme en Corse ou dans certains quartiers "sensibles" (superbe euphémisme): la loi ne doit pas s'appliquer
quand on vient arrêter mon voisin... Parce que c'est mon voisin, quoi qu'il ait pu faire. C'est cette dérive "tribale" qui m'inquiète. Je pense de plus que Mme Martin a tout intérêt à plaider sa
cause publiquement, dans un tribunal espagnol, au lieu de jouer la martyre dans la clandestinité. Pour le moment, elle n'est pas condamnée, que je sache.

Frédéric Delorca 14/11/2012 15:50



Le dossier complet sur les circonstances de l'arrestation figurent dans le dossier du journal Sud Ouest
http://www.sudouest.fr/2012/11/07/arrestation-d-aurore-martin-ce-qu-il-faut-savoir-871905-5393.php. On y voit qu'il y a bien eu un dispositif spécial d'interruption ponctuelle du trafic routier
dans les deux sens de circulation, mesure que le ministère de l'intérieur attribue à une opération de contrôle de trafic de stupéfiant (mais honnêtement personne n'a vu ce genre de contrôle armes
à la main dans le sud ouest, et rue89 a des éléments pour démentir). En outre les proches de Mme Martin assurent qu'elle n'était pas dans la clandestinité.


J'ai critiqué (y compris dans mon roman) la tendance des basques à se vouloir les pères du Grand Sud Ouest, à vouloir annexer des régions (voire des produits) non basque à leur périmètre
culturel. Mais on ne peut pas non plus minimiser ce que leur culture (notamment leur culture matérielle, je parlais dans ce billet de la sélection génétique des porcins) a apporté au grand Sud
Ouest. La question du substrat basque jusqu'à la Garonne restant cependant largement indécidable selon moi.


Batasuna est un mouvement politique qui représente entre 12 et 22 % aux élections basques depuis 1977 côté espagnol (Herri Batasuna dans les années 1980), et plus de 25 % dans de nombreux
districts de la province de Guipuzcoa. Ce mouvement n'est pas en soi "terroriste" mais a refusé de condamner la lutte armée. Son interdiction a condamné l'électorat basque à se réfugier vers
l'abstention ou à opter pour des groupuscules que Batasuna a reconnus comme ses partenaires, avant que la vitrine de la gauche indépendantiste soit de nouveau légalisée.


Dans l'absolu je ne suis pas partisan de l'interdiction de partis lorsqu'ils représentent plus d'un dixième de la population car cela revient à disqualifier un courant important d'une société, et
ce dans n'importe quel conflit politique. A fortiori ici il faut rappeler qu'ETA a renoncé aux armes en 2011. Un processus de paix est en cours et c'est  le moment que l'on choisit pour
arrêter et infliger un séjour en prison à une militante politique étrangère (française) qui ne vivait même pas dans la clandestinité.


Tout cela est absurde. On n'applique pas des lois liberticides après une trêve et le début d'un processus de paix. C'est un peu comme poursuivre une opération militaire quand un armistice est
signé. Bien sûr un armistice n'est pas un traité de paix, et le droit de la guerre continue de s'appliquer. Mais la signification politique d'un armistice doit être respecté. Ici il y a mépris de
la souveraineté nationale française, et mépris pour un processus de paix.


Cordialement



nationalistejacobin 14/11/2012 09:46


Bonjour M. Delorca,


 


Je ne suis pas du tout d'accord avec ce que vous écrivez.


 


D'abord sur Manuel Valls: M. Valls est ministre de l'Intérieur, me semble-t-il, et non Garde des Sceaux. Quelles sont ses moyens d'action dans ce type de dossier? Par ailleurs, il a affirmé que
la procédure judiciaire avait suivi son cours normalement. Ce sont, d'après ce que je lis ici ou là, des instances judiciaires qui ont autorisé l'extradition.


 


Ensuite, je voudrais quand même pointer la malhonnêteté de la gauche qui aujourd'hui défend Aurora Martin... mais qui devrait plutôt se demander quand ont été signés les accords donnant naissance
au fameux mandat européen. Ces accords datent du gouvernement Jospin, et je crois me rappeler que M. Jospin n'était pas spécialement dans le camp de MM. Pasqua et de Villiers, les souverainistes
de l'époque.


 


"Il y a les bons Français (ceux qui pensent comme eux) et puis il y a les autres"


Là, je vous donne assez raison. Mais je précise que cette attitude, qu'on peut à bon droit nous reprocher (je dis "nous" car je me range parmi les abominables souverainistes, plutôt de droite, je
penche pour ma part pour Dupont-Aignan comme vous le savez), nous est inspirée par... la gauche. Parce que pour la gauche, désolé de le dire, il y a aussi, et peut-être même plus qu'ailleurs, les
"bons français", gentils, ouverts, tolérants, antiracistes, etc, et les autres qui sont nécessairement crypto-fascistes, lepénistes, sarkozystes etc. Par conséquent, la gauche est assez mal
placée pour nous donner des leçons.


 


Ensuite, sur le dossier basque en lui-même: à titre personnel, j'ai toujours pensé que la France et l'Espagne devaient collaborer plus étroitement pour lutter contre l'indépendantisme basque, un
mouvement sécessionniste sur lequel s'est greffée, faut-il le rappeler, un mouvement terroriste, ETA, qui a fait des centaines de victimes et endeuillé de nombreuses familles. Je note que la
gauche et vous-même n'êtes guère diserts sur ce "détail". Sachant que Batasuna a été la vitrine politique d'un mouvement terroriste, et que Batasuna a été interdit pour cette raison, pourquoi
serait-il illogique de demander des comptes à Mme Martin, qui s'est impliquée dans ce mouvement en Espagne où il est interdit, et non seulement en France où il est légal? 


Pour ma part, il est vrai que je préférerais que chacun soit maître chez soi, que la France et l'Espagne aient d'un commun accord interdit Batasuna et traqué les membres et soutiens d'ETA. 


 


Il est certain que nous n'allons pas descendre dans la rue pour défendre Mme Martin et les militants basques. La solidarité nationale, comme son nom l'indique, concerne les nationaux. Mme Martin
se souvient de sa nationalité française lorsqu'elle est menacée, mais affirme le reste du temps qu'elle n'est pas française, et que la France occupe sans doute illégalement le pays basque. Quand
on s'exclut soi-même de la communauté nationale, il faut assumer. Un peu facile de dire "Eh, c'est une citoyenne française!".  


 


"Tout me renvoie aujourd'hui à ce que le Sud-Ouest doit à la culture basque"


Pouvez-vous être plus précis sur l'héritage basque? Je ne connais pas le Sud-Ouest, aussi je ne permettrai pas de vous contredire. Mais à entendre les indépendantistes basques, les Basques, eux,
ne doivent rien à personne. Apparemment, ils ont été parfaitement imperméables à toute influence étrangère, conservant au-delà des siècles une pureté culturelle et ethnique (voire raciale)
absolue. Souscrivez-vous à ce discours?


 


"l'injustice ne grandit pas la France et ne nous la fera pas aimer"


Mais faire des courbettes devant les indépendantistes basques, qui ont du sang sur les mains, grandirait davantage la France selon vous? Cependant, ce qui m'intrigue le plus (et ce qui
m'inquiète, je l'avoue), et ce qui est pour moi le mot le plus important de ce billet, c'est ce pronom "nous" que vous utilisez dans cette phrase. Pardon de vous poser la question, mais à quoi
renvoit-il? "Nous", c'est la nation du Sud-Ouest? La tribu du Béarn? La race gasconne? Votre phrase semble opposer ce "nous" à la France, c'est donc que la France vous est extérieure, si je
comprends bien, le Béarn, le pays basque, voire le Sud-Ouest tout entier, sont des corps étrangers à la France. Je suis étonné de lire cela sous votre plume (sachant de surcroît que vous avez
servi l'Etat, si j'ai bonne mémoire), mais c'est assez logique après tout: la gauche s'est laissée gagner par le régionalisme depuis quelques années déjà, sous l'influence d'Europe-Ecologie-les
Verts, notamment. C'est dommage.


 


Cordialement.

Frédéric Delorca 14/11/2012 11:45



Bonjour, vous ignorez peut-être comment madame Martin a été arrêtée : une route nationale bloquée dans les deux sens. Seuls les moyens du ministère de l'intérieur permettent de faire cela, des
moyens que M. Guéant avait refusé de mettre à disposition de la justice.