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Le blog de Frédéric Delorca

Encore une chanson...

20 Mars 2010 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Divers histoire

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<br /> En guise de réponse:<br /> <br />  Si Frédéric II fut monarque suffisamment « éclairé » pour qu’Adam Weishaupt puisse affirmer que  « Les rois eux-mêmes comprennent qu’il n’est pas bon de régner sur une horde », pouvons-nous être aussi confiants aujourd’hui, quant au<br /> « coup d’œil » qui, selon Max Weber, caractérise l’homme politique ? Rien n’est moins sûr. Non pas tant que nous ayons à redouter un « déferlement des hordes<br /> barbares », car celles-là sont comme anesthésiées, voire sous hypnose, mais un désordre non concerté (car il existe des désordres concertés) au sommet de l’État qui, dès lors, verse dans<br /> un arbitraire on ne peut plus préoccupant, cela est certain. Cependant, il n’a jamais été autant question de concertation, de négociation, de proximité confinant parfois à la promiscuité, avec le<br /> citoyen. Hélas, ce qui manque n’est rien moins que la définition «claire et distincte» de l’objet qui justifie la « rencontre » des gouvernants et des gouvernés. Mais il semblerait que<br /> pour les premiers, s’accorder le temps de la réflexion relève d’une modestie déplacée, tandis que, pour les seconds, penser soit devenu exercice exigeant désormais une autorisation accordée par<br /> quelque tuteur singulier, passant par là, par hasard, et qui, ayant pris la mesure de cette interdiction, faite par soi-même à soi-même, d’utiliser sa raison, se sent soudain dans l’obligation<br /> d’exhorter chacun à lever la sanction pesant sur lui et qu’il ne devrait, au fond, qu’à lui-même. Car, foin de ces arrangements à la petite semaine avec sa conscience, sa liberté, qui ne sauraient<br /> qu’encourager, si ce n’est donner raison aux exploiteurs de toute farine ! Au Moyen Âge, les ânes, à leur mort, étaient jetés dans les fossés. Prenons garde, quant à nous, à ce que les<br /> puissants de ce monde, cédant à quelque obscure pulsion,  n’en viennent à nous précipiter dans les douves de l’inculture !<br /> <br />  <br /> <br /> <br />          « Es ist so bequem,<br /> unmündig zu sein. Habe ich ein Buch, das für mich Verstand hat, einen Seelsorger, der für mich Gewissen hat, einen Arzt, der für mich die Diät beurteilt u.s.w, so brauche ich mich ja<br /> nicht selbst zu bemühen. Ich habe nicht nötig zu denken, wenn ich nur bezahlen kann; andere werden das verdrieβliche Geschäft schon für mich übernehmen.” (Immanuel Kant: Was ist<br /> Aufklärung?)[1]<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br /> [1] « Il est si commode d’être mineur. Si j’ai un livre qui a de l’entendement pour moi, un directeur spirituel qui a de la conscience pour moi, un<br /> médecin qui pour moi décide de mon régime etc, je n’ai pas besoin de faire des efforts moi-même. Je ne suis point obligé de réfléchir, si payer suffit ; d’autres se chargeront pour moi<br /> de l’ennuyeuse besogne. » Emmanuel Kant : Qu’est-ce que les Lumières ?, in Qu’est-ce que<br /> les Lumières ?, textes choisis et traduits par Jean Mondot ; Publications de l’Université de Saint Etienne, 1991,  page 73.<br /> <br /> <br /> <br /> <br /> <br />
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