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Le blog de Frédéric Delorca

Es muss sein

7 Novembre 2014 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le quotidien

ste baume-copie-1Une femme que j'ai connue en janvier en Provence m'avait impressionné parce qu'après avoir vécu des manifestations surnaturelles, elle se convertit à un christianisme ardent. Je n'approuve pas spécialement le catholicisme, mais je trouvais que cela témoignait d'un beau sens de l'engagement. Je me disais que moi-même je serais sans doute capable de suivre un chemin semblable au sien ou en tout cas comparable, sur une autre voie d'engagement, politique par exemple, en des circonstances semblables. Mais plus le temps passe, plus j'en doute. Je me rends compte en effet que les événements un peu étranges qui m'arrivent ces derniers temps ne me situent sur aucun chemin d'engagement particulier (à part les engagements politiques que j'ai déjà épousés à l'âge de 28 ans, et dont ce blog porte des témoignages abondants). Ils me plongent juste dans une sorte d'étonnement indécis vaguement teinté de curiosité. C'est peut-être ce qui me rend sympathique le héros du roman de Murakami que j'évoquais il y a peu. Cette profonde *** (je cherche en vain un mot de la langue française qui pourrait vouloir dire "absence d'envie de s'engager" et qui serait construit sur le même modèle que "ataraxie" ou "apathie") me surprend. Je me révèle différent de ce que je croyais.

 

adnJe suis tombé ce matin sur un article qui parle d'un roman sur un chauffeur de taxi tibétain devenu le toyboy d'une PDG chinoise. Je l'ai envoyé à une correspondante admiratrice d'Alexandra David-Néel et russophile avec qui j'échangeais sur l'Ukraine cet été, en lui disant : "Ce n'est plus le même Tibet que dans les années 1920". Elle m'a informé, en réponse, de diatribes de Libération contre un journaliste avec lequel j'avais été en Transnistrie en 2007, et qui ressemble un peu aux attaques de ce journal contre Sapir. Je n'étais pas au courant de cette polémique parce que, pour ma santé mentale, j'évite de trop lire les grands médias parisiens. J'ai tout de suite adressé un mot de soutien au journaliste, et cela m'a fait repenser au vent de guerre froide qui souffle sur notre continent et sur l'Amérique (comme me le faisait remarquer un camarade il y a peu : "Dans le dernier film d'action (raté) avec Denzel Washington, Equalizer, les méchants sont des mafieux russes froids et impitoyables. Et comment s'appelle leur chef sanguinaire ?... Vladimir Pushkin. Eh oui, il fallait oser").

 

ukraine

Tout cela m'a rappelé que, si je parviens à caser le livre collectif que j'ai fait avec trois journalistes sur l'Ukraine chez un éditeur, je vais me retrouver encore en position de passer pour le stalino-poutino-facho-taré de service aux pieds fourchus aux yeux de nos médias manichéens, comme ce fut le cas pendant la guerre du Kosovo. Jeté dans le même sac que les petits pieds-nickelés américains qui viennent de publier un livre nul sur l'Ukraine chez Delga dont je dois rédiger la Lobarecension pour Parutions.com... j'en suis fatigué d'avance... Mais comme disaient les gardes civils républicains pendant la guerre contre le fascisme en 1936 : "Cumple con tu deber"... remplis ton devoir... On n'a pas le choix...

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