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Le blog de Frédéric Delorca

Freudisme, darwinisme et marxisme

8 Mai 2010 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Philosophie et philosophes

Je suis absolument en désaccord avec le dernier article de Badiou dans Le Monde du 8 mai qui place sur un pied d'égalité freudisme, darwinisme et marxisme : c'est mêler deux idéologies à une théorie scientifique, ce qui est très grave.

 

Bonobo.jpg

Mais je suis d'accord avec sa conclusion, tournée contre Onfray et l'hédonisme :

 

"Parmi ces tentatives qui, sous couvert de "modernité", recyclent les vieilleries libérales remontant aux années 1820, les moins détestables ne sont pas celles qui se réclament d'un matérialisme de la jouissance pour tenir, en particulier sur la psychanalyse, des propos de corps de garde. Loin d'être en rapport avec quelque émancipation que ce soit, l'impératif "Jouis !" est celui-là même auquel nous ordonnent d'obéir les sociétés dites occidentales. Et ce afin que nous nous interdisions à nous-mêmes d'organiser ce qui compte : le processus libérateur des quelques vérités disponibles dont les grands dispositifs de pensée assuraient la garde."

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L
<br /> <br /> Je suis d'accord pour dire qu'Onfray n'est pas un grrrand philosophe (pour être juste, il faudrait discuter de la valeur de chacun de ses livres, mais bon...). Pour moi, il est plutôt un militant<br /> prolixe, un propagateur d'idées comparable à d'Holbach (peu d'idées innovantes, mais travail de synthèse utile (même s'il n'est pas parfait)). Mais là n'est pas la question. Je voulais souligner<br /> trois choses :<br /> <br /> 1. Onfray avait raison de critiquer Freud (nous sommes d'accord sur ce point).<br /> 2. Le procès d'intention mené par Badiou est à côté de la plaque (là, FD et moi-même sommes en désaccord), car la jouissance prônée par Onfray n'est guère compatible avec le consumérisme ambiant<br /> (en disciple de Diogène, Onfray vit d'ailleurs de façon assez ascétique).<br /> 3. Les palabres philosophiques bien généralisantes visant à prémunir le freudisme de toute critique (psychanalyse = pensée critique subversive, mouhahaha) ne tiennent pas face aux faits<br /> historiques (Freud a menti, falsifié et diffamé) et scientifiques (la psychanalyse est inefficace, voire néfaste).<br /> <br /> Onfray a du courage de s'attaquer à l'idole Freud. Il s'attire beaucoup d'inimitiés, (cf. http://onfray.over-blog.com/article-l-inquisition-post-moderne-49613359.html).<br /> <br /> <br /> <br />
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F
<br /> <br /> Bon, il faudrait que je ponde un autre billet sur ce blog pour expliquer un peu mieux pourquoi tout ce vent médiatique autour du livre d'Onfray est aburde, parce que tout cela s'inscrit<br /> dans un débat cuturel européen largement faussé. D'ailleurs je regrette d'avoir publié ce billet sur Badiou qui contribue à légitimer (tout en les critiquant) des auteurs inutiles. Mais comment<br /> expliquer tout ça dans un billet court dont la rédaction ne me prendra perturbera pas trop mon sommeil ?<br /> <br /> <br /> <br />
L
<br /> <br /> @ Le diderotien<br /> <br /> <br /> <br /> Merci pour les précisions apportées dans votre nouveau post. Celles-ci apportent des nuances qui ne m'avaient pas sauté aux yeux dans le premier message (la concision de ce genre d'échange y<br /> est sûrement pour quelque chose).<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Je suis tout à fait d'accord avec Fred en ce qui concerne Onfray. Je luis sai gré d'essayer de sortir la philosophie de son ghetto universitaire et de la mettre à la portée de tout le monde.<br /> Quand j'ai lu "Cynismes" en 1991, j'ai apprécié l'originalité de son approche (à l'époque en tout cas), sa volonté de remettre en lumière une tradition philosophique que l'histoire avait<br /> reléguée dans l'ombre. Mais au-delà de ces considérations, tout le reste est du vent...<br /> <br /> <br /> (Ce post est un erratum du précédent, où j'ai confondu l'en-tête du message et le nom du contributeur, désolé...)<br /> <br /> <br /> <br /> <br />
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@
<br /> <br /> Merci pour les précisions apportées dans votre nouveau post. Celles-ci apportent des nuances qui ne m'avaient pas sauté aux yeux dans le premier message (la concision de ce genre d'échange y est<br /> sûrement pour quelque chose).<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> Je suis tout à fait d'accord avec Fred en ce qui concerne Onfray. Je luis sai gré d'essayer de sortir la philosophie de son ghetto universitaire et de la mettre à la portée de tout le monde.<br /> Quand j'ai lu "Cynismes" en 1991, j'ai apprécié l'originalité de son approche (à l'époque en tout cas), sa volonté de remettre en lumière une tradition philosophique que l'histoire avait reléguée<br /> dans l'ombre. Mais au-delà de ces considérations, tout le reste est du vent...<br /> <br /> <br /> <br />
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L
<br /> <br /> "L'histoire de la jouissance comme instrument d'une prise de conscience politique était une marotte dont je me gargarisais quand j'avais 20 ans et que j'avais peu d'occasions de jouir. Maintenant<br /> que j'en ai 40, je jouis souvent, mais avec le recul j'ai pu constater que cette histoire de faire la révolution en baisant est, dans le meilleur des cas (pour les moins de 30 ans) un stade à<br /> passer dans la construction d'une pensée politique"<br /> <br /> <br /> Je comprends, mais il s'agit de votre trajectoire personnelle. D'autres sont possibles. Ceci dit, j'ai peur que vous m'ayez mal compris. Je n'ai jamais soutenu que la jouissance était un<br /> "instrument [de] prise de conscience politique", ni qu'on pouvait faire "la révolution en baisant" (ça, c'est du freudo-marxisme, de la pensée magique, et je n'y crois pas). Je pense tout<br /> simplement que la vie heureuse (sur le plan érotique, mais aussi amical, professionnel, etc.) favorise l'action politique constructive ; car pour mobiliser son énergie il vaut mieux ne pas se<br /> laisser déborder par les "passions tristes".<br /> <br /> Je voulais surtout opposer la jouissance amoureuse à la jouissance consumériste. À notre époque où la publicité nous incite sans cesse à consommer des choses inutiles, débilitantes et<br /> déshumanisantes, cette opposition n'est-elle pas pertinente ? Je ne crois pas que les prolos soient forcément insensibles à cette concurrence des jouissances, précisément parce qu'ils ont des<br /> codes moraux qui valorisent les relations humaines authentiques (fondées sur l'égalité, la réciprocité, etc).<br /> <br /> <br /> <br />
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F
<br /> <br /> Je m'en voudrais de perturber ce dialogue très fécond ente Laurent et Le diderotien. Je veux juste préciser qu'Onfray est resté du iveau d'un prof de philo de terminal, et plutôt d'un mauvais<br /> prof. Quand on écoutait son histoire de la philo sur france culture, c'était à chaque fois du niveau "cet auteur est intéressant : il ne croyaiet pas en Dieu, et proposait de s'en remettre à la<br /> jouissance", "celui-là avait une méyaphysique perverse qui incitait à réprimer le corps". Tout était de cet acabit. Sa vision d'Epicure est du niveau de celle qu'on avait au 19ème siècle, très<br /> éloignée de la réalité de l'épicurisme notamment mise à jour par Koch-Pettre (j'en parle souvetsur ce blog).Il écrit un traité de l'athéisme sans citer la contribution de Marx (il est vrai que<br /> Marx ne faisait pas chic comme référence, même pour le réfuter, mais c'est comme écrire un traité sur l'histoire des nouilles sans citer Marco Polo...). N'importe quel capésien en philo pourrait<br /> écrire une longue page sur les approximations d'Onfray autour de tel ou tel auteur et le simplisme de son approche. Onfray fut brillant pendant la campagne référendaire de 2005, puis nul à la<br /> présidentielle de 2007 (quand il appela a soutenir Besancenot, puis Bové, ou l'inverse, et puis finalement "oh ben zut je sais plus" comme s'il ne savait plus à quel "saint" se vouer - sa valse<br /> hésitation sur son blog à l'époque fut à l'image de la légèreté du personnage - qui finalement se précipita chez Sarkozy pour un dialogue complaisant dont je ne sais plus quelle revue se fit<br /> l'écho). Bref...<br /> <br /> <br /> <br />
L
<br /> <br /> @"Le diderotien":<br /> <br /> <br /> L'histoire de la jouissance comme instrument d'une prise de conscience politique était une marotte dont je me gargarisais quand j'avais 20 ans et que j'avais peu d'occasions de jouir. Maintenant<br /> que j'en ai 40, je jouis souvent, mais avec le recul j'ai pu constater que cette histoire de faire la révolution en baisant est, dans le meilleur des cas (pour les moins de 30 ans) un stade à<br /> passer dans la construction d'une pensée politique et dans le pire (à partir de la trentaine) la marque d'une immaturité politique somme toute assez navrante.<br /> <br /> <br /> Je ne suis pas devenu néo-réac pour autant mais ayant eu l'occasion de travailler dans un atelier et cotoyant, de part mon boulot, nombre de familles de couches populaires, je peux vous assurer<br /> qu'il faudra autre chose que ce genre d'élucubrations pour toucher l'ouvrier qui s'esquinte la santé à longueur de journée sur un chantier pour gagner péniblement un SMIC ou la mère de famille<br /> qui essaie de faire vivre sa famille avec un RSA.<br /> <br /> <br /> De plus, ayant moins souvent que les élites l'occasion de s'éclater, les gens du peuple sont plus sensibles aux codes moraux. C'est une réalité que les révolutionnaires des centre-ville ont<br /> parfois tendance à perdre de vue. C'est peut-être dommage mais il en est ainsi...<br /> <br /> <br /> Alors tout le délire philosophique sur orgasme et révolution ça fait un peu "la gauche sans le peuple". Il suffit de voir la trajectoire politique adoptée nombre d'ex-soixante-huitards pour s'en<br /> convaincre...<br /> <br /> <br /> Cordialement<br /> <br /> <br /> LT<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br />
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L
<br /> <br /> Dans la gauche radicale, on fait beaucoup de procès d'intention à Onfray... Pourtant, objectivement, le bougre accomplit de bien bonnes choses. Certes, son style est un peu lourd (mais le fond<br /> importe plus que la forme, non ?), et il n'a pas accompli de découverte philosophique majeure (pour un sceptique comme moi, c'est presque bon signe). Cependant, il ne faudrait pas oublier qu'il<br /> est dans le bon camp, celui du matérialisme et du socialisme. À mon sens, Onfray est surtout victime d'une cabale lancée par une pseudo-gauche ayant troqué la lutte des classes contre le<br /> jansénisme (cf. ce pitoyable apogée : http://lmsi.net/spip.php?article1006).<br /> <br /> <br /> Certains le critiquent parce qu'il est médiatique. Ah, la logique de la pureté... Sans doute aurait-il fallu qu'il reste enfermé dans sa grotte ? Et Badiou l'universitaire (position plus<br /> respectable que celle d'un gugus comme Onfray, cela va sans dire), il est pas médiatique peut-être ?<br /> <br /> <br /> Son aptitude à remettre en question l'un de ses anciens maîtres à penser (Freud en l'occurence) est tout à son honneur. Surtout, sur ce point, il a raison. Freud était un escroc, cela a été<br /> largement démontré (cf. Bénesteau, Borch-Jacobsen, pour des synthèses récentes), et les enfumages philosophiques des mondains demi-décoincés du cul (des demi-habiles, en quelque sorte...),<br /> patients attachés à leurs petites introspections nombrilistes ou "psys" profitant d'une source de rémunération facile, n'y changeront rien.<br /> <br /> <br /> Enfin, je ne savais pas que "jouissez sans entrave !" était un slogan capitaliste... Encore un raisonnement de janséniste ! L'impératif hédoniste, ça ne signifie pas "achète toi un BMW, épouse<br /> Marie de Machin-Truc et baise (mal) avec un pute", ça veut dire : "fais l'amour plutôt que d'aller au boulot", "fais l'amour plutôt que de faire le larbin hypocrite devant ton patron" "fais<br /> l'amour plutôt que la guerre", "fais l'amour plutôt que de consommer pour oublier ta frustration existentielle". Bref, la jouissance dont parle Onfray est à l'opposé du "jouis !" publicitaire.<br /> Elle débouche sur une prise de conscience politique.<br /> <br /> <br /> Cordialement,<br /> <br /> <br /> D.<br /> <br /> <br /> <br />
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L
<br /> <br /> Cela me fait toujours une drôle d'impression de voir Onfray parler d'hédonisme sur le ton d'un pasteur protestant en chaire (comparaison qui, soit dit en passant, est injuste envers les pasteurs<br /> qui s'expriment souvent de façon moins coincée que le Zarathoustra d'Argentan).<br /> <br /> <br /> L'injonction au plaisir proférée par un père la vertu de l'hédonisme, ça n'a rien de très jouissif...<br /> <br /> <br />  <br /> <br /> <br /> <br />
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