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Le blog de Frédéric Delorca

Kosovo Pridnestrovie Abkhazie Catalogne

14 Août 2010 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

Merci à ceux qui continuent à consulter les pages de ce blog (aussi nombreux que pendant l'hiver, c'est encourageant). Je continue à conjecturer sur quelques initiatives possibles pour la rentrée. Même si j'ai beaucoup moins de cartes dans mon jeu qu'il y a un an (paradoxalement publier des bouquins dans des domaines variés n'ouvre guère de portes)...

 

Pour ceux qui s'intéressent aux implications du récent arrêt de la Cour internationale de Justice sur l'indépenance du Kosovo dans divers "conflits gelés" d'Europe de l'Est, je vous conseille la lectire de cet article. Mais je ne suis pas du tout convaincu par l'interprétation que les Transnistriens et les Abkhazes du jugement de la CIJ. Je n'ai pas lu cet arrêt mais si j'en crois les comptes-rendus de juillet il me semble qu'il se bornait à dire que la résolution du conseil de sécurité de 1999 n'interdisait pas une évolution unilatérale du statut. Il est clair en tout cas que beaucoup de pays demeurés dans l'expectative jusqu'ici vont tirer prétexte de cet arrêt pour reconnaître le Kosovo. Voilà pourquoi à juste titre la Serbie engage aujourd'hui le combat juridique devant l'assemblée générale et le conseil de sécurité de l'ONU. Le droit est un enjeu de propagande trop important de nos jours pour le laisser aux ennemis.

  don_quichote300.jpg

Etant d'origine catalane à 25 %, je ne puis m'empêcher aussi de songer aussi cet été aux manifestations de soutien au statut de 2006 dans les rues de Barcelone cet été après la censure partielle du tribunal suprême. J'ai déjà écrit sur la Catalogne dans ce blog. Le prolongement des controverses castillano-catalanes dans le domaine de tauromachie (même s'il y a beaucoup d'abolitionnistes à Madrid aussi) m'interroge. Conscient du nouveau rapport aux animaux que la mort de Dieu doit nécessairement dicter à nos comportements, je suis néanmoins triste de voir disparaître un spectacle aux racines très anciennes dans le monde méditerranéen, et qui créait une ambiance extraordinaire dans les arènes. A force d'interdire les mises à mort, ne va-t-on pas mettre la vie sous cellophane ? Bon allez je ne vous ressortirai pas Hemingway et Girard. Mais bon quand même...

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E
<br /> <br /> Girard ? Je serais curieux de savoir ce que tu en penses ! J'avais été fasciné par la violence et le sacré et par mensonge romantique, comme par des vérités cachées...<br /> <br /> <br /> mais je ne le suis pas dans son systématisme, dans sa volonté de fonder scientifiquement la religion et de faire de la religion une science.<br /> <br /> <br /> Tant qu'on y est, que penses-tu des photos de Spencer Tunick ? J'ai pensé immédiatement à des photos de massacres nazis (babi-yar) en voyant la première, mais j'ai aussi lu qu'en amérique du sud<br /> il défrise beaucoup l'extrême-droite...<br /> <br /> <br /> <br />
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F
<br /> <br /> Comme le soulignent souvent ses biographies, René Girard n'a jamais eu aucun succès à l'université. Il est sans doute logique, dès lors, qu'à chaque fois qu'on me demande ce que je pense de René<br /> Girard, la question provient de gens qui ont fait Sciences Po. Je trouve intéressant la thématique qu'il a ouverte : celle de la victime expiatoire. Mais je ne suis pas d'accord avec la manière<br /> dont il traite son sujet. Vouloir "corriger Freud" est vain (puisque Freud a tout faux). Vouloir raisonner à partir de la Bible encore plus. On lit dans Wikipedia que certains chercheurs en<br /> neurosciences donneraient raison à une partie de ses intuitions. Je ne sais pas dans quelle mesure, mais à mon avis, l'idée d'un désir mimétique peu difficilement avoir une valeur<br /> scientifique. La structure du désir est ancrée dans les gènes. Le mâle désire la femelle, l'individu désire de beaux fruits murs ou des nids douillets ou du pouvoir sur ses semblables parce que<br /> cela est inscrit dans son code génétique pour la survie de son espèce. Supposer qu'on désire juste "par imitation" c'est trop vouloir rompre avec l' "essentialisme". Cette obsession de fonder les<br /> analyses sur le "rapport" était très à la mode à l'époque structuraliste des années 60, Girard et Bourdieu chacun à leur manière en ont hérité. A mon avis le mimétisme joue, évidemment (comme la<br /> distinction de Bourdieu), mais à des degrés d'élaboration imaginaire assez élaborés. Ils ne sont pas le moteur principal du désir.<br /> <br /> <br /> Sur Spencer Tunick, j'en ai parlé dans l'article d'une revue de Sciences sociales il y a quatre ans. Je pense qu'il exprime un désir de fusion collective qui est en fait au bout de<br /> l'individualisme bobo de notre époque (les bobos qui participent à ses installations en témoignent avec enthousiasme). Cette fusion s'imagine dans le registre de l'animalité et de la symbiose<br /> avec la nature dans la nudité. Il n'est pas absurde de rapprocher cela du nazisme dans la mesure où les nazis eux aussi réduisaient leurs victimes à l'état de masse animale à travers la nudité<br /> dans les camps. Mais les nazis n'ont jamais eu une vision très conséquente ni de la nudité ni de l'animalité. Ils ont tantôt glorifié la nudité des athlète sous l'influence de la grécolatrie<br /> universitaire à l'oeuvre depuis Winckelman, tantôt ils l'ont diabolisée en persécutant les naturistes (pourtant bien implantés en Allemagne depuis 1900), ils voulaient glorifier la belle<br /> animalité des grands fauves, mais redoutaient aussi la nature désordonnée et nuisible de laquelle selon eux les Juifs faisaient partie. Avec Tunick Spencer on est clairement dans une apologie<br /> "démocratique" de la nudité et de l'animalité dans une sorte de communion dont personne n'est exclu (même les paralytiques sont conviés à participer à ses happenings). Bien sûr il y a beaucoup<br /> d'artifice dans cette naturalité et dans cette démocratie tunickienne - je pense qu'on n'y accepterait pas un clodo sale, ni un grand malade et on y est angoissé à l'idée que quelqu'un<br /> puisse y avoir une érection. La droite ne l'aime pas, pas seulement en Amérique Latine. Il a eu de gros problèmes aux Etats-Unis avec des groupes liés au Parti républicain et des municipalités de<br /> droite à la grande époque de George W. Bush. Le message de son art est d'ailleur pacifiste-écolo, d'une forme de culturelle christianisme "adamite" (secte chrétienne dissidente qui prônait la<br /> nudité au Moyen-Age),même s'il est probablement athée, face aux moines combattants des guerres de religion.<br /> <br /> <br /> <br />