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Le blog de Frédéric Delorca

"L'Age d'Or" de Bunuel

4 Septembre 2014 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Cinéma

Avant de me plonger sérieusement dans l'oeuvre de Robert Bresson, je jette un oeil à "L'Age d'Or" de Bunuel, dont il est précisé dans la vidéo juste en dessous (autour de la 10 ème minute) quel sort lui fut réservé à Paris. Le film ne présente plus guère qu'un intérêt historique (pour les similitudes avec des films ultérieurs de Bunuel, voire avec des films plus lointains comme les Carabiniers de Godard - sur au moins trois ou quatre points), mais après tout puisque je vous avais proposé une interview de Soupault il y a un an, nous pouvions poursuivre avec un nouveau souvenir du surréalisme.

 

Lorsque j'aurai remisé les relations internationales dans mes tiroirs (c'est-à-dire lorsque j'aurai terminé ma contribution au livre sur la guerre du Donbass), le surréalisme gardera sans doute toute sa place dans mes exercices de focalisation intérieure.

 

Certes il ne fut qu'un divertissement juvénil de bourgeois parisiens. Mais il assume une parternité dans tout ce qui fut libertaire ultérieurement (par exemple dans la Nouvelle Vague des années 60). Les esprits libres ont donc une dette à son égard. Cela est difficile à comprendre aujourd'hui où le libertarisme est devenu un produit marketing de pacotille, un motto de gens branchés, dépourvu de toute profondeur. Moi qui ai connu les villages français des années 1970, qui suis même le produit de ces choses là, étranges, qu'on appelle les mondes ruraux du dernier tiers du XXe siècle, bien que modéré dans mon libertarisme (en apparence du moins...) je sais quel étroit et puissant canal de transmission ce courant de pensée fut pour nous, et la somme de bêtises qu'il nous aida à surpasser, même si aujourd'hui la bêtise, quoiqu'aussi redoutable, est désormais tout autre.

 

 

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Jeff 05/09/2014 11:48


Dans son Dictionnaire du cinéma Jacques Lourcelles va dans le même sens : « [...]  Le film le
plus scandaleux de son époque ne saurait aujourd'hui scandaliser qui que ce soit. [...] On observe ici l'un des plus étranges pouvoirs du cinéma : en quelques dizaines d'années, un objet de
scandale s'y transforme en document d'histoire. »





Je garde une nette préférence pour la période mexicaine de Bunuel et regrette l'avortement de sa carrière américaine. Les contraintes de production transcendaient les paradoxes de ce provocateur
malicieux.