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Le blog de Frédéric Delorca

L'irrationnel en politique

25 Juin 2011 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Débats chez les "résistants"

Copie-de-incendie-albassade.jpg Encore beaucoup d'irrationalité dans les débats politiques cette semaine. Par exemple cet article dans la presse algérienne intitulé "APRÈS UN DÉLUGE DE FEU DE TROIS MOIS, EL GUEDDAFI EST TOUJOURS EN POSTE" Cela me rappelle 1999 quand certains esprits légers parlaient de "carpet bombing" à propos de Belgrade. On discrédite une cause avec de trop grands mots. Il n'y a pas de "déluge de feu" à Tripoli. Des frappes ciblées, souvent mal ciblées, avec des ciblages contestables, qui sont autant de crimes de guerre, mais pas de "déluge". Et il n'y a pas besoin de parler de "déluge de feu" pour comprendre que ces frappes sont lâches, perfides, criminelles, absurdes, condamnables. Car le jour où il y aura un vrai déluge de feu nous n'aurons plus de vocabulaire, et les journalistes alternatifs portés vers l'excès seront responsables de l'épuisement des mots.

 

Autres irrationalités de la semaine :

 

Cette histoire de vache à hublots. Tout le monde s'excite contre les scientifiques, on les traite de nazis.

 

 

 

Sauf que cette affaire est tout sauf claire. D'abord au niveau factuel : la vache souffre-t-elle ou non ? Certains disent que non, graphiques à l'appui. Les amis des animaux affirment que oui en tirant prétexte du fait quel'INRA lui-même dans un courrier aurait dit que la douleur restait dans les limites socialement acceptables. Mais de quelle douleur parle-t-on ? Celle de la cicatrisation de la lucarne ? Beaucoup qui ont vu ces vaches affirment que leur souffrance ne saute pas aux yeux ni aux oreilles, en tout état de cause.

On ajoute alors que la vache a droit à l'intimité de sa panse. J'ai de la sympathie pour les vaches et l'abus de leur exploitation me peine, mais il ne faudrait pas que l'anthropocentrisme nous fasse projeter sur elles des pudeurs qu'elles n'ont pas.

 

On se gargarise de grands mots pour légitimer l'équivalence "expérience sur les animaux=shoah" : "front uni des antiracistes et des antispécistes", ai-je lu sur Facebook. L'expression est séduisante. Le projet ne peut pas être considéré à la légère. Je soupçonne hélas ses promoteur de glisser sous ce slogan, au fond, un mépris profond pour l'humanité. Et j'aimerais d'abord que notre espèce guérisse de la haine de soi qu'on lui inculque avant de lui proposer une compassion infinie pour les bovins. Je voudrais aussi que les amis des animaux réfléchissent à ceci : il faut aimer les vaches, les pandas, les visons. Pourquoi pas aussi la bactérie e-coli ? C'est un être vivant aussi non ? Pourquoi arrêter notre amour aux plus grands d'entre eux ? Parce que les plus petits sont nuisibles ? Mais les critères du bien et du mal sont peu clairs dans l'ordre de la nature, de grands biens sortent de grands maux. Et beaucoup de virus et de bactéries sont indispensables à la survie des grands animaux. Où arrêter le curseur de notre sympathie ? Aux mammifères ? A la taille des arachnéens ? En dessous ?

 

Enfin une autre polémique qui fait florès sur les réseaux sociaux. Fukushima. Tout le monde s'excite autour de la vidéo de l'expatrié ci-dessous. L'hystérie est de rigueur. Sauf que cette vidéo ne dit rien. L'expatrié dit que l'on distribue des dosimètres aux enfants. Sage mesure de précaution. Mais où est le preuve que les radiations sont toujours élevées, et qu'elles ne diminuent pas ? On peut dire que la preuve personne ne peut l'avoir, que les scientifiques ne sont que des menteurs. C'est possible. Mais en s'agitant autour de documents qui ne présentent aucun fait tangible, on s'habitue un peu trop facilement à s'exciter sans preuve objective et à se résigner à ce qu'aucune preuve ne puisse jamais être avancée en faveur de quelque thèse que ce soit, comme aux pires heures des totalitarismes du XXe siècle. Pas étonnant qu'ensuite cette paresse intellectuelle, qui fait passer l'affect et le relativisme devant tout effort de réflexion posée conduise certains à rechercher, en dernier lieu, leurs arguments dans le Nouveau Testament, le Coran, le Talmud, ou dans le prêche du premier gourou de secte qui passe. Ne nous résignons pas à l'obscurantisme !

 

 

 

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G


Bonsoir Frédéric, je ne réagis qu'à un seul aspect de ton billet. Puisque nous sommes tous  des « obèses » de l'information, il est temps de faire un régime et d'arrêter d'ingurgiter ces
info-intox. Assez de ces sites qui mélangent le vrai, l'invérifiable et le faux et où il faut tout revérifier. Plus assez de temps à perdre pour cela.



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F


Oui, je suis bien d'accord avec toi. J'ai vu circuler encore hier une "lettre ouverte d'un prêtre syrien à Juppé" qui, comme la lettre de "soeur Myriam" le mosi dernier, est vraisemblablement un
faux. Mais beaucoup d'internautes (y compris des types surdiplomés) n'ont pas la jugeotte pour faire la part des choses et font ciculer...