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Le blog de Frédéric Delorca

L'Occident ne désarme pas

17 Juin 2012 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Le monde autour de nous

Le leitmotiv de l'émission C dans l'Air du 14 juin 2012 où intervenaient Christophe Barbier, Frédéric Pons, Gérard Chaliand et Jean-Dominique Merchet: "L'Occident désarme, le reste du monde s'arme". Ce thème était accompagné de l'idée que nous serions devenus des sortes de chérubins pacifistes pour qui la mort de soldats serait devenue insupportable.

 

D'une part le budget militaire étatsunien (qui est notre "parapluie" auquel nous déléguons notre défense) a régulièrement augmenté depuis cinq ans.

 

D'autre part les appels à la guerre incessants de nos médias, en particulier à l'égard de la Syrie, montrent bien que nos sociétés sont demandeuses d'interventions militaires.

 

Il faut souligner qu'en revanche les investissements du Tiers-Monde ou de ays émergeants procèdent d'effets de rattrapage, voire s'inscrivent en réaction à l'interventionnisme occidental. Ces dépenses ne présentent pas le même degré de dangerosité que celles des Occidentaux. Les investissements occidentaux sont ciblés sur de la haute technologie sur le volet des armes nucléaires, chimiques, bactériologiques, et des armes destinées à neutraliser le potentiel des adversaires (boucliers anti-missiles, drones, armes de sabotage informatique etc), qui sont beaucoup plus efficaces que le simple entretien d'une présence armée défensive sur un territoire vaste qui absorbe une bonne part du budget militaire de pays comme la Chine ou l'Inde.

 

Enfin il faut noter que l'interventionnisme militaire occidental direc et indirect implique le recours massif à des supplétifs (les milices libyennes payées par le qatar, l'armée afghane face aux Talibans, les milices tutsies dans l'Est du Congo etc) qui permettent d'occuper le territoire en économisant les ressources humaines de sa propre armée, sans oublier bien sûr toutes les formes de mercenariat officiel ou officieux comme Blackwater en Irak (ce qui pose ensuite la question de la dépendance des gouvernements occidentaux à l'égard de ces "clients" auxquels ils sont ensuite redevables).

 

Voilà qui invalide totalement le schéma simpliste et angélique d'un soi-disant "désarmement occidental" que nous vendent les marchands d'armes pour tenter d'enrayer le déclin des budgets militaires.

 

Le vrai problème est justement que la course aux armements généralisée se poursuit bien qu'en Occident il ne se reflète pas dans les masses budgétaires. Une telle compétition fait émerger des pôles nucléaires (l'Occident, la Russie, la Chine, l'Inde, et peut-être deux ou trois autres dans les années qui viennent dont peut-être le Brésil ou l'Iran si elle échappe à un bombardement occidental) qui ont intérêt en permanence à destabiliser les autres (par la désinformation, le sabotage, l'infiltration d'alliés, et l'entretien de guerres secondaires dans les sources d'approvisionnement en matières premières (Afrique, Proche-Orient). Ces pôles pourront de moins en moins tolérer en leur sein la pluralité du débat démocratique sur la légitimité de leur existence, quiconque nourrissant ce genre de débat étant susceptible d'être accusé de travailler pour les pôles rivaux. La France peut-elle se soustraire au pôle occidental et faire entendre sa propre voix (avec son propre système d'autodéfense, ce qui suppose aussi ses alliances propres) ? Personnellement j'en doute, d'autant que cela pourrait la conduire à construire son propre pôle qui n'aurait alors pas nécessairement vocation à être plus juste et plus "démocratique" que les autres avec lesquels il serait de nouveau en compétition...

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G

L'aspect militaro-industriel de la possibilité d'un pôle militaire indépendant français

Je ne peux pas me lancer seul dans une vaste étude sur cet aspect militaro-industriel, je pars donc de mon vécu. En 1984-1986, dans l'entreprise où je travaillais il était de bon ton pour être
bien vu par les clients militaires français de concevoir des cartes électroniques ou des ensembles électroniques avec à l'intérieur de celles-ci une partie significative des composants
électroniques fabriqués en France dans des usines situées en France à capitaux français ( THOMSON ). Alors qu'en 1991 dans une autre entreprise d'électronique, le bon ton était devenu de proposer
aux militaires français des cartes architecturées autour d'un microprocesseur Intel dernier cri ( le Pentium III à l'époque ). Dans le même ordre d'idée, en 1984 les notices techniques des
composants électroniques de THOMSON étaient en français puis elles furent bilingues français-anglais puis uniquement en anglais.

Au départ de la micro-informatique, il y avait beaucoup de fondeurs de microprocesseurs : Zilog, AMD, HP, Texas Instruments, Intel, Motorola, Intersil … et de fabricants de micro-ordinateurs :
Amstrad, Amiga, Atari, CBM, Apple, Sinclair, IBM, THOMSON … puis le choix s'est réduit.

Le choix d'IBM en 1986 de ne plus fabriquer de micro-ordinateurs directement, mais seulement de concéder des licences dites IBM PC fut le départ de la baisse des coûts de fabrication des
micro-ordinateurs et de l'épopée du PC, les entreprises d'électroniques de fabrication de ces micro-ordinateurs migrèrent des pays occidentaux vers l'Asie du Sud-Est : Philippines, Malaisie,
Hong-Kong, Taïwan …

Cette baisse des coûts des micro-ordinateurs entraînât celle des composants de base qui alors ne purent plus être fabriqués en France.
Il me semble avec le recul que le recul du climat de préférence commerciale vis à vis des composants électroniques fabriqués en France par les clients militaires français avait pour soubassement
:

— premièrement l'impossibilité d'obtenir fabriqués en France des composants électroniques très évolués comme les microprocesseur dernier cri

— les délais trop longs de livraison* et les prix trop élevés des composants électroniques standard fabriqués en France

*Pour continuer à être rentable face à leurs concurrents, la quantité de fabrication à lancer devait augmenter sans cesse, ce qui augmentait les délais de fabrication. J'explique : à un niveau de
prix donné, il était rentable de lancer une fabrication qu'à partir d'un montant total cumulé de commandes des clients de 100 000 transistors de base de tel type, si le niveau de prix baisse en
raison de la concurrence, la même rentabilité ne s'établira qu'avec une fabrication de 400 000 transistors, ce qui à débit de commandes des clients constant augmente les délais pour eux d'un
facteur 4, d'où un perte de clients en raison des délais trop élevés => À partir d'un certain seuil cela enclenche un phénomène de boule de neige qui aboutit à l'arrêt de la production.

ll n'y a plus maintenant de pôle médiatico-militaro-énergico-industriel français indépendant comme au temps de De Gaulle ( ORTF, Arsenaux militaires, DCAN, BULL, THOMSON, CEA, TOTAL, ELF-ERAP, …)
l'actionnariat de TF1, de SAFRAN, de Thalès, de DASSAULT, d'AREVA, de TOTAL n'est plus totalement dans les mains de l'État Français, mais dispersé en Bourse dont parfois en partie un actionnariat
US. SAFRAN, Thalès, DASSAULT sont plus ou moins intégrées dans le pôle militaro-industriel plus global de l'OTAN, elles observent les normes de fabrication OTAN pour des commandes passées par les
pays membres de l'OTAN.

Je te cite : « La France peut-elle se soustraire au pôle occidental et faire entendre sa propre voix (avec son propre système d'autodéfense, ce qui suppose aussi ses alliances propres) ?
Personnellement j'en doute, d'autant que cela pourrait la conduire à construire son propre pôle qui n'aurait alors pas nécessairement vocation à être plus juste et plus "démocratique" que les
autres avec lesquels il serait de nouveau en compétition... »
Fin de citation

Vu ce que j'ai décrit et d'après ce que je ressens, mais comme nul ne connaît l'avenir, je me peux me tromper dans les grandes largeurs, il me semble que seule une volonté tenace de très long
terme des gouvernants et des gouvernés avec une stratégie complexe comportant beaucoup de ruse ( pour tout dire une philosophie politique reprenant pas mal d'éléments du gaullisme ou pour parler
plus largement du gaullo-communisme de type CNR) pourrait recréer un pôle indépendant de puissance français. Cela sera extrêmement difficile, mais c'est ce que je souhaite, je ne souhaite pas que
la France soit dévitalisée et quelle renonce à la dissuasion nucléaire comme le souhaitent récemment Michel Rocard et Daniel Cohn-Bendit, qu'elle soit encore plus désindustrialisée et quelle
devienne mi bantoustan, mi musée. Pourquoi douter et être à la remorque des évènements, attendre qu'un conflit, une crise majeure entraîne un mélange de collaboration et de sursaut national qui
tourne à l'avantage de ce dernier pour se déterminer ?

Pour ce qui est d'un pôle de puissance qui serait en même temps juste et démocratique, c'est un rêve ou ce qui revient au même, un mensonge de la propagande du pôle de puissance, car dans ce
genre de situation la raison d'État, les services secrets, … jouent un rôle non-négligeable.



Répondre
F


Bonjour. Là j'applaudis des deux mains, parce que ta contribution est très bien informée, très concrète. (Je me souviens quand j'étais au service militaire en 93 qu'on nous disait déjà qu'on ne
pourrait plus fabriquer nous mêmes toutes nos armes, et que, notamment nous n'avions déjà plus assez de transporteurs pour acheminer correctement les troupes, ce qui corrobore ton propos sur la
perte de l'indépendance à partir de la fin des années 1990). La fin de ton commentaire me plaît beaucoup aussi parce qu'elle est absolument sans fard idéologique. Tu reconnais qu'un pôle
militaire français capable de rivaliser avec les USA ou avec la Chine serait nécessairement assez peu démocratique (ce qui était aussi la thèse de mon billet) et que la seule raison qu'on puisse
avoir de le souhaiter c'est le refus de voir la France se transformer en un bantoustan dépourvu d'industrie. Tu appelles cela du gaullo-communisme, mais il faudrait peut-être avoir l'audace de
l'appeler gaulliste tout court, car les idéaux de gauche (notamment le rêve d'émancipation collective démocratique que porte la gauche) auront de toute façon une part très faible dans ce
dispositif. Le moteur de la recherche de l'indépendance française est principalement nationaliste, à a rigueur nationaliste et social, mais il ne peut pas être communiste, parce que de toute
façon le communisme ne peut avoir aucune place dans le monde des rivalités internationales de demain.



B

bonjour


Une armée populaire ne coûte pas si cher et peut être terriblement efficace. Sans remonter aux soldats de l an II il suffit de mentionner la guerre du vietnam où sans grands moyens militaires les
vietnamiens ( meilleure armée du monde dixit Bigeard) l'armada la plus puissance de la planète a été mise en échec .Le Hezbollah n a pas été mal non plus lors de la dernière agression isralienne
avec "la bite et le couteau " ! LOL.A tout prendre la politique gaulliste ( sortie de l'otan, retour de l'or dans l hexagone, grands travaux ) a été un moindre mal dans un monde dangereux. A mon
avis il y a mieux à faire aujourd hui et c est Asselineau qui présente la politique "bourgeoise " la plus progressiste. C'est pourquoi je pense que les citoyens de ma mouvance ont tout à gagner à
conclure une alliance avec son mouvement. Le PS a tous les pouvoirs , il va se griller les ailes en lançant une politique de rigueur et susciter un profond mécontentement qui décevra la minorité
qui l a élu .44% des abstentions : combien de refus de légitimer cette équipe ? La population a ouvert les yeux sur le caractère "dictatorial" du pouvoir lors du referendum sur la consitution
Giscard soutenu par la quasi totalité des partis . L'épouvantail du chaos en cas de sortie de l'UE ne sera plus suffisant pour nous barrer la route . Les Français ne sont pas les Grecs.La place
existe pour un mouvement qui stoppera la dérive ultra libérale . 
Répondre
F


Peut-être, peut-être pas... En tout cas si vous vous intéressez à la défense, il y a cette association que j'aime bien http://delorca.over-blog.com/article-36289007.html et qui a publié naguère
un ou deux de mes billets.



B

bonjour


Oui votre blog suscite beaucoup d'intérêt par son sérieux et son orientation politique. Pour en revenir à mes modestes remarques ;


1) la Chine possède les "terres rares" 


2) le Brésil à de quoi se passer à terme du pétrole s il n en  trouve pas chez lui ce qui reste à voir 


3) la Russie des immenses espaces encore vièrges de recherches , d'immenses quantités de gaz , de pétrole, de charbon , de bois, etc. J ajoute une population héritière du système d'enseignement
soviétique très instruite .


4) la Chine et l'Inde des bras !


5) on peut ajouter le Vénézuela qui possède des réserves de pétrole supérieures à celle de l'Arabie Saoudite


L'option "pacifiste" ne serait pas à écarter en principe , la France pourrait devenir la Suisse du monde , larguer la dissuasion avec les colossales dépenses d'armement au profit d'une défense
territoriale . La course aux armements n est pas une fatalité ni l engagement dans les hostilités économiques politiques et pour finir militaires. Tout dépend de la mobilisation des masses .
Cette option relève t elle de l'utopie ? Ca dépendra de l'évolution du système économique et du rapport de force entre le capital financier et les classes qui ont intérêt à s 'en libérer. En
premier lieu la classe ouvrière pour se libérer de l 'esclavage salarié . Les temps à venir qui promettent austérité , dépression économique et restrictions des libertés verront la levée
 d'un mouvement de résistance en opposition aux reculs de civilisation annoncés. Le problème n° 1 c est l'union des forces sociales sur un projet de sortie du capitalisme , qu'on l appelle
comme on voudra : capitalisme d'état démocratisé ou socialisme démocratique de marché ou société démocratique d'économie mixte ...La situation économique n a jamais été aussi favorable au
rapprochement des intérêts des différentes classes et couches sociales dominées par le capital financier . Quant à l'état d'Israël on ne peut sous estimer le danger potentiel de ce "gendarme " du
Moyen Orient belliciste en diable et son influence aux USA.
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F


Sur les ressources des BRICS c'est discutable - qui sait si le Brésil garderait son potentiel hydroélectrique sur l'Amazone sans la couverture végétale forestière, le fleuve ne peut-il pas
s'assècher ? Je pose juste la question, car je connais mal l'écologie. Quant à avoir des bras, cela ne sert guère. La Chine ne pourra pas nourrir sa main d'oeuvre si le pays vient à manquer d'eau
(comme on le prédit) alors que les USA peuvent compter sur la docilité sur celle de l'Indonésie. Les BRICS sont divisés et il y a beaucoup d'interdépendance économique avec l'Occident...


L'option pacifiste pour le France est intéressante (Olof Palme en avait rêvé pour la Suède, et les Républicains espagnols en exil pour leur propre pays), mais les grands pôles militaires tolèrent
mal la finlandisation. La Suisse jouit d'un héritage particulier. Ayant loué des mercenaires à toute l'Europe pendant 4 siècles, elle a conclu avec tous les pays des traités préservant son
immunité, et ses banques, elles aussi nées du mercenariat, ont cimenté cette indépendances pacifiste. Mais sans grandes banques nous aurions le plus grand mal à imposer cela à nos concurrents. En
outre, pour assurer notre indépendance, même pacifiste, nous aurons besoin d'une armée d'auto-défense forte, donc de fortes industries d'armement comme celles qui contrôlent nos médias
aujourd'hui. Difficile d'imaginer une démocratie viable dans un tel contexte. La France de deviendrait ainsi qu'un pôle militariste parmi les autres, et qui plus est, un pôle qui aurait sans
doute besoin de la Russie.


Sur Israël ce n'est qu'une grosse Georgie. Un pays qui sur le Proche Orient contrôle le Congrès étatsuniens (mais la Géorgie contrôle aussi en grande partie le Congrès sur le Caucase...). Ce
n'est qu'une des facettes du bellicisme occidental. Si Israël n'existait pas, les USA resteraient malgré tout un ardent allié de l'Arabie Saoudite et du Qatar, et un adversaire résolu de la
montée de l'Iran au Proche-Orient.



B

bonjour


Un état oublié qui possède un arsenal nucléaire : Israël .


Que suggérez vous , le maintien dans l'otan que M.Collon juge "criminel " attribut auquel je souscris compte tenu des faits , ou une politique pacifiste , puisque la voie gaullienne vous paraît
inappropriée comme le propose  Asselineau par ex ?  


Les guerres ont des causes , elles ne tombent pas du ciel . L'histoire nous enseigne que ces causes sont la plupart du temps et totalement à notre époque économiques. En l'occurrence pour la
mainmise sur les ressources énérgétiques et autres matières premières : gaz, pétrole , minerais , etc. Les USA ont annoncé la couleur depuis longtemps , ils ne permettront pas la remise en cause
de leur niveau de vie et donc de leur domination sur le monde entier . Les BRICS peuvent se passer des yankees , pas les yankees des ressources de ces BRICS ! On comprend alors qui a intérêt à la
guerre , froide , tiède ou chaude! Et l'Europe donc la France n a rien à faire dans l'OTAN et surtout pas la guerre pour le roi de Prusse Obama !
Répondre
F


Bonsoir, et merci pour votre fidélité à ce modeste blog. Dans mon livre "Programme pour une gauche française décomplexée" en 2007 j'ai prôné la sortie de la France de l'OTAN (ce qui est
aussi au programme du Front de gauche et de DLR) et de l'Union européenne. A l'époque je prônais une voie "chaviste" pour la France. Et si M. Mélenchon, M. Asselineau ou M. Dupont
Aignan avaient accédé à la présidence de la République en 2012, malgré mon scepticisme actuel sans doute aurais-je sacrifié ma vie familiale pour tenter l'expérience de cette sortie de l'OTAN
avec eux en candidatant à un poste dans un cabinet ministériel de leur gouvernement.


Mais à côté de cette option dans l'action (qui de toute façon n'a aucune voie de réalisation concrète dans les années à venir, vu l'insuccès politique de ces trois personnalités), nous avons
le droit aussi de réfléchir en toute indépendance et le plus intelligemment possible. Et quand on réfléchit les choses sont très loin d'être simples.


Vos remarques sont intéressantes car elles reflètent vos lectures (que je connais bien) sur le Net. Les points de vue dissidents sont si rares qu'ils deviennent
vite hégémoniques parmi les mécontents du système actuel, hégémoniques sans être toujours les plus élaborés. Au nombre des erreurs du point de vue dissident il y a les topoi
(pluriel de topos) suivants


"ne pas sousestimer ou oublier le problème que pose Israël". Pour ma part je dis plutôt qu'il ne faut pas faire de fixation sur Israël qui est un des éléments du pôle occidental (parmi
d'autres) qui posent problèmes, mais pas forcément de nature différente que ceux que pose la Géorgie par exemple (digfférence de degré, pas de nature).


"les Brics ont des matières premières, et les USA auront besoin d'eux". D'abord les BRICS sont une sorte de chimères que cultivent les nostalgiques de la guerre froide. Mais sur aucun grand
sujet je ne vois d'unité des BRICS aux Nations Unies, en tout cas je ne vois jamais d'unité qui dure plus de 3 mois... Ensuite il n'est pas vrai que les BRICS ont beaucoup de ressources. La Chine
n'a pas beaucoup de ressources naturelles (pas assez), l'Inde non plus. Il n'est pas évitent que le Brésil en ait car ses ressources viennent de l'Amazone, et la surexploitation de
cette région va le transformer rapidement en désert. En revanche personne ne peut dire que les USA n'ont pas de ressources (ils sont un des premiers produteurs de pétrole par exemple,
et ils sont bien placés pour les gaz de schiste, me semble-t-il, sans oublier le charbon qui va bientôt redevenir rentable). La vraie réserve de ressources rares comme les métaux indispensables à
nos ordinateurs c'est l'Afrique, et c'est pourquoi je prévois une compétition entre Occident, Chine, Russie et Inde (voire Brésil) pour le contrôle de l'Afrique et des guerres
par procuration dans cette zone, sauf si tout le monde renonce à la croissance productiviste.


Je précise que je ne crois pas plus à l'Organisation de sécurité de Shanghaï qu'aux BRICS pour le cas où vous auriez lu aussi sur le Net des projections fantasmatiques (il y en a) sur cette
alliance "émergente".


Mais revenons à votre question. Sortir de l'OTAN ou pas ? Engagé contre les opérations de l'OTAN depuis 1998, j'aurais du mal à dire du bien de cette organisation. Mais encore une fois mon vécu
compte peu dans cette affaire. La question est que ferons nous si nous en sortons ? Il y a l'option pacifiste comme vous dites. Elle est stupide car elle entraînerait la disparition de
la France ou sa tiers mondisation. IL y a l'option "gaullienne". Mais je crois qu'elle nous transformerait en un pôle "poutinien", beaucoup moins démocratique que la France du général de Gaulle
il y a 50 ans (parce que la compétition entre les pôles passe beaucoup plus par le soft power, donc par le contrôle des cerveaux, parce que l'industrie de l'armement y serait très
puissante etc). Une option "chaviste" reste plus intéressante à mes yeux (avec beaucoup de pouvoir populaire, des référendums révocatoires etc), mais nous avons un handicap : nous n'avons
d'alliés potentiels qu'en Afrique ; cela peut nous aider pour l'approvisionnement en matière première (si nous instaurons du power sharing véritable avec nos partenaires) mais pas vraiment
pour l'avancée industrielle. Dans le schéma gaullien comme dans le schéma chaviste, je pense que nous serions condamnés à un rapprochement avec la Russie qui, tôt ou tard, risquerait de nous
faire absorber purement et simplement dans le pôle russe (sauf à faire une alliance 50-50, un pôle en binôme en quelque sorte, mais je ne vois pas bien comment). La Russie est un pays qui a
beaucoup de vertus (et notamment qui a une politique arabe plus porteuse de progrès intellectuel et social que les Etats-Unis), mais c'est aussi un potentat gazier très corrompu, et
l'on peut avoir autant de réticences à traiter avec un Etat pourvu de pareilles valeurs, qu'en avaient en 1900 de bons esprits républicains français à sceller l'alliance avec le plus monarchique
et réactionnaire des Etats qu'était l'Empire des tsars...