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Le blog de Frédéric Delorca

Le rôle dirigeant du Parti communiste dans la constitution chinoise

13 Janvier 2012 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Colonialisme-impérialisme

china.jpgMes chers lecteurs, par ce billet, je peux me faire des ennemis. Il y aura les membres du Front de gauche (ou de la gauche en général, écologiste, socialdémocrate etc) qui aiment les droits de l'homme et ne jurent que par eux qui peuvent me trouver trop indifférent aux libertés individuelles. Il y aura les révolutionnaires pur sucres (par exemple les quelques jeunes gens en France qui aiment la Corée du Nord), ou les amis de la Realpolitik (souvent de droite) qui trouveront au contraire que je suis encore trop sensible à cette question dans mes formulations. Il y aura ceux qui me trouvent "inconstant" parce que j'hésite encore sur ce genre de sujet etc. Il y a ceux qui ne comprendront pas le billet et qui en tireront prétexte pour me cataloguer une fois de plus, etc. Mais tant pis : je suis d'humeur ludique et aventurière aujourd'hui, et donc j'ai envie d'écrire là dessus : le rôle dirigeant du parti communiste en Chine.

 

Et savez vous ce qui m'a donné envie d'écrire là dessus ? Quelques mots du camarade Mélenchon dans une bonne prestation télévisuelle hier soir ("Des paroles et des actes") que je vous invite à regarder (ainsi je fais un peu de pub pour sa candidature, ça faisait longtemps que je n'en avais pas dit du bien).

 

Le camarade Mélenchon déclaré en substance qu'il ne recevrait pas le Dalaï Lama s'il était président de la République, mais que ça ne signifiait pas qu'il approuvait le "régime chinois" et qu'il préfèrerait que la Chine ait un régime multipartiste.

 

Tout d'abord, j'estime qu'en tant que candidat à la présidence de la République, le camarade Mélenchon n'a pas à se prononcer sur la nature du gouvernement qui dirige la République populaire de Chine. Autrement dit il n'aurait pas dû dire un mot là dessus. Si le gouvernement chinois avait été le produit d'une intervention étrangère, ou d'une oligarchie basée à l'étranger comme c'est le cas du régime putschiste du Honduras par exemple, M. Mélenchon aurait eu le droit et le devoir de dénoncer l'ingérence extérieure qui a confisqué au peuple le droit de choisir son propre régime. Mais ce n'est pas le cas du gouvernement de la République populaire de Chine qui est le résultat d'un processus historique dynamique interne à la Chine et qui ne doit rien à une aide extérieure, en tout cas rien de substantiel. Par conséquent le camarade Mélenchon en tant que candidat avait le strict devoir de la boucler sur ce sujet.

 

En tant que citoyen, philosophe, militant, il a bien sûr le droit de se demander si le régime chinois est un bon système pour la Chine, et avoir une opinion sur l'intérêt qu'a le peuple chinois de le conserver, de le combattre ou de chercher à le réformer. Mais cette question est une question d'intellectuel et d'homme qui n'a pas sa place sur un plateau de télévision où vous êtes interrogé en qualité de candidat à la présidence de la République française.

 

On sent bien que le sujet est crucial. Il pose la question de ce que nous entendons par "résistance aux ingérences", notre sensibilité au problème des droits de l'homme et à la manière de concilier cela avec le respect des souverainetés. Cela interroge notre rapport à d'autres régimes à parti unique qui sont au coeur d'enjeux géopolitiques planétaires comme la Syrie (cela interroge, mais ne signifie pas que je porterais forcément le même jugement sur la légitimité du système chinois que sur celui du Baas). Cela questionne ce que nous devons penser de la Chine à l'heure où beaucoup d'initiatives sont susceptibles de la déstabiliser (y compris les initiatives à l'encontre de l'Iran, j'aurais pu tout aussi bien consacrer mon billet matinal à la rencontre Chavez-Ahmadinejad), et à l'heure aussi où tout le monde se précipite pour aller recueillir son "argent sale" comme dit l'inénarrable M. Dupon-Aignan quand nos caisses sont vides.

 

Tout d'abord un devoir d'humilité : je ne connais pas la Chine, je ne sais pas ce que les Chinois ont dans la tête (à supposer qu'eux-mêmes le sachent, puisque beaucoup de nos rapports à un gouvernement, à un pays, sont inconscients), je ne sais pas ce que c'est que de vivre au jour le jour dans un pays où l'on doit fermer sa gueule en politique, et je ne sais pas comment on vit ça quand on est chinois, c'est à dire quand des siècles de féodalité vous ont conditionné à ne pas avoir la passion de l'engueulade politique comme nous l'avons en France.

 

L'humilité ne devant pas conduire cependant à l'autocensure complète, surtout quand certains éléments qu'on connaît ou qu'on croit connaître avec une assez bonne probabilité, peuvent contrebalancer les âneries manifestes prodiguées par de soi-disant connaisseurs, lesquels peuvent passer des années sur un pays en s'aveuglant complètement sur son compte.

 

Tout ceci étant posé, venons en à mon jugement. En tant que citoyen français, et franco-espagnol (je sais que ça en emmerde certains, donc je le souligne, c'est ma dette à l'égard d'une République trahie), j'ai l'habitude du multipartisme, et j'y suis attaché. De même que j'ai l'amour de la liberté d'expression, notion que nous avons héritée de la démocratie athénienne, et que le christianisme a repris à son compte dans la pastorale de Saint Paul (je le souligne cuistrement pour les gens qui, lisant ce billet, ne le sauraient pas, au moins ils auront appris un truc en me lisant, ce qui ne signifie nullement que ma valorisation de la liberté de parole, parrhesia en grec, minimise la contribution magistrale de la Révolution française à son renouveau). En tant qu'intellectuel je regrette que ce système soit trop détourné par la démagogie et la personnalisation (à cause des médias notamment) et préfèrerais qu'il soit consacré à des discussions rationnelles de fond. J'ai le sentiment, sans connaître la Suède ou la Norvège, que le débat y est conduit plus rationnellement et donc j'envie le système scandinave de ce point de vue là, quoique je soupçonne que le débat doit y être biaisé par d'autres défauts (le conformisme et la médiocrité en partuculier), et il m'arrive de rêver d'être suédois, mais peut-être ce rêve, comme beaucoup de rêves, est-il stupide.

 

Comme me le disait un diplomate cubain il y a trois ans, le choix pour Cuba n'est point entre "être la Cuba actuelle ou la Suède", mais entre "être la Cuba actuelle et Haïti", une forme de réalisme que je trouve parfaitement appropriée à la situation géopolitique de son pays, car il y a de fortes chances que le retour de la mafia de Miami aux affaires dans la grande île réduirait les plus pauvres à la misère (on peut ensuite discuter des chances pour qu'une troisième force fasse obstacle à la mafia de Miami en cas de chute du Parti communiste cubain, et transformer Cuba en Costa Rica, mais franchement je ne crois pas que le rouleau compresseur financier floridien en laisserait le loisir à nos amis cubains, à supposer d'ailleurs que le Costa Rica ait de meilleurs indicateurs que celui de la grande île, ce qui n'est pas certain, fermons la parenthèse).

 

Mais revenons à la Chine. Je me demande si le camarade Mélenchon, dans sa petite phrase en forme de concession à la tyrannie stupidocratique des journalistes, n'a pas un peu légèrement fait comme si la Chine était la Suède. Je veux dire qu'il a un peu rapidement fait comme si les Chinois étaient des Suédois, et peut-être a-t-il fait "comme si" ses voisins et les Etats-Unis laisseraient la Chine être un pays comme la Suède : je veux dire un pays sans grande importance géostratégique, dont tout le monde se fout, qui n'a aucun litige frontalier avec personne, peu étendu (qui n'a donc pas besoin d'entretenir un grand appareil militaire pour se défendre etc.)

 

On ne peut pas exiger du camarade Mélenchon qu'il soit un grand spécialiste de géopolitique (moi-même je ne le suis pas), mais tout de même ses partisans devraient lui demander s'il s'est posé ces question, et c'est ce que je ferais s'il avait trente secondes à me consacrer un jour.

 

Pour ma part je crois savoir que la Chine n'est pas la Suède, et ne le serait pas si le Parti communiste renonçait à son rôle dirigeant dans la société chinoise. Attention : je ne tiens pas le raisonnement de beaucoup de communistes orthodoxes qui disent "si le Parti communiste chinois accepte le multipartisme, la Chine finira comme la Russie d'Eltsine". Parce que cela me semble aussi rapide, comme raisonnement, que de penser que la Chine puisse ressembler à la Suède.

 

Il y a des peuples qui, en renonçant au rôle dirigeant du Parti communiste dans leur société, ont atteint une véritable prospérité, y compris pour les classes les plus pauvres (ce qui est le critère de la justice selon John Rawls : accepter l'inégalité pour autant qu'elle satisfasse les intérêts des plus pauvres). Je pense à la Slovénie par exemple.

 

Evidemment la Slovénie doit beaucoup de sa prospérité au fait qu'elle est un petit pays, que l'Allemagne et l'Autrice (donc l'Union européenne) avaient intérêt à son enrichissement, comme les Etats-Unis avaient intérêt à l'enrichissement de la Corée du Sud dans sa stratégie de containment pendant la guerre froide. La Slovénie doit aussi peut-être sa bonne acclimatation au modèle libéral à la mentalité propre de ses habitants (il ne faut jamais négliger l'importance des facteurs endogènes, même quand on réfléchit du point de vue de la géopolitique).

 

D'autres pays ont détruit beaucoup d'avantages sociaux des pauvres en abolissant le parti unique. Pensons au Mozambique ou à la Tanzanie.

 

La Chine deviendrait-elle une Slovénie si elle renonçait au rôle dirigeant du parti communiste ?

 

Personnellement j'en doute. D'abord parce que la Chine est grande. Attention, je ne pense pas comme Rousseau que la démocratie ne soit bonne que pour les petits pays. Je vois bien que les moyens de communication aujourd'hui, les progrès des transports etc permettent aux idées et aux bulletins de vote de circuler, bref que la démocratie peut mieux fonctionner à grande échelle qu'autrefois etc.

 

Simplement quand on est grand, on doit, comme je le disais, entretenir une grande armée - et ce d'autant plus que la Chine n'a pas vraiment que des amis à ses frontières, ni à l'intérieur de ses frontières, pensons à certains agités salafistes du Xinjiang par exemple. Une armée puissante est toujours un inconvénient pour une démocratie. Elle est par exemple un grand danger pour les Etats-Unis d'Amérique, puisque c'est entre autres à cause de la puissance militaire de ce pays que le candidat républicain M. John Paul n'arrive pas à percer dans les urnes : on le soupçonne de trahir les intérêts supérieurs du pays incarnés par l'armée (l'armée américaine étant cependant moins belliqueuse que Mme Clinton et les lobbys civils qui l'entourent mais n'entrons pas dans ce débat). La présence d'une armée forte est dangereuse pour une démocratie parce qu'elle entretient beaucoup de gens (les militaires, leurs familles, leurs proches, les entreprises qui travaillent pour l'armée) dans un état d'esprit disciplinaire peu ouvert au pluralisme. C'est pourquoi d'ailleurs une des malédictions des révolutions est que, à peine déclenchées, elles suscitent la réaction guerrière des aristocraties (ou des oligarchies spoliées) qui recourent à une aide militaire étrangère, ce qui oblige la révolution à s'armer, et à entrer dans une logique militaire.

 

Surtout avoir une armée forte devient dangereux quand les choses tournent mal, car elle se pense alors comme le seul garant de l'unité nationale et développe des tendances putschistes.

 

Les choses tourneraient-elles nécessairement au chaos si le Parti communiste chinois instaurait le multipartisme comme cela s'est passé en Russie ? Beaucoup de gens (parmi les libéraux) nous expliquent que la classe moyenne chinoise, née du développement capitaliste récent, serait tout à fait capable d'instaurer une démocratie à la suédoise, ou au moins à la slovène, sur un mode harmonieux, sans déboucher sur des violences et des logiques militaires, et que c'est faire insulte au peuple chinois que de le croire incapable de cela.

 

D'autres soulignent que les centaines de millions de paysans chinois ou les millions d'ouvriers des usines, qui passent leur semaine à essayer de survivre plutôt qu'à lire Montesquieu ne soutiendraient pas cette démocratie bourgeoise dans laquelle ils ne se reconnaîtraient pas. Donc un conflit éclaterait entre ces classes, conflit qui se solderait soit par la domination militaire et médiatique de la classe moyenne sur les classes sur le prolétariat, comme cela se passe dans la plupart des pays du monde, soit par un compromis "populiste", à la Poutine si l'on veut, qui ne correspondrait pas plus à la démocratie "slovène" que le régime de censure qu'impose en ce moment le Parti communiste chinois.

 

Les marxistes comme M. Samir Amin seraient même plus catastrophistes, et estimeraient probablement que le démantèlement des kolkhozes chinois (qui perdurent, ainsi que le système de location à bail des terres) ferait affluer les masses paysanes dépossédées vers les villes ce qui plongerait le pays dans la catastrophe en dix ans (mais aussi le monde, à cause notamment du déséquilibre écologique que cela implique), bien au delà de la situation russe. Cet argument, que l'on n'entend jamais ou presque, est intéressant, mais je suis incapable d'en connaître le bien fondé, ne connaissant rien à la question agraire chinoise. Gardons le en tout cas dans un coin de l'esprit.

 

D'autres hypothèses catastrophiques peuvent être évoquées : que la fin du Parti communiste, dans un pays où la culture démocratique reste minoritaire, crée des difficultés que l'Arabie Saoudite ou la Turquie (fort inspirées en matière d'interventionnisme depuis les printemps arabes) provoqueraient au Xinjiang, l'Inde et les Etats-Unis au Tibet etc, les sécessions à répétition, le retour des féodalités régionales (le "règne des seigneurs de la guerre" comme on disait dans l'histoire chinoise).

 

En raisonnant de la sorte, on néglige peut-être la capacité de la classe moyenne à créer du consensus interne au pays, et à s'entendre avec les Etats-Unis pour éviter que les ingérences externes aggravent les choses. L'éclatement de l'URSS peut rendre sceptique sur l'une et l'autre hypothèse. Mais on peut aussi penser que la dépendance financière des Etats-Unis à l'égard de la Chine, modifierait quelque peu la donne par rapport à la Russie. La question véritable est sans doute de savoir si les Etats-Unis peuvent accepter une Chine convertie à la démocratie libérale mais stable comme concurrent économique ou si la tentation de la déstabilisation ne l'emporterait pas. Le moins que l'on puisse dire est que la xénophobie occidentale traditionnelle à l'égard des Chinois n'augure pas d'un compromis équilibré entre nous et ce pays, et donc les hypothèses de la dissension, du chaos, de la militarisation, de la démultiplication des tensions internes et externes n'est pas à négliger.

 

Il faut bien comprendre que l'enjeu ici n'est pas de savoir si M. Ai Weiwei doit avoir le droit de poser nu pour se remplir les poches comme feint de le croire le quotidien Libération ou si les jeunes chinois doivent avoir le droit de faire du porno amateur. Ce n'est même pas de savoir s'il y a plus ou moins de prisonniers politiques, plus ou moins de droits syndicaux pour les ouvriers (que deviennent ces droits quand le pays est livré au capitalisme sauvage ? demandez aux syndicats russes). C'est d'abord une question de stabilité des cadres sociaux nationaux pour 1,5 milliards d'hommes, pour un continent qui compte 60 % de la population mondiale, et donc pour toute la planète.

 

Secondairement c'est aussi de savoir s'il est indispensable que les Chinois lisent Montesquieu pour être heureux et progresser (autrement dit s'il n'y a pas aussi un système de valeurs internes à la Chine à défendre), mais je veux bien croire qu'au point de perméabilité qu'a atteint la Chine à l'égard des autres cultures (du fait notamment de la destruction de la culture classique par la révolution culturelle, et avant elle par le colonialisme européen), Montesquieu ne peut pas être complètement ignoré dans le devenir chinois.

 

Après examen de tout ceci (mais M. Mélenchon l'a-t-il examiné ? j'observe d'ailleurs que M. Mélenchon appelle au multipartisme en Chine mais pas à Cuba), le système de parti unique en Chine populaire n'a pas l'air si néfaste qu'on ne voudrait le faire croire. On observe même en son sein un pluralisme de courants qui, comme en Iran (c'est-à-dire avec une forte limitation des formulations rhétoriques, et du cadre intellectuel) conduit à l'existence d'une droite et d'une gauche, au moins sur les questions sociales - et peut-être aussi sur des questions sociétales (comme l'homosexualité). A mon sens il peut être judicieux d'encourager ce pluralisme interne au sein du Parti communisme, d'en encourager l'ouverture à certaines valeurs modernes, sans pour autant prôner le multipartisme.

 

Je voudrais citer une anecdote ici. L'hôpital de la vile où je travaille coopère avec un hôpital chinois. Une délégation nous a rendu visite. On m'a expliqué ceci : dans la délégation, il y avait le directeur, qui est un homme, et qui se remplit les poches car les tarifs sont libres, et une femme, qui l'agent du Parti communiste au sein du conseil d'administration de l'hôpital, et qui est là pour surveiller le directeur. Elle est très mal payée, c'est une pure bureaucrate. Ce contrôle bureaucratique du Parti communiste sur un capitaliste exceptionnellement dynamique (avec une croissance annuelle à deux chiffres depuis dix ans) n'est-il pas une bonne chose, y compris pour les travailleurs de l'hôpital ? (sauf à supposer que la représentante du parti communiste est complètement corrompue par le directeur, ce qui peut arriver ici, mais le très marxiste numéro 1 du parti communiste de Chongqing Bo Xilai actuellement à la tête d'une croisade anticorruption pourrait devenir le prochain président avec un fort soutien populaire). C'est d'ailleurs en vertu de cette logique de contrôle que les grandes banques chinoises restent nationalisées.

 

Ce genre de chose est quand même de nature à nous faire considérer le monopartisme en Chine comme au moins un moindre mal, ou le moins mauvais des systèmes pour ce pays. Car après tout que voudrait M. Mélenchon ? Qu'un Hugo Chavez prenne la tête (par les urnes !) d'une démocratie pluraliste en Chine, et tienne en respect les partis politiques de droite ou sécessionnistes en jouant sur le soutien populaire (des comités de quartier par exemple) ainsi que l'hégémonisme étatsunien ou indien ? Mais d'où viendrait ce Chavez chinois ? Des rangs du PC, de l'armée, de la dissidence, des grandes entreprises ? Serait-ce M. Bo Xilai. M.Bo Xilai deviendrait sans doute un Gorbatchev s'il se lançait dans l'aventure. Et quelles force populaires le soutiendraient ? Les syndicats officiels corrompus ? La main d'oeuvre surexploitée ? Intuitivement on sent que les progrès des libertés publiques comme des droits sociaux ne peuvent naître que dans un cadre contrôlé par le PC. On ne voit pas comment un bon système, équilibré, pourrait surgir d'une libre concurrence entre partis politiques, parce qu'aucun ne serait à même de prendre en charge une transition qui préserve la cohésion sociale (songez que même au Venezuela Chavez n'avait pas réussi à constituer un parti suffisamment rallié à sa cause - le PSUV - pour lui permettre de remporter le référendum constitutionnel qu'il proposait à son peuple). C'est donc une évolution interne au parti communiste qu'il faut encourager.

 

Peut-être ma prudence est-elle un peu trop pessimiste. Je la crois assez réaliste. Bien sûr si des arguments sérieux parviennent à la contrer je suis ouvert à la discussion. Voilà en tout cas comment je vois les choses. Et en tout état de cause il reste intolérable qu'un candidat à la présidence de la République s'engage ès-qualité dans ce genre de débat qui ne concerne que le peuple chinois, et je crois que M. Mélenchon devrait dans les semaines qui viennent publier un démenti pour s'excuser des concessions qu'il a faites aux médias en s'autorisant à s'exprimer sur ce sujet hier soir.

 

 

 

 

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