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Le blog de Frédéric Delorca

Les aléas de l'histoire

11 Juin 2012 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #La gauche

Dans les rangs des militants tout le monde s'en donne à coeur joie : contre l'insuffisante radicalité de Mélenchon l' "européiste socialtraître" (moi qui le lisais attentivement je l'avais pourtant trouvé sur bien des points plus radical que le PCF même si, c'est vrai, il avait des côtés mitterrandiens), contre la timidité de Syrisa en Grèce etc.

 

Tous ces gens là sont toujours prompts à refaire l'histoire avec des "si". Moi je ne sais pas du tout si dans une société aussi droitisée et souvent aussi paumée que la nôtre la stratégie de la radicalité est plus payante que celle du compromis. Je vois juste que Méluche a frôlé le nirvana après la manif de Bastille quand sa campagne "prenait" et tenait en respect même les journalistes les plus cyniques. Puis la descente aux enfers a commencé avec le discours du Prado où il s'est a commencé à se banaliser. J'ai l'impression que l'appareil du PCF prompt à négocier avec le PS (ce que je ne critique pas, car j'ignore quelle est la bonne stratégie en ce moment) l'a beaucoup poussé sur cette voie. Je continue de penser que Méluche avait un potentiel de radicalisation supérieur à ce qu'on croit, surtout s'il avait été en situation de bras de fer avec Merkel. Mais encore une fois il est aléatoire de refaire l'histoire (la "what if history" comme on dit).

 

Peut-être rebondira-t-il à nouveau l'an prochain si la crise européenne s'intensifie. Peut-être pas. Il est toujours dangereux de parier sur les crises car elles amènent souvent plus de souffrances que de résurrections, mais les esprits maladivement hostiles au cours réel des choses créditent toujours a priori les crises d'un potentiel d'évolution conforme à leurs attentes, sur la base du principe "rien ne peut être pire que le statu quo" et d'une bonne dose d'égocentrisme... L'humain a du mal à imaginer l'ampleur des difficultés qui peuvent se présenter. Quelque chose dans sa psyché l'immunise contre cela.

 

A part ça la campagne électorale d'Hénin-Beaumont a montré que le Front national usait de méthodes peu recommandables pour attaquer ses adversaires : les faux tracts. Je ne me fierais pas à un parti qui a recours à de tels expédients. Cela dit Mélenchon commettait une erreur grossière (mais qui participait de sa banalisation) en allant défier Mme Le Pen dans sa circonscription laissant entendre que l'antifascisme était l'alpha de ses propositions politiques... Ce n'est pas ce que les gens attendaient, il fallait prendre les problèmes des gens plus en amont, s'attaquer aux causes pas aux conséquences, je l'ai déjà dit sur ce blog.

 

Aujourd'hui il y a quelque chose de triste dans le fait que n'importe quel petit arriviste socialiste arrive devant des grands élus locaux communistes comme Braouzec et Brard dans le 93. Difficile de savoir si cette mouvance à terme s'en remettra. Peut-être des coups de pouces des socialistes (comme l'abaissement du seuil pour créer un groupe, ou 100 sièges à la proportionnelle promis par Hollande) les aideront-ils. Ce ne serait guère glorieux. 

 

En tout cas, la page des législatives d'une certaine façon est déjà tournée. L'heure est maintenant à la contemplation de ce que nos amis socialistes, après cinq ans d'opposition en demi-teinte, vont proposer pour faire face à la crise européenne. Vu la panne d'imagination qui a toujours caractérisé ce parti, il y a fort à craindre qu'ils n'inventeront rien, sauf quelques expédients, quelques entourloupes pour faire passer l'acceptation des injustices (dont un terrible mattracage fiscal des classes moyennes pour sauver l'apparence d'un presque équilibre budgétaire). Les économistes nous disent que l'austérité ne mènera à rien, mais qu'il n'y aura aucun levier pour relancer l'économie, sauf à ce que nous devenions tous d'ardents fédéralistes européens. Mais chacun sait que cela n'arrivera pas. Alors seront nous dans cinq ans tous hors de la zone euros, avec des dettes à la valeur nominale démultipliée et des monnaies affaiblies vouées à la dévaluation compétitive entre elles ? L'époque est inquiétante, c'est le moins qu'on puisse dire.

 

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E

mais la valeur des dettes ne sera pas modifiée ! La dette sera convertie en franc au taux de un pour un (http://www.theorie-du-tout.fr/2011/07/quelques-idees-recues-sur-la-dette.html)


Pour ce qui est des dévaluations compétitives c'est une possibilité mais tout vaut mieux que des parités rigides et arbitraires.


 
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B

bonsoir 


Je ne suis pas membre de l'UPR fondé par F Asselineau mais je soutiens son programme de "libération nationale" fondé entre autre sur l'alliance de la petite et moyenne  bourgeoisie
"nationales" et la classe ouvrière  . Voici un lien qui conduit à une page facebook contenant son programme , des video de conférences et des débats . Je crois qu'il est intéressant et
instructif de connaître ce site dont voici le lien http://www.facebook.com/upr.francoisasselineau
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F


Merci. Je connais en effet. J'ai rencontré M. Asselineau deux fois, mais je n'ai pas adhéré à son parti.