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Le blog de Frédéric Delorca

"Les enfants humiliés" de Georges Bernanos

30 Mars 2011 , Rédigé par Frédéric Delorca Publié dans #Lectures

P1010801.jpgJ'ai le choix cet après-midi entre m'indigner de ce que l'individu qui fait office de ministre des solidarités et de la cohésion sociale en France en ce moment veuille pénaliser la fréquentation des prostituées (plutôt que de s'en prendre aux trafics humains en restaurant l'autorité des Etats en Europe de l'Est par exemple, et lancer une véritabe politique du bien-être au niveau des ministères français) et me scandaliser de ce que Gallimard ait intitulé en 1949 les écrits sur la guerre de Bernanos "Les enfants humiliés".  Je choisis le second sujet : le plus inactuel, mais aussi le plus instructif sur la difficulté des auteurs à toutes les époques à faire vraiment comprendre ce qu'ils disent. Je suppose que Gallimard était cette année là en compétition pour trouver le titre le plus inapproprié et le plus ridicule qui soit. Si tel est le cas, ils ont bien réussi.

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P

"Je suppose que Gallimard était cette année là en compétition pour trouver le titre le plus inapproprié et le plus ridicule qui soit. Si tel est le cas, ils ont bien réussi." Vous écrivez cela et
il vous semble néanmoins absurde de subodorer que Gallimard aurait pu "arranger la sauce" à sa manière. Comme si les explications données par un éditeur n'étaient jamais sujettes à caution! Par
ailleurs, il ne s'agit pas de "l'enfance", mais des "enfants". Or le croyant que fut Bernanos avait nécessairement lu ceci: "Que vous soyez irréprochables et purs, des enfants de Dieu
irrépréhensibles au milieu d'une génération perverse et corrompue, parmi laquelle vous brillez comme des flambeaux dans le monde."(Philippiens 2:15). Dès lors, le titre n'est pas si déplacé que
vous semblez le dire. C'est même à se demander s'il ne fut pas donné par Bernanos lui-même!!! Enfin, brisons-là, car je crains fort que les raisons de cette "joute" ridicule soient ailleurs...


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F


Je crois que les lecteurs ne seront pas dupes des efforts mal maladroits que vous fournissez pour disculper l'éditeur d'un acte qu'il a commis en 1949 et qu'il avoue lui-même : inventer un titre
sur le dos de l'auteur post mortem. Vous avez vainement tenté de dire qu'il ne l'avait pas inventé en vous prévalant de l'autorité de la Bnf qui n'en a aucune en la matière. Finalement vous
admettez que le titre est en effet inventé par l'éditeur, mais vous tentez de le justifier. Ce titre est nul est mièvre et correspond exactement à ce que l'auteur dénonce dans son livre. Voilà
tout. Vous avez tort de vous acharner de façon incohérente sur des positions que vous ne pouvez pas tenir pour le simple plaisir de jeter du fiel. Mon billet reposait sur les bases les plus
factuelles et les plus claires qui fussent, comme tout ce que j'écris dans ce blog.



P


Il s'agiit moins d'entêtement que de sources BNF me permettant de défendre mon point de vue. Cela étant, s'il vous arrange de penser que je m'entête, qu'à cela ne tienne...



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F


C est absurde. Comment la bnf saurait elle mieux que l éditeur comment il a choisi un titre?



P


Pardonnez-moi de maintenir mon point de vue. En ce qui me concerne, j'ai, entre les mains, l'édition Gallimard, collection folio février 1973, trouvée chez un bouquiniste parisien. Cela étant
dit, je vous accorde volontiers que le contenu du texte déborde son titre. Quant à aller jusqu'à affirmer que ledit titre cautionne ce que Bernanos dénonce, je vous laisse seul juge.



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F


Edition de 2000 p. 4 (mais cette préface, ou plutôt cette "note de l'éditeur" est de 1949) : "La copie, empruntée sur la Sarre... fut prêtée à un officier supérieur... Bernanos...
fit remettre ces pages à l'éditeur. Elles n'avaient pas de titre. Celui que nous avons choisi est tiré du texte et nous a paru
désigner un des thèmes secrètement constants de ce journal d'exil". Pourquoi vous obstiner à maintenir un "point de vue" qui va à l'encontre du récit très clair que l'éditeur fait du choix
du titre pour ce manuscrit ? Cette note ne figure-t-elle pas dans l'édition que vous avez ? Ce que je conteste, moi, c'est que l'enfance soit un thème "secrètement constant" du livre, pas
plus d'ailleurs que l'humiliation.



P


Bonjour,


Gallimard n'aurait fait que reprendre le titre donné par  Bernanos à son journal rédigé depuis son exil brésilien. Bernanos lui-même, autant qu'il m'en souvienne, utilise l'expression dans
son texte. Aussi, est-ce que je comprends mal votre indignation. N'oublions pas de préciser que, dans son journal, Bernanos reprend certaines idées développées dans son pamphlet "Les Grands
Cimetières sous la lune".



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F


Point du tout. La préface indique que l'éditeur a lui-même choisi post mortem ce titre du fait qu'effectivement dans une page Bernanos emploie l'expression. Mais cette expression n'est pas du
tout le fil directeur du livre, et en faire un titre revient à tomber dans la niaiserie des "journaux de l'Arrière" que justement Bernanos dénonce.